Selector Infected WIXOSS – Cartes & Chatiments

Selector Infected WIXOSS – Cartes & Chatiments

Ca faisait longtemps qu’un générique m’avait pas motivé à regarder un anime mais je dois avouer que celui de Selector Infected WIXOSS a fait le taff.  C’est les petits riens mais la musique était cool, les personnages intriguants et il était suffisamment bien construit pour me permettre de comprendre que ça allait parler de jeux de cartes mais que ça allait aussi être un poil sombre pour l’occasion. Fallait bien un BAC+5 en analyse littéraire pour piger ce fait mais du coup ça a attiré mon attention.

Au final je me suis maté les deux saisons en un mois. Il faut dire que je cherchais un animé devant lequel prendre mes repas, je suis un peu en manque depuis que j’ai fini la saison 2 d’Arrested Development. WIXOSS a parfaitement rempli ce rôle, pour le coup. Par contre j’ai pas mal de choses à en dire car c’est une oeuvre vraiment imparfaite qui cumule pas mal de petits défauts qui font du mal à l’ensemble. Ce qui est dommage car, à mon sens, la série touchait du doigt pas mal de choses intéressantes et offrait une vision alternative assez intéressante à des thématiques très semblables à Puella Magi Madoka Magica.

Regardez ces joueuses de carte à jouer COMME ELLES ONT L'AIR JOYEUSES ET EPANOUIES
Regardez ces joueuses de carte à jouer COMME ELLES ONT L’AIR JOYEUSES ET EPANOUIES

Ah, Madoka Magica. Depuis sa sortie en 2011, y’a quelques animés qui ont essayés de surfer sur la tendance « jeunes filles mignonnes qui sont impliquées dans un schéma qui les dépasse et les font particulièrement souffrir » et Selector WIXOSS remplace le concept de magical girl avec celui d’un jeu de cartes particulièrement sadique. En effet, dans l’univers de la série, des jeunes filles (souvent dotées d’un background assez fucked up) achètent un deck de carte WIXOSS et trouvent à l’intérieur une carte qui parle nommée LRIG. Celle-ci leur dit « eh meuf, t’es une Selector. Ca veut dire que si tu as un souhait et que tu gagnes  un certain nombre de parties contre d’autres Selector, ton souhait devient réalité. Par contre si tu perds trois parties, t’es virée du jeu et t’es plus Selector, ça te va ? » Evidemment, la plupart des filles sont extatiques à l’idée de voir leurs souhaits devenir ainsi réalité, sauf que rien n’est aussi simple et que les LRIG disent pas forcément tout ce qu’il y’a à savoir… A commencer par le fait que si tu perds trois parties, non seulement t’es plus Selector mais ton voeu s’inverse. Oups.

Dans tout ce beau bordel on suit donc les aventures d’une jeune fille nommée Ruko, une asociale aux parents divorcés qui vit chez sa grand-mère, qui récupère une mystérieuse LRIG qu’elle va nommer Tama et qui est assez particulière dans le sens où celle-ci est muette et a du mal à s’exprimer… Elle va rapidement rencontrer une autre Selector, Yuzuki, et s’en faire une amie. Celle-ci lui expliquera les règles, le but du jeu WIXOSS et à partir de là, on est lancé pour l’éclate totale ♫. 

On est donc parti pour deux saisons de fun absolu et de larmes de vierges: Selector Infected WIXOSS en un et Selector Spread WIXOSS en deux. Pas de film à prévoir ou de saison 3 donc la série est finie définitivement et on peut donc en parler de la manière la plus complète possible.

(EDIT: Ok y’a un film de prévu, lol. Merci Kmeuh de la correction.)

BATORU BATORU
BATORU BATORU

Avant de parler de l’anime en lui-même, il est important de préciser son contexte. En effet c’est une série « originale », qui n’adapte rien mais elle ne sort pas de nulle part: en l’occurence, Selector Infected WIXOSS a été créée afin de promouvoir le jeu de cartes WIXOSS, lancé début 2014 par la société Tomy Takara. Du coup cette série a clairement été conçue et pensée comme outil promotionnel. Ce n’est pas sale et, on va vite le voir, à part name-dropper le nom du jeu de carte, la série est même une publicité assez baclée pour la série. En effet le studio JC Staff et l’écrivain de la série, Mari Okada (Ano Hana, Sakurasou no Pet na Kanojo, Toradora, etc) ont l’air d’avoir essayés de tout faire pour qu’on les accuse pas d’être une simple pub, du coup sur ce plan là, l’anime est le cul entre deux chaises.

Parce que j’avoue qu’au départ je pensais que j’allais voir un combo de feu du genre « Yu Gi Oh feat. Madoka » ce qui aurait été vachement cool. Mais même pas en fait ! Tout simplement parce que l’aspect « jeu de carte » est très vite oublié. Les combats entre Selector (et ils sont nombreux) vont vachement vite et expliquent jamais les règles. Du coup on perd l’attrait d’un animé « de jeu de carte » puisque les combats sont dénués de suspens du genre « il faut que je tire telle carte à tel moment. » A part un seul combat, il n’y a jamais de stratégie particulière montée par les joueuses et les bastons se résument finalement à « j’ai monté ma LRIG au niveau 4, je dégomme ta LRIG, je gagne et j’explique pas pourquoi je gagne. » Y’a pas de jauge de PV, pas de dommages concrets…

Du coup c’est peut-être qu’un détail, mais cette gestion des combats de carte m’a un peu déçu et j’en attendais peut-être un peu plus sur ce point. Je pense sincèrement que ça aurait pu créer plus d’enjeux et rendre certaines bastons vraiment trépidantes. Et ça m’aurait sans doute plus éclairé sur le jeu en lui-même dont, au final, je n’ai pas retenu grand chose. Si ce n’est que plein de filles y jouent et que dès que les héroïnes ont une pause, elles vont jouer à WIXOSS avec leurs amies et leurs familles \o/. 

Bref, l’aspect « promotionnel » est donc évidemment présent mais toute la série ne sait pas si elle doit assumer cette origine ou non. Du coup on est un peu perdu et, au final, on manque de détails et d’informations sur le produit censé être vendu. Bon.

Vous verrez jamais aussi clairement le jeu que dans ce screen
Vous verrez jamais aussi clairement le jeu que dans ce screen

Par contre, c’est un choix peut-être osé que d’avoir choisi la route Madoka pour vendre des cartes aux collégiens. Evidemment, les comparaisons sont faciles entre les deux oeuvres tellement il y’a de similarité… Des jeunes filles sélectionnées et manipulées par ce en quoi elles sont censées faire confiances (leurs LRIG / Kyubey.) Elles sont appatées par la promesse de voir leurs souhaits devenir réalité mais elles sont rapidement confrontées à une situation dans laquelle elle ne peuvent pas gagner. L’héroïne est une jeune fille qui ignore son voeu mais a le potentiel de tout changer.

C’est les similarités les plus évidentes et l’inspiration elle est claire. L’animé lui-même a l’air de l’assumer, quand il ne fait pas quelques références beaucoup moins subtiles (« Si ton voeu est de remonter le temps, c’est impossible » nous dit-on dans l’épisode 12 de la première saison, histoire que l’héroïne se sente pas trop Homuhomu.) Du coup on pourrait crier au plagiat mais honnêtement la série s’en sort pas mal et parvient à se saisir de ces bases pour en donner sa propre interprétation, sa propre vision. Là dessus, WIXOSS convainct pas mal et se détache de Madoka bien plus aisément qu’on aurait pu le craindre.

Après, l’écriture n’est pas dénuée de défauts pour autant. A commencer par des personnages qui mettent pas mal de temps avant d’être réellement attachants et qui manquent généralement d’éclat pour être particulièrement mémorable. Ce n’est pas étonnant si de la série beaucoup de gens retiennent le personnage d’Akira: c’est la seule jeune fille qui sort un peu du lot, avec un caractère à deux facettes et une vision du jeu particulièrement brutale, qui fait d’elle un antagoniste intéressant et détestable (dans le bon sens du terme.) A coté le reste m’a paru moins fifou et je retiens plus ce qui arrive aux personnages que ce qu’ils sont réellement. C’est le cas pour Hitoe par exemple, qui en bouffe pas mal dans la gueule tout le long de la série mais jamais j’ai particulièrement remarqué le personnage en dehors des moments ou c’est sa fête.

Puis il y’a carrément certains personnages dont l’utilité est débattable. Après j’aime pas juger un personnage vis à vis de son « utilité » parce que c’est quand même très capitaliste comme manière de penser (« si il nous fait perdre du temps, il ne mérite pas d’exister ») mais j’avoue que même si je trouve très rigolote Chiyori la Chuunibyou, bah elle apporte rien à l’intrigue. Je suis peut-être un peu méchant et peut-être que ce personnage existe pour montrer la dure séparation entre une Selector et une LRIG auquelle elle s’est attachée, mais à part ça le personnage est juste là. 

Après, bon, est-ce qu’un personnage dont la LRIG a la voix de Shirai Kuroko doit à tout prix justifier son existence auprès de moi pour que je sois content ? Pas forcément, hein, mais j’essaie d’être analytique et critique.

Aki Creepy~ ♫
Aki Creepy~ ♫

Dernier point sur lequel je suis un peu critique: la seconde saison, Spread, est un poil moins convaincante que la première, Infected. Et là par contre je dois avouer être un critique un peu pourri parce que je saurais pas forcément pointer du doigt exactement pourquoi Spread m’a un peu déçu. Disons juste que y’a quelques épisodes entre le 4 et le 8 ou y’avait des longues scènes particulièrement ennuyeuses et que le fait que la seconde saison se centre plus sur le jeu de cartes en lui-même et sur le pourquoi de ce jeu macabre m’a pas forcément très emballé. Néanmoins la série continue à conserver certains atouts, à commencer par ce goût du cliffhanger qui fait que chaque épisode se termine systématiquement sur un gros truc qui va te donner envie de mater le suivant. Je dois avouer que ça a marché sur la faiblasse que je suis et qu’il était pas rare que je mate mes épisodes en bloc de deux.

Par contre, même si la saison 2 m’a un poil déçue, j’ai trouvé la fin bien pensée et assez jolie. La série se conclut bien, répond à la majorité des questions et les rares encore laissées en suspens ne sont pas primordiales. Là dessus y’a rien à dire, c’est une bonne fin et c’est cool.

D-d-d-d-d-d-duel
DJ Ruko, prêt à lâcher les beats sur le dancefloor du suffering

Donc là du coup j’ai passé tout l’article à critiquer l’anime mais je suis réellement loin d’avoir passé un mauvais moment devant WIXOSS. L’intrigue et le scénario reste vraiment le point fort de la série et j’ai vité été happé par ce qu’il s’y passe. Même si les personnages ne m’attiraient pas tant que ça, même si le design est assez commun, reste qu’on a toujours envie de voir comment ça va se passer par la suite pour les héroïnes, qu’est-ce qui va leur arriver, comment elles vont trouver une solution. Rajoutez à cela ces fameux cliffhangers et on a un truc difficile à lâcher. En outre, la série est pas si con que ça, et si le ton se veut sombre, il n’est pas immature pour autant et parvient à éviter de donner l’impression de s’acharner sur ses héroïnes. Puis y’a un couple de lesbiennes psychopathe et ça c’est suffisamment cool pour être signalé.

Du coup, je conseille vraiment d’au moins essayer les premiers épisodes. C’est une série qui est pas mal passée sous les radars l’an dernier – il faut dire que la même saison, il y’avait No Game No Life qui niveau jeux de sociétés à forts enjeux avait posé les couilles sur la table – mais qui, sans être un chef d’oeuvre, vaut vraiment le coup d’être découvert, ne serait-ce que pour son intrigue et sa manière de remixer Madoka Magica de manière maligne et personnelle.

(et j’avoue que j’aurais du prendre un peu de temps pendant Epitanime pour découvrir le jeu de cartes qui était présent au stand Trading Card Game dans lequel j’ai pas mis les pieds du week-end.)

(J’étais tellement pété que j’aurais sans doute signé pour être Selector.)

(Mon voeu ça aurait été « jpeux avoir du Red Bull svp »)

(Et comme jsuis nul aux jeux en général, j’aurais perdu, mon voeu se serait inversé, et j’aurais plus jamais eu le droit de boire du Red Bull de ma vie.)

(Ce qui m’aurait permis de vivre jusqu’a 95 ans.)

(Aw shit.)

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