Your Name. – Everlong

Your Name. – Everlong

Après presque six mois à le voir détruire tous les scores du box-office japonais et à attirer comme un aimant toutes les bonnes critiques du monde (5 étoiles dans les Cahiers du Cinéma, wtf), une partie infime du public français a pu enfin découvrir hier via de nombreuses avant-premières tout autour du pays Your Name., le nouveau film de Makoto Shinkai, avant la sortie nationale qui est datée au 28 Décembre. En tant que français, c’était difficile de découvrir le film sans avoir en tête la réputation aveuglante qu’il y’avait autour et au fond de la tête on s’attendait tous à ni plus ni moins qu’un pur chef d’oeuvre. Pour ma part, je suis donc arrivé dans la salle avec un peu cette pression au fond des tripes, cette peur de ne pas trouver le film incroyable et du coup, cette peur de ne pas apprécier le film pour ce qu’il est, mais pour sa réputation, son aura. 

Et bien ouf, pas la peine de stresser !  Le film était effectivement très bon, et se trouve dans la juste continuité de la carrière de Makoto Shinkai. Mais là où il se distingue, et là où je pense que se trouve une partie des racines de son succès japonais, c’est que c’est un film où il y’a beaucoup à dire dessus. Il raconte beaucoup de choses, surprend son spectateur à quelques reprises et possède de nombreux niveaux d’interprétations qui fait qu’on sort de la salle avec une grosse envie d’en parler. C’est un film qui nous laisse avec beaucoup de choses en tête, beaucoup de choses qui nous font gamberger et, sans offense envers Miyazaki, Yoshiura ou Yonebayashi, c’est un sentiment qu’aucun autre film d’animation japonais de ces dix dernières années – à l’exception très notable des Enfants Loups – n’a pu me faire ressentir. On ne sort pas de Your Name. avec juste « bon c’était bien », on sort de Your Name. avec le cerveau ultra actif, qu’on ait aimé le film ou non, et avec beaucoup de choses à en dire. Et à ce titre, il devrait rester dans les mémoires collectives pendant un petit moment.

Pour tout cela, et pour les qualités techniques, visuelles et sonores indéniables du film, typiques du Makoto Shinkai qu’on connaît bien en France depuis 5 Centimètres Par Seconde, je ne peux que vous recommander qu’extrêmement chaudement ce film, ne serait-ce que pour plus tard en discuter avec des gens. En attendant, dites vous que c’est un film non dénué de surprises et qui va aborder des thémes et des symboles auquel vous ne vous attendiez sûrement pas en allant voir ce qui devait être à la base une simple histoire d’échange de corps. Mais pour mieux apprécier ces surprises, je vous recommande du coup d’essayer d’en savoir le moins possible et d’aller voir le film le plus tôt possible dès qu’il sera dans des salles chaudes prêt de chez vous. 

Et du coup si vous n’avez pas vu le film, quittez cet article car, comme je l’ai dit, y’a beaucoup de choses à dire sur ce film, sauf que pour ça va falloir creuser dans tout le film. 

ATTENTION: A partir de ce point, l’article va spoiler grave parce que là on entre en mode analyse de toute l’oeuvre donc tenez vous en très éloignés si vous souhaitez garder toutes les surprises.

Parce que bon, soyons honnêtes, je ne m’attendais absolument pas à voir l’ombre du séisme de 2011 planer sur ce film. C’est vrai que nous occidentaux, de la catastrophe de 2011 on ne retient et on utilise que le mot « Fukushima » car, dans notre esprit et dans la manière dont en parle nos médias, 2011 c’est simplement une centrale nucléaire qui a sérieusement déconné.  Du coup on oublie trop souvent que le séisme et surtout le tsunami qui en a découlé c’est quand même quinze mille morts et deux milles disparus, de personnes et de villes entières emportées par les flots qui se sont envolés en une seule journée. Dans une des principales puissances mondiales. Imaginez en France si du jour au lendemain disparaissait des ports entiers et 15 000 français habitants sur une partie de la côte atlantique. Est-ce qu’on se sentirait pas un peu touché, chamboulé ? Je veux dire, regardez à quel point on a mis un peu de temps à se remettre de la tempête de 1999 dans certaines régions, pour un nombre de victimes extrêment inférieur. Alors certes,  en raison des catastrophes régulières qui touchent l’archipel, les japonais ont toujours vécus avec cette idée en tête que n’importe quand la nature allait venir les défoncer, mais du coup comprenez que ces 17 000 victimes, elles sont toujours un peu au fond de leur tête. Combien de japonais connaissaient des amis, des parents, des connaissances dans ce large spectre de victimes ? Sans doute une très grande partie.

Du coup, en soit, ce n’est pas surprenant de voir un réalisateur comme Shinkai prendre le thème de front et essayer de l’exorciser. Ces décors détruits, cette scène terrible où le héros parcourt des livres listant toutes les victimes d’une catastrophe inattendue, que personne n’avait prévu, et qui a frappé en une vitesse éclair des gens qui jusque là vaquaient à leurs occupations quotidiennes. Que le film parle de ça c’est logique, c’est dans l’air du temps. Mais, le truc, c’est que rien dans la promotion de l’oeuvre et rien dans le début de l’oeuvre elle-même ne laissait suggérait une seule seconde qu’on allait s’y retrouver. Et c’est ça qui est excellent dans Your Name: c’est un film à twist, et qui a su protéger le plus gros d’entre eux, c’est à dire celui que, à un moment, ça allait devenir vachement réel. 

Mais avant tout ça, on a quand même la première partie du film qui elle va se centrer à fond sur l’intrigue « de base » du film, c’est à dire ce bon vieux échange de corps. Une idée scénaristique pas forcément originale en soit dans la popculture internationale (salut Freaky Friday) mais dont je me rends compte qu’elle a rarement été le point central d’une oeuvre d’animation. Vous me direz que récemment on a eu Kokoro Connect et Yamada-kun & The 7 Witches mais les deux oeuvres larguent très vite le concept d’échange de corps entre les personnages pour se concentrer sur d’autres pouvoirs. Pour voir le concept être traité dans la durée il faut se tourner vers le manga et là on trouve Dans l’intimité de Marie (que je recommande fort) et Shinshuki Bitter Change qui traitent du sujet avec énormément de sérieux et de réalisme. Your Name. se trouve donc, mine de rien, avec un thème qu’on peut croire éculé mais qui finalement est très rare dans l’animation japonaise moderne. Il a donc tout le luxe de le traiter comme il veut, et il va donc choisir de d’abord nous le présenter avec beaucoup d’humour et de simplicité.

On a donc une première partie très rythmée, très drôle, où on découvre les deux personnages principaux, où les deux adolescents apprennent à se connaître, se laissent des messages, s’entraident et apprennent à s’adapter à des vies et des quotidiens radicalement différents des leurs. C’est efficace, c’est une vision simple et sans prise de tête du thème du bodyswapping, qui ne s’attarde que sur les côtés les plus funs et le tout est bien mis en avant par des belles couleurs vives et un humour très régulier dans les situations montrées. A ce sujet, je ne savais pas que Shinkai pouvait être si drôle, c’est un aspect dans lequel on ne le connaît que peu durant les films. 

MAIS Y’A UN TRUC BIZARRE DANS CETTE PARTIE

Et vous l’avez sans doute méga remarqué également: la chronologie des événements est parfois fucked up. Y’a cette idée très incongrue au tout début du film où on découvre le personnage de Mitsuha qui se réveille sauf que c’est déjà Taki qui est dans le corps de Mitsuha et entreprend donc la première d’une longue série de tripatouillages. On comprend donc vite que y’a échange de corps… et la scène suivante c’est la Mitsuha normale qui prend le petit déjeuner, et il nous faut un petit moment pour comprendre qu’on a plus forcément affaire au même personnage, même si c’est le même corps. Au départ on est donc assez confus, on suspecte une erreur de montage sauf que non, c’est trop grossier, ça ne peut être que volontaire… Ce qu’on ne sait pas encore, en fait, c’est que cette transition brusque et sans prévenir d’un jour à l’autre est déjà un très gros avertissement au spectateur: celui-ci va devoir faire très attention au moindre détail et à ne pas forcément faire confiance à la chronologie des événements. 

Et cette première partie, j’en suis sûr, doit être ultra kiffante à revoir une fois qu’on a conscience du second twist du film: celui que les deux personnages sont séparés de 3 ans chacun. Y’avait déjà certains détails qui m’avaient parus bizarre pendant cette première partie: pourquoi, alors que c’est le même jour, Mitsuha va au lycée alors que Taki part en rendez-vous galant ? Il sèche ? Non: jusque pour lui la date est un dimanche alors que pour elle c’est un jeudi. Et, en vrai, ce décalage était visible comme le nez au milieu de la figure une fois qu’on constate que les journaux qu’ils tiennent sont décalés en terme de jour. Il y’a plein de petits détails dans le genre qui nous font poser quelques questions et permettent de voir que, hey attends y’a un truc là. Le fait que le héros a un iPhone 6s et l’héroïne un iPhone 4s est aussi un indice, par exemple. Ce n’est donc pas un twist qui sort de nulle part, tout était sous nos yeux pour qu’on le comprenne sans que ça ne soit pour autant ultra explicite. C’est intelligent et bienvenu.

Mais néanmoins il peut y’avoir deux éléments qui eux peuvent choquer tant ils paraissent flous et peuvent faire croire à une forme d’incohérence. Autant le premier j’ai un début de théorie et d’explication, autant le second je ne comprends pas vraiment.

Le premier c’est que, effectivement, jamais les deux personnages ne comprennent qu’ils ne sont pas dans la bonne année quand ils se retrouvent dans le corps de l’autre. Une fille de 2013 se retrouve à vivre le quotidien d’un garçon de 2016, elle devrait quand même se rendre compte du fait qu’elle est dans SON FUTUR ? Surtout à Tokyo ou t’es bombardé constamment d’infos. C’est un petit truc qui taraude pas mal, surtout si est dans l’exigence d’une intrigue irréprochable. Maintenant, si il y’a quelque chose que le film dit et redit c’est que les mémoires des personnages, surtout celles liées à ces échanges de corps, sont extrêmement friables et qu’ils le vivent comme un rêve. Si le film explicite très bien qu’ils n’ont quasiment aucun souvenir de leurs moments passés dans le corps de l’autre, il ne dit jamais le moindre mot sur quels souvenirs exacts ils ont de leur propre vie quand ils sont dans le corps des autres. A partir de là, on peut émettre la théorie qu’ils ne savent pas exactement quelle année il est dans leur corps d’origine et que, plus largement, de leur vie d’origine ils n’ont que des souvenirs vagues quand ils se retrouvent dans le corps de l’autre . Après tout, mis à part le fait qu’ils savent qu’ils ne sont pas dans le corps, se souviennent-ils seulement des détails de leur identité initiale ? Jamais le film ne semble dire cela ou contredire cette théorie donc, à mon sens, ça se tient si on interprète de cette façon.

Par contre le second élément, celui que je ne peux expliquer que via un deus ex machina bizarre… c’est que Taki découvre qu’une ville japonaise entière a été rasée par une comète. Comme ça. Tout le monde autour de lui sait que ça s’est passé et c’est logique vu qu’une comète qui s’écrase et tue des gens ça a quand même dû être méga médiatisé à l’époque mais lui… non. S’en suit certes des très belles scènes (la découverte de la ville dévastée, Taki qui parcourt les registres…) mais quelque chose paraît étrange, dissonant, illogique. Alors est-ce que après, le fait de perdre la mémoire de Mitsuha après chaque échange lui fait perdre, par proxy, tous ses souvenirs liés au village d’Itomori ? Peut-être… Mais là c’est jamais vraiment très clair et y’a aucun élément qui me semble corroborer cette idée. On dirait juste que ça sert d’excuse pour insérer une scène d’exposition afin que le spectateur découvre tout ce qu’il faut découvrir en même temps que le personnage, aka la narration méga basique. C’est un peu maladroit, mais peut-être que à la seconde vision un élément va me sauter à la figure pour justifier ça.

Maintenant j’ai toujours perçu Makoto Shinkai comme un réalisateur qui vise surtout à faire vibrer nos émotions plus que comme un narrateur, même si l’homme a une vraie expérience d’écritures de romans, ayant l’habitude de « noveliser » lui-même ses propres films. A ce titre, chaque film de sa part a toujours plusieurs scènes fortes, qui servent de noyau. Là on a vraiment beaucoup de scènes fortes, où la beauté de l’image et des dialogues créent quelque chose d’extrêmement mémorable. Ce que je vais vraiment retenir c’est cette scène terrible où on voit la comète se scinder en deux, en sachant exactement ce que ça va vouloir dire pour Itomori, et tout ce qu’on entend c’est la réaction des journalistes du monde entier qui ne savent pas ce qui va se dérouler et qui sont ébahis devant la beauté de ce qu’ils voient. « C’est un jour de vrai bonheur pour tous les japonais. » Ouch, mec.

D’ailleurs, la beauté terrible de la scène de la comète me rappelle ce que Makoto Shinkai disait dans le Q&A qui a suivi l’avant première où il expliquait que toute sa carrière l’avait mené, logiquement, à ce film. Et c’est vrai qu’on y retrouve beaucoup d’éléments, au moins, de 5 Centimètres Par Seconde. La scène de la comète m’a ainsi rappelé la scène onirique de 5cm où les deux héros observent une lune gigantesque qui semble vouloir bientôt s’écraser sur Terre…

(#VietnamFlashback)

Et tant qu’on est dans les rappels à 5 centimètres par seconde, bah y’a évidemment la toute fin de Your Name qui semble y faire écho. Quand les deux personnages se recroisent enfin sur le pont enneigé, se regardent mais s’ignorent et repartent, on a l’impression de retrouver à nouveau la scène du passage à niveau à la toute fin de 5cm, avec ces deux amoureux depuis longtemps séparés, qui ont vécus leur propre vie, et qui se retrouvent par pur hasard. Il est évident que si le film se serait conclut sur cette rencontre, la rage aurait été totale. Dans la Q&A Shinkai a avoué avec un sourire trollesque au rêve que oui cette fausse fin fait totalement écho à 5cm et que oui, c’est voulu qu’on y repense et qu’on craigne du coup l’apparition du générique de fin.

Heureusement, y’a une happy end après. 

Qui est logique. Après tous les obstacles que nos héros ont rencontrés, après tout ce qu’ils ont fait ensemble pour lutter contre le destin, ça aurait été plus que cruel de les laisser non récompensés, avec un tel vide dans leur vie. Autant dans 5cm la fin amère fait sens car ce n’est, finalement, « que » l’histoire d’un garçon qui s’est enfermé dans la déception d’une relation amoureuse ratée, quelque chose qui peut arriver à tous, autant là vu les enjeux qu’il y’a eu, il fallait une fin qui nous laisse heureux pour les deux personnages. 

Y’a un truc qui m’a méga fait plaisir au début du film: l’opening. C’est un film qui possède un vrai gros générique d’ouverture, animé façon série, avec une musique qui tue, un rythme, une présentation des personnages, etc etc. Bref, ce que j’attends d’un générique d’ouverture classique qui ici fonctionne extrêmement bien. Déjà parce que effectivement ça fait partie de la signature de Makoto Shinkai (c’est lui qui conclut souvent ses films de vrais AMV), aussi parce qu’il a de l’expérience dans l’art de l’opening (il a fait les très beaux openings des jeux ef) donc du coup même si c’est quelque chose de finalement rare dans les films d’animation, c’est assez bien intégré et ça fait très bien son taf pour poser les personnages et l’univers global de la série. 

Du coup quand j’ai eu la chance et l’honneur d’avoir le micro pour poser à Makoto Shinkai une question lors du Q&A, c’est sur ce thème que je l’ai posé et j’étais ultra heureux de voir que sa réponse faisait mention du fait que les films James Bond avait eux aussi un générique ce que, en bon James Bond fag assez fasciné par les génériques de la franchise, est une réponse que je ne pouvais qu’adorer. Il a également expliqué qu’il s’était inspiré des films Ghibli et des intros orchestrales sur fond de Hisaishi. Bref, dans tous les cas, j’ai beaucoup d’admiration pour cet opening et, vous vous en doutez, pour le sound design du film en règle générale. L’OST est vraiment bonne mais elle est surtout magistralement utilisée, illustrant à merveille toutes les scènes et montrant encore une fois que chez Shinkai, la finalité sera toujours de proposer un truc qui émerveille le plus de sens simultanément.

Et tant qu’on termine avec le début du film, il y’a un autre point que j’ai évidemment adoré: le caméo de Yukari, la prof de Garden of Words, qui est bel et bien devenue prof dans un village de campagne, comme expliqué à la fin du film précédent. Ce qui veut dire, naturellement, que j’ai eu le droit à ma dose – très inattendue – de Kana Hanazawa. C’est juste un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. 

Le film m’a également beaucoup plu sur un certain point: il n’exclut pas le mysticisme de son récit. La famille de Mitsuha vient d’une longue lignée religieuse, aux traditions purement orales à cause de la perte dans un incendie des « règles antiques » et l’échange de corps est une tradition chez toutes les ainées, cela semblant s’être déroulé également pour la mère et la grand mère de la jeune fille. Mais, plus largement, ce grand élan mystique que prend parfois le film mène à deux très belles scènes: l’incroyable – incroyable – flashback qui retrace la vie de Mitsuha avec un style radicalement différent, somptueux et entièrement justifié par le contexte mais aussi cette scène qui pourrait avoir une grande importance dans le récit où la mamy Mitsuha demande à Taki-dans-le-corps-de-Mitsuha si il ne serait pas en train de rêver, ce qui amène à la seule scène de tout le film ou l’échange de corps semble s’interrompre ultra brusquement et où on se retrouve avec Taki qui semble se réveiller de stupeur. 

Ce mysticisme se retrouve également aussi avec la symbolique du crépuscule, qui est traditionnellement et dans de nombreuses croyances le seul moment de la journée où les humains et les morts peuvent se voir et qui là ici permet tout simplement la superposition des deux timelines. On notera d’ailleurs que les deux seules scènes avant la fin du film ou Mitsuha et Taki se croisent se déroulent en fin de journée, au moment du coucher du soleil, que ce soit l’évidente scène de la montagne mais aussi et surtout… la scène du train. Qui amène à l’échange du ruban, objet important du récit qui va servir de seul et unique moyen pour Taki de se souvenir un tant soit peu de ce qu’il a traversé. Sans oublier, évidemment, que la notion du crépuscule est introduit en tout début de film, par les mots de cette prof forte familière. 

Bref, j’apprécie qu’un film utilise et assume l’usage de mysticisme et le fasse avec une certaine cohérence. C’est aussi une méthode simple d’expliciter pourquoi l’échange se déroule. Simple, pas forcément originale, mais qui marche. 

De quoi d’autre je peux parler ? Les personnages sont vraiment réussis dans l’ensemble, semblent avoir tous une vraie présence, des motivations, des caractères. En dehors des deux héros, les personnages secondaires amènent tous quelque chose au récit, se révèlent tous très drôles (la petite soeur de Mitsuha est un délice humoristique) sans pour autant n’être que des objets comiques: à l’image du film, quand tout devient plus sérieux, ils arrivent sans problèmes à s’adapter au changement de ton et à montrer leurs meilleurs aspects. Teshigawara, par exemple, passe de râleur hilarant à motherfuckin’ poseur de bombes qui a méga confiance en sa pote sans trop de problèmes (d’autant que les explosifs de chantier sont introduits au détour d’une phrase dans le début du récit, merci le fusil de Chekov.) C’est vraiment la première fois, là aussi, que je vois des personnages aussi chaleureux et vivants dans un Shinkai, ce qui est encore une fois une très bonne surprise. 

Ah, et évidemment, visuellement c’est vraiment bon. Y’a juste une scène bizarrement saccadée au moment de la réunion des deux personnages sur la montagne mais on a tout ce qu’il faut niveau décors qui tuent, lumière omniprésente, chara-design réussi et expressif (parfois très Ghibli-esque, regardez la seconde image de l’article), animation qui parfois offre des très belles scènes. Bon après j’ai pas forcément envie de faire cette comparaison mais il faut la faire et oui, on est pas encore visuellement au niveau de détail et de qualité d’un Ghibli lambda. Les personnages de fond sont minimalistes, et y’a pas des centaines d’heure de boulot sur chaque frame donc on ne retrouve pas la perfection du studio tokyoite car ComixWave n’est pas Ghibli et, à ce titre, n’a pas les mêmes talents la même organisation ou les mêmes moyens mais bon, c’est une comparaison de toute façon cruelle. Le plus important à retenir c’est que malgré ça, le film est visuellement somptueux quoi qu’il arrive. 

Donc voilà pour ma large opinion de Your Name qui est encore très à chaud et je pense que mes analyses, mes théories, mes idées sont encore très rudimentaires et qu’une seconde vision pourrait être importante pour encore mieux me rendre compte de la richesse et de la cohérence du film. Après l’avoir vu je comprends également pourquoi ce film en particulier a méga cartonné au Japon. On pourrait expliquer ça par le spectre du séisme de 2011 qu’il faut exorciser et qui va parler à tous les Japonais qui ont besoin de s’y reconfronter pour mieux le vivre mais le truc… c’est que la promo au Japon a jamais dit que c’était très clairement un film post-tsunami. Non, à la place je suis convaincu que c’est un film qui a grave bénéficié de ses twists et, du coup, a décollé grâce au bouche à oreille qui en a découlé.

La comparaison va être osée mais là je repense à la hype qu’il y’avait en France pour Sixième Sens de Shyamalan à la fin des années 90, où tout le monde disait, grosso merdo, « va le voir, ce film y’a un truc mais je peux rien dire faut que tu le voie par toi même » ce qui a dû beaucoup créer de curiosité chez ceux qui n’ont rien vus. Le fait que le film laisse beaucoup de place aux interprétations et aux débats doit également énormément aider, plus que des films bons mais dont personne n’a grand chose à raconter. Ajoutons à cela le fait que ça se présente initialement comme une comédie fun et grand public sur le thème de l’échange de corps, qui présente une vision positive et amusée du Japon des villes et du Japon des campagnes, et on a là le film dont le Japon avait envie et besoin d’aimer. Au bon endroit au bon moment. 

On pourrait reprocher à Shinkai d’avoir calculé ce succès, d’avoir pris des thèmes forts et assurés de cartonner exprès mais pour moi c’est un reproche cynique, limite immoral. L’homme a plusieurs fois montré en interview qu’il était limite gêné du succès de son film et c’est quelqu’un qui a toujours été très personnel dans ce qu’il faisait. Il a eu une séparation tragique un jour dans sa vie et ça a pas mal guidé ses oeuvres, 5cm en priorité. C’est un homme qui a toujours eu des succès modestes dont il s’est toujours contenté. Your Name bénéficie simplement d’une plus grosse usine de production autour de ComixWave – salut la Tohô – mais je doute que ça ait fondamentalement changé d’un coup d’un seul ses ambitions artistiques qui ont toujours été de mettre le paquet sur le visuel et la musique tout en racontant une histoire qui le tenait à cœur. Je pense reconnaître en Shinkai un émotionnel pur, qui fait des oeuvres avec son cœur, ses tripes. Your Name est un film qu’il nous a avoué avoir en tête depuis quelques temps déjà, donc raison de plus pour lui de mettre tout ce qu’il a.

Dans tous les cas, je trouve qu’il a réussi à nous donner ce que je considère déjà une oeuvre importante de l’animation japonaise. Car elle représente énormément et met dans une bulle temporelle ce Japon de 2016 qui se cherche, qui cache dans les rires et les gags de seins 1 des malaises et des envies de tout recommencer, tout refaire. Il n’est pas parfait – car rien ne l’est – et je vois d’avance les prises de tête entre internautes sur les zones floues de l’intrigue du film car c’est vrai que ces zones existent et que certains y seront plus tolérants que d’autres. Mais dans tous les cas, j’ai vraiment le sentiment que c’est un film dont nous parlerons longtemps, sur lequel nous aurons tous une opinion forte, qui va amener pendant beaucoup de temps des débats sur nos interprétations, nos idées. C’est à ce titre un grand film.

J’espère simplement que les débats porteront sur le film en lui-même, sur ce qu’il à a dire, à raconter, et que jamais on se résumera à « de toute façon c’est un film overhypé » où « je m’attendais mieux du second film japonais le plus gros de l’histoire de leur box office » parce que là, ça serait la mort de tout pour une raison simple: qu’est-ce qu’on s’en fout de la hype, putain.

Donc dans tous les cas, voilà, j’ai adoré ce film, je lui préfère 5 centimètre par seconde pour plein de raisons personnelles, mais je trouve que c’est vraiment l’oeuvre de la vie de Makoto Shinkai. Je ne sais pas si il fera mieux, je crois que lui même se chie dessus vu à quel point il est à mal à l’aise quand il évoque le succès de son film et la pression que ça va créer, mais en tout cas il a bouclé son oeuvre ultime, celle qui contient toutes ses signatures, toutes ses marottes, qui encapsule le mieux son style et l’esprit du Japon moderne. 

Et wow putain cette illu qu’on vu tourner en boucle FAIT REFERENCE A LA FIN DU FILM ARGH
  1. A noter d’ailleurs que j’aime beaucoup le running gag du tripatouillage, qui est utilisé 3/4 fois et qui à chaque fois montre de manière amusante mais efficace l’évolution des échanges sur les personnages
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9 réactions au sujet de « Your Name. – Everlong »

  1. Je réponds un peu en transversal car du whisky dans le sang**** ça aide sur certains points et pas d’autres. Mais comme j’ai le privilège de pouvoir voir le film un peu quand je veux (et de l’avoir fait plein de fois), je peux apporter 2-3 éléments.

    Et oui tout ce qui suit = spoiler.

    Pour répondre à certaine gêne vis à vis de certaines facilités scénaristiques, on va appeler un chat un chat mais ça ne veut pas dire que ce dernier sent mauvais où qu’il est moche, comme le fait qu’ils ne se rendent pas compte de l’écart temporel.

    Il y a un truc qu’il faut accepter, c’est qu’ils ont des téléphones qui vont indiquer le jour et le mois mais pas d’année C’est occulté pour les besoins du scénario mais soit « ok c’est comme ça dans ce monde, pourquoi pas ? ».
    Ensuite oui les jours de la semaine sont indiqués et un oeil attentif le remarquera mais en soi il faut se rappeler qu’au départ ils échangent de corps de façon soudaine et ça les désoriente, voir qu’il s’agit de la même date et prendre l’année comme acquise ce n’est pas du domaine de l’inimaginable -> ils ont trouvé un repère qui les rassure (sans faire psycho, il en faut peu pour rassurer quelqu’un et lui faire faire croire ce qu’il veut croire par biais cognitif) et ça leur a suffit. De plus, c’est indiqué que le changement est intermittent ce qui contribue à brouiller les repères qui leur sont déjà floutés.

    Et puis on va rappeler une aautre chose: ils vont profiter chacun de leur vie alternative, d’un côté t’as la fille de la cambrousse qui s’émerveille de son Tôkyô rêvé et de l’autre, un citadin à la vie rythmée lycée et petit boulot qui trouve un rythme de vie plus calme… et en plus Mitsuha a des boobs. Passé le mystère initial et l’acceptation du fait, on les voit plutôt vivre chacun une vie qu’ils n’ont pas pu connaître jusque là et en profiter chacun à leur façon : du coup, quand ils ont déjà accepté a départ que ça pouvait être la même période sans vérifier, s’amuser leur fait oublier tout ça, après tout il faut profiter du moment.

    Ca et puis le fait que les souvenirs sont fragiles, souvent au service du scénario mais c’est postulé dès le départ comme un fait. Ca peut être vu comme facile, mais ça reste assumé et je ne vais pas l’attaquer sur ça.

    (Parenthèse de Tôkyôïte, en plein mois de septembre, va pas y’avoir grand chose pour te rappeler l’année en cours, à part si tu commences à lire les journeaux, regarder les dates imprimées sur tes reçus de conbini, etc Globalement, tu sais quel jour et quel mois -et encore quand on te balance pas juste « ce mois-ci »- on est généralement mais l’année, c’est souvent une info considérée comme acquise qui n’est pas nécessaire de donner systématiquement ou alors de façon relative et non absolue)

    Pour l’ignorance vis à vis d’Itomori, on revient sur l’amnésie sélective qui peut expliquer en partie la chose mais là je sors ma casquette d’ethnologue (j’ai le droit) :
    Sans vouloir faire le cynique, Itomori c’est un village paumé en pleine cambrousse dans le département de Gifu qui est avec ses 200 habitants au km², sans porter de jugement, la cambrousse surtout que ce n’est pas une localité chargée d’histoire ou ayant une importance sociale ni économique (pas d’accès à la mer donc activités limitées). Alors tu prends un village paumé dans la montagne rattaché à une ville de 25 000 habitants, c’est d’une importance relative.

    Sans minimiser l’importance du drame lié à une catastrophe naturelle, pour un Tôkyôïte, c’est loin et 3 ans ça fait beaucoup, surtout qu’il était collégien a moment de l’incident, ça va marquer un moment mais comme l’évènement ne doît plus être rappelé à l’échelle nationale 3 ans après, ce n’est pas inconcevable qu’il ait oublié ça. De plus, Okudera et Tsukasa qui l’accompagnaient ont conscience qu’ils sont à Hida et lorsque Itomori est mentionné ils ne percutent pas immédiatement mais seulement après que l’enthousiasme de Taki d’avoir trouvé ce qu’il cherchait se heurte à la réalité.
    Certes il s’agissait d’un oubli momentané pour les 2 mais si on revient au premier point, il n’est pas forcément inconcevable que Taki ait pu l’oubliait complètement.

    Après, la comparaison avec le séïsme c’est à manipuler avec précaution.
    Non pas qu’une catastrophe naturelle touche les Japonais de façon violente mais il faut savoir remettre les choses dans son contexte.
    La comète qui efface Itomori de la carte, ça touche un village paumé dans la montagne. Le grand séïsme, ça s’est ressenti en plein Tôkyô, d’un côté on a un drame qui se passe à des kilomètres du spectateur, de l’autre ils sont victimes directs et ça toujours sans vouloir être cynique, vivre un séïsme de cette intensité va plus marquer le citadin Tôkyôïte qu’un nombre importants de morts à des kilomètres de là dans la cambrousse. (empathie très forte parce que tu as « partagé » l’expérience/traumatisme à un certain degré vs l’importance décroissante des morts au kilomètre)
    Parenthèse : un autre film qui est plus à même de faire ressurgir la mémoire du séïsme de façon plus violente, c’est Shin Godzilla dont je recommande le visionnage également ! (pour différentes raisons)

    Enfin bref, tout ça pour dire de faire attention à ne pas « sur-analyser » certains éléments et attribuer du sens et des relations de manière maladroite. Alors, bien sûr que le spectre du grand séïsme de 2011 reste encore dans les mémoires et affecte la perception japonaise du film, mais il faut savoir la relativiser et ne pas lui accorder plus d’importance qu’il n’en a en vrai alors que pas mal d’autres facteurs méritent plus l’attention. Garde donc à ne pas confondre corrélation et causalité car sinon c’est l’apophénie qui attend au tournant.

    Expliquer le succès de Kimi no Na Ha. peut faire l’objet d’un très grand travail sur plusieurs plans et pour commencer on peut parler de l’aspect philosophique ainsi que les facteurs sociaux.
    En soi, on peut voir le film comme entrant dans le moule du « je sauve l’univers en sauvant la fille que j’aime » qui est un thème qui rencontre très souvent un acceuil favorable de la part du grand public. Après tout, que le destin de l’humanité (ou une partie de celle-ci) repose sur celui d’un couple, c’est un sommet de romantisme universel qui va facilement impliquer le spectateur, d’autant que les chiffres tendent à montrer qu’une grande partie des spectateurs y allaient en couple* et qu’ils s’y retrouvent dans cette épopée amoureuse. Pour les autres, que ce soit les célibataires ou les familles, on y retrouve les éléments pouvant offrir un grand spectacle familial.
    Et c’est ça l’une des forces de ce film, c’est qu’il a une portée très large en termes de public touché, surtout dans un Japon qui connaît diverses crises sociales avec ses jeunes qui s’isolent de plus en plus… Mais ça c’est un autre sujet que je prends la peine de mentionner car, de façon très hypothétique, on peut s’imaginer que ce film est un peu une réponse pleine d’espoir (sans forcément que ce fût son but premier) à cette société dont les bases sont en train de se désintégrer… mais encore une fois c’est un sujet complexe et je vous laisse lire tranquillement les études à ce sujet.

    * : surtout vrai sur les 2 premiers mois, je vous garantis qu’aller le voir dans des cinés à Tôkyô (et non dans ma cambrousse à Chiba) le week-end (emploi du temps de salaryman), bin les salles remplies à 90% de couples de tout âge (surtout 15-25 ans et dont la tranche féminine s’est déjà ralliée à la cause Shinkai depuis Koto no Ha no Niwa), c’est *pas* de l’exaggération. Parole de quelqu’un qui a subi- vécu ça.

    Pour ce qui est des faits plus concrets, un point qui n’est que très peu mentionné, que ce soit par omission ou ignorance, c’est que le film bénéficie d’une publicité démente (en plein mois d’août, impossible de ne pas en entendre parler si tu vis à Tôkyô et je parle du quotidien = aller au boulot et cie, pas lire des sites/twitter sur l’industrie de l’animation) grâce au soutien de la Tôhô, voire même de leur stratégie médiatique/marketing.

    Toujours lié à ça : la distribution du film. Sans y aller par quatre chemins, le nombre de cinémas qui diffusaient le film sur l’ensemble du pays, et ainsi que le nombre de séances chaque jour, c’est *énorme*.
    A titre de comparaison, le précédent Koto no Ha no Niwa, c’était 26 salles dans tout le Japon alors que Kimi no Na Ha c’est 296. Non seulement c’est largement dix fois plus mais pour permettre de mieux comprendre ces chiffres, je vais lister le nombre de pellicules dont bénéficient un certain nombre de films*:
    – Star Wars VII : 368
    – Yôkai Watch : 358
    – Fantastic Beast : 350
    – Spectre : 350
    – Shin Godzilla : 348
    – Zootopia : 348
    – Death Note Light Up the New world : 342
    – Le dernier Crayon Shin-chan : 339
    – Kimi no Na Ha: 296
    – Rebuild of Evangelion Q : 223
    – One Piece Strong World : 186
    – Keion! : 137
    – Yû-gi-oh dark dimensions : 136
    – Le garçon et la bête : 135
    – Madoka Magica : 129
    – Koe no Katachi : 121
    – Rebuild of Evangelion 2.0 : 120
    – Kokosake : 81**
    – Girls und Panzer : 77
    – AnoHana : 64
    – KanColle : 61
    – Macross F : 38
    – La disparition de Haruhi : 24
    – Nanoha Movie 1st : 19
    – ARIA The AVVENIRE : 8

    * Chiffres pouvant varier d’une semaine à l’autre, mais globalement ces chiffres sont au moins applicables pour le lancement.

    ** Qui est monté à près de 125 salles pendant son apogée, grâce notamment à l’ajout de salles le diffusant en sous-titré anglais.
    D’ailleurs film génial que je recommande très beaucoup.

    Cette longue liste non-exhaustive pour dire sans une distribution aussi large, c’est difficile de créér ce genre d’impact, non pas que grosse distribution = hit instantané mais tout le contexte fait que le film n’a pas été limité par une disponibilité limitée.

    La puissance de la Tôhô ça se mesurait aussi au niveau de la couverture médiatique avant le film mais surtout après la première diffusion et tout le long, que ce soit à la TV (la NHK y a consacré pas mal d’attention), les réseaux sociaux et autres sources médiatiques. Avant la diffusion, on avait bien sûr les trailers disponibles et bien mis en avant mais surtout pas mal de « propagande » autour de Shinkai, lui attribuant cette aura très singulière, qui depuis a complètement explosée (et au milieu de tout ça, Shinkai sait rester modeste et affiche souvent une certaine gêne vis à vis de cette popularité nationale explosive).

    Même si on parle de la Tôhô comme un monstre médiatiue et financier, ils faut aussi prendre en compre qu’ils ont fourni à Shinkai de l’aide technique ou beaucoup de conseil grâce à l’expertise de leurs vétérans. Shinkai mentionnait par exemple le producteur Kawamura Genki (qui a plusieurs cartons au box-office sous le bras) qui a apporté beaucoup de corrections et de suggestions sur le script.
    En gros, le film a vraiment bénéficié d’un traitement de faveur qui a pu contribué à en faire une oeuvre aussi aboutie (non pas que Shinkai ne pourrait pas le faire mais qu’avoir à bord des gens aussi expérimentés, ça pousse la qualité encore plus vers le haut.)

    Un autre point qu’il est intéressant de remarquer c’est l’absence d’un autre film d’animation qui serait venu le concurrencer lors de l’été, notamment un Hosoda.
    Non pas qu’il aurait empêché un succès du film de Shinkai mais cela aurait sûrement ralenti le phénomène et aurait peut-être relativement réduire son ampleur. Le succès aurait été bien sûr au rendez-vous mais cela aurait surtout impacté un élément non négligeable : les gens allant le revoir plusieurs fois (comme votre humble serviteur ci-présent), un facteur qui a été un élément clef dans le succès de la Reine des neiges au Japon.

    Je pourrais également aborder les divers techniques, que ce soit la beauté photo-réaliste mais en fait impossible en vrai (il expliquait sur la NHK de façon très intéressante que beaucoup de plans sont impossibles dans la réalité avec ses jeux de lumière comme la scène du pont au dessus de la route qui est illuminée par 2 « soleils » donnant cette beauté mais complètement impossible), l’animation au poil et le magnifique chara-design de Tanaka, les musiques de RADWIMPS qui collent parfaitement (suffit de traduire les paroles des chansons pour comprendre) qui rameutent encore plus de fans, etc etc
    Mais ça je laisse les gens spécialisés faire leur propre analyse.

    Et puis bon pour finir sur ce qui a sûirement le plus contribué au succès : bin simplement que le film est fantastique sur tous ses aspects et que c’est certainement la chose la plus importante à retenir. Ca et encourager un maximum de gens à aller le voir.

    **** : ah bin finalement j’ai eu le temps de faire passer une bonne partie de cet alcool.

    1. Il y a un truc qu’il faut accepter, c’est qu’ils ont des téléphones qui vont indiquer le jour et le mois mais pas d’année C’est occulté pour les besoins du scénario mais soit « ok c’est comme ça dans ce monde, pourquoi pas ? ».

      ->

      Faux
      Tu veux un screen de mon iPhone ? Je sais pas pour les autres mais j’ai pas d’année sur la date.

      1. J’ai un iPhone aussi hein et selon le réglages de mon calendrier, j’ai l’année les 3/4 du temps.
        Après comme je disais c’est pas un détail important et sur lequel les gens perdent trop de temps dessus.

  2. /!\ spoiler aussi

    Question sur la traduction : comment ils ont traduit le passage ou Mitsuha cherche le bon pronom personnel, lors de son premier passage dans le corps Taki ? Quand elle fait dit « Watashi » par mégarde (regard interloqué des potes de Taki) puis essaye « Watakushi » (désapprobation des collégiens), « Boku » (toujours pas…) et finalement « Ore ».
    Je n’arrêtais pas de me demander comment les traducteurs allaient s’en sortir avec ce passage, et autant on peut plus ou moins expliquer ça avec des sous-titres, autant je ne vois vraiment pas comment ils ont pu faire pour la VF…

    À part ça Amo je suis content qu’il y ait des gens comme toi pour faire des analyses en profondeurs des films que j’aime : maintenant je sais un peu mieux pourquoi j’ai adoré ! Jusque là je disais à tout le monde « Oh il faut absolument aller voir Kimi no Na ha quand il sortira, ce film est génial parce que… euh, ben je sais pas trop mais en tout cas j’ai adoré ! ». Pas très efficace pour en faire la promotion…

    1. A ce moment là les sous-titres disent « Je suis contente », les mecs font « !? », puis derrière elle fait « je suis satisfaite », les mecs font « !!, » et ainsi de suite jusqu’a ce qu’elle utilise un adjectif non féminisé :’D.

  3. J’ai enfin pu voir Your Name… et lire cet article.

    À propos de la comète que Taki semble avoir oublié : c’est visiblement totalement volontaire et assumé de la part de Shinkai.
    Il a déclaré en interview :
    « Quand une catastrophe naturelle survient, elle fait la Une des journaux, nous savons tous qu’elle s’est produite mais ensuite on oublie les conséquences, comme Taki dans le film. Il y a quelques mois, au Japon, s’est produit un tremblement de terre dans la préfecture de Kumamoto. Dans trois ans, les jeunes Japonais ne s’en rappelleront plus. «Your Name» est aussi un film sur l’oubli. »
    (source: http://www.parismatch.com/Culture/Cinema/Makoto-Shinkai-Your-Name-est-avant-tout-une-histoire-d-amour-1148705)

    En tout cas c’était mon premier Shinkai et je suis conquis, il faudrait que je regarde 5cm maintenant…

  4. C’est super beau comme film, les décors, la visite du shintoïsme, …, le scenario est très solide, mais c’est d’abord contemplatif.

    En plus une micro dose de fan service invisible au profane, mais qui amuse l’otaku moyen.

    Quand au décalage de 3 ans, les protagonistes pensent être dans un rêve et avec des trucs plus intéressant que sa, comme la découverte d’un corps du sexe opposé, la découverte d’une nouvelle vie, l’exploration d’un monde que eux seuls habitent.

    Bref Il y a des film qui marque plus. Mais il serait idiot de ne pas profité de cette perle.

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