Senki Zesshou Symphogear – Fight The Good Fight

Senki Zesshou Symphogear – Fight The Good Fight

Quand j’étais jeune adolescent, j’avais une très grosse tendance à l’obsession. Me passionner pour une oeuvre, des artistes, et ne penser qu’a ça, lire que ça, écouter que ça, jouer que ça, en nonobstant le reste. Après avoir lu en moins d’un mois les quatre premiers Harry Potter, j’ai passé six mois de ma vie à ne penser que à Harry Potter. Pokémon, idem, pendant un an, je ne voulais que Pokémon dans ma vie. Le groupe t.A.T.u. Le Voyage de Chihiro. Card Captor Sakura. Je vous passe l’intégralité de la liste, vous avez compris où je veux en venir et je ne pense pas avoir été le seul à avoir vécu ce genre de phase. Tout ce que je veux dire c’est qu’aujourd’hui, quinze ans plus tard, il m’est plus difficile d’être obsédé par quelque chose. Passionné ? Toujours. Mais l’obsession ? Plus rare. La seule oeuvre récente qui aurait pu me plonger dans un état similaire c’était sans doute Umineko no Naku Koro Ni, qui m’a dévoré pendant un été entier. Mais ça c’était en 2009 donc, accrochez-vous, il y’a presque dix ans. 

Bref, je démarre l’article par un paragraphe sur la passion et l’obsession, vous savez que l’article va parler de Symphogear donc vous faites l’addition deux plus deux et vous avez bien compris où je veux en venir: en effet, je suis peut être à quelques doigts de l’obsession totale vis à vis de cette saga.

J’ADORE Symphogear. 

J’ai adoré regarder les quatre saisons de la série. J’adore écouter les musiques de la série. J’adore jouer au jeu mobile sorti uniquement au Japon. J’adore les personnages. J’adore discuter de la série mais je ne sais jamais trop avec qui en discuter. J’adore me remater des scènes voire des épisodes entiers. J’adore mater des extraits des concerts liés à la sérieJe suis constamment en train de me demander si je vais pas claquer 200 balles et juste m’acheter tous les singles juste parce que je trouve les couvertures trop cools. .

Vous me comprenez, j’espère.

Bref.

Ca c’est un peu le contexte, histoire que vous compreniez à quel point je suis actuellement incendié par le feu de la passion. Maintenant, parlons de la franchise, vous le voulez bien ?

Senki Zesshou Symphogear: Meteoroid falling, burning, and diseapparing, then c’est né en janvier 2012. C’est initialement une série originale, qu’on doit aux studios Satelight (Macross Frontier, Aquarion, Mouretsu Pirates, Log Horizon) et écrit par Akifumi Kaneko, un homme qui n’a jamais écrit d’animés jusqu’ici mais était surtout connu dans le monde du jeu vidéo avec son travail acharné sur la franchise des Wild Arms, une série de JRPG qui avait la chouette particularité de se dérouler dans un univers western assez cool, aux inspirations mythologiques parfois détonnantes. Un homme qui apprécie donc les mélanges de genres et, ça tombe bien, Symphogear va en témoigner.

En effet, la série raconte donc l’histoire de Tachibana Hibiki, une collégienne positive et chaleureuse qui vit le plus beau jour de son existence quand elle peut enfin assister au concert de Zwei Wing, un duo d’idols composé de Kanade et Tsubasa, duo dont elle est complétement fan. Bref, une soirée fantastique pour notre héroïne, jusqu’au moment ou des MONSTRES DÉBARQUENT DE NULLE PART.  Monstres qui peuvent RÉDUIRE LES GENS EN CENDRES JUSTE PAR LE TOUCHER.

Ici illustré: l’effet du Noise sur votre organisme

Inutile de dire que du coup, c’est la panique dans le stade, tout le monde se piétine pour accéder aux sorties, Hibiki se retrouve obligée de rester en arrière, là où ces monstres pullulent mais va voir sa vie être sauvée par… Kanade, une des idols. Qui, ça alors, porte une mystérieuse armure qui lui permet de non seulement toucher ces monstruosités sans mourir, mais en plus de pouvoir les combattre à coup de lances. Cependant, le bonheur sera de courte durée car Kanade va se sacrifier et mourir sous les yeux de Hibiki et, une chose en entraînant l’autre, des fragments de sa mystérieuse armure vont se planter dans le corps de la collégienne tandis que l’autre idol du duo, Tsubasa, va être décimée par le désespoir et la fureur car, après tout, elle aussi a assistée à la mort de sa seule amie et partenaire.

Bonne ambiance, tout ça, vous me direz. Et ça tombe bien, je viens juste de vous résumer la première moitié du premier épisode. Car après ça on va faire un bond dans le temps, quelques années plus tard: ces mystérieux monstres – nommés les « Noises » – vont apparaître de plus en plus fréquemment tout autour du monde, au grand désespoir d’une humanité qui ne peut se défendre convenablement contre ces agresseurs d’origine inconnue. La seule possibilité de les combattre reposent donc dans les utilisatrices de Symphogear, ces femmes en armure qui, avec le plus grand succès, affrontent et détruisent ces agresseurs dimensionnels.

De son côté, Hibiki sera devenue lycéenne, est toujours aussi fan d’idols et aura même réussi le miracle de rejoindre l’établissement dans lequel étudie Tsubasa, qui elle de son côté a repris une carrière musicale en solo, carrière qu’elle cumule avec celle d’unique Symphogear japonaise, inutile donc de vous dire qu’elle a de quoi faire tant les Noises pullulent et que, très vite, non seulement Hibiki va se retrouver impliqué dans ses combats avec les Noises mais qu’en plus cette dernière va se montrer capable d’utiliser des pouvoirs de Symphogear…

Voilà, là j’ai fini de résumer le premier épisode. Ensuite, ça va devenir plus complet: une Symphogear rivale et ennemie nommée Yukine Chris va apparaître, celle-ci sera au service d’une plus grande menace qui semble instrumentaliser les Noises au service d’un complot d’envergure mondiale, et Hibiki va devoir s’habituer à sa nouvelle vie de lycéenne-chanteuse-combattante au sein d’une organisation mystérieuse qui étudie les Noises depuis déjà pas mal de temps.

Et on a même pas dit le meilleur: les combattantes équipées de Symphogear combattent en utilisant le pouvoir de la musique. 

Pour schématiser, elles sont forcées de chanter tout en se battant, et mieux elles chantent, mieux elles sont synchronisées avec leurs reliques ce qui veut dire qu’elles sont plus puissantes. Je parlais de mélange des genres un peu plus tôt, vous comprenez donc où je vais en venir: Symphogear va mélanger idols, magicals girls et anime de baston pour le plus grand de tout les plaisirs. Le tout avec un rythme qui se veut endiablé. 

Armée de 13 épisodes, cette première saison est sans nul doute la plus sombre de la saga. Il faut dire qu’on sortait tout juste alors de la fièvre Madoka Magica et que je soupçonne les équipes de Satelight d’avoir voulu montrer que eux aussi maltraiter des adolescentes ils pouvaient le faire: les personnages risquent la mort régulièrement, le premier épisode nous montre des enfants se faire dévorer par des Noises (mais ça va, ils se transforment juste en cendres, ça passe), une des personnages va littéralement pleurer du sang et une autre va passer sa vie à se faire maltraiter et torturer par la seule personne qu’elle aime. Quant à Hibiki, ses pouvoirs vont se matérialiser la première fois en lui sortant VIOLEMMENT DU CORPS et en rerentrant de manière BRUTALE. C’est jamais gore, c’est jamais ultra violent, mais c’est parfois un peu… malsain ? 

Je veux dire, y’a un fétichisme assez apparant sur les personnages qui pleurent littéralement des larmes de sang.

Je juge pas.

Il faut en plus noter que ce ton « sombre » il est d’autant plus intéressant que… il est sandwiché entre une tranche composée d’un côté de scènes d’actions badass et de l’autre, une autre tranche, elle composée de scènes légère et humoristiques. Qui fonctionnent !

Et je vous passe sur cet épisode qui va citer directement ce grand classique hong-kongais qu’est Police Story. On sait vite quel type d’oeuvres kiffe l’auteur.

Mais je vous parle du ton « sombre » de Symphogear, mais sachez que celui-ci il va se dissiper très vite. Ainsi, autour de la moitié de cette première saison, il va être remplacé par un ton beaucoup plus proche de celui de films d’action hollywoodiens, où on va se concentrer surtout sur le développement de la relation entre les différents personnages, sur les bastons démesurées et sur la mise en place de nombreux rebondissements, certains assez rocambolesques. Le tout pour aboutir sur un combat final long de plusieurs épisodes, où les bonnes actions de nos héroïnes tout le long de la série vont être récompensées, où le monde sera sauvé mais pas sans de terribles sacrifices et sans une énorme attaque spéciale de ouf… qui va détruire un peu la lune car, vous allez vite le découvrir, dans l’univers de Symphogear, la lune c’est une sacrée grognasse et elle mérite tout le mal qui va lui arriver.

La vraie qualité de cette première saison ça va donc être la mise en place d’un casting d’héroïnes qu’on pourrait qualifier de « simple et efficace. » On a donc une dynamique assez simple, très inspirée du monde du sentai, à commencer par une Tachibana Hibiki qui est votre Force Rouge habituel: pas forcément toujours la plus maligne mais d’une gentilesse, d’une énergie et d’une volonté qui lui permet de déplacer les montagnes. Ici on nous ajoute en bonus un passé clairement tragique puisque le massacre du concert semble avoir laissé en elle une trace indélébile, qui non seulement lui amène de très mauvais souvenirs mais lui a tout simplement pourri littéralement sa famille et sa vie puisque dans l’univers de Symphogear, avoir survécu à ce concert fait de vous un pestiféré aux yeux de la société !

Heureusement, elle peut compter sur sa «  »meilleure amie » », la douce et sage Miku, avec qui elle partage le lit tous les soirs («  »meilleure amie » »), qu’elle surnomme constamment « le soleil de sa vie » («  »meilleure amie » ») et qui lui chante parfois des chansons lui clamant son amour («  »meilleure amie. » ») Bref, vous avez compris, le petit couple parfait. Celui énervant dans la vie réelle, mais attendrissant dans les animés. Ici, très attendrissant.

#OTP

Oh, et j’ai pas parlé de la Hibiki qui combat mais c’est parce qu’elle est beaucoup trop cool: elle punche tout. Des Noises ? Elle punche. Le sol ? Elle punche. Des tanks ? Elle punche. Des montagnes ? Elle punche. Et à partir de la seconde saison, non seulement parfois ses poings forment une sorte de drille histoire de puncher encore plus fort, mais en plus son armure va être désormais équipée d’une écharpe, écharpe qui deviendra plus tard carrément une arme car si y’a bien une chose qu’on peut apprendre de Hibiki, c’est que c’est pas parce que t’es sacrément cool que tu peux pas devenir encore plus cool. 

Bonus: elle est doublée par la comédienne Aoi Yuuki, a qui on doit déjà la voix de… Madoka Kaname. Dans Madoka Magica. Et ici elle se lâche encore plus: Hibiki est une experte des petits bruits, gueule pour se donner de la force et chante de manière délicieusement maladroite du rock d’inspiration celtique passé à la meilleure des moulinettes électro. Aoi Yuuki dans ce rôle, c’est un peu mon ASMR perso. 

Quant à Kazanari Tsubasa, disons juste que c’est au départ la fille sombre, sérieuse, aux traumatismes poignants, mais que plus on avance plus elle devient…  la japonaise la plus japonaise n’ayant jamais japonisée sur le territoire japonais ? Elle se bat avec des katanas (qui deviennent souvent gigantesques), ses chansons sont très inspirées de l’enka traditionnel, sa famille toute entière n’existe que pour défendre les traditions (de manière un peu psychopathe) et son visage sombre, son caractère mettant l’honneur au sommet de tout, cache aussi une jeune fille… incapable de savoir ranger sa chambre. C’est un personnage assez cool, au développement foisonnant dans les premières saisons, qui est sans doute la plus terre à terre du casting, mais qu’on retiendra surtout parce que, eh… c’est Nana Mizuki qui l’interprète.

Si vous êtes fan de doubleuses et de chanteuses d’animes, vous connaissez peut-être bien Nana Mizuki, dont la carrière très prolifique n’est plus à présenter. Parfait, donc, pour jouer la combattante badass mais surtout l’idol expérimentée ultra populaire, un rôle que Mizuki joue aussi très bien… dans la vie réelle. Au point où c’est aujourd’hui presque devenu un meme d’expliquer que si Symphogear a autant cartonné c’est grâce à la présence de Nana Mizuki…

… ce qui pourrait être proche d’une certaine vérité.

Enfin, on a Yukine Chris, qui elle aussi a un passé super pas simple à vivre: des parents morts, une tutrice qui te montre son amour en te torturant – physiquement et sentimentalement – ce qui amène en conséquence un état psychique pas forcément très sain au moment où tu rejoins l’intrigue, avec un syndrome de Stockholm assez large et une vraie peur de l’abandon qui va te poursuivre pendant toute la série. Son tempérament est très caractériel, mais tout va bien: son style de combat va lui permettre de pas mal se défouler puisque son armure est équipée de très nombreuses armes à feu, et qu’elle va en faire bon usage: des arbalètes, des arcs, des fusils de sniper, des lance-missiles, des gatlings: rien n’arrête Chris qui ne fait jamais dans la moindre subtilité, comme en témoigne ses chansons (qui va dans le hard rock) et le nom de ses attaques (qui font référence au hard rock.)

Dans la première saison de Symphogear elle va donc être la Vegeta de la série: d’abord ennemie, puis rivale des héroïnes, avant de jouer un rôle de plus en plus important au fil des saisons suivantes. Son rôle est interprété par Ayahi Takagaki, une doubleuse que vous connaissez sans doute pour son rôle de Lisbeth dans Sword Art Online ou Erika dans Durarara, mais qui n’a en réalité jamais eu de vrais « grands rôles », tant sa carrière semble surtout s’être rapidement spécialisée dans le doublage d’enfants ou de jeunes protagonistes. Chris Yukine est donc sans doute le plus gros rôle de son CV, mais comme elle sait pas mal chanter (elle faisait partie du groupe d’idols Sphere), elle est ici totalement à sa place. 

Dans tous les cas, j’adore Chris. C’est un personnage au caractère fort, aussi badass qu’adorable, à la maturité parfois surprenante et qui bénéficie d’un excellent arc narratif durant la première saison. Son design est en outre assez cool, et moi je suis jamais contre un personnage féminin qui tire un déluge de missiles en faisant des références à Iron Maiden ou Megadeth. 

L’occasion de signaler que toutes les héroïnes ont leurs attaques spéciales de grosses poseuses et ça c’est un plaisir sans équivalent

Voilà un peu pour la tournée des trois héroïnes introduites durant cette première saison. Après y’a tous les personnages secondaires que je vous laisserais découvrir sachant que j’ai déjà bien parlé de Miku mais sachez juste que le chef de l’organisation secrète, Genjurou, est un excellent leader et personnage. Et je dis ça parce que, entre autres, sa manière de mettre au point des styles de combats ou des tactiques, c’est de s’inspirer de tous les meilleurs films d’arts martiaux de la planète. Excellent personnage, donc.

Oh, et y’a ce personnage secondaire dont le running gag est de dire que c’est pas un animé. 

Littéralement.

J’ai même fait un mini diaporama.

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Enfin si je dois conclure sur la première saison, je vais commencer par dire qu’elle est loin d’être parfaite. Déjà, elle essuie évidemment les platres et sur pas mal de points logiques elle va être inférieure aux trois autres saisons. Techniquement, si on a à l’occasion de très beaux combats, certains épisodes sont beaucoup plus médiocres que d’autre donc ne vous attendez pas, en permanence, à de la très grande animation. Quant à l’aspect musical, si c’est beaucoup plus régulier en terme de qualité, les compositions s’étofferont et se libéreront de plus en plus dans les saisons suivantes. Disons juste, pour résumer, que sur l’aspect visuel et sonore, les autres saisons seront mieux. 

Par contre niveau écriture, si y’a des bons aspects, faut aussi pas vous mentir: y’a clairement des trucs assez incompréhensibles. Disons simplement que Miyuki Sawashiro qui ne se cache ABSOLUMENT PAS de doubler deux personnages présentés comme différents et que tout est censé opposer, c’est assez porteur de questionnements: est-ce que c’est censé être une vraie révélation quand on découvre que c’est en fait le même perso depuis le début ? On est censé être surpris, ou pas ? Bon, dans le doute on peut se moquer de ce perso qui parle anglais avec un accent incroyablement présent, mais bon, je suis français, ça serait comme être l’hôpital et se moquer de la charité. 

Ah, par contre je n’aime absolument pas la toute fin de cette première saison. Je vous met ça sous balises spoiler parce que ça me démange:

Spoiler Fin Saison 1

A quel moment Hibiki cacherait à Miku le fait qu’elle est bel et bien vivante ? Rien dire au monde, je comprends, mais pas le dire à Miku ? Du coup à quoi sert au final la scène d’ouverture de la série ou Miku visite la tombe d’Hibiki ? Pour nous donner une fausse piste dès le début ? Pourquoi « sacrifier » les personnages de la série pour les ressuciter à peine dix minutes plus tard ? Pourquoi nous teaser depuis le début de la série une conclusion tragique ?

Pourquoi Hibiki fait une tête de cake ?

MEUF, T’AS MENTI A TA MEUF ET PAS PETIT MENSONGE PEPERE, MENSONGE GENRE « OUPS JSUIS MORTE, APPRENDS A FAIRE TES 5 PHASES DU DEUIL PENDANT QUE JE ME PLANQUE SANS UN PTIT SIGNE DE VIE. »

Cache ton teehee

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Vous allez me dire « m’enfin c’est Symphogear, y’a pas mal de moments où l’intrigue rime à rien, débranche un peu ton cerveau » et je vais être assez en opposition. Déjà parce que je déteste l’expression « débrancher son cerveau »: des films comme Die Hard ou Predator nous ont mille fois montrés que tu peux faire DU GROS FILM D’ACTION tout en respectant ton auditoire et en lui demandant pas de « pas faire attention. » Tu peux faire un truc fun, déglingué, explosif et rempli de caractère sans pour autant exiger de ton auditoire qu’il s’en foute. Et, en vrai, Symphogear durant ses quatre saisons ne demande jamais de débrancher le cerveau, c’est bien sa force. La série peut être excessive et délurée dans ses visuels ou son écriture, parfois « aller trop loin » sur l’échelle du bon goût, mais RAREMENT elle va juste t’écrire de la merde en disant « ça n’a pas de sens ? Pas grave, débranche ton cerveau et apprécie pour ce que c’est. » 

Pour être très précis, et tant que je suis sur le sujet, le seul vrai reproche qu’on peut faire à l’écriture de Symphogear – et là je parle des quatre saisons – c’est que parfois ça ne prend juste pas le temps. 

C’est un reproche qui peut être problématique. A plusieurs reprises dans la seconde et la troisième saison, il va y’avoir des rebondissements assez incroyables, qui prometteront un changement radical des événements, de l’univers, des personnages… mais qui trouveront une « solution » à peine un ou deux épisodes plus tard. On ne laisse pas assez « respirer » le chamboulement… qui n’en devient qu’un seul parmi tant d’autres. Cela peut créer un sentiment de détachement envers la série, où l’on voit des événements ahurissants se dérouler sous nos yeux mais comme chat échaudé craint l’eau froide, on ne s’implique émotionnellement guère. Pourquoi stresser quand on sait que l’épisode suivant va forcément résoudre la situation ?

Il y’a un gros exemple de ça dans le milieu de la seconde saison:

Spoiler Saison 2 - Episode 5

En effet, Hibiki va se faire dévorer son bras par un monstre, ce qui va conclure l’épisode sur une note assez stressante. En effet, jusque là on était pas habitué à voir Hibiki se trouver autant en difficulté, au point d’en perdre un membre qui est central pour elle car, en bonne puncheuse, c’est son arme. On passe donc le temps entre l’épisode 5 et 6 à se demander comment Hibiki va rebondir après ça. Un bras mécanique ? Tout faire avec son bras droit ? Trouver une arme pour compenser ?

Dans tous les cas, l’épisode 6 va même pas nous laisser le temps de trop espérer: Hibiki va virer berserk et voir son bras repousser. Et ce dès les SIX PREMIÈRES MINUTES DE L’EPISODE.

En soit, que son bras repousse n’est pas un souci d’écriture, c’est même très logique avec les éléments expliqués jusqu’ici: vu que le corps de Hibiki a fusionné avec Gungnir, le corps d’Hibiki est une arme et Gungnir peut générer autant d’éléments de cette arme, tout comme par exemple Chris peut générer autant de flingues qu’elle veut ou Tsubasa faire pleuvoir des épées à foison. C’est des choses prévues par les reliques, et ça nous a bien été montré pendant vingt épisodes. C’est donc cohérent, ça ne sort pas de nulle part et c’est un élement de plus pour nous expliquer à quel point la relique a pris le contrôle d’Hibiki, ce qui va devenir un vrai problème pendant TOUTE la fin de la saison.

Le souci est vraiment d’un point de vue timing: la résolution arrive trop rapidement. 

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C’est dommage.

Après, cette écriture éclair, où il se passe énormément de choses en une saison de treize épisodes, elle a aussi un avantage: il y’a toujours un truc différent qui se déroule à l’écran. Symphogear c’est une série devant laquelle je ne me suis jamais une seule seconde ennuyé en pourtant quatre fois treize épisodes. Chaque épisode c’est l’assurance de nouvelles chansons, de nouveaux pouvoirs, de combats… Les dialogues sont concis, vont à l’essentiel, et même les phases plus calmes montrant une vie lycéenne ou nos héroïnes en train de se détendre font avancer le développement des personnages… quand ils ne font pas une comédie musicale sur le thème de comment faire un bon boeuf Stroganoff. Chanson qui précise d’ailleurs que tu peux faire du boeuf façon Stroganoff sans boeuf, suffit juste d’être imaginatif.

Et si vous avez peur de cet aspect « plein de choses en si peu d’épisodes », rassurez-vous: l’écriture globale de Symphogear peut se targuer de DEUX excellentes qualités. 

La première c’est un grand effort de continuité. En gros, tout ce qui se déroule dans un épisode de Symphogear peut revenir plus tard. Des civils que sauvent les héroïnes ? Ils peuvent repasser jouer un rôle important dans une situation critique. Une remarque d’un personnage ? Elle va prendre du sens cinq épisodes plus tard. Un événement de la saison 2 ? Il va être « oublié » jusqu’à ce qu’un épisode de la saison 4 nous le remette en avant, quand on s’y attend le moins. 

Ce que je veux dire, c’est que Symphogear est certes une série où il y’a beaucoup de rebondissements mais la quasi-totalité ne sortent pas de nulle part ! C’est une série sur laquelle on peut complètement théoriser car l’auteur ne s’amusera jamais à troller qui que ce soit, et peut se faire plaisir à réutiliser tout ce qui a déjà été déroulé jusqu’ici. Cela récompense notre mémoire et notre attention, ce qui est gratifiant. Et je ne vous parle pas des efforts de continuité plus mineurs, où des scènes de la saison 2 peuvent faire écho à des scènes de la saison 1, où des personnages peuvent se répondre à plusieurs épisodes d’intervalle… Non, vraiment, sur ce plan Symphogear sait être solide et cohérent. C’est gentil.

Si vous avez vu la série, vous savez que ce screen illustre sa qualité de continuité

L’autre qualité indiscutable de l’écriture de Symphogear, c’est les personnages. Y’a pas une seule des héroïnes qui vit pas avec d’immenses traumatismes sur le coin du bec mais la série prend d’amblée le parti de faire de ses traumatismes des sources de force pour elles, au lieu de les enliser dans du mélodramatique constant. Elles sont fortes parce qu’elles y ont survécus. Alors parfois elles vont retraverser des doutes, des questionnements, des paniques, mais cela au final ne fera toujours que les renforcer et leur faire aller de l’avant. Les personnages sont développés positivement, et deviennent toutes des vraies modèles, qu’on affectionne et qu’on encourage. Aussi bien dans les scènes de combat que dans les scènes de vie quotidienne: voir Chris faire tous les efforts du monde pour s’intégrer, ça réchauffe le cœur. Quand Tsubasa parvient à pardonner à Hibiki la mort de Kanade, on est heureux. Quand les antagonistes de la seconde saison parviennent à trouver leur indépendance et à faire face à leur destin, on les encourage à mort.

Donc bref, Symphogear a eu une bonne idée: faire des personnages qu’on a envie d’aimer, qui sont bien écrits, qui traversent des sales moments, qui s’en sortent meilleurs qu’avant et qui sont toujours cohérents. Je pourrais vous faire une thèse universitaire sur la relation entre Miku et Hibiki, et ce que ça apporte aux deux personnages, mais je suis pas assez bien payé pour ça. 

Dans tous les cas, fin du gros pavé sur l’écriture globale de la série.

Parce que jusque là je n’ai pas forcément parlé de manière détaillée des trois saisons qui vont suivre la première. Faisons ça très concisément car je n’ai pas forcément envie de spoiler en entrant dans trop de détails.

On est donc en juillet 2013, un an et demi après la première saison qui a eu une réception modeste au Japon. Il faut dire que les DVD/BR se sont vendus moyennement – autour de 3000 unités en première semaine. Mais par contre, y’a un truc qui s’est vraiment bien vendu et ce sont les CD. Singles des génériques, chansons chantées par les héroïnes, OST… Tout ça a été suffisamment remarquable pour qu’un comité de production donne le feu vert pour une seconde saison. Seconde saison qui va rester réalisée par le studio Satelight et écrite par Akifumi Kaneko mais qui va voir pas mal de choses changer. Tout d’abord c’est Katsumi Ono qui prend la tête de la réalisation, un homme qui sur son CV peut se targuer d’avoir pas mal bossé sur Yu-Gi-Oh: storyboarder sur la première série, avant de diriger 5D et Arc-V. Enfin on va aussi changer radicalement de chara-designer, avec Satoru Fujimoto qui va prendre les commandes du chara-design et les cumuler avec le poste d’animateur en chef. 

Ces changements de staff, ils vont être importants pour deux raisons. La première c’est que la différence visuelle entre la première et la seconde saison elle est très palpable. Beaucoup plus d’action, un storyboard encore plus rapide mais surtout un chara-design complètement différent, plus moderne. 

La seconde raison c’est que c’est un changement qui va s’inscrire dans la durée puisque Ono et Fujimoto sont toujours présents aujourd’hui pour diriger la série. Symphogear va donc trouver son staff, et le garder.

Ce qui du coup va donner Senki Zesshou Symphogear G: In the distance, that day, when the star became music, la seconde saison. Toujours 13 épisodes, diffusés de juillet à septembre 2013. Et tout de suite toujours plus d’ambitions: nos amies le trio porteuses de Symphogear vont rencontrer trois autres Symphogear, membres d’un groupe terroriste qui semble pouvoir contrôler les Noises et veulent profiter de ce pouvoir pour imposer la terreur sur le monde. Cela va donc être à Hibiki, Chris et Tsubasa de combattre cette nouvelle menace, découvrir l’origine des Noises mais aussi l’existence de terribles secrets… 

Cette saison 2 va donc nous introduire trois nouveaux personnages qui vont jouer une importance capitale dans la suite de la franchise et servir de « trio complémentaire. » On a donc tout d’abord Maria Cadenzavna Eve, leader du groupe, fille droite dans ses bottes, aux idéaux en fer forgé, prête à se sacrifier pour sa cause, et équipée d’une mystérieuse armure… elle aussi nommée Gungnir. Le personnage est en outre doublé par Yoko Hikasa, que vous connaissez sans doute pour un rôle comme celui de Akiyama Mio dans K-On, ou déjà elle était bien souvent obligée de chanter des titres comme Fuwa Fuwa Time, Please don’t say lazy ou No, Thank You. Vous l’avez également entendu sur le premier générique de fin de L’Attaque des Titans, par exemple. Bref, une belle voix et une certaine expérience de la chanson qui va ici bien lui être utile.

Ensuite on a un duo inséparable, composé de Akatsuki Kirika et de Tsukuyomi Shirabe. Là ou Maria est sans nulle doute la doyenne des Symphogear avec ses 21 ans bien tassés, Kirika et Shirabe ça va être les deux gosses du casting avec leurs « petits » 14 ans. Légèrement moins matures, donc, cela ne les empêche pas d’être particulièrement malignes, observatrices et pleines de bonne volonté, malgré leurs caractères opposés. Kirika est ainsi une boule d’énergie là ou Shirabe est une vraie stoïque. La première se bat à coup de faux et d’attaques tr0p d4rk tandis que la seconde va utiliser des yo-yo (vous avez bien lu) et des attaques mettant en avant son adresse. La première est doublée par Ai Kayano (Menma dans AnoHana, Darkness dans KonoSuba, Akari dans 3gatsu no Lion) tandis que pour la seconde c’est Yoshino Nanjo (chanteuse du duo fripSide et membre du groupe µ’s de Love Live via son rôle de Ayase Eli.) Et dans tous les cas, on voit rarement l’une sans l’autre !

Les présentations étant faites, ne tournons pas autour du pot: Symphogear G est sans doute ma saison préférée des quatre. Elle démarre très fort avec un premier épisode qui va faire explicitement écho à celui de la série originale – des fortes scènes d’action, un concert qui se termine mal, Genjuurou qui hurle « GUNGNIR DATO ?? » devant un écran car c’est comme ça que nait les légendes – et ne baissera jamais son rythme par la suite, continuant même d’aller toujours plus loin et toujours plus fort à partir d’une scène-clé de l’épisode 5. Je vous avoue que y’a certains épisodes qu’encore aujourd’hui je me met en fond juste pour le plaisir tant il se passe de choses cools à l’intérieur: je pense à toi, épisode 10, pur enchaînement de panard brut de vingt minutes. 

Bref, la SAISON dure treize épisodes, si je fais un peu d’arithmétiques, je vais dire que y’a 20mn de contenu dans chaque épisode, donc 13×20 = 260 minutes. Bon bah y’a aucune de ces deux-cent soixante minutes qui m’a pas donnée de plaisir. C’est pour moi l’apogée de l’anime-en-tant-que-divertissement: bien écrit, bien fait, bien réalisé, bien mis en scène, avec pas mal de scènes qui resteront en tête et une bande originale que t’apprends vite à écouter en boucle car y’a du pur bon son. Genre le Rainbow Flower de Hibiki, le duo Fushinichou no Flamme de Maria & Tsubasa, ou bien encore les délires rocks jouissif que peuvent offrir Chris avec un titre comme Bye Bye Lullaby. 

Ah, et je vous ai évidemment pas parlé de l’antagoniste de cette saison, le Docteur John Wayne Vercingetorix, que tout le monde appelle – heureusement – le Dr.Ver. Interprété par un Tomokazu Sugita (Kyon dans Suzumiya Haruhi, Gintoki dans Gintama) qui va ici être dans son élément car le Dr Ver est un bon gros méchant de cartoon. Toujours dans le surjeu et l’exagération, voilà un perso qui passe son temps à faire des trucs horribles et à être humilié par les personnages principaux pour ça, ce qui ne l’empêchera jamais de rebondir et de venir montrer son affreuse tête de jojo pour faire encore plus horrible derrière. Un type qu’on adore détester et ça tombe bien, on va le voir se manger des coups et ça va faire tellement de bien à chaque fois que ça arrivera. 

On aime: cette expression de douleur

Bref, Symphogear G c’est de la balle et ça commence à attirer l’attention au Japon. Les DVD et les BR montent un poil en termes de ventes – ils passent de 3000 à 5000 exemplaires vendus – mais ça va encore une fois être surtout les CD qui vont tirer leur épingle du jeu avec prêt de 50 000 singles vendus en six mois, ce qui n’est pas rien ! En décembre 2013 sera même organisé un concert, le Symphogear Live, qui va intégralement capitaliser sur le succès des musiques de la série… et faire salle comble !

Dans tous les cas, disons le clairement: une seconde saison qui, en terme de ventes, fait mieux sur tous les plans que la première, ce n’est guère fréquent dans l’industrie de l’animation japonaise mais en tout cas ça a réveillé l’interêt de pas mal de producteurs qui, tout autour du pays, ont bien compris qu’il allait falloir développer pas mal cette franchise… 

Senki Zesshou Symphogear GX: Believe in justice and hold a determination to fist. Toujours le même studio, toujours le même staff, toujours les mêmes doubleuses, toujours le même objectif: faire encore mieux et encore plus fort. Un objectif noble qui s’affiche dès le premier épisode, de loin l’un des meilleurs de toute la franchise et qui propose même LA scène emblématique de Symphogear, celle qui résume la série de manière juste et concise: Hibiki qui détruit le K2 et qui fait un suplex à une navette spatiale pour sauver un orphelinat. Oui, vous avez bien lu la phrase, et dans le contexte ça a totalement du sens. Si vous n’aviez pas compris à ce point que chaque premier épisode d’une saison de Symphogear défie complètement les règles de la modestie et de l’humilité, c’est désormais bien intégré.

Une journée normale dans Symphogear

Bref, on démarre sur du très fort, d’autant que juste derrière on va découvrir nos antagonistes de la saison: une alchimiste nommée Carol et son quatuor de poupées-mécaniques (qui sont imaginées autour du thème du tarot turc) (ce qui est incroyablement cool) qui créent aussi bien la panique que l’incompréhension chez nos personnages principaux: en effet, ils se font sans cesse attaquer par ces alchimistes, qui n’ont pas peur d’utiliser leurs pouvoirs pour tuer et détruire, mais qui semblent aussi et surtout vouloir affronter à tout prix les Symphogear… sans jamais leur porter le moindre coup qui pourrait être fatal. Quel étrange plan est derrière tout ça ? 

La musique est encore plus bossée, techniquement ça devient de plus en plus impeccable, et en plus y’a le meilleur générique d’ouverture de la série. C’est bonus:

Bref Symphogear GX sur le papier a tout pour être la meilleure saison SAUF QUE.

A mon sens, elle se casse la gueule dans sa seconde moitié. Sans spoiler, disons tout d’abord que le « combat final » est assez interminable et n’a pas énormément d’intérêt, à cause d’une antagoniste beaucoup trop puissante qui a la mauvaise idée de faire du no-sell et de forcer nos héroïnes à utiliser des niveaux de puissance un peu trop abusés. C’est pas fun, mais ce qui est encore moins fun est une horrible storyline autour de Hibiki et de son père. Storyline qui pompe beaucoup trop de temps, qui met Hibiki hors jeu de l’intrigue principale pour rien et qui possède une conclusion juste nullissime. 

Spoiler - La storyline de Hibiki et de son papa

En gros Hibiki recroise son père par hasard, commence à être poursuivie par ses traumatismes de jeunesse car rappelons que:

1/ Son père a littéralement abandonné sa famille parce qu’il préférait fuir que de protéger sa fille qui était alors au milieu d’harcèlements dûs à sa condition de survivante

2/ Père qui avant d’abandonner sa famille semblait avoir sombré dans l’alcool et le jeu, et il est insinué plusieurs fois qu’il maltraitait sa famille, parce que yolo I guess.

Bref, Hibiki est vener, mais essaie de reprendre contact pour onsaitpastrop sauf que Papa Hibiki il a pas évolué d’un pouce, il est détestable à chaque rencontre, propose à sa famille un rendez-vous mais au final veut juste lui extorquer de l’argent ET LUI FAIT PAYER L’ADDITION DU RESTO. Quel connard putain. 

Mais ça va parce que soudainement il fait UNE action risquée pour aider sa fille, du coup il est instantanément pardonné et Hibiki fait tout derrière pour le réintégrer à la famille, dans une des pires scènes de toute la série où Maman Hibiki et Mémé Hibiki réacceuillent L’AUTRE CONNARD dans le foyer, COMME SI DE RIEN N’ETAIT.

CURSED IMAGE

Y’a rien qui ne va là dedans. A quel moment Hibiki est censée changer d’avis aussi aisément ? Pardonner je veux bien, mais faut-il réintegrer cette personne dans sa vie à ce point ? Pourquoi Maman Hibiki sort pas juste un fusil pour le flinguer dès qu’il s’approche trop près de la porte d’entrée ?

Et plus largement c’est terrible parce que en parallèle, dans les mêmes épisodes, on découvre des choses super glauques sur la famille de Tsubasa – en l’occurence sur son père et son grand père – mais ça va, c’est mieux.

Enfin, bizarre quand même de noter que dans les 5 derniers épisodes de GX, les gars qui écrivent la série se sont dits « allez, on va faire tourner la moitié des intrigues autour des PAPAS des héroïnes ». Et étrangement c’est ces cinq épisodes qui sont un peu le ventre mou de la franchise. Hasard, coïncidence, je ne crois pas ?

[collapse]

Vous voyez, je défendais plus tôt l’écriture de Symphogear en disant que tout était cohérent / tout avait un sens / rien sortait de nulle part. C’est la seule exception. De loin. Au point que les auteurs semblent clairement s’être rendus compte d’avoir fait de la merde et ont carrément jamais fait référence à Papa Hibiki et à cette storyline dans toute la quatrième saison. Et on espère que ça restera comme ça.

Enfin, ceci étant dit, je semble très critique de GX mais c’est parce que c’est le seul moment de toute la franchise où j’ai pas été à 100% derrière chaque épisode. Dans l’ensemble, ça reste un bon moment – surtout, encore une fois, pour sa première moitié -, qui introduit des très bonnes idées comme le IGNITE, et si j’ai pas mal de réserves sur Carol en tant qu’antagoniste, je suis beaucoup plus fan des quatre poupées-de-la-mort. Que ce soit l’imagerie qu’elles invoquent, leurs pouvoirs (y’en a une qui utilise des pièces collées entre elles comme tonfa) ou même les bruits qu’elles font: ça reste des poupées mécaniques donc parfois ça sent le ressort et le bois, et c’est tellement plaisant comme son que je ne peux que vouloir en entendre plus.

C’est aussi une saison importante pour la France puisque Symphogear GX va débarquer sur Crunchyroll France… et avec elle les deux saisons précédentes ! L’occasion pour moi de vous enjoindre vraiment à regarder la série sur Crunchyroll France car, au délà de l’aspect légal, le travail de traduction qui y est fait est remarquable. Les chansons sont traduites, rien que ça, et pour tout le reste y’a la qualité désormais régulière que peut apporter les équipes de Crunchyroll France à leurs animes. 

L’aspect international étant évoqué, retournons au Japon et devinez quoi ? En terme de ventes de DVD/BR on commence carrément à tripler les ventes (15 000 par unité au lieu de 5000) et si les chiffres de ventes de CD ne sont pas aussi bien connus que ceux de G, on sait que c’est encore meilleur.

Donc bref, on avait une seconde saison qui réussissait l’exploit rare de faire mieux que la première, là on a une troisième qui fait mieux que la seconde. Quel genre d’alchimie on a la ? Du coup très logiquement, on refait une nouvelle édition du Symphogear Live, cette fois durant le mois de février 2016, on y chante toutes les chansons emblématiques de GX, beaucoup de monde fait le déplacement et on en profite pour faire DEUX grosses annonces. Ainsi le premier jour du Symphogear Live se conclut sur une annonce attendue, mais plaisante: il y’aura une saison 4 de Symphogear ! Une annonce qui va vite être éclipsée par l’annonce du second jour qui est étonnante… mais logique. En effet, devant les fans est aussi annoncé… une saison 5. Deux saisons d’annoncé, rien que ça !

Senki Zesshou Symphogear AXZ: By shredding many tears, the reality you face is… 

Je vous fais pas le topo: même studio, même staff, tout ça tout ça. Juillet 2017. 13 épisodes. On commence à être dans une routine qu’on a intégrée. Cette fois-ci, nos héroïnes font à nouveau faire face à un trio d’alchimiste qui se sont emparées d’une relique antique dans la dictature bananière du Val Verde et qui compte bien en faire usage pour réaliser des plans qui ne prennent guère en compte le bien-être de l’humanité… Ces alchimistes seront certes moins puissants que le Carol-gang mais vont se montrer retors en sachant exactement comment contrer les Symphogear, comment annuler leurs pouvoirs et comment les forcer à atteindre très vite leurs limites. D’où des combats beaucoup plus équilibrés, et le plaisir d’avoir trois adversaires assez charismatiques et/ou funs.

J’ai ainsi un petit kiff pour le personnage de Cagliostro, personnage aux attributs féminins particulièrement développés mais qui est… doublé par un homme qui prend sa plus belle voix falsetto pour l’occasion. L’histoire derrière ça est d’ailleurs particulièrement savoureuse: le rôle devait initialement revenir à une femme mais le doubleur, Aoi Shouta, avait quand même postulé – en gros fan de Symphogear et en tant que doubleur connu pour sa capacité à féminiser sa voix – et il a ainsi été si convaincant lors du casting qu’il a été pris sans le moindre doute. Et vu l’excellent taf qu’il fait, c’est pour le mieux.

Pour le reste, Symphogear AXZ est beaucoup plus convaincant que GX sur tous les points. Si il va sans dire que techniquement on est encore un niveau au dessus et que musicalement ça reste toujours vraiment bon (particulièrement les thèmes de Tsubasa, qui vont très justement fusionner rock et enka), c’est au niveau de l’écriture que j’avais des doutes, doutes qui se sont vite dissipés: on retrouve le rythme endiablé de G, et des vrais efforts sont faits pour créer des ponts avec les autres saisons, histoire de continuer à rendre toujours plus cohérent le vaste univers qui a commencé à se créer. La série va également se retrouver un vrai antagoniste détestable – Adam – qui va se montrer plus menaçant et plus glauque que pouvait l’être Ver, ce qui va là aussi tirer toute la fin de la série vers le haut car rien de mieux qu’un combat final où on a vraiment envie de voir le méchant être punché jusqu’au noyau terrestre. 

Le seul petit défaut que je pourrais dire de AXZ c’est qu’il a peut-être moins de scènes « mémorables » que les séries précédentes ? Si j’ai vraiment adoré le premier épisode (qui reste dans la tradition désormais extravagante des premiers épisodes qui vont toujours loin) et que y’a un événement bien précis autour de l’épisode 11 que j’ai trouvé couillu et super bien trouvé, le reste de la série manque de GROSSES scènes. C’est pas forcément un mal, mais du coup ça le met pour moi en dessous de G où je pourrais citer de tête cinq à dix scènes fortes. 

Bon ok si, y’a une scène forte de AXZ que j’allais oublier: celle ou un président américain blond et vulgaire lâche un missile nucléaire sur le Japon juste pour le plaisir. J’ai pas encore mentionné ici à quel point les américains sont systématiquement traités comme des connards par la série mais moi ça me fait un peu du bien. 

Notez que le screen que j’ai posté c’est du fansub anglais et c’est aussi parce que AXZ y’a une mauvaise nouvelle que je dois vous dire: pour différentes raisons que j’imagine financières (« la licence doit commencer à coûter super cher et personne regarde la série en Occident »), Symphogear AXZ n’est jamais sorti légalement en France et dans le monde anglo-saxon. Et même si Commie fait un bon taf sur la série, j’aurais tellement préféré continuer à la suivre avec mes traducteurs et traductrices sûrs de chez Crunchyroll Fr. Bon, c’est la vie !

Et tant qu’on parle des animés pas disponibles légalement chez nous, j’ai pas évoqué les OAV Symphogear. Rien de très indispensable, néanmoins: c’est simplement des petits épisodes de 7 à 10mn, avec un style visuel radicalement différent (et très mignon) et en gros c’est un ensemble de petits sketchs comiques autours des événements des séries. Si vous adorez Symphogear, évidemment c’est pour vous.

Voilà donc pour les séries animées. Inutile de vous inquiéter pour AXZ: les ventes continuent d’être extraordinaires. Les BR/DVD tapent toujours autour des 15 000 ventes en première semaine, quant aux singles on peut les apercevoir régulièrement dans les top 10 Oricon. La folle croissance semble s’être stabilisée et l’absence de déclin est toujours époustouflante pour ce qui est désormais une quatrième saison. On a appris hier que la 5e saison de Symphogear, Symphogear XV, allait débarquer en avril 2019 ce qui est suspect car on s’était habitué aux diffusions estivales. Est-ce que cette 5e saison va durer 26 épisodes au lieu de 13, du coup ? Plaisons nous à rêver.

En attendant, on a le jeu mobile Symphogear X-D Unlimited. 

Développé par Pokelabo et distribué par Bushiroad, ce jeu inédit au Japon est, pour schématiser très très fort, un clone de Fate/Grand Order à la sauce Symphogear. Vous y collectionnez des cartes correspondant aux héroïnes, cartes que vous allez utiliser pour combattre, sachant que y’a sept types de cartes, et que chaque carte à sa faiblesse et sa résistance à un autre type. Bref, un pierre/papier/ciseaux à échelle géante. Oh, et y’a des cartes communes, des cartes rares, et des cartes ultra rares. C’est du jeu mobile classique, donc. L’intérêt principal ça va surtout être les divers events du jeu, qui vont vous raconter des histoires alternatives dans l’univers de Symphogear (« que se serait-il passé si Miku n’avait pas pu rester prêt de Hibiki après la catastrophe du concert ») ou bien développer certains personnages (Ryoko ou Genjuurou par exemple.) 

Bon, ok, un autre interêt ça va être d’avoir des cartes avec Hibiki en Symphogear-Maid, Chris en Symphogear-Traditionnel Jap, Tsubasa en Symphogear-Bikini, etc etc. 

La collectionnite, quoi.

Et j’avoue que je joue au jeu depuis deux mois sans trop me lasser. Bon ok je comprends rien aux dialogues donc en gros du jeu je ne profite « que » des combats et des tirages au sort. Et comme le jeu semble être pensé pour les farmers, on peut automatiser tous les combats donc en gros parfois suffit de lancer un combat, laisser le téléphone tout seul, et trois minutes plus tard venir récupérer les récompenses. D’autant que le jeu n’est finalement pas très dur pour peu, évidemment, qu’on fasse attention aux faiblesses et résistances !

C’est donc là dessus que, je pense, je peux conclure ce bon gros article pavé sur Symphogear. Je pense avoir bien couvert tous les angles, et je remercie très fort ma playlist Symphogear qui, forte de ses 323 titres et ses 18h de durée, m’aura bien accompagné le long de l’écriture de ce qui est, clairement, une glorification de cette franchise. J’avoue aussi avoir un peu peur de passer pour un GROS imposteur parce que j’ai découvert Symphogear très tard ! Quand j’avais maté le premier épisode au moment de sa diffusion, en 2012, j’avais tout de suite jugé ça comme « un mauvais Madoka wannabe » sans jamais donner sa chance à la suite, et je m’y suis replongé qu’en septembre 2017. Mais par contre l’effet a été immédiat: je me suis marathoné les 52 épisodes en une quarantaine de jours et depuis il se passe plus un jour sans que j’ai envie d’en avoir plus. 

En fait c’est con mais pour moi Symphogear cumule un peu tout ce pour quoi j’adore l’animation japonaise. De part sa folie, son extravagance, ses spécificités, son ambiance unique, j’y trouve tout ce que j’adore dans cette industrie. Tous ces trucs qui font dire à des gars sur Twitter « lol les japonais » mais qui me fait dire à moi « tin ils sont forts les japonais. » Un ensemble d’éléments que je sais que seul le Japon aurait pu imaginer, et que seul le format de l’animation aurait pu permettre. Un fun décomplexé, une envie de te divertir sans te prendre pour une toupie, une récompense de tes efforts si tu t’y impliques, des personnages que tu adores et t’as même le petit bonus du shipping yuri si t’es dans ce genre de délire. Enfin « shipping »c’est un bien grand mot quand t’as carrément deux couples qui sont canoniques. Je pense que les seuls questionnements sur « qui coucherait avec qui » quand tu mates Symphogear, c’est de savoir si Tsubasa elle est mieux avec Chris ou mieux avec Maria. 

Bref je me disperse mais vous l’avez sans doute bien compris: je vous recommande fortement de tester Symphogear. Peut-être que ça passera pas, c’est vrai que ça reste une série très spéciale et que ça demande une vraie ouverture d’esprit, mais je peux vous assurer que c’est une franchise qui possède énormément de véritables qualités et que si comme moi vous adorez, vous allez BEAUCOUP l’adorer. C’est presque un piège. 

Presque.

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2 réactions au sujet de « Senki Zesshou Symphogear – Fight The Good Fight »

  1. Excellent article qui donne les points fort de la série que moi même j’ai du mal a trouver tellement le fanboyisme est présent depuis ma découverte de la saga lors de l’été 2013.
    Au passage je joue au jeu mobile depuis le jour de ça sortie donc si tu as des questions hésite pas.
    Pour finir Vivement la saison 5.

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