3 idées reçues sur les studios d’animation japonaise

3 idées reçues sur les studios d’animation japonaise

Article qui ne mérite pas une intro de fou car son principe va être très simple: essayer de mettre à mal quelques préjugés et idées reçues sur le fonctionnement de l’industrie de l’animation japonaise. On a beau en France tous consommer de l’animé à foison, c’est vrai qu’on a encore qu’une idée très vague de comment un animé est fabriqué et qu’on sous-estime peut-être un peu trop le travail humain nécessaire et les finances requises pour produire ne serait-ce qu’un seul épisode. 

L’idée de cet article est donc d’essayer d’éclaircir de la manière j’espère la plus concrète possible quelques points encore assez troubles, qui mènent à des phrases qui sont souvent assénées sur les forums et réseaux sociaux dès qu’il s’agit de parler d’animé, et plus particulièrement quand on évoque les studios d’animation, dont leurs rôles sont encore trop souvent fantasmés. On va donc se la jouer façon Décodeurs du Monde, je met la phrase et j’explique pourquoi elle n’est pas spécialement exacte !

Mais avant de commencer, rendons à César ce qui est à César: cet article récupère pas mal de ses infos de la conférence « La production d’anime », conférence organisée à Jonetsu 2.0 il y’a deux semaines par Yoka et Olivier Fallaix, ainsi que d’articles anglophones, particulièrement sur Sakugabooru. Bon et y’a l’anime Shirobako aussi, qui amène plein de vraies bonnes infos sur le milieu de l’animation.

Comme vous m’êtes sympathiques et qu’il faut bien illustrer l’article pour aérer un minimum, j’ai choisi de ponctuer cet article de gifs tumblr avec des personnages doublés par Kana Hanazawa. Parce que c’est comme ça que je roule.

1/ « Si l’animé est raté c’est à cause du budget »

NON.

En 2016, une interview a lieu avec Shingo Natsume et Chikashi Kubota, respectivement réalisateur et chara-designer de One-Punch Man, un des animés les plus techniquement impressionnants de ces dernières années. Au cours de cet interview les deux hommes sont formels: le budget des séries animées sont tous dans la même fourchette, « certains un peu plus, certains un peu moins, mais les différences ne sont pas imposantes. » Natsume renchérit: si One-Punch Man a pu avoir la qualité qu’il possède c’est car le projet a « eu la chance » d’attirer des « gens talentueux » qui n’étaient pas « motivés par l’argent » et qui ont « sacrifiés leur vie personnelle » pour pouvoir contribuer à l’animé.

Là on parle de One-Punch Man en guise d’exemple mais c’est un exemple qu’on peut généraliser à une grande majorité des animés. On estime qu’aujourd’hui le coût de production d’une saison de 13 épisodes est, en moyenne, autour des 250 Millions de yen, ce qui correspond grosso merdo à 2 Millions d’euros, donc environ 150 000€ par épisode. Cela peut sembler beaucoup mais compte tenu de la quantité personnel recruté pour la réalisation d’un seul épisode, c’est en réalité relativement peu. A titre de comparaison, un épisode des Simpsons coûte à produire autour des… 2 Millions d’euros. Oui vous avez bien lu: un épisode des Simpsons coûte autant qu’un cour d’animé 1 .

Et, plus pragmatiquement, si un show n’est techniquement pas au niveau c’est souvent plus un souci de planning. Sans rentrer trop dans les détails, disons simplement que pour produire une série animée, un studio va se diviser en 3 ou 4 équipes qui travailleront parallèlement chacun sur un épisode: dans le cas d’une division en 4 équipes, par exemple, l’équipe 1 s’occupera de l’épisode 1 puis de l’épisode 5 et 9, l’équipe 2 de l’épisode 2 puis de l’épisode 6 et 10, et ainsi de suite. 

Seulement il suffit qu’une des équipes accumule du retard – et vu les délais parfois très serrés, c’est loin d’être improbable – pour que tout le projet prenne l’eau. Si l’équipe 2 prend du retard, des membres de l’équipe 1 ou 3 devront venir les aider, ce qui va en retour eux même les faire prendre du retard, donc devoir bâcler pour rendre dans les temps… Bref, un cercle vicieux !

Là vous aurez peut-être trois remarques:

1/ « Ils n’ont qu’a travailler plus ! » => Il y’a un mois mourrait Kazunori Mizuno, animateur et réalisateur vétéran. Pourquoi je mentionne ça ? Il est mort d’épuisement à cause de la charge de son boulot. Dans une interview en 2015, Thomas Romain – designer et animateur d’origine française travaillant au Japon, entre autres sur des séries Satelight comme Macross Delta ou Symphogear – mentionnait que les animateurs travaillaient « 10 à 12 heures par jour, y compris les week-end » ce qui est un rythme, vous en conviendrez, déjà très intense.  Ne leur demandez pas de bosser plus, s’il vous plaît, sinon je met vos noms sur le Phan-site et vous allez avoir un changement de cœur, fissa.

2/ « Ils n’ont qu’a s’y prendre plus à l’avance ! » => Evidemment souvent impossible car les studios sont dépendants de nombreuses contraintes. Ainsi, le délai entre le moment où ils ont la confirmation qu’ils allaient s’occuper de l’adaptation et le début de la diffusion peut parfois être bien plus serré qu’on le croit, sans compter que parfois le studio doit parvenir à terminer un projet pour en débuter un nouveau. Peu de studios ont la chance de pouvoir s’y mettre à l’avance !

3/ « Ils n’ont qu’a recruter plus d’animateurs ! » => L’idée reçue principale sur le budget est que, en gros, plus il y’a de budget et plus on peut recruter d’animateurs pour bosser sur le projet. En théorie, why not. En pratique ? D’une il faut des sacrés talents à la tête du projet pour gérer une série avec de plus en plus de gens impliqués à sa réalisation, de deux recruter plus d’animateurs est… très dur. Pourquoi ? Car il y’a une pénurie d’animateurs à l’heure actuelle. De plus en plus de séries sont produites mais, pour différentes raisons, le nombre d’animateurs n’a pas suivi cette croissance, rendant aujourd’hui overbookés des animateurs souvent déjà surchargés.

En somme, retenez donc cela: ce qui aujourd’hui fait la qualité technique d’un animé, ça va être deux éléments très concrets: la gestion rigoureuse d’un planning qui permet aux équipes de prendre le temps de travailler convenablement et, surtout, le talent couplé à la motivation des membres de son staff. Le budget est, finalement, mineur dans cette équation.

2/ « Si l’animé et ses goodies se vendent bien, le studio se fait masse d’argent »

CA DÉPEND.

Aujourd’hui, et depuis le début des années 2000 , les animés sont majoritairement financés par le biais de comités de production. Qu’est-ce qu’un comité de production ? C’est quand plusieurs entreprises s’unissent pour partager les frais de la production d’un animé avec un contrat simple: plus tu investis dans cet animé, plus, en théorie, tu récupères les bénéfices engrangés. Les entreprises qui viennent entrer dans un comité de production peuvent être très variées, et le faire pour des raisons diverses: ça peut être la société qui produit le manga/light novel original, ça peut être une maison de disques qui veulent caser leurs artistes aux génériques, ça peut être le studio lui-même, damn, ça peut même être les sociétés occidentales qui s’occuperont de distribuer l’animé à l’international – Crunchyroll et Netflix, par exemple, ont déjà commencés à investir au Japon.

A partir de là, vous comprenez le calcul: si le studio d’animation a beaucoup investi au sein du comité de production, il va récupérer beaucoup des bénéfices éventuels en cas de succès de la série. A l’inverse, si il est totalement absent du comité et n’est là que comme simple prestataire au service du comité, il n’y gagnera pas un kopec. Il faut d’ailleurs mentionner que, souvent, plus un studio a investi dans un comité, plus il dispose d’une liberté créative sur le projet.

Prenons deux exemples concrets, en citant le studio Kyoto Animation. Voilà trois comités de productions d’animés du studio, en l’occurrence Full Metal Panic Fumoffu (2002),  K-On! (2009) et Sound! Euphonium (2015) 2.

Comité de production pour Full Metal Panic Fumoffu: 

Fuji TV
Kadokawa Shoten
Pony Canyon

Ont investis dans la création de Fumoffu: la chaîne de télé Fuji TV, l’éditeur Kadokawa Shoten – qui édite et crée le light novel original – et Pony Canyon – éditeur de DVD et CD. Kyoto Animation n’était pas présent dans le comité de production, donc était là en temps que simple prestataire, qui gérait la production de l’animation avec le budget et le cahier des charges que le comité lui a imposé. Le studio n’a donc, logiquement et vraisemblablement, rien gagné du succès de la série en terme de ventes et de marchandising. Tout au plus, il a gagné une alors nécessaire reconnaissance pour un studio venant de débuter. Il n’en a pas pour autant perdu de l’argent si ça vous fait peur: le budget alloué par le comité servant normalement à couvrir tous les frais de réalisation de la série. Il n’a donc rien perdu, mais n’y a rien gagné.

Comité de production pour K-On!:

TBS
Pony Canyon
MOVIC
Kyoto Animation

Kyoto Animation est 4e et dernier du comité donc parmi les 4 intervenants à avoir investi dans la production de l’animé, il est le moins présent et celui a avoir le moins investi. A l’inverse le plus fort est TBS – une société multimédia qui va gérer les droits de la série et, surtout, gère entre autres un nombre pas désuet de chaînes de télévision qui vont diffuser l’animé – suivi de Pony Canyon – éditeur et distributeur des DVD et, plus intéressant pour K-On, des CD -, MOVIC – gérant du marchandising et des live event – et, enfin, en tout dernier, notre studio kyotoite préféré. 

K-On! a été un succès incroyable au Japon et, oui, c’est une licence qui a imprimé de la monnaie. Dès lors, on peut envisager que si, oui, Kyoto Animation a du y gagner une somme raisonnable, il y a moins gagné que trois autres de ses partenaires commerciaux. 

Comité de production pour Sound! Euphonium: 
Kyoto Animation
Pony Canyon
Lantis
Rakuonsha

Là à l’inverse, c’est Kyoto Animation qui est en premier, ce qui veut dire qu’ils ont posés leurs paquets de billets sur la table et que c’est eux qui ont le rôle majoritaire dans l’adaptation de ce roman, pour lequel ils disposent d’une totale liberté. Derrière on retrouve, comme à l’accoutumée, Pony Canyon, suivi du producteur musical Lantis et d’une société dédiée aux productions sonores nommées Rakuonsha. 

Voilà, en somme, pourquoi le succès d’un animé ne veut pas pour autant dire que derrière un studio va se retrouver multi-milliardaire. Avant de clamer cela, il faut donc déjà au préalable vérifier si le studio est dans le comité de production et, si oui, essayer d’identifier à quel point il s’y est investi… ce qui est souvent des informations difficiles à trouver ne serait-ce qu’en anglais.

 Ça dépend, donc.

3/ « Si tel studio fait cet animé, ça va forcément être bien/mal »

C’EST TRES LOIN D’ÊTRE UNE SCIENCE EXACTE

Je jetterais pas la pierre parce que sur Néant Vert j’ai beaucoup et souvent fait le raccourci, jusqu’a encore très récemment, mais il faut faire très attention aux phrases du genre « ha cool c’est BONES qui fait cet animé, ça va déchirer » ou l’inverse qui est « oh merde c’est DEEN qui fait l’adaptation, ça va être pire que la douleur ressentie quand j’ai chuté sous la douche. » Car, en réalité, les frontières se floutent de plus en plus et, surtout, ce n’est pas parce que deux animés sont réalisés par le même studio qu’il y’aura les même talents derrières. Ne serait-ce que parce que l’animation japonaise contemporaine repose énormément sur les freelancers.

Les freelancers, tout simplement, c’est les animateurs / réalisateurs / designers qui ne sont pas salariés auprès d’une entreprise mais qui sont payés à la prestation. Un intervalliste, par exemple, est payé au prix incroyable de 1,50€ le dessin. Ils peuvent travailler pour plusieurs studios, ce qui leur permet une grande flexibilité et une grande liberté mais, du coup, les met dans une véritable précarité car si jamais il y’a des jours sans, ils en souffrent plein pot. Et, bonus, ils n’ont aucun des avantages sociaux que peuvent avoir les japonais salariés. 

« Bah, pourquoi ils veulent pas être salariés ? » vous demanderez vous. La réponse est simple: parce que les studios préfèrent payer des freelancers que d’avoir des salariés. C’est plus pratique, plus flexible et plus économique. Peu de freelancers le sont par volonté ! Les studios qui reposent ainsi sur une majorité de salariés font véritablement figure d’exception mais on peut citer Kyoto Animation ou, plus connu encore, Ghibli 3. 

Cela peut expliquer, par exemple, que des réalisateurs de série qui commencent à avoir une petite renommée changent souvent de studios pour leurs projets: car ce sont avant tous des freelancers, pas des salariés des studios. Vous comprenez donc pourquoi Shinichiro Watanabe est ainsi passé par Nue (Macross Plus), Sunrise (Cowboy Bebop), Manglobe (Samurai Champloo), MAPPA (Kids on the Slope et Terror In Resonance) et Bones (Space Dandy) pour réaliser des séries au lieu de toujours rester dans le même studio. 

Après, certains studios ont un grand niveau d’exigence ou possèdent un niveau d’affinité avec des freelancers talentueux qui vont revenir régulièrement chez eux, ce qui peut créer le début d’une marque, d’une identité.  Et leur image ils vont vouloir la soigner car cela va beaucoup jouer dans les projets qu’ils vont pouvoir lancer: Madhouse a tellement enchaînés les hits internationaux a une époque qu’ils ont pu acquérir l’image du « studio que tu veux avoir si tu cherches à avoir un truc bien fait qui aura une aura aussi bien au Japon qu’ailleurs », ce qui faisait que les comités de production qui cherchaient un studio pour ce genre d’exigences ont pensés à Madhouse en priorité. SHAFT a aussi une personnalité très marquée, entre autres grâce à la figure du réalisateur-superviseur Akiyuki Shinbo, qui va le rendre idéal pour les adaptations de light novel ou les œuvres qui veulent chercher à toucher un public un peu arty. 

En somme, la réflexion a avoir dès qu’on voit qu’un studio va faire un animé, ça doit se faire en deux étapes:

1/ Quel staff travaille dessus ? 

2/ Le studio est-il dans le comité de production ? Si oui, quelle y est sa place ?

Les deux sont liés: la première question car connaître les noms du réalisateur, du scénariste et des directions de l’animation permet déjà de se donner une idée, en fonction de leur passif, des attentes qu’on peut commencer à avoir. Quant à la seconde question, elle permettra de déterminer de quel niveau de liberté béneficiera le studio – et donc ce staff.- Ca peut expliquer, par exemple chez Trigger, la différence entre un Kill la Kill – ou le studio est au coeur du projet donc s’exprime à 100% – et un InoBattle – ou il se contente d’adapter sur demande d’un comité de production, quitte à effacer ses particularités.

Voilà, en somme, des débuts d’éléments de réflexion sur le sujet des studios et, surtout, du mythe du budget. Vous l’avez bien compris, l’animation japonaise est un milieu économiquement fragile, dont on demande toujours plus au fil des années, mais qui tient sur des humains souvent précarisés, qui ne sont manifestement pas vraiment payés à la valeur de leur travail. Même le plus raté des animes aura demandé autant d’investissement humain et financier que les autres, et c’est un point à ne jamais oublier.

En attendant, n’hésitez pas à demander des éclaircissements en commentaire si des choses vous paraissent encore floues, de même si vous notez des erreurs et que vous souhaitez les corriger ou les nuancer.

Bonne semaine~

  1. Même si l’exemple est très extrême: les Simpsons est un show qui rapporte énormément, et par conséquent le staff qui travaille derrière est extrêmement bien rémunéré, à commencer par les doubleurs.
  2. La source est l’excellent blog d’ultimatemegax, un des anglophones les plus experts en KyoAni
  3. Avant 2015, aujourd’hui ce n’est évidemment plus le cas vu que le studio ne produit plus de films
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7 réactions au sujet de « 3 idées reçues sur les studios d’animation japonaise »

  1. Sympa et simple à lire, car je dois avouer que ce n’est pas toujours simple à expliquer.

    Je souhaitais revenir sur deux détails.

    Le premier : « Un intervalliste, par exemple, est payé au prix incroyable de 1,50€ le dessin. »

    La aussi ça dépend, de l’animateur, du studio et du dessin. J’ai eu l’occasion de voir un contrat proposé par Ghibli au studio Oh Pro. De la part de Ghibli, les tarifs sont souvent plus élevés que ce que propose les autres studios. Ils variaient entre 300, 500 et 800 yens. Un dessin simple pour un animateur lambda tourne dans les 300 (soit 2,5€), et si le dessin exige du détail, ça grimpe jusqu’à 800 yens (soit 6,7€). C’est a prendre avec des pincettes donc. Je n’ai malheureusement pas pu faire une copie du dit contrat, mais je compte bien y repasser à l’occasion.

    Je reviens également sur cette « pénurie d’animateurs », car c’est la aussi à prendre avec des pincettes. Il faut voir dans quel cas de figure ? Faut-il moins de série ou toujours plus de séries ? La Janica confirmait entre 3100 et 4500 animateurs en 2009, avec un besoin annuel de 63 à 89 nouveaux animateurs. Mais ça c’est le cas ou il faut plus de série. Perso je trouve qu’il y en a trop. Et comme il y en a trop, et qu’ils sont nombreux à vouloir se faire un nom, alors beaucoup n’ont pas peur de ne se faire qu’1,5€ le dessin même si ça demande 2h de boulot. (Sans parler de la mentalité « shôganai », et ce fait devient alors une normalité. Je trouve ça effrayant…) J’ai discuté avec un animateur au studio Oh Pro, avant d’être embauché, il ne se faisaient 10€ la journée en freelance. Il vivait chez ses parents… Alors oui, il y a une pénurie, mais c’est parce que l’industrie souhaite produire plus, toujours plus. Mais en même temps les problèmes n’en deviennent que plus visible, même dans un pays qui a tendance à cacher ses mauvais côtés. (Ma source pour les chiffres : http://janica.jp/events/h24wakate/h24project.pdf < Page 14).

    Va falloir en reparler. Je songe également écrire plus souvent dessus à l'avenir. 🙂

  2. C’est marrant que tu parles de MadHouse parce que le studio est grave en manque d’effectif et on arrive à des situations où la moitié des épisodes d’une série sont sont-traités, comme ce fut le cas sur ACCA. Et quand je dis que leurs épisodes sont sont-traités, c’est pas quelques intervalles, ce qui est un processus normal dans l’industrie, mais vraiment l’intégralité de l’épisode, de la réalisation aux dessins d’intervalles et MadHouse ne fait « que » repasser sur l’épisode pour essayer de l’améliorer comme ils peuvent.

    Du coup, à l’heure actuelle, avoir MadHouse en tant que studio d’animation, c’est pas forcément bon signe.

  3. Merci pour cet article très intéressant.

    Un petit ajout concernant Ghibli. Dans les années 60, lorsque les chaines de télévision ont commencé à chercher des studios d’animation pour profiter du succès de Tetsuwan Atom (Astro Boy), ces-derniers ont rivalisé au moyen de tarifs de plus en plus bas. Dans les faits, ils ont commencé à baisser toujours plus les prestations versées aux animateurs afin d’être les plus compétitifs possibles. C’est dans ce contexte qu’une partie de la profession – aussi étrange que cela puisse nous paraitre aujourd’hui – s’est mise en grève, menée notamment par un jeune Hayao Miyazaki alors syndicaliste et porté à gauche (il me semble que c’est à travers son activité syndicale qu’il a rencontré sa future femme). Aussi, lorsqu’il a fondé son propre studio, salarier ses animateurs – pour leur permettre de vivre convenablement même en dehors des périodes d’activité – lui parut logique.
    Pour en avoir discuté avec un des fondateurs de la JANICA – la Japanese Animation Creators Association, dont Miyazaki ne fait d’ailleurs pas partie – le procédé est assez mal vu du reste de la profession. La raison officielle avancée par ses détracteurs, ce que les animateurs n’ont pas de raison d’être plus motivés lorsqu’ils produisent une œuvre que lors de leurs périodes d’inactivité, puisqu’ils gardent le même salaire (ceci dit il me semble qu’ils recevaient un bonus) ; et cela doit forcément se ressentir sur leur travail (sans commentaire vu la qualité des long-métrages du studio). Officieusement, je suppose qu’il donne le mauvais exemple, et qu’une généralisation de ce système mènerait selon eux à une augmentation des coûts de production.

  4. Très propre pour les nouveaux venus dans l’animation, ça reprend en surface sans rien omettre d’important. Je trouve ça bien de parler de KyoAni puisque c’est un studio ultra-singulier (en dehors du moeshit), et en plus il y a une notion à Shaft alors <3
    Bon par contre mettre du Kana Hanazawa…
    Je ne vais pas être trop taquin, je dirai juste que je la trouve un poil cancer (plz pas de Nadeko, en tant que fan absolu des Monogatari ce personnage est un vrai crève-coeur tant je le déteste x)

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