Mangas & Animes

Utena: Apocalypse de l’Adolescence

Car si il ne peut pas briser la coquille, l’oisillon meurt avant même d’être né. Nous sommes les oisillons ; le monde est notre oeuf. Si nous ne brisons pas la coquille du monde, nous allons mourir avant même de naître. Brisons la coquille ! POUR LA REVOLUTION DU MONDE !!

Parmi les nombreux regrets que je possède vis à vis d’anciens articles, il y’en a un que je possède vis à vis d’un de mes articles ou je parlais d’Utena de manière assez succinte. Article écrit assez rapidement lors d’une période de Noël plutôt faste, il fait partie de toute cette période d’articles que je n’apprécie que peu relire. Bon, ça plus le fait que j’ai pris pour habitude de mépriser tout ce que je fais qui date de plus d’un an et demi. Du coup je vais me venger de ce mauvais article en écrivant celui-ci, pas forcément meilleur pour autant, basé sur le film. Qui est lui-même meilleur que la série. Qui était elle-même meilleur que le manga. Suivez bien, c’est important.

Himemiya va te violer. Lentement.

Datant de 1997 et de l’époque ou JC Staff faisait pas mal de trucs aussi mythiques que Battle Toshiden, Voltage Fighter Gowcaiser, Maze ou 4000 déclinaisons de Slayers, Utena la filette révolutionnaire était un anime très particulier, à la réalisation tellement débridée et à l’univers si absurde que même Akiyuki Shinbo dans ses grands moments peine à égaler en matière de WTF. Utena c’était un anime véritablement unique, qui t’inventait à chaque épisode de nouvelles scènes pour la réunion du conseil des élèves (qui les voyait faire un conseil au milieu d’un match de base ball, puis ensuite entourés par des trains, puis ensuite dans de l’eau) mais qui à chaque épisode te faisait introduire et finir les combats de la même façon, avec cette même putain d’intro de 2mn sur des choeurs qui s’embrouillaient dans les paroles de la chanson et sur cette même attaque d’Utena qui dégommait la rose de l’adversaire. Utena c’était vraiment un truc fait avec un état d’esprit absolument particulier et à voir avec un état d’esprit absolument particulier, car ça dure 37 épisodes et à la fin on se sent assez violé, tellement tout est rempli de symboles et tout est tellement vide d’une… véritable intrigue.

Du coup, la fin, je l’ai vu en ne comprenant rien à rien. C’était cool.

Du coup après cette vision, qui date de maintenant deux ans, je me suis dit que je me ferais un jour le film, qui se présente avant tout comme un remake de la série, qui se voit condensée en 1h20. Et s’attendre à un copier/coller vulgaire du scénario de la série était finalement une grossière erreur de ma part tellement… ces deux adaptations du manga sont extrêmement différentes l’une de l’autre, mais les deux partagent un point commun: déjouer les attentes du lecteur/auditeur du format « original ».

Ce Combat est Classe ! CCC ! (eh ça vous apprendre à lire la légende des images)

Tenjou Utena est donc une nouvelle élève dans l’académie d’Ohtori, venue ici pour y retrouver son « prince charmant », jeune homme qu’elle a rencontrée quand elle était jeune et qui lui avait offert une bague. Et qui se retrouve très vite embarquée dans une histoire mystérieuse de conseil des élèves qui se battent pour obtenir le droit de posséder Anthy Himemiya, une jeune fille dite « Fiancée de la Rose » et qui en plus d’obéir à tout ce qu’on lui ordonne, confère à son « propriétaire » l’épée de Dios, une grosse épée qui tâche là ou elle passe.

C’est donc sur ce postulat que part le manga, l’anime et le film… à chaque fois pour un traitement et un résultât totalement différent, malgré des créateurs semblables (les mystérieux « Be-Papas », donc), le premier étant bien évidemment le manga de Chiho Saito puis vint l’anime et le film réalisé principalement par Kunihiko Ikuhara… aussi réalisateur de Sailor Moon.

Déjà techniquement ça claque plutôt pas mal. Le film garde la même patte de réalisation que l’anime et toujours cet univers mi-romantique mi-fantastique, mais en encore plus débauché, ce qui n’est pas détestable. Mais si la réalisation ne change pas, le design par contre lui change du tout au tout et si certains personnages se retrouvent inchangés, on ne peut pas en dire autant de l’Académie Ohtori (passé du « bâtiment style Renaissance à la tour phallique prédominante » à « bâtiment labyrinthique du futur qui n’a aucun sens architectural ») et surtout des personnages principaux, avec une Utena plus garçon que jamais et SURTOUT une Himemiya qui passe d’un physique plutôt peu remarquable sans grands charmes à un physique… plutôt à son avantage. Pour ne pas dire extrêmement séduisant.

OU EST LA LAIDERONNE, BITCHES ?

Et évidemment, le scénario se voit lui même changé, expurgeant pas mal d’éléments et de personnages (adieu Hakage, adieu Nanami, quasiment adieu à Wakaba ; les histoires de Miki ou de Juri sont beaucoup moins développées) pour en rajouter ou modifier certaines (entre autres le personnage de Touga et surtout toute la seconde moitié du film, « inédit »), et prenant de court ceux qui s’attendaient à un véritable remake qui se voient même, le temps d’une scène exhibant une vache aux couleurs de Nanami qui se fait chier dessus par Chuchu, prendre un coup de crosse de la part du réalisateur, qui souligne ici l’absurdité d’attendre l’apparition de ces personnages pourtant assez populaires dans l’anime.

Enfin je crois.

Plus globalement le scénario est, si je devais y apposer un jugement qualitatif, plutôt sympathique même si au final plutôt un prétexte à voir s’enchaîner nombre de scènes épiques, symboliques où justes belles. Car au final, ce que je retiens d’Utena Apocalypse de l’Adolescence c’est que c’est un film très beau et dont j’ai limite l’impression qu’il veut plus parler à votre inconscient qu’a vous même, ce qui est toujours quelque chose d’assez hypnotisant, et assez déstabilisant. Ainsi j’ai cette impression qu’au final qu’importe le propos, qu’importe ce qui se passe, ça doit être « beau » et tout est fait pour ça, du design global aux décors en passant par les musiques (qui reprennent « à leur façon » la plupart des grands titres de l’ost de la série. ZETTAI ! UNMEI ! MOKUSHIROKU !), mais ça marche juste parfaitement.

:<

La réalisation elle-même est totalement folle, extrêmement bordélique, mais pourtant je n’ai jamais eu le sentiment d’être perdu: c’est bordélique, mais on comprend tout de même ce qui se passe, des tas de trucs bizarres se passent dans le fond, on rigole mais on ne perd pas pour autant le jus et malgré tout, ça continue d’avoir un sens. Même la fin m’a semblée sur le coup paraître logique alors que bordel c’est un des trucs les plus WTF que j’ai jamais vu en anime avec l’épisode 25 d’Evangelion. Ca n’a pourtant aucun sens, c’est juste du pur mindfuck ni vu ni connu, je suis même pas sûr que les auteurs aient voulus faire la moindre symbolique, juste faire mumuse à raconter un de leurs rêves. Et pourtant ça marche. Au final, on retrouve, tout comme dans la série, ce sentiment que les auteurs veulent nous surprendre à chaque plan, rendre leur film totalement imprévisible, empêcher qu’on puisse prédire de quoi sera faite la scène suivante, et évidemment on ne peut pas nier que ça marche plutôt bien, même si on atteint pas le niveau de folie des scènes de réunion du conseil de la série.

Si il y’a au final pas autant à en dire que sur la série, Utena le film se révèle être un film « théâtral » de qualité, en plus d’être abordable pour quiconque n’a jamais vu la série originale, même si il ne prendra pas autant son pied que quelqu’un qui aurait vu ne serait-ce que les cinq premiers épisodes. Malgré pourtant quelques défauts comme l’inutilité de certains personnages (Maki entre autres) et un scénario très vite gadget, Utena sait prendre au jeu grâce à pas mal de scènes fortes, véritablement efficaces et toujours très belles qui en font un très bon film, qui jamais n’ennuie et qui se permet de faire un peu réfléchir. Sur quoi ? On l’ignore. Mais on y réfléchit quand même, quelle absurdité !

OMG GLOU GLOU

Bon puis y’a du yuri mais ça à la limite c’est du bonus.

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5 commentaires

  • Tupperware

    C’est aussi ce qui fait le charme d’Utena, tout est tellement étrange qu’on ne s’attarde même plus sur quelques scènes et que l’on étend cette impression sur tout l’anime, se laissant aller sur les mêmes schémas pendant bon nombre d’épisodes..mais c’est un univers à part Utena.
    Faut que je voie le film !

  • neothoron

    Ai fini un visionnage de la série (premier depuis 10 ans) avant-hier ; fini un visionnage du film à l’instant.

    C’est… heu… Putain ! Le film n’a ni queue ni tête, les scènes s’enchaînent, t’as l’impression sur le coup que ça a vaguement un sens mais ça n’en a pas vraiment (un peu comme un film de David Lynch)…

    Et puis j’ai abandonné pour prendre le film comme il vient, et c’était étrangement tout à fait… hmm… plaisant. Bref.

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