Mangas & Animes

Video Girl Aï – « Aï, j’ai mal au coeur »

Le jeu du mot du titre vous est offert par l’association Éculée

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Avis sans spoilers.

Passer quelques semaines en vacances possède un intérêt assez large qu’est celui de pouvoir piocher à volonté dans la bibliothèque des gens qui nous hébergent et lire plein de trucs de manière un peu cavalière… et gratuite ! Là en l’occurrence, je me suis lu d’un coup l’intégralité de Video Girl Aï. Datant de 1989, ce manga raconte l’histoire de Youta, un jeune lycéen bien dans sa peau et amoureux d’une jeune fille nommé Moemi. Mais après avoir vu son coeur de jeune amoureux transi être brisé en se rendant compte que Moémi était plutôt amoureuse de son meilleur pote, il décide de louer une cassette vidéo pour adulte pour se remettre de ses émotions. Et pendant le visionnage de la vidéo, quelque chose de mystérieux se passe: la jeune fille héroïne de la cassette sort de l’écran ! Celle-ci se nomme Aï et son objectif est simple: consoler le brave héros et l’aider à croire en nouveau en l’amour ! Et à partir de là commence une aventure sentimentale avec des tétons, de l’amour et des cassettes vidéos pour donner au final quelque chose qui m’a bien plu, bien que je n’ai pas été complétement emballé du début à la fin.

Bon je vais pas essayer d’en apprendre aux vieux de la vieille qui lisent encore ce blog car ceux-ci savent déjà sans doute ce qu’est Video Girl Aï et ce que ça vaut ! Cette oeuvre a en France un certain statut dirons-nous… Vous voyez, nous sommes en 1994 et l’édition du manga en France est très loin d’être du niveau de ce qu’elle est aujourd’hui, avec pour ainsi dire… peu de choix pour le consommateur français voulant faire le plein de ce genre de bidules monochromes que sont à l’époque les mangas et c’est à ce moment là donc que débarque Video Girl Ai, figure de proue pour les tous jeunes débuts des éditions Tonkam – qui proposait à l’époque autre chose que le catalogue assez médiocre qu’ils ont à l’heure actuelle en matière de mangas récents -, qui fut un des rouages déclencheurs du renouveau du manga de par chez nous, et un succès public assez énorme. Voilà, ça c’est pour mettre les choses dans le contexte et essayer de raconter un peu l’histoire. Et aussi pour signaler que j’ai lu Video Girl Ai avec l’édition de l’époque, le prix encore marqué en France (30FF ohlala), des pubs pour le magazine Mangavorace à la toute fin du tome, les planches pas forcément toutes super bien numérisées et le sens de lecture mis à l’occidental ! Lire un tome agé de presque vingt ans a fait un petit peu chaud au coeur à l’amoureux de vieilleries que je suis…

Pour rajouter un peu sur le contexte de ma lecture, sachez aussi que je n’ai jamais été un très grand fan du style graphique de l’auteur, Masakazu Katsura… Les couvertures de ces mangas sont dans un style qui me font presque tourner de l’œil – pour exagérer un peu – et les rares fois où j’ai feuilleté un tome d’I »s, j’étais un peu pas très séduit. Du coup Video Girl Ai a été mon premier manga complet de Katsura, et ça s’est mieux passé que je le pensais !

LOLOS

Enfin, je vais avouer que l’idée que je m’étais faite de Video Girl Ai était celle d’un manga sans doute léger, un peu ecchi et surtout comique, et force est de constater que cette idée préconçue était fausse comme les cheveux de Nicolas Cage ! Car Video Girl Aï est très très loin d’être une œuvre légère, ce qui m’ a fait tomber de haut pendant la lecture. Loin de m’avoir désagréablement surpris, non plus. Je dois avouer que je partais du principe que les comédies romantiques du Shonen Jump étaient loin de taper aussi loin et aussi fort, et qu’il était un peu stupide de ma part de m’attendre à un To Love Ru où un Ichigo 100% version 1989 ! Non, Video Girl Aï est une œuvre qui se prend extrêmement au sérieux, ce dont j’étais loin de me douter. Voir le manga aborder les traumatismes post-agression sexuelle tendrait presque à me faire penser que les comédies romantiques shonen de l’époque avaient peut-être plus de couilles que maintenant… Plus de couilles mais aussi plus de nichons ! Car la lecture de Video Girl Aï est aussi une lecture jonchée de nudité et de tétons, ce qui en soit ne pose qu’un seul problème: lire un tome de Video Girl Aï dans le train avec un voisin un peu zieuteur demande un courage de tous les instants, qu’évidemment j’ai su montrer courageusement.

Au final ce qui m’a surtout intéressé dans Video Girl Ai c’est ses histoires d’amour. Le manga se montre plutôt large dans l’illustration des problèmes que peuvent connaître le jeune adolescent désireux de mouiller son biscuit où de former un couple immortel avec une camarade de classe. Ça n’empêche pas le manga d’être déjà un peu cliché et de voir le héros au départ décrit comme peu attractif se retrouver contre son gré maître potentiel d’un harem comprenant le 3/4 des héroïnes (mais étais-ce déjà cliché à l’époque) mais globalement le manga tente de se la jouer plus « réaliste » que les comédies romantiques habituelles, au moins dans sa version de l’amour et de la formation des couples parce qu’il est évident que le manga se veuille également taper dans le registre du fantastique et de la science-fiction – mais pas sur la thématique de l’amour.

Mais là dessus je vais être plutôt franc: si le manga se révèle parfois très juste dans sa vision des couples et de l’amûr, il m’a tout de même paru ultra répétitif sur la longueur, avec à la fin un schéma plutôt rébarbatif et un triangle amoureux qui se complaît à avancer de la vitesse la plus lente possible. C’est globalement ce qui m’a paru être le plus gros défaut du manga: j’ai vraiment été happé par le début du manga, et j’ai dévoré les cinq premiers volumes sans discontinuer, perdant deux heures dans une petite bulle parallèle à la véritable planète Terre, puis après la lecture m’a parue moins naturelle. Le personnage de Mai, par exemple, m’a juste barbé au maximum. Et après la lecture s’est faite en yoyo, avec des très bons moments qui étaient juste du déjà vu. Et pour être franc, même si je suis habituellement très friand du schéma « trucs fantastiques qui viennent interagir avec l’ordinaire », tout ce qui touche au Gokuraku, à la destinée d’Aï m’a plutôt barbé… quand parfois je n’ai juste rien du tout compris à ce qui se passait ! Peut-être l’effet d’être moins impliqué dans la lecture qui m’a fait oublier des faits importants, où juste fait perdre la volonté d’essayer de comprendre mais la seconde partie du manga m’est parfois apparu assez proche d’un gros gloubiboulga un peu indigeste… Sans être dépourvus de moments franchement bons, je le repète (le personnage de Natsumi par exemple.)

Pouet pouet

Je disais plus tôt que je n’aimais pas trop le style de Katsura de base, et force est de constater que je l’ai pourtant plus qu’apprécié tout le long de ce manga ! Le style est vraiment super bon et j’ai surtout apprécié toutes les différentes expressions de visage que les personnages arborent tout au long du manga et les héroïnes se révèlent plutôt vite séduisantes. Et sur la fin, il y’a des découpages de plan franchement marquants (la scène de l’éclair dans le volume 13) ! Le seul problème vient parfois de la finition de certains tomes de l’édition Tonkam originale, avec par exemple le volume 7 qui se tape une numérisation des planches franchement dégueulasse et parfois extrêmement pixelisé, ce qui nuit beaucoup au plaisir des yeux et de la lecture…
(Et oui, j’édite pour signaler que Katsura est aussi très appliqué pour dessiner les petits popotins mais perso, quand j’ai du choisir mes parties du corps féminin préféré lors de la distribution des stats, j’ai mis l’intégralité des points de stats à « nichons », nonobstant complétement le cul.)

Vous n’avez jamais lu Video Girl Aï ? N’hésitez pas à tenter votre chance. Au moins toute la première partie du récit, pour que vous puissiez vous en faire une petite idée car c’est une œuvre très intéressante, et plutôt passionnante dans ses débuts. Car encore une fois dommage que la seconde partie soit franchement en deça et donne trop souvent l’impression de voir Katsura être forcé de la dessiner contre sa volonté ! Enfin l’important à retenir c’est que cette oeuvre n’est pas qu’un simple rouage fondateur de l’industrie du manga en France, mais aussi un bon, voire très bon manga. Maintenant si j’ai du courage, je tente I »s. ON Y CROIT.

YOUTA !! AI-CHAN !
Pardon aux familles, tout ça.

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10 commentaires

  • Gemini

    Video Girl Aï est le moins pire des Katsura en manga (en attendant de pouvoir enfin lire Wingman). Ce n’est pas grand chose pour autant… Je ne comprendrai jamais pourquoi ce mangaka a autant de succès :/

  • Tetho

    Pour comprendre le succès de VG Ai, il faut se dire qu’en 1990, en plein age d’or du Shônen jump avec Dragon Ball, Saint Seiya et autres Slam Dunk, ben K2R propose une romance qui se veut crédible (une gageure quand la base de ton histoire c’est « une fille sort de ma TV ») et un trait fin et détaillé. C’était du jamais vu, forcément ça marqué et fait école. Les Kawashita Mizuki et autres clones doivent tout à Katsura, tout.
    VGA ça été un des mangas de mon adolescence, aujourd’hui je suis incapable de dépasser quelques chapitres avant que ça me tombe des mains. Dans un sens ça me fait un peu mal, j’ai beaucoup d’affection pour ce titre :/

    Les OVA sont cools aussi, ça adapte le début du manga avec plein de tendresse, et Hayashibara Megumi en Ai ça se refuse pas.

  • Rukawa

    Le manga n’a rien d’exceptionnel mais l’histoire est juste belle.

    par contre je vois pas en quoi yavait des passages compliqués ou incompréhensibles.
    la prochaine fois, ne lis pas dans le metro, tu seras moins déconcentré.

    Osef des visages et des poitrines, K2R dessine divinement bien des culs.

  • pbsaffran

    Je plussoie sur les culs, mais quand même, les couvertures de I »s, il y a de la plastique, non ? Je les trouve superbes.

    Sinon, kudos pour la traduction française de la toute fin (du volume 13), qui a eu le bon goût d’être un peu moins sibylline que son homologue japonaise. C’te classe, Youta !

  • Lion_Sn@ke

    I’s (OAV ou manga) est particulièrement bien dessiné, et l’histoire (amourette à deux sous) a au moins le mérite d’être bien écrite (à part peut être la fin qui aurait pu être plus originale), donc Amo je te le conseille vivement de lui redonner sa chance.

    Par contre ne pas aimer la façon dont sont dessinées les héroines de Katsura, non sérieux je comprends pas (ces jeunes sérieux :/)

    Enfin, si ce n’est pas déjà fait : LISEZ KIMAGURE ORANGE ROAD

  • katsura-side

    En voilà un avis intéressant et assez travaillé. Au vu de tout cela je ne sais pas si tu as tenté I »s, mais je ne te le conseille pas au final. Il est beaucoup moins profond que video girl ai et risque de te laisser un gout tres amer.

  • gelleg

    I »s est certe moins profond mais il y a quelques personnages secondaires loufoques qui redynamisent le rythme du récit qui est un peu en dents de scie.
    Sinon super cette chronique sur Video Girl Aï
    Je l’ai découverte en 1997-8 et j’avoue avoir été scotché par cette histoire.

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