Mangas & Animes

Rascal Does Not Dream of a Dreaming Girl – Before I Forget

Dixième jour de confinement, on en est même pas au tiers, et je suis partagé entre le plaisir de plus avoir à me taper trois heures de transports pour badger (vu que j’ai le luxe de pouvoir faire du télétravail comme si j’étais cadre) et la frustration de pas pouvoir vote mes potes et mes kébabiers.

Allez, on essaie au maximum de garder la pèche en ces moments difficiles où je me suis rendu compte que c’était effectivement le moment idéal pour se poser dans le canapé et regarder un peu les trucs qu’on a loupé. Genre, là, Wakanim avait sorti depuis quelques semaines le film Rascal Does Not Dream of a Dreaming Girl donc, allez, une pizza, une Xbox one avec l’appli et on est parti pour se faire le film sur une super télé 32 pouces achetée à Noël, vivre la vie, la vraie. Du coup la pizza était acceptable, la Xbox One toujours à deux doigts de claquer, la télé toujours flambant neuve, les gosses du voisin tapent toujours sur les murs mais ça c’est normal ils font ça tous les jours à 23h me demandez pas pourquoi et le film , quant à lui, était… intéressant. Suffisamment intéressant pour que, allez, je vous claque un petit billet immédiatement après le visionnage parce que bloguer à minuit c’était un truc que j’ai pas fait depuis trop longtemps.

Bon juste pour introduire l’article, présentations d’usage: Rascal Does Not Dream of a Dreaming Girl est donc un film des studios CloverWorks sorti l’été dernier au Japon et faisant suite immédiate à la série Rascal Does Not Dream of a Bunny Girl Senpai qui est, ok, un des pires titres occidentaux de série n’ayant jamais foulé le sol de notre planète, mais aussi et surtout une adaptation d’un light novel écrit par Hajime Kamoshida, que vous connaissez peut-être également pour Sakurasou no Pet na Kanojo (une romcom très sympatoche dont l’adaptation avait enchanté notre année 2012.) Mais revenons à Bunny Girl Senpai car dans ce light novel – et dans l’adaptation animée, logiquement – un valeureux lycéen nommé Sakuta aidait différentes jeunes filles de son entourage à résoudre des sortes de malédictions causées par un mystérieux « syndrome de puberté » qui donnait des résultats chelous – une fille était invisible des yeux de tout le monde à part ceux du héros, une autre développait un double maléfique, une troisième changeait régulièrement de corps avec sa soeur, etc. Dès le premier arc, qui durait le long des trois épisodes, il était en couple avec la première héroïne qu’il aidait, une jeune fille aux cheveux longs et à la langue bien pendue.

Sakuta et Mai, nos deux charmants héros

Là vous allez me dire « holy fuck Amo, t’as fumé ta pizza, tu es en train de me lire l’intrigue de Bakemonogatari » alors surprise les amis, non pas du tout, je vous invite à aller vérifier via une seconde source car c’est bien l’intrigue de Bunny Girl Senpai dont je vous parle et vous touchez du doigt ce qui aurait pu être un problème évident. D’ailleurs il suffit d’aller sur la page MyAnimeList de Bunny Girl Senpai, de boire beaucoup d’alcool et trouver le courage de lire les reviews sur la série (qui fait ça) pour constater qu’effectivement beaucoup de mecs de sans doute max 20 ans ont flanqués des 2 et des 3 à la série en se justifiant de manière très nuancée avec des arguments du genre « allo réveillez vous les moutons c’est un gros plagiait alllooooo. » Oui, ne tournons pas autour du pot: on sait immédiatement où cette série tire ses inspirations, et la reprise quasi telle quelle du « schéma de fonctionnement » de Monogatari est évidente.

Et en vrai ? C’est zéro un problème. Je vois presque ça comme un exercice de style, où tu reprends exactement la « base » d’une autre série pour, derrière, proposer toi-même tes propres idées, tes propres personnages et ta propre manière de narrer. Et dans le cas présent, Hajime Kamoshida ne se contente pas de régurgiter tel quel tout ce qu’il a avalé dans Monogatari, mais offre vraiment son univers et, surtout, ses idées et ses personnages. En basant beaucoup plus son univers sur des phénomènes liés à la physique quantique, il place son univers et ses malédictions moins dans une sorte de fantastique pour matheux, où tout est une réference, une relation plus où moins subtile à une loi, un théorème scientifique. Cette partie-là m’est passée totalement à côté parce que les cours de Physique-Chimie me servaient à peaufiner mes talents à dessiner dans la marge, mais si c’est votre came, eh, écoutez, vous aurez une opinion plus pertinente que moi en la matière, reste que déjà elle permet à la série une personnalité propre indéniable.

Du coup pour l’adaptation animée en série on avait treize épisodes qui… se mataient bien. Des bonnes idées, des jolies couleurs et, surtout un casting vraiment effiace, avec un personnage masculin principal réellement fort en caractère, disposant d’une véritable personnalité simple, facile à comprendre mais pas dénuée de profondeur. Les nombreux personnages féminins, quant à eux, connaissaient un développement plus qu’acceptable et savaient toutes maîtriser un peu l’art du taquet oral, ce qui ne faisait qu’améliorer un peu plus l’expérience dans une série qui est, tout de même, excessivement verbale. Bah oui, comme son modèle. Sauf qu’ici ça digresse que très peu, et soit ça papote pour faire avancer l’intrigue, soit ça papote pour s’envoyer des taillades entre bons potes.

Non, vraiment, Bunny Girl Senpai est une série qui est un très chouette visionnage, on s’y ennuie jamais car y’a un rythme très rapide ! Peut-être même trop rapide ! Non, ok définitivement trop rapide ! Oui, ok, c’est vraiment le seul vrai souci de la série, ELLE A PAS LE TEMPS ! En essayant de compresser CINQ VOLUMES DE LIGHT NOVEL en TREIZE EPISODES, les arcs se déroulent à vitesse grand V et si c’est pas si problématique sur les deux premiers arcs qui sont globalement moins longs, sur les derniers arcs, on a pas le temps de se reposer d’un gros rebondissement que y’en a déjà un second qui vient d’enlever ses gnoles et de se mettre en bermuda sur le canapé. Alors du coup ça a plu à des spectateurs qui ont pas le time et veulent juste voir une intrigue se dérouler sous leurs yeux car là pour le coup l’intrigue elle est pas mal et elle a su très vite dérouler – mais trop souvent, des scènes émotionnellement fortes sont très vite désamorcées parce que y’a pas le temps de s’appesantir. Et puis globalement une vraie frustration est née en moi: Bunny Girl Senpai a des idées de ouf… MAIS NE S’EN SERT QU’A MOITIÉ A CHAQUE FOIS.

ET CA C’EST RAGEANT, MES AMIS.

Du coup voilà, moi fin décembre 2018, encore insouciant des histoires de virus mais frustré par Bunny Girl Senpai qui était une série très plaisante mais qui avait le potentiel et les capacités pour être encore plus que ça ! J’avais enfin compris pourquoi mes profs pétaient un cable pendant ma scolarité quand ils me voyaient taper un simple 10 alors qu’ils savaient que je pouvais claquer un 19 si je m’y mettais sérieusement ! Cette série c’était moi au collège ! Et comme tout le monde je déteste rien de plus que ce que j’étais au collège ! Bref, j’étais bougon mais l’annonce d’un film adaptant un arc entier m’avait rendu curieux – ok là on allait avoir une heure et demie pour adapter un arc, soit l’équivalent de, allez, quatre épisodes et demi. C’est mieux que tous les autres arcs qui devaient se contenter de trois épisodes au max (sauf Futaba qui, RIP, a du manger les miettes et en avoir que deux) ! Est-ce que ce Dreaming Girl allait enfin régler le principal de souci de Bunny Girl Senpai et juste enfin prendre le temps, prendre le temps de vivre ?

Alors….

Hummm….

C’est compliqué.

DORIME :pray:

Sans spoiler (car on est pas encore en zone spoiler) (promis je préviens dès qu’on y est) le film… sait pas quel rythme avoir. La première moitié m’a ainsi vraiment pas convaincue des masses, me donnant le sentiment à la fois d’être mou du cul tout en allant trop vite dans son déroulement de l’intrigue. Les dialogues sont moins vifs que dans la série, et on perd parfois du temps sur du gras et du remplissage, tandis que l’intrigue prend une tournure à priori très prévisible. Faut avouer également que le personnage de Shôko est, so far, le personnage le moins « fort » du casting féminin, loin d’être aussi intéressante ou charismatique que les autres parce que son principal attrait est cette sorte d’aura « mystérieuse » autour de sa présence. Son caractère lui-même ? Très gentil mais pas forcément très remarquable.

Et puis le film va basculer à un moment précis, jeter une idée de ouf à la gueule du spectateur et partir sur vingt/trente minutes beaucoup plus passionnantes, beaucoup plus intenses et où on est baladé de possibilités en possibilités, c’est assez plaisant, et un terrain dans lequel on s’attendait pas à ce que Bunny Girl Senpai nous emmène. Là on excuse tout au film, même les dix dernières minutes qui sont un peu too much, pas forcément si nécessaires que ça mais qui, enfin, trouvent le rythme « parfait » que l’adaptation aurait du avoir depuis le début.

D’un point de vue technique, le film est totalement dans la lignée de la série – c’est grosso merdo cinq épisodes collés les uns aux autres, sans la moindre différence avec la diffusion télé. On aurait espérer une production encore un peu plus forte, quelques sakugas qui claquent, des décors de fou… mais ça se contente juste d’être très propre et très joli, comme l’était la série. C’est toujours un peu frustrant de voir des films débarquer qui servent de suite directe de séries et de se retrouver avec quelque chose de finalement très peu « cinématographique » mais, écoutez, on savait avant d’entrer que c’était un film produit en même temps que le reste de la série, nos attentes étaient calibrées.

Donc en bref je vous conseille vraiment de vous mater Dreaming Girl immédiatement après le reste de la série parce que très clairement le film attend de vous que vous ayez un souvenir vivace de Bunny Girl Senpai parce qu’il commence directement dans le feu de l’action et ne fait absolument aucun effort pour réintroduire l’univers ou permettre aux néophytes de comprendre ce qu’il se passe. Cela étant dit, ça reste un visionnage pas déplaisant, malgré une première moitié qui m’a pas passionné des masses.

Mais reste que, encore une fois, le film introduit des idées de ouf QUI SONT PAS DEVELOPPEES.

ET CA CA ME VENER.

DU COUP PASSE EN MODE ANALYSE TOTALE DE LA SERIE ET DU FILM DONC A PARTIR DE MAINTENANT, JE PARS DU PRINCIPE QUE VOUS AVEZ VU LES DEUX.


Pour étoffer clairement mon opinion sur « Bunny Girl Senpai a des idées de fou qu’il utilise pas » je vais prendre un exemple de base: l’arc de Kaede. Idée géniale: la soeur du héros a développe une toute nouvelle personnalité à la suite d’un traumatisme et pendant deux ans Sakuta a essayé de tout faire pour que sa soeur retrouve son ancienne personnalité et puisse à nouveau vivre la vie « normale » qu’elle mérite. Sauf que plus le temps passe, plus il s’attache à cette nouvelle personnalité. Alors quand, enfin, Kaede retrouve son ancienne personnalité il y’a cette idée très forte émotionnellement que, ok, c’est ce qu’il fallait et c’est ce tout le monde voulait. Sauf pour le héros c’est devoir dire au revoir à la personnalité avec qui il vient de vivre deux ans et pour le spectateur… c’est dire au revoir à la Kaede qu’il connaissait, n’ayant jamais connu l’ancienne.

Émotionnellement le concept est fou, quasi-unique: ça devrait être une « happy end », tout le monde a pu avoir ce qu’il voulait mais pour le spectateur cette victoire est forte émotionnellement et, surtout, laisse un très sale goût en bouche. On connaissait que KAEDE, pas Kaede, du coup on doit voir arriver une étrangère à sa place et dire au revoir à la très attachante bien qu’un peu débile KAEDE qui aimait les catchphrases pourries et les pandas mignons.

Mais le problème c’est que… en cinq minutes… c’est réglé. KAEDE devient Kaede, Sakuta pleure dans le bain parce qu’il doit dire définitivement au revoir à KAEDE, il sait que c’est pour le mieux, on sait que c’est pour le mieux, mais rien à faire ça fait quand même un peu mal… mais on a à peine le temps d’engurgiter tout ça que dès la fin de l’épisode, on embraie sur la suite de la série, Sakuta sort de sa déprime en une minute chrono, tout le monde accepte Kaede, l’ancienne KAEDE est désormais effacée, ok voilà.

Je vais paraître exagératif car je le pense un chouia: chaque arc de Bunny Girl Senpai a une idée qui, exploitée à 100%, pourrait faire tenir une série entière de douze épisodes. Regardez l’arc de Koga – dans l’animé, le héros se retrouve à faire quelques loops temporels mais peu sont vraiment détaillés et au final on prends pas conscience de leur poids sur le moral de notre héros qui se fardit quand même plusieurs semaines en boucle. Rien que dans l’adaptation manga ce syndrome de refaire les mêmes choses est beaucoup plus exploité et, surtout, on découvre rapidement dans le manga que chaque loop… a des différences. Ce que l’anime ne prends pas le temps de traiter parce qu’il n’a… pas le temps. Je veux pas Endless Eight 2 (Bunny Girl Senpai emprunte pas mal à Haruhi d’ailleurs, on m’a fait noter sur Discord les similarités d’intrigue entre Dreaming Girl et La Disparition de Haruhi Suzumiya, j’ai golri… parce que c’est drôle…. parce que c’est vrai.)

Je veux pas dire de Bunny Girl Senpai qu’il a un traitement « superficiel » de ses idées parce que je trouve que c’est un terme lourd mais je peux pas m’empêcher d’être un peu en colère quand je vois la série sortir des vrais trucs cools et juste se contenter de les effleurer sans en tirer le maximum. Tout le monde pète un câble sur Sword Art Online qui avait utilisé que 5% du potentiel d’Aincrad mais Bunny Girl Senpai fait ici la même chose ! L’arc de body-swapping avec Nodoka, c’est réglé en un épisode et demi et les conséquences de ces body-swapping sont résumés en trois scènes et demi qui sont certes plutôt fun mais y’avait tellement plus de choses à dire ou faire avec ça ! La pauvre Futaba qui a deux épisodes pour régler son histoire de double personnalité et on se retrouve avec un développement ultra condensé !

Donc là je parle de Bunny Girl Senpai parce que oui, Dreaming Girl aussi a un foutu souci d’idée géniale exploitée qu’a moitié.

Donc toute l’intrigue de Dreaming Girl tient sur un concept simple: Sakuta et Mai découvrent rapidement que Shoko ne va survivre que si Sakuta meurt. Cette découverte ils la font après environ une demie-heure de film. Ok, toi t’es là tu vois ça tu fais « ah oui merde, les personnages vont bien se prendre la tête là dessus je me demande comment ils vont régler ça comment ils vont en discuter entre autres et… ah ok Sakuta est déjà parti se tuer ok. » Non parce que je déconne pas, à 30mn de film on a l’enjeu qui est posé, à 40mn de film donc DIX FOUTUES MINUTES PLUS TARD, enjeu réglé, Sakuta a décidé de se buter.

C’est con putain, c’est un sujet fort ! Depuis le début on sait que Sakuta est quelqu’un de très prompt au sacrifice. Mais ça y’a pas que nous qui le sachions, tous les personnages sont au courant dont sa putain de petite amie. Elle lui fait même une scène de supplication à la gare en mode « fais pas le con stp » il répond « jferais pas le con tkt » et devinez qui fait le con trois minutes de film plus tard. Y’avait vraiment moyen que ce sujet soit traité plus fort – la série brille par ses dialogues, ça aurait été le moment d’avoir vraiment des très longs dialogues sur le sujet, des vraies réflexions, des vrais doutes.

Bon je râle, mais ça amène le vrai gros twist du film qui est que… well Sakuta voulait se sacrifier mais quelqu’un d’autre va l’en empêcher.

F pour Best Girl (2018-2019)

C’est une vraie bonne grosse claque et, là aussi, UNE AUTRE VRAIE GROSSE BONNE IDÉE. Sakuta voulait se sacrifier mais avait sous-estimé le fait que sa meuf aussi est prête à se sacrifier pour lui. A partir de là on entre dans un autre film: Sakuta va devoir accepter la mort de Mai, et grâce au pouvoir de la Physique de niveau Terminale, trouver un moyen d’empêcher l’irréparable de se produire. Et ça j’étais assez chaud, je trouve même certaines scènes de ce passage parmi les meilleures du film – celles où Sakuta se retrouve invisible aux yeux des autres, et se met à hurler de manière désespérée dans une gare dans un costume de mascotte en espérant que des gens le remarquent, je trouve ça émotionnellement fort. Là pour le coup tu sens le désespoir d’un Sakuta qui a qu’une seule possibilité pour tout sauver et compte bien tout donner pour réussir.

Même quand le rythme se calme, y’a encore des excellentes idées: Sakuta qui parle à son lui du passé et termine la discussion en se plaignant qu’il comprenne rien, la jolie scène du Sakuta Lapin qui se désintègre quand tout le monde est sauvé… Ça fonctionne pas mal !

Mais dans tout ça je continue à me dire que… y’avait encore moyen de faire plus. Je veux bien par exemple que jamais le spectateur croie la mort de Mai définitive – perso quand je l’ai vu mourir j’ai eu un petit choc évidemment mais j’y ai pas vraiment cru à 100% parce que je partais du principe clair que Bunny Girl Senpai tuerait jamais… la Bunny Girl Senpai du titre. La même impression que comme Steins;Gate qui tue un de ses personnages principaux pour la première fois, vous voyez ? Tu sais que le perso peut pas « mourir » comme ça, et que sa survie va devenir l’enjeu immédiat. Et même la série nous laisse même pas tant le moment de croire le décès de Mai « définitif » – on a une minute de documentaires à la télé et puis Sakuta est récupéré par Shôko qui lui promet immédiatement un moyen de revenir vers le passé.

C’est con mais la période « de deuil » je l’aurais étendu un peu… Nous faire vraiment prendre bien conscience de la mort de Mai, voir Sakuta en galérer encore plus. Qu’on comprenne bien que cette mort le touche profondément, que c’est pas un chagrin de deux jours, c’est plus que ça ! Je sais par exemple pas pourquoi Shôko se ramène au bout de quatre jours – c’est à la fois trop et pas assez. Trop parce que si elle avait une solution immédiate il aurait mieux fallu qu’elle croise Sakuta au plus vite, pas assez parce que si vraiment l’idée scénaristique était de faire déprimer Sakuta un max pour que le désespoir l’habite au maximum, on aurait pu rajouter un ou deux mois supplémentaires. Pas que je suis sadique, mais du coup quand il retrouve Mai dans le passé, ça aurait pu être encore plus fort si jamais le temps entre sa mort et les retrouvailles aurait été encore plus long.

Mais bon, je gamberge, c’est du détail et j’ai pas à reprocher au film de diriger son intrigue dans une autre direction que celle que j’aurais voulu, c’est mon rôle de spectateur de pas dire au conducteur où je veux aller, de me contenter de regarder par la fenêtre et apprécier les décors. MAIS DAMN Y’AVAIT DU POTENTIEL ENCORE, LA.

Quand tu feel en gambergeant sur des détails

Tout le dernier quart d’heure du film je reste assez partagé. D’un côté quand je me suis rendu compte que après que Mai ait été sauvé il restait un quart d’heure de film j’étais un peu agacé en mode « MAIS IL RESTE QUOI, ENFIN ? » Le sauvetage de Mai était un peu le climax ultime du film et moi, débilement, je croyais que le Sakuta du futur s’était sacrifié en se mangeant le camion pour que la Sakuta et la Mai du présent survivent, ainsi que la Shôko collégienne (qui aurait bénéficié du coeur du Sakuta du futur.) Damn sur le papier c’est même une intrigue de fou qui aurait offert une fin méga douce-amère (Mai et Sakuta se se sont sacrifiés tous les deux pour que Sakuta, Mai ET Shôko survivent, c’est ouf) sauf que non, les deux Sakuta ont juste fusionnés leurs mémoires et il reste encore la pauvre Shôko à sauver.

J’étais d’autant pas chaud que là j’étais convaincu que le film allait partir en mode film-d’enfant-malade-à-violon et allait finalement tuer Shôko dans des scènes un peu exagérement dramatiques. Finalement… non. Et c’est là que le film sort un vrai bon duo de scène (Sakuta qui « note » le devoir de Shôko, suivi de la séquence flashback / repos sur le banc) qui aurait fait une bonne conclusion, qui aurait eu le mérite d’être ouverte toute en ne nous prenant pas vraiment pour des idiots (« yep, elle est passée de l’autre côté… mais on ne l’oubliera jamais…générique… »)

Bon non y’a un épilogue bizarre.

Donc au final les persos ont tout oubliés ? Shôko a l’air d’avoir été sauvée quand même parce que l’histoire a été changée et Mai a tourné dans un film sur une fille malade du coeur « qu’elle avait vraiment envie de tourner », et le carton du film a permis à la recherche sur les maladies du coeur d’avoir plein de méga dons et de pouvoir sauver Shôko ? Et Sakuta se souvient soudainement d’elle en la croisant sur la plage ?

C’est… too much.

Ca me vener d’autant plus que le film avait l’occasion de finir DEUX FOIS avant cet épilogue, et ça aurait été deux conclusions vraiment intéressantes, avec des messages assez forts et une certaine émotion. A la place, on termine sur un épilogue zarbi où toute l’histoire est mystérieusement réecrite hors-champs grâce au pouvoir dit du ta gueule c’est le syndrome de puberté et à la fin on comprends même pas trop bien du coup pourquoi Sakuta reconnaît Shôko, et vice-versa ?

J’aime bien les happy end, j’aime bien quand tout se termine bien, mais là c’est… trop facile ? Et… surtout… je bite que dalle ? Je veux bien que l’univers de Bunny Girl Senpai et ses règles mathématiques/physique soient parfois un peu touffues pour mon âme littéraire mais là ça ne fait pas sens, et ça brise certains des messages du film. A quoi bon nous parler de sacrifice pendant une heure vingt pour qu’au final tout soit réglé par une baguette magique et une réecriture complète de ce que les personnages ont faits ?

Je conclurais en disant qu’une partie de mes réserves sur Dreaming Girl – et pourquoi j’ai été relativement peu ému par le film – est aussi vraiment dû au fait que Shôko m’a jamais passionné comme personnage. Comme je disais dans la zone non-spoiler, le personnage… n’a pas grand chose pour elle. Elle est un peu mystérieuse mais a part ça ne semble pas avoir de traits de caractères particulièrement mémorables, quand elle ne change pas régulièrement de personnalité en fonction de la scène – le film la présente parfois comme une fille taquine et entreprenante, parfois comme une femme au foyer typique. La Shoko collégienne est sympathique mais apparaît finalement étrangement peu dans le récit pour que son sort m’impacte tant que ça.

Bref, je m’interroge du coup pourquoi de tous les personnages de cet univers, c’est le moins intéressant qui a eu un film – au final, c’est encore Sakuta et Mai qui tirent le film vers le haut, et en sortent grandis et développés.

D’ailleus pour conclure sur ces deux-là, j’aime toujours autant leur alchimie, c’est assez fun. J’ai une pensée pour ces gens sur reddit ultra vener que le film ait toujours pas montré la fameuse scène du baiser que tout le monde attendait, reprochant à CloverWorks d’avoir encore été prude. Moi là dessus je suis très clair, et je vais tenir les mêmes propos que sur l’épisode final de Symphogear XV: la relation de couple entre les deux protagonistes elle est forte, on doute jamais du fait qu’ils s’aiment et, dans un tel contexte, une scène de baiser ne sert pas à grand chose. En règle générale, j’invite toutes les œuvres de romances à se dégager de ce que je vais appeller « la dictature de la scène de baiser », il faut qu’on évolue intelligemment vers un monde où on aurait plus besoin d’une scène de baiser pour qu’on puisse savoir si un couple est un couple, merci d’avoir écouté ma conférence que je fais chaque mois.

Bon cela étant dit, j’espère que vous avez bien compris ce sentiment complexe que j’ai sur Bunny Girl Senpai, sur cette oeuvre qui a toutes les cartes en main pour faire un truc de ouf et qui se contente du minimum. Oh il le fait bien ce minimum, mais on ne peut que rager de le voir gâcher son intelligence et sa créativité. Tout comme le Amo du collège, j’ai dit.

PS: Pas de Kimi no Sei ? Honte à toi, film. HONTE A TOI.

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Un commentaire

  • m3r1

    Dans les grandes lignes, je suis d’accord avec toi, surtout concernant la fin ou Sakuta du futur qui se sacrifie et tout, ça aurait été tellement fort, mais non. C’était pas mauvais, loin de là, mais… ouais voilà

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