Kanojo wa Rokurokubi – Romance au long cou

Kanojo wa Rokurokubi – Romance au long cou

C’est le printemps qui revient donc j’imagine que l’amour est partout ? Deux jours après mon article sur Soredemo Boku wa Kimi ga Suki / Forget Me Not en voilà un nouveau encore sur un coup de coeur qui est encore un shonen de romance qui est encore issu de la Kodansha. C’est plus fort que moi mais j’imagine que « romcom Kodansha » ça va devenir ma nouvelle niche ? Tant que j’ai pas à relire Love Hina, moi, ça me convient.

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Kanojo wo Rokurokubi est donc un manga du Bessatsu Shonen Magazine,  dans lequel il est publié depuis mars 2015. L’auteur est Zui Nieki et si c’est son premier manga, il dispose également d’un tumblr et d’un pixiv tous deux assez bien remplis, même si ça tourne logiquement beaucoup autour de sa série actuelle. Et il faut tourne que ça touche une niche potentielle puisque, tout simplement, Kanjo wo Rokurokubi va mélanger fantastique et romance de manière astucieuse.

Après l’intrigue se déroule dans le Japon contemporain et on suit Natsuki Kanoi, une jeune lycéenne qui aurait pu être tout à fait comme les autres… si elle n’était pas une rokurokubi. Les rokurokubi sont des éléments du folklore traditionnel japonais, dépeints depuis des temps anciens, qui prennent le jour la forme d’humains normaux mais, la nuit, allongent leurs cous et jouent des tours aux villageois. Donc voilà pour Natsuki: elle a l’air d’une lycéenne normale mais elle peut allonger son cou quand l’envie lui en prend… ou sous l’effet de l’émotion.

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Elle ne se cache pas particulièrement dans la société: tout le monde autour d’elle sait ce qu’elle est. D’ailleurs, on se rendra très progressivement compte que plein d’autres « monstres » du folklore japonais peuplent ce lycée qu’on pourrait croire à première vue composé que d’humains normaux. La meilleure amie de l’héroïne est, par exemple, une noppera-bô, avec quelques pouvoirs bonus et une homosexualité assumée pour que tout soit toujours plus coloré.

La série peut donc être considéré comme un mélange astucieux de slice of life dans un univers qui est lui-même un mélange entre un certain réalisme et une légère dose fantastique. Dans ce sens Kanojo wa Rokurokubi pourrait être comparé à des séries comme flying witch, NieA_7 ou Aria, oeuvres ou des éléments « spéciaux » sont traités comme partie intégrante d’un quotidien finalement assez paisible. Mais le slice of life n’est pas que le seul genre possible de la série qui vise aussi le genre de la romance parce que dans tout ça Natsuki a un petit problème: elle est grave amoureuse de son voisin de classe et d’immeuble, le très sympathique et un peu excentrique Itsuki. Les deux s’entendent bien, mais est-ce qu’il y’a moyen que les choses évoluent ? Eh, qui sait.

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Mini spoiler: les choses évoluent assez vite entre les deux personnages et en treize chapitres le lecteur a déjà la chance de voir s’installer une relation privilégiée, qui va évoluer dans pas mal de bonnes directions. L’interêt de l’intrigue n’est pas de nous donner un faux suspens sur « vont-ils finir ensemble », mais surtout de raconter la mignonne histoire d’amour entre une lycéenne qui peut allonger son cou et un camarade parfois un peu dans la lune. Les jolies petites scènes vont donc venir s’offrir au lecteur, avec pas mal de pages muettes qui aident à l’installer dans un sentiment relaxant et bienveillant.

Après quelques petits obstacles vont se trouver sur la route de l’amour et on retrouve des petits malentendus ou des maladresses toutes adolescentes mais ce n’est jamais très grave et ça ne bloque pas des situations. Donc vous pouvez souffler un bon coup de soulagement: la romance n’est pas inutilement étirée comme on peut le voir dans d’autres shonens romantiques.

D’autant que, encore une fois, si cette romance est le principal « enjeu » du manga, il est loin d’être le seul atout: c’est aussi une série qui peut se révéler plutôt drôle.

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Le cou extensible de Natsuki permet ainsi pas mal de gags et rassurez-vous: l’auteur va bien en profiter. Ouvrir le frigo depuis son lit, faire des petites farces rigolotes, se manger des plafonds: les possibilités sont nombreuses et exploitées. Ca pourrait être rapidement répétitif mais heureusement le manga évite l’erreur de ne faire des gags que sur ça et l’humour peut venir de plusieurs directions différentes: Itsuki est assez excentrique et peut sortir des répliques assez absurdes et la meilleure amie de Natsuki non seulement ne retient pas sa langue dans sa poche mais va rapidement se retrouver assistée d’une seconde amie, une fille timide à la bouche toujours masquée qui non seulement est une star de l’Internet mais qui sort souvent de dessous son uniforme des objets parfois ahurissants (une perche à selfie, par exemple.)

Donc pour l’instant, j’en suis à dire que ce manga est drôle et que la romance marche bien, mais je me dois également d’écrire beaucoup de bien de l’univers dépeint dans ce manga. Il y’a un peu ce que j’appellerai vaguement le syndrome Monster Musume. Dans Monster Musume, il y’a deux degrés de lectures: la lecture basique avec ce harem un peu débile d’anthropomorphes sexys qui montrent souvent leurs seins 1 et la lecture secondaire où on s’amuse à voir un auteur essayer de créer un univers ultra cohérent dans lequel humains et hybrides pourraient vivre. Quitte parfois à aller dans le détail de détail (le système de reproduction des centaures, par ex, est étrangement précis.)

Ici on retrouve un peu cet effet, avec beaucoup moins de fanservice (autant vous prévenir y’en a pas du tout dans Kanojo wo Rokurokubi) et  c’est assez fascinant de voir cet univers d’humains cohabitants avec des monstres folkloriques se développer à un rythme très lent, chapitre par chapitre, avec parfois des chara-designs très excentriques. On croise ainsi très rapidement un professeur de Science qui est physiquement identique à un modèle anatomique de cours de biologique et dans un autre des chapitres une gérante de restaurant semble tout droit sortir d’un manga d’Inio Asano. Si le design des personnages principaux restent donc assez classiques, jetez vraiment un oeil aux figurants, certains sont très… colorés. Ce qui ajoute un peu plus de piquant à cet univers.

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En vrai je suis embêté parce que pour l’instant, il n’y a eu que treize chapitres de publié au Japon. La série n’est là que depuis un an, est publié dans un mensuel, n’a sorti que deux volumes donc, au final, on est encore loin d’avoir tout vu ! Mais les promesses sont plutôt larges pour la suite et j’avoue ressentir pas mal de bonnes vibes. D’autant que c’est une oeuvre qui reste au final plutôt humble dans ses intentions, ne souhaitant que nous raconter une jolie histoire pleine de bons sentiments sans jamais chercher à aller voir plus loin que tout ça. Ca pourra éventuellement poser problème dans un ou deux ans, mais, en même temps, je ne pense pas que Kanojo wo Rokurokubi a pour ambition de durer très longtemps… Ca pourrait se clôturer en trois ou quatre tomes et laisser quand même une très bonne impression.

Bref: c’est un petit coup de coeur. Je suis vraiment très faible face aux mignonnes histoires de romances, et là ça me touche pas mal en plein coeur. Le visuel est sympa, les personnages sont drôles et attachants, le rythme est reposant, les pages muettes sont jolies… C’est plein de très bons sentiments, c’est très bienveillant, c’est assez idéal pour les petits coups de déprimes et le petit pitch est suffisamment original et bien exploité pour rester en mémoire.

A surveiller, donc. Mon rêve secret est une adaptation animée aux couleurs chaudes mais j’ose pas trop y croire, haha.

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PS: J’en reparlerais d’ici là mais notez ces deux dates:

  • Le vendredi 1er Avril à partir d’environ 21h, LOLJAPON en live et en direct sur Radio Kawa. Le thème: Macross ! L’invité: Sebastien Ruchet ! Jamais le combat Sheryl vs Ranka n’aura été aussi intense !
  • Le lundi 11 Avril, là aussi en soirée, j’irais squatter avec mon compère Concombre l’Apéro du Captain Web pour parler hentai. Au programme: histoire, industrie, fétichismes rigolos de le Japon, bref l’apothéose de ma carrière longuement dédiée à la question, ha ha.
  1. Et c’est cool
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2 réactions au sujet de « Kanojo wa Rokurokubi – Romance au long cou »

  1. Apparemment, le système de reproduction des centaures vient tout droit d’un hentai de Z-ton, d’où le niveau de détails.

    À propos de centaures, Centaur no Nayami/Centaur’s Worries/A Centaur’s Life est un slice of life très sympa, avec une société autoritaire, des complots reptiliens et de la magie en toile de fond.
    On à affaire à différentes races humaines qui ont évolué parallèlement plutôt qu’à des monstergirls, ce qui donne droit à des petits flashbacks historiques sympa comme Napoléon qui libère les esclaves des races inférieures pour pouvoir conquérir l’Europe, ou les sud-américains qui vénèrent les premiers explorateurs reptiliens.
    Si tu as aimé Kanojo et Demi-chan, il devrait te plaire.

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