Mangas & Animes

Mobile Suit Gundam – Brightslap !

Sébastien Ruchet te juge

Un petit article assez rapide, assez léger mais dans lequel j’insuffle tout mon amour car oui, la taille ne compte pas. Bon je suis pas encore remis physiquement de l’Epitanime, j’ai une vieille toux, je révise mes partiels et je joue à The Movies. Tout ça en même temps ! Mais passons à Mobile Suit Gundam.

Sorti récemment chez Beez Video, le coffret Mobile Suit Gundam contenant les trois films récapitulatifs Gundam en VOSTFR (et plein de sous titres rigolos aussi comme du polonais ou du néerlandais) est très intéressant. Très intéressant car il ne coûte que 15€ (10€ si vous le croisez en convention), très intéressant parce qu’il contient quasiment neuf heures de Gundam dedans et très intéressant car ces films récapitulatifs valent grandement le coup et sont encouragés par les plus grandes marques. Et c’est à leur cas qu’on va s’intéresser aujourd’hui.

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Je ne vais pas vous faire l’affront de vous parler de l’impact de Gundam sur l’animation japonaise. Tout d’abord parce que ça reste assez connu et ensuite et surtout parce que je suis loin d’être le mieux placé pour ça. Quand est venu l’envie d’enfin s’intéresser à ce gigantesque pan de la culture nippone, difficile de savoir par où et par quoi commencer tellement la saga semble être gargantuesque. Du point de vue du gros n00b, Gundam m’apparaissait surtout comme un truc doté d’une infinité de séries aux noms tous plus originaux les uns que les autres (Gundam + une lettre de l’alphabet voire même deux lettres parfois ; Gundam SEED ; Gundam 00 ; les autres séries Gundam au nom plus recherché ; les films ; les OAV ; les films résumés ; les speciaux…) à l’univers très développé. J’avais peur de prendre une série et de pas comprendre parce que l’univers nécessiterait des bases développées dans une autre série, et caetera. Bref, pour éviter tout ces problèmes autant mater les bases, l’origine de tout ! Et là donc, on a le choix entre trouver la série originale et ses 43 épisodes (le saviez-vous ? La série Gundam a été un échec d’un point de vue audience à l’époque de sa diffusion télé et a forcé la série à être coupée d’un quart) où mater les trois films récapitulatifs. Bon alors du coup on m’a conseillé les films, j’ai donc commandé le coffret dvd un peu par pure confiance, je les ai matés et voilà où ça en est.

OBJECTION !
Tetho ordonnant à Amo de mater Mobile Suit Gundam. Allégorie.

Et je ne peux que vous conseiller vivement la vision de ces trois films. Même si à priori, on pourrait penser que les mater tient de la haute motivation: effectivement, techniquement ça accuse son âge MEME SI c’est très très loin d’être inmatable et que j’ai vu nombre d’animes récents peiner à faire aussi bien et les films font quand même chacun deux heures trente ce qui impose de trouver une certaine place sur son planning. Mais une fois ces deux obstacles « passés », la vision se fait avec grand enthousiasme, et j’ai été littéralement plongé dedans, et ce pendant la quasi-intégralité des trois films (seul le début du troisième film a peiné a m’y mettre, mais j’y reviens.)

Tout d’abord je vais attaquer ce qui est pour moi le plus gros point fort de Gundam: c’est son ambiance. Gundam réussit parfaitement à retranscrire la guerre, et quand on nous balance que la guerre dure depuis des décennies, rien n’est fait pour contredire cette idée. Les deux forces sont épuisées, lasses, rien n’est manichéen dans le sens où les membres du duché de Zeon évitent l’absence de développement et le cantonnement à « antagoniste = vilain » (à part le très vilain Gihren qui semble tuer des chatons la nuit et kiffer être comparé à Hitler), et évidemment les scènes de bataille sont d’une rare violence, et on sent bien que quand un vaisseau explose, des gens « biens » crèvent. Puis on a toute une notion politique qui rentre en compte avec des territoires neutres, des refugiés, des escarmouches… C’est à dire que ce n’est pas une guerre « idéalisée » qui se baseraient à de grandes batailles épiques durement préparées et c’est tant mieux. C’est sale, des gens meurent autrement qu’en se sacrifiant héroïquement, c’est pas toujours beau à voir et ciel ça fait du bien. Là en tête, les deux passages qui m’avait assez marqué pour cette ambiance, c’était clairement la bataille finale et SURTOUT la quasi-intégralité du second film, qui se passe sur Terre, et qui voit défiler les escarmouches, les « rencontres avec la réalité », et caetera.

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Hum, globalement j’ai plutôt accroché au casting de la série. Certes des personnages comme Frau ou (sic) les trois gamins du White Base dont j’ai jamais vraiment compris l’utilité sont plutôt lourds et il faut bien avouer que la plupart des personnages adhèrent à un cliché bien précis du genre en ne s’y dégageant que rarement (mais bon là encore, venant d’une des oeuvres fondatrices, on ne peut pas le reprocher.) Mais cela est loin de tout gâcher. Évidemment se dégage du casting des figures aussi emblématiques que Blight et sa main du destin et bien entendu le formidable, l’excellent Char, peut-être le meilleur personnage du lot, qui auréole la saga de sa prestance, de son charisme, de son aura de mystère, de ses doutes, de son imprévisibilité. Il serait presque le véritable héros de la série mais -hélàs- on ne le voit que très très peu durant le second film. Quant à Amuro Ray, il se révèle un personnage insupportable au premier abord (il passe le premier film à devenir père spirituel de Shinji Ikari, il faut dire), mais plus ça va, mieux son développement se passe et à la fin il apparaît comme un héros entièrement crédible. Enfin j’avoue avoir beaucoup apprécié le personnage de Kai qui passe de petit con amoral à SAUVEUR DE LA GALAXIE et passe par une phase de développement pas dénuée de sens au cours du second film. Oh et j’aime bien Mirai aussi, malgré (surtout grâce à ?) sa voix un peu bizarre.

D’ailleurs tant qu’on parle de développement, c’est peut-être un des principaux problèmes des films surtout au début du troisième, c’est qu’évidemment tout se passe très vite ! Même si compresser 44 épisodes en huit heures (ce qui fait cinq épisodes parcourus en une heure §) passe mieux que compresser trente épisodes en une heure trente comme on peut l’avoir vu ailleurs, ça n’empêche pas un rythme parfois très rapide. Alors d’un coté ça permet de maintenir constamment l’attention mais de l’autre, ça force certains événements à se succéder très vite… ce qui rend très mal. Autant en séries, voir Amuro faire le yoyo entre « je vais bien / en fait non » devait mieux passer, autant là ses changements d’humeurs se font très vite et au bout d’un moment c’est… assez blasifiant. Le plus gros souci vient surtout dans le premier tiers du troisième film, qui voit s’enchaîner très vite un trop grand nombre de facilités scénaristiques (peut-être expliquable par le fait que dans la série, ça tombait au moment où les écrivains devaient gérer la réduction d’épisodes à cause du semi échec de la série ? Là je théorise), avec un rythme un peu yoyo et des finalités scénaristiques pas franchement intéressantes.

Pas cool de voir Mirai successivement refouler son ex (qui évidemment comme par hasard est inspecteur de vaisseau de guerre) puis quinze minutes plus tard la voir embrasser ce personnage secondaire dont le nom m’échappe qui part faire un sacrifice héroïque. Et quinze minutes plus tard, enfin entamer un début de relation implicite avec Blight.

De même c’est assez bizarre comme les hasards de scénario se succèdent un peu trop rapidement: Mirai qui rencontre son ex PAR HASARD, Amuro qui rencontre son père PAR HASARD (même si la scène qui suit est franchement marquante), le White Base qui inspecte une colonie ou se trouve COMME PAR HASARD Char, Amuro qui rencontre la « poulaine » de Char PAR HASARD, Amuro qui rencontre Char PAR HASARD. Tout le premier tiers du troisième film c’est que du PAR HASARD. Et ça lourde vite.

Mais qu’importe, ça fonctionne bien les 3/4 du temps, je vais pas me plaindre trop.

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Enfin un dernier point sur le scénario de ces trois films, scénario que j’ai trouvé dans l’ensemble loin d’être à jeter. Si on excepte ces fameuses facilités du troisième film sur lequel je fais une fixation un peu morbide, on a tout ce qui faut pour être heureux: des rebondissements, des évolutions logiques, les héros ont en permanence un but et c’est bien, les batailles sont rarement inutiles, le scénario permet à chaque personnage, même les mineurs, de briller à un moment où à un autre, le tout est globalement imprévisible, bref ça joue parfaitement son rôle de divertissement sans prendre le spectateur pour un con.

Bref, si jamais vous n’avez pas encore tenté l’expérience, je vous conseille vraiment de miser 12€ sur ce coffret et de vous faire votre propre opinion. Pour ma part j’ai beaucoup apprécié et j’avoue volontiers que ces films étaient mieux que ce que j’attendais. Puis bon, mater les Gundam originaux, c’est toujours enrichissant et puis même si vous aimez pas ça sera toujours ça de pris pour votre culture, et connaissant l’impact de la saga sur le monde de l’animation japonaise, ça serait bête de passer à coté.

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Coach est content.

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11 commentaires

  • Moya

    Tu t’en doutes surement mais maintenant que tu as commencé cette longue saga qu’est Gundam, tu as tout intérêt à continuer avec les suites (zeta et compagnie) et les ova, le tout servant à construire un univers assez consistant (bien que les grosses ficelles du hasard soient très présentes).

    Si ces trois films t’ont plus je te conseille vivement le manga Gundam The Origin, un remake de la 1ere série en mieux, avec plus de développement des persos, plus de char, moins d’incohérences et d’inconsistances autant dans les évènements que dans le caractère des persos (enfin on retrouve toujours certaines ficelles qui se baladent).

  • Pix

    Ha merci, ça fait un moment que je voulais me mettre à Gundam mais moi non plus je savais pas trop par où commencer, je vais jeter un oeil à ces films.

  • Gressmon

    Je plussoie complètement Moya pour The Origin : c’est du petit nectar ce manga ! Par contre bonne chance pour trouver les premiers tomes en FR !

  • jonas

    C’est marrant j’ai reçu le même conseil que toi, venant des même personnes :D.
    Sauf que je ne l’ai pas suivis et j’ai décidé de regarder la série plutôt que les films. On m’avait mis en garde face à trop de longueurs mais au final ça ne m’a pas gêné du tout. Par contre tu te plains de raccourcis un peu hasardeux alors que développés sur 43 épisodes tout m’a semblé cohérent.

  • Tetho

    Le Coach est fier de toi ! Maintenant il te reste Patlabor OVA + Films pour finir ton entrainement.
    (et +1 pour The Origin, y a genre 6 vols sur la jeunesse de Char et le déclenchement de la guerre, et Yas est un Char fanboy, je te dis pas comment il y apparait en magnificent bastard puissance 1000)

    > et quand on nous balance que la guerre dure depuis des décennies
    Si la guerre s »apelle Guerre d’un An, c’est qu’il y a une raison 😉

  • Gemini

    Si tu veux du film résumé qui passe par des ellipses parfois surprenantes, tu as The Ideon : A Contact, dans lequel un des personnages semble capable de deviner le nom des autres protagonistes par la pensée, tout simplement parce que tout ce qui fait office de présentation entre eux a été zappé.
    Dans la mesure où Gunbuster c’est ok et les films Mobile Suit Gundam aussi, tu peux sans problème t’atteler aux films récapitulatifs The Ideon, surtout que le second surclasse totalement la série avec sa fin inédite. Idem pour le film Uchû Senshi Baldios.

  • The Drig Overmind

    « Si ces trois films t’ont plus je te conseille vivement le manga Gundam The Origin, un remake de la 1ere série en mieux, avec plus de développement des persos, plus de char, moins d’incohérences et d’inconsistances autant dans les évènements que dans le caractère des persos »

    On dit : « Moins de lolTomino » 😀

    T’as oublié de parler de la chanson « Ai Senshi », le générique de fin du 2e film, qui à lui seul, et surtout par son texte, reussit à transcrire toute l’essence de Goundame!



    Même que Gackt (grand fan de Goundame) en a fait une reprise (mais elle moche, je préfère l’originale)

  • Naouak

    Mets toi d’accord sur le prix des films (10,12 ou 15 euros ?), le nombre d’épisodes de la série (43 ou 44 ?) ou encore l’orthographe de « Bright » (bright dans le titre, « blight » dans l’article) …

    Et j’ai pas trop compris ou se trouvais l’allégorie dans ton image de br(l)ight.

  • Tommy

    Pour avoir vu la série et les films, ces derniers ne compressent pas tant que ça le scénario pour pouvoir tenir sur un long métrage, même le troisième: les « amours de Mirai » sont très rapidement expédiés même en version TV, par exemple.
    Aussi, oui, ces trois films constituent un excellent moyen de découvrir l’univers Gundam, à condition de ne pas être allergique aux design et réalisation technique d’une autre époque.
    Et je plussoie également à propos de Gundam the Origin, de très loin le meilleur manga de Gundam parvenu jusqu’à nos contrées.

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