Doki Doki Literature Club – Just

Doki Doki Literature Club – Just

SALUT LES AMIS ! ICI AMO ET AUJOURD’HUI ON VA JOUER A UN JEU TROP D E L I R E ET TROP ♪ F U N ♪ !!! 

ELLES SONT MIGNONNES HEIN. C’EST UN PTIT JEU COQUIN, CA S’APPELLE DOKI DOKI LITERATURE CLUB, C’EST GRATUIT SUR STEAM ALLEZ MES PTITS AMIS ON VA BIEN S’AMU

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Doki Doki Literature Club, du studio Salvato, est un jeu sorti sur Steam le 22 septembre 2017 qui vous met dans la peau d’un lycéen ordinaire qui se voit proposer par sa gentille et mignonne amie d’enfance de rejoindre le petit club de littérature du lycée. En plus de cette amie, la maladroite mais toujours pleine d’énergie Sayori, ne se trouve dans ce club « que » trois autres élèves: Yuri, une timide passionnée de littérature ; Natsuki une fille un poil agressive mais qui sait vite montrer ses bons côtés ; et enfin, la présidente du club, une leader confiante et positive, qu’on nomme juste Monika.

Si vous n’êtes au départ que très peu attiré par ce club, cette bien avisée présidente va vite vous donner la possibilité de composer, chaque soir, un poème. Poème que vous lirez ensuite aux trois autres membres du club. A vous donc d’écrire votre poème en pensant le plus à quel personnage votre poème est le plus susceptible de plaire et, qui sait, peut-être que votre talent littéraire saura toucher le coeur de Yuri ? Natsuki ? Ou alors Sayori… ?

Sachant que au final, ce sont des coeurs facile à atteindre: il semblerait que ces trois personnages aient vraiment le béguin pour vous. 

Alors.

Qui sera l’heureuse élue ?

Spoiler: les cupcakes peuvent aider

Je fais genre y’a du suspens mais, évidemment, vu que le jeu démarre par un gigantesque avertissement « CE JEU N’EST PAS CONSEILLE AUX ENFANTS, AUX PERSONNES SENSIBLES ET AUX DEPRESSIFS » et que le tag principal du jeu sur Steam c’est « HORREUR PSYCHOLOGIQUE« , vous vous doutez bien que Doki Doki Literature Club va avoir très rapidement un twist et que, oui, oups, ce n’est pas un jeu de drague ordinaire. En fait, ce n’est même plus un jeu de drague passé un certain point. Surtout quand on va en arriver au point où c’est le jeu qui va essayer de vous draguer vous. Et par vous je ne veux pas dire « le personnage principal », je veux dire vous. Et peu importe si vous êtes d’accord avec ça !

Oh, et évidemment, le jeu va aussi vous aligner quelques scènes d’une violence graphique explicite. Histoire de. 

Oui, c’est une sale histoire.

 

Peu importe la vitesse à laquelle vous lisez: Yuri saura attendre pour vous

Sale histoire mais expérience intense: Doki Doki Literature Club est un visual novel remarquablement court. Comptez entre trois à cinq heures, selon votre niveau d’aisance avec l’anglais, pour le conclure. C’est un jeu qui prévient bien que tout va se barrer en couilles et qui part du principe que le joueur sait que ça va chier dans le ventilo, jouant du coup avec le fait que le joueur ne sait pas quand ça va arriver. Le premier acte du jeu est ainsi un long voyage vers un ravin, où l’on apprend à s’attacher aux différents personnages en sachant que viendra un moment où ça va mal se passer. Ecriture cruelle, mais efficace, et quand le jeu se met soudainement à changer radicalement de genre le moment où arrive la première vraie grosse scène choc, c’est une toute autre limonade, et on commence à se retrouver attaché à sa souris, incapable de quitter le jeu avant de voir jusqu’où ils vont aller.

Viendra même un moment où c’est le jeu tout entier qui va vous chier littéralement dessus: interface qui pète, caractères qui ne s’affichent volontairement plus, bugs foireux… Non seulement ce que le jeu nous raconte ne nous met plus tellement à l’aise, mais en plus si l’on ne peut même plus compter sur les menus du jeu, on ne se sent même plus le bienvenu dans ce qui aurait pourtant du être juste un sympathique jeu de drague.

Les jeux « métas » et qui « brisent le quatrième mur », c’est désormais devenu une sorte de pain quotidien du joueur contemporain de jeu vidéo. Et c’est vrai qu’il reste toujours très efficace quand un jeu se met soudainement à parler directement au joueur en détruisant toutes ses habitudes en tant que gamer. C’est une épée à double tranchant, néanmoins. Pour des réussites efficaces et pertinentes à la Metal Gear Solid 2, à la Baten Kaitos où à la Undertale, combien de créateurs qui se brûlent les ailes en se croyant malins ? Trop de jeux qui se contentent de juste briser le 4e mur sans rien en faire derrière. Se contenter de l’effet choc sans rien dire derrière. Le faire juste parce qu’on peut le faire. C’est ça faire son malin. 

Dieu merci, Doki Doki Literature Club évite ce problème. Déjà car le jeu profite des bris du 4e mur pour traiter de manière intéressante des sujets assez durs: la dépression, l’obsession ou bien même les violences domestiques sont traités explicitement. Ensuite même si le jeu se permet énormément de délires avec l’écriture ou l’interface, sa brièveté fait que toutes ces folies n’ont jamais le temps de vraiment nous lasser.  C’est varié, le développeur s’amuse à faire tout ce que le moteur du jeu lui permet, et on vadrouille d’expérimentations en expérimentations, sans jamais savoir ce qui va nous tomber dessus. Notre curiosité est éveillée… et on est recompensé en en prenant plein la gueule. 

Superbe.

Exemple léger et gentil de bris du 4e mur, c’est qu’un exemple parmi cent autres

Juste un point rapide sur un thème en particulier qui m’a évidemment beaucoup parlé: la dépression. Doki Doki Literature Club évoque clairement et explicitement le sujet, sans détours, sans gants, sans nuances. Par le biais d’un personnage qui en souffre, le joueur est invité à essayer de comprendre ce que ressent quelqu’un qui souffre de cette maladie, par quels procédés mentaux la dépression s’immisce dans l’esprit de quelqu’un, et à quel point cela complique sa vie personnelle, sa vie sociale et ses capacités à se projeter personnellement dans la société. On sort des clichés autour de la dépression dans la fiction: ici pas de romantisme autour de la maladie, pas de solution miracle qui vient de nulle part, pas d’exagération disproportionnée des symptômes. Juste une description réaliste du mal. C’est rare de voir le sujet être aussi explicitement traité, et sur ce point, le jeu gagne pas mal mon respect.

Au point où je suis même un peu déçu que le jeu ne parle pas que de ça. 

Un peu d’amour pour les poèmes du jeu, certains foutent bien le seum

Article court pour jeu court mais le plus important c’est que je vous recommande fortement Doki Doki Literature Club. 

Les avertissements de début de jeu ne sont néanmoins pas là pour rigoler: comme je l’ai dit, le jeu possède quelques scènes assez violentes et assez graphiques, et la tension générale qui s’en dégage fait que si vous avez une difficulté à encaisser ce genre de choses, ne tentez absolument pas, vous allez en faire des sales rêves. En gros imaginez un Umineko mais les scènes gores qui sont décrites sont accompagnées d’une CG qui le montre. Sans compter que même en dehors de la violence visuelle le jeu peut aussi être très violent dans ses mots et dans l’ambiance qu’il pose. C’est donc vraiment pas pour tout le monde, et je comprendrais aisément ceux qui passeront leur chemin si ils ont peur d’être mis mal à l’aise.

Ceux qui se sentent prêts, néanmoins, posez vous devant votre PC, chopez le jeu (je le repète, il est gratuit !), lancez le en début de soirée, et faites le vous d’une traite, dans le noir. C’est une sacrée expérience qui parlera d’autant plus à ceux qui, comme beaucoup des lecteurs de ce blog, vouent une petite passion pour les romances japonaises et les clichés qui vont avec. L’auteur de ce jeu avoue qu’il s’est beaucoup inspiré de « son sentiment amour/haine pour l’animation japonaise » et ça se ressent pas mal. 

Donc voilà faites-le pour votre culture personnelle. Pour l’expérience que le jeu est. Pour ses thèmes. Pour ses expérimentations. Pour les personnages du club. Pour Monika.

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7 réactions au sujet de « Doki Doki Literature Club – Just »

  1. J’ai hésité à faire un articule sur Meido Rando, mais je me suis dit que à part dire « essayez-le je peux pas en dire plus » ça n’allait pas être très intéressant à lire. Merci du coup d’avoir fait cet article 🙂

    J’ai été pas mal touché par la façon dont la dépression a été abordée aussi dans le jeu, c’était juste et sans en faire des caisses, si bien que j’ai vraiment eu mal pour le personnage en question pendant toute la discussion et même « après ».

    C’est amusant d’ailleurs quand des gens un peu sensibles et facilement mettables en PLS me demandent s’ils peuvent jouer à Doki Doki Litterature Club. J’ai du mal à leur expliquer en quoi ça peut leur poser problème sans leur spoiler la surprise.

    Mon seul regret, je pense, c’est que le deuxième acte du jeu tire un peu trop sur la longueur. J’avais vu venir le coup peu après le début de l’acte, et j’avais qu’une envie c’était d’en finir pour connaître la suite. J’ai pas été déçu de la direction et de la destination (finale?) mais j’aurais probablement aimé que ça prenne un peu moins de temps pour y arriver.

  2. C’était fort. Je l’ai fait, mais je me suis senti pas bien quand même. Alors je peux à peu près supporter les images et les thèmes abordés, mais on se sent quand même pas à l’aise.
    A noter que (bon, est-ce un spoiler ?) chacun des 3 thèmes mentionnés dans l’article fait référence à trois différentes filles, et je ne sais pas pour vous, mais je n’ai vu que deux thèmes abordés sur les trois (du moins, explicitement).
    Par contre, rétrospectivement je remercie Concombre (alias LaDebauche) qui a lancé un Jackbox Party le soir où je commençais Doki Doki Litterature Club, et qui m’a permis de reporter le jeu au lendemain matin, parce que le faire un soir avant d’aller se coucher, whow j’aurais pas dormi de la nuit, j’étais pas prêt.

    1. Déjà, mes excuses pour dire que l’un des trois thèmes mentionné est pas représenté, je l’ai refait, si, c’est plutôt explicite même si ça ne mène pas aux atrocités qu’on observe…
      Ensuite, en lisant ce que dis Monika, je suis tombé sur un passage qui me semble assez juste sur la dépression, je le réécris ici (pas traduit parce que j’ai un peu la flemme), avec un découpage en paragraphes qui me convient. Évidemment MASSIVE SPOILER (mais ça, on s’en doute).

      « You know, high school is a really turbulent time in a lot of people’s lifes. People can get really passionate and dramatic. And other have aching hearts and seek attention on social media… But all of the social pressure and hormones can lead to a dark time in people’s lives. Everyone has a story. You may not know what someone is really feeling on the inside. Many people who are depressed won’t even bother telling the world about it. They don’t want attention, because they’ve already given up on the inside. Their feeling of worthlessness is so overwhelming that they don’t even want people to tell them otherwise.

      Depression comes in many forms, but that’s one of them. Just, if you think you know someone struggling with depression… you can help just by treating them like they’re a good friend. Spend time with them, even if they don’t feel like doing much. And remind them that they always have something to look forward to. Making plans in advance, letting them borrow something, or even just saying ‘See you at school tomorrow’… All of those things can help your friend make it to the next day.

      I hope being friends with Sayori has given you some perspectives on the true face of depression. Yeah, she’s gone now… But Sayori was never real in the first place. You’re real. Your friends are real. And just by being a good person, you can save someone’s life. As for you… You don’t struggle with depression or anything like that, do you ? Because you too, have people who would want to save your life. Maybe they don’t express it every day, or maybe they don’t even know how to. But people do feel that way.

      I promise. »

      En tête-à-tête avec Monika, c’est intéressant (parfois) de lire ses pensées. Il y a quelques messages très bien sentis, parfois.

      Enfin, plus généralement sur le jeu, j’ai trouvé ce gars qui explique l’importance du piano de Monika : https://www.youtube.com/watch?v=NnQc6JMTQx0

      Voilà. Soyez sympas et à l’écoute de vos proches.

  3. Ce commentaire sera pas très constructif parce que tu as déjà parfaitement résumé l’impact du jeu sans trop en dévoiler et du coup je te remercie parce que c’est tellement dur de présenter le jeu à quelqu’un sans tout lui spoiler. Béni sois-tu, Amo.

    Mais je voulais réagir justement sur toute la partie sur la dépression parce que c’est aussi un sujet qui me touche beaucoup. Quand ça été abordé in-game je suis restée bloquée pendant cinq bonnes minutes pétrifiée devant l’écran en réalisant à quel point c’était totalement exact. Et ça fait tellement plaisir de voir le sujet traité, de façon plutôt succinte certes vu que le jeu est court, mais surtout de manière juste et simple. Pas de sur-dramatisation, juste quelques phrases qui peignent facilement le tableau d’une situation qui peut être un enfer pour beaucoup de gens, et qui permettent de comprendre tellement plus facilement que des articles hyper pointus sur le sujet.

    Pas mal de joueurs vont sûrement retenir le côté creepy/cassage de 4ème mur, parce que ça reste une grande force du jeu, mais je crois que sur le long terme ce qui va réellement me marquer c’est le message que le jeu transmet au final, je trouve : qu’on peut tous cacher quelque chose de difficile à vivre, et qu’il faut être là pour ses proches et leur tendre la main. Parce qu’il suffit d’un geste ou d’un mot pour parfois sauver quelqu’un, tout comme d’une simple seconde pour les voir partir.

    …wow c’était beaucoup plus émotionnel que je pensais au final. Bref. Merci pour l’article, Amo o/

    STAY TUNED FOR PROJECT LIBITINA MAINTENANT. ♥

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