[Voyage 2026] Jours 3, 4 & 5 – Volte-face en mer du Japon
La semaine qui précédait ce voyage, je vous jure, chaque nuit je rêvais de celui-ci et à chaque fois il se passait des trucs chelous et/ou complétement déprimants. 100% c’était à cause de la chaleur et du stress, mais du coup je vais vous en raconter deux dont je me souviens encore une semaine après – c’est vous dire à quel point ils m’ont marqués. Le premier c’était que je rentrais du voyage et que je me rendais compte que c’était anormal que je sois chez moi avec deux valises vides – j’étais en train de me dire « zut c’est passé vite, j’ai pas eu le temps de tout voir… je suis même pas passé à Nakano Broadway ou à Izu-Oshima… », et de déjà faire le deuil d’un voyage que manifestement j’avais vécu sans vivre. C’était triste et presque un soulagement quand je me suis réveillé !
Le second rêve, lui, il était dans le bizarre, je l’ai fait la nuit qui précédait mon décollage prévu et c’était une aventure: je prenais l’avion, il s’écrasait dans une forêt, mais au final le pilote constatait que l’avion pouvait redémarrer donc on a dégommé la forêt pour redécoller, on y est parvenu, et après ça on a fait un chemin absolument pété du cul, qui impliquait entre autres de traverser des anneaux de jeux vidéo (imaginez les niveaux aériens de Superman 64 ou de Spyro – et si vous avez moins de trente ans bah là je sais pas quoi vous citer) et de prendre des virages impliquant de frôler des gigantesques gratte-ciel résidentiels – je voyais l’aile frôler des objets que les habitants laissaient suspendus à leurs fenêtres, dont des boîtes de figurine (??), c’était très impressionnant et flippant.
Bref, au final mon avion ne s’est pas crashé – il ne s’est juste pas pointé le bon jour. Et mon voyage se déroule lui bel et bien… mais je n’ai effectivement pas pu passer à Izu-Oshima car ayé, j’en avais parlé à la fin du pavé précédent mais on est parti pour un nouveau rebondissement !
Je vous le raconte donc juste après mais avant ça bienvenue à… Niigata !

Mais où sont les îles Izu du coup ? Bon bah pour faire simple: gros typhon prévu dessus ce mercredi, là à l’heure qu’il est il vient de passer et il était effectivement très vener. A priori moins vener que prévu mais vener quand même – je vois passer des vidéos d’inondations dans des gares tokyoites, et le peu que j’ai vu de Izu a l’air un peu effrayant. Du coup dimanche soir, en voyant les prévisions méteo et la ligne de passage du typhon (nommé par certains twittos japonais la « bite empoisonnée » pour des raisons aussi immatures que réellement drôles) et en voyant que ça tomberait le mercredi voire même potentiellement dès le mardi, j’ai un peu balisé et j’ai préférer annuler mon voyage là bas pour des raisons de sécurité…

Je vais pas mentir ce choix d’annuler c’est pas mal de regrets et un peu de culpabilité – je pense que j’ai paniqué parce que pas habitué à ce genre d’événement naturel (et certainement bien moins habitué que les japonais eux-même), du coup j’ai agi dans la précipitation et l’urgence, me laissant stresser trop facilement par la deadline imminente, là où j’aurais pu plus réflechir. Je pense que c’est aussi un choix de confort parce que j’étais mécontent à l’idée de devoir « sacrifier » un jour à la méteo et au fond, si je dois même faire une vraie analyse, c’était aussi un choix de facilité – Izu-Oshima est un lieu assez peu accessible, je venais de découvrir une heure avant que j’étais pas certain d’avoir une place le lendemain matin sur le ferry haute vitesse parce que j’avais enfin tilté que fallait réserver au moins trois jours à l’avance et ça amenait pas mal de complexité. Et puis j’étais épuisé par ma marche interminable… Donc au fond est-ce que j’ai pas pris ce typhon comme une excuse de lâcher cette destination pour partir vers quelque chose de plus « simple » ? Peut-être… Mais de l’autre côté, j’avais vraiment hâte de visiter l’île, et ça me fait chier de pas m’y être rendu…
Maintenant, avec le recul, j’aurais de toute façon pas vraiment profité de l’île tout simplement parce qu’on va le voir d’un point de vue forme physique, ces jours sont compliqués. Je paie le contrecoup de mes 27km du dimanche encore maintenant, donc mes plans de randonnées sur l’île auraient été au mieux impossible au pire dangereux pour moi. Enfin, bref, typhon ou pas, c’est finalement mieux que j’aie changé de plan…
… sauf sur le plan financier puisque annulation à la dernière minute = réservation pas remboursée.

J’ai expliqué à l’hôtel (pas un grand hôtel, vraiment un petit hôtel de quelques chambres) que c’était par peur du typhon donc ptet que l’annulation peut être gratuite, ils ont fait « sumimasen non« , ce qui a été une réponse dure mais que je comprenais parce qu’au final ça ne m’empêchait pas de venir, ça ne m’empêchait en théorie pas de partir, et j’allais « juste » avoir une journée enfermée dans ma chambre à attendre que ça passe. Donc oui normal… 200€ officiellement partis dans le vent… Mes prières vont donc vers le service client de ANA qui a reçu récemment un message de ma part sur les lois européennes de défense du passager car je vais bien avoir besoin de la somme auquel j’ai droit………
(Une pensée d’ailleurs pour ces deux français d’environ cinquante ans que j’avais croisé à Charles de Gaulle dans la file d’attente de mon avion qui devaient enchaîner leur vol avec une correspondance pour Okinawa – correspondance qu’ils avaient donc déjà foirés vu le retard de 23h – et qui à peine arrivés à Okinawa se sont mangés le typhon de plein fouet.)

Alors pourquoi Niigata du coup ? J’ai hésité entre trois destinations ! Mais il a fallu décider vite donc ça s’est joué à des critères simples. Donc pour résumer mes trois idées étaient les suivantes:
- Atami – Ville balnéaire au sud-ouest de Tokyo, au début de la fameuse péninsule Izu. Ca aurait été l’occasion de rester dans le très grand Tokyo, de faire un passage à Numazu en souvenir de Love Live Sunshine, aller visiter le fameux musée des teddy bears de Izu-Kogen pour Ben, peut-être prendre le ferry le temps d’une journée vers Izu-Oshima quand même, avec un trajet plus court que depuis Tokyo… sauf que là aussi le problème aurait été le même: la péninsule se mangeait le typhon mercredi donc finalement à quoi bon ?
- Morioka – Ville située entre Aomori et Sendai, une ville réputée comme étant un bon hub pour accéder en train à tout ce qui est sympa dans la préfecture d’Iwate, histoire de déjà commencer ma découverte du Tohoku. Mais en vrai, pas très motivé ! Je trouve ça bizarre d’aller à Morioka pour ensuite retourner en arrière à Sendai – ça ne fait pas sens.
Et donc du coup on avait le dernier qui était Niigata, situé sur la mer du Japon, avec sa propre ligne shinkansen dont la légende dit qu’elle a été construite à l’époque d’un premier ministre venant de la région, notoirement corrompu (il a même dû quitter son poste à cause de scandales financiers) (vous imaginez ça, démissionner à cause de scandales financiers ?) qui voulait gâter sa ville natale pour assurer sa réelection en tant que député quand il aura quitté son poste. Du coup ligne très coûteuse à construire, mais pas très utilisée… sauf par moi, du coup ! Mais autrement Niigata c’est une ville que je connaissais surtout pour une chose très simple: son jumelage avec la ville de Nantes ! La première fois que je suis venu à Nantes, pour les Utopiales 2010, j’avais rapidement rencontré des japonais qui venaient là pour des échanges culturels entre les deux villes, et particulièrement des venues d’artistes puisque Niigata a pas mal de structures dédiées au manga et à l’animation – dont un musée dont je vais évidemment parler plus tard dans l’art- non ? Je l’ai pas visité du tout j’ai eu la flemme ? Ah euh, on va sans doute en parler plus tard plus tard genre dans un quatrième ou cinquième voyage du coup.

Globalement, je viens donc dans la ville vraiment en aveugle – j’ai pas vraiment fait trop de recherches sur la ville pour préparer mon voyage et la seule raison pour laquelle je l’avais éventuellement envisagé c’était pour y prendre le ferry vers l’île de Sado qui se trouve juste en face. Donc c’était pour le coup une surprise totale !
Mon bilan de ces trois jours du coup – et bah c’est une ville intéressante, mais que à cause de la météo, de mon manque de préparation et de ma forme physique, je n’ai vraiment fait qu’effleurer. Mais je pense déjà y retourner lors d’un futur voyage pour lui dédier plus de temps et, surtout, plus de vraie attention.
En attendant, place au récit et place au résumé de ces trois jours, résumés qui vont être plus succints que le précédent, vous vous en doutez !

Jour 3
Du coup, lever matinal (je me réveille endolori à 5h30 du matin) pour rendre la chambre et se rendre bon gré mal gré à la Tokyo Station ! Cette fois-ci je vous rassure, on prend pas 3h de marche pour y’aller, surtout pas vu la chaleur déjà assez moite et désagréable qu’il fait à seulement 10h, et encore moins vu la valise de 10kg que je trimballe : c’est métro, presque direct, et en moins de vingt minutes m’y voilà, fier et frais comme un gardon. Et d’autant plus fier que sur le chemin je n’ai pas oublié de garder un œil ouvert pour les stamps ! Trois de chopés rien que sur ce trajet, soit un taux de réussite de 100% ! Non j’exagère il me manque celui de la Tokyo Station mais j’ai le sentiment que pour trouver celui-là sans aide ça va être un peu plus compliqué…

A Tokyo Station je trouve très vite le comptoir JR East (pas compliqué – il est en plein dans le très beau hall principal assez iconique de la gare) pour y faire, avec soin et application, ma plus belle demande de billets pour Niigata. J’avoue que j’aurais pu passer par le distributeur mais depuis mes mésaventures à Kagoshima où j’avais pris un supplément sans prendre le billet principal, je préfère aller directement au comptoir pour exposer mes demandes à des agents JR qui sont parmi les japonais les plus à l’aise avec l’anglais que j’ai jamais pu croiser.
Train dans une heure, donc – je pars surtout m’écraser dans la salle d’attente, où je somnole assez vite. Encore très fatigué le gus ! Pour me donner un peu plus d’énergie je récupère un sandwich à un café situé dans la zone, je commence à mâcher dedans mécaniquement, goût chelou… ah c’est du saumon. Mon mortel ennemi. Je n’ai pas regardé les ingrédients du sandwich…. Le nul….
(Et en vrai surprise : habituellement le saumon me file des nausées de bâtard instantanément dès la première bouchée, parfois même dès l’odeur. Mais là non ça va. Peut-être parce que j’en ai pas mangé depuis quinze ans et que c’est passé ? Ptet que le saumon japonais ça va ? Ptet que c’était pas vraiment du saumon ? Honnêtement le truc avait pas beaucoup de goût donc pas exclu que ça soit autre chose… Cela restera éternellement un mystère…)
(Note de l’éditeur: entre temps je suis repassé devant un Beck’s Coffee et j’ai bien lu « salmon » en katakana sur le menu du sandwich, aie aie aie.)

Le trajet lui-même se déroule bien – j’ai un beau siège fenêtre qui me permet de profiter d’un joli panorama traversant les Alpes japonaises. Bon quand on est pas dans un tunnel (on est souvent dans un tunnel) ou quand je m’endors pas comme une merde (je m’endors souvent comme une merde) mais le peu que j’ai vu était très joli ! J’adore les montagnes mais c’est parce que j’en ai peu vu dans ma vie, donc c’est toujours très nouveau pour moi ! Je suis un enfant de la mer à la base !
Et donc après seulement 2h, soit un peu moins qu’un Paris-Caen, me voilà à Niigata ♪. Temps nuageux, vent un peu frais – je revis déjà… Et comme il fait un peu faim je décide de trouver quand même un ptit restaurant, et ça tombe bien le quartier de la gare en est jonché. Après une ptite balade dans l’aile est, je tombe sur un secteur rempli de restaurants équipés de machines à ticket, donc je décide au hasard de tenter un restaurant de ramen nommé le Mazeshamoji. C’était ’occasion d’encore découvrir une forme différente de faire des nouilles puisque là c’est du mazesoba, des nouilles servies sans bouillon où le but du jeu est de tout mélanger au maximum : garnitures (œuf, viande, légumes, cheddar !?…) ou bien encore les sauces mis à disposition. Ca donne un résultat amusant puisque le bol commence tout beau tout joli…

… avant de devenir les tranchées de Verdun. Mais attention ! De délicieuses tranchées de Verdun, si je peux dire ça sans manquer de respect à mes ancêtres. Ils comprendraient.

C’était très goûtu, très nourrissant et un peu sale, mais clairement ce que je voulais à ce moment-là. Et ce qui m’a permis de trouver l’énergie nécessaire pour la suite du trajet puisque maintenant il fallait rejoindre mon hôtel ! Eh, j’ai eu au moins une chance dans mon malheur : en devant booker un hotel à la dernière minute, j’ai eu un choix… assez intéressant. Je ne sais pas si c’est parce que j’étais géolocalisé au Japon, je ne sais pas si les hôteliers bradaient leurs chambres pour essayer de les remplir à quelques heures du check-in, je ne sais pas si c’est juste le marché hôtelier habituel de Niigata qui doit pas être ultra actif en pleine semaine, je ne sais pas si c’est le yen très faible et un marché qui ne vise pas beaucoup les touristes étrangers, mais les prix étaient ridiculement bas. Du coup j’ai encore fait ce truc de kéké qui est de récupérer des nuits à 70€ dans un 4 étoiles. J’ai donc logé au Niiko Niigata, un hotel qu’on ne peut pas louper car il est situé… en haut d’une tour !

Léger bémol : c’est situé à environ 25mn à pied de la gare, donc il a fallu quand même faire le trajet pour s’y rendre. Pas le plus exaltant vu ma forme à ce moment-là mais je l’ai fait – ce qui est un peu débile avec le recul car un bus passe environ toutes les 10mn depuis la gare pour rejoindre en quelques minutes. Car l’hôtel est situé dans un complexe portuaire qui comprend, en plus de la grand tour d’une trentaine d’étages, le parc des expositions de la ville (qui héberge régulièrement la branche « niigataesque » du Comitia), le musée des art numériques, un point d’observation et le terminal des ferry en direction de l’île de Sado. C’est un coin sans doute très fréquenté le week-end, mais qui en contrepartie est vide de vide en semaine – je vous posterais plus tard dans l’article quelques photos où franchement je me sentais parfois traverser les backrooms quand j’étais en bas de l’hôtel. D’ailleurs même en arrivant en ce lundi 15h30, aucun autre client, que des employés de l’hôtel, très sympathiques mais ça manquait un peu de la vie habituelle que je pouvais croiser dans les différents halls d’hôtel que j’ai pu traverser jusqu’ici.
Mais bon, bref, je me suis pas posé plus de questions parce que après j’ai pris l’ascenseur pour ma chambre située au 26e étage, avec une vue… très sympa sur la ville.

Encore mieux de nuit !

Franchement ça m’a souvent donné envie de prendre un verre de vin, de me tenir debout de manière menaçante en regardant la ville et en disant des choses genre « haha bientôt tout ceci sera à moi » où « regarde Kiryu, je vais éteindre toutes les lumières comme un énorme poseur. » Sans compter que la chambre en elle-même était de taille plus qu’honorable, avec de l’espace, des bons fauteuils et et et un lit double incroyablement confortable avec les meilleurs oreillers d’hôtel que j’ai jamais pu croiser et dieu sait que je suis très drosophile sur ce sujet.
Du coup comprenez que je me suis juste foutu dans le lit comme un gros caca, que j’ai allumé Netflix et que j’ai commencé à parcourir le catalogue japonais avec mon compte français. Choix d’anime assez monstrueux, évidemment – j’ai failli lancer un épisode de Bocchi, de Kochikame ou de Haruhi pour le fun, même si évidemment il n’y avait pas d’autres langues que le japonais pour ceux-ci. D’ailleurs j’ai noté quelques trucs un peu suspects comme des animes avec une description de la série et des épisodes qui étaient en français… mais sans accès au français dans les langues, ou sans présence officielle dans le catalogue français ! Je pense à A Place Further The Universe ou Tsugai que j’ai croisé ainsi… Peut-être dans le catalogue canadien ? J’aimerais bien qu’ils mettent A Place Further Than The Universe dans le catalogue français….

Bon, après deux heures de repos, je vois que le soleil débute sa descente donc, allez, yolo – partons à la plage ! Je vois que y’a un panorama maritime à environ 30mn à pied de l’hôtel, ça me fera ma marche, ça devrait aller, c’est que 30mn de marche… Bon c’est parti. Je met mes plus beaux vêtements et direction le bord de mer. Cela implique de traverser une partie de l’ile ouest de Niigata, entre grands axes, passage devant le musée d’art et montée d’une petite colline. Et une fois arrivé sur la façade maritime… Bon c’était pas une plage, c’était juste une grande jetée. La plage elle est plus au sud ! Ah, tant pis !

En vrai, je suis allé sur la jetée, je me suis assis et j’ai juste regardé le soleil se coucher sur l’île de Sado, qui était en face. Y’avait que deux bruits : les vagues (top 10 des sons générés par la planète) et celui des quelques pécheurs qui lançaient leur ligne avec ce ptit zzzzzdrtt extrêmement satisfaisant. Bref, que des bonnes sensations. Vent sympa, odeur sympa, bruits sympas, franchement ça m’a détendu de ouf – j’étais vraiment bien pendant la quarantaine de minutes que j’ai passé là.
Globalement ça va être une tendance de mon passage à Niigata – et peut-être du reste de mon voyage : les moments où je m’assois longuement et je me perds dans mes pensées en regardant le décor. Parfois juste par fatigue totale, parfois juste par envie de juste prendre mon temps et un peu méditer dans des cadres de qualité aléatoire.

Mais bon après ce beau moment de zen faut rentrer et là, encore une fois, les 27km de la veille viennent me hanter et la marche retour est difficile. Beaucoup de douleurs aux pieds qui reviennent, la nuit est tombée, du mal à trouver des endroits où m’asseoir (j’aurais pu m’asseoir dans ce parc pour enfants mais m’asseoir dans un parc pour enfants la nuit tombée ça donne une vibe que j’assume pas des masses), bref un peu un calvaire – d’autant que là aussi, le chemin est souvent haché par des feux de circulation d’autant plus stupidement longs que le trafic dans ce secteur de la ville est pas fantastique à cette heure-ci.
D’ailleurs, globalement, c’est encore une fois une zone que j’ai trouvée un peu étrange à parcourir – je suis passé par pas mal de coins un peu résidentiels, avec pas mal de maisons, et ça paraissait bizarrement peu vivant ? J’ai croisé peu d’autres piétons, une voiture toutes les deux ou trois minutes, peu de lumières venant des maisons, encore moins de bruits. Ce sentiment parfois d’être seul au beau milieu d’un quartier d’habitation, très étrange. Jamais eu l’impression de ne pas être du tout à ma place – et je pouvais pas m’empêcher de me demander qu’est-ce que les rares piétons que je croisais pensaient du fait qu’un européen se baladait dans un quartier absolument osef.

Point d’ailleurs que je mentionne maintenant : j’ai compté les autres blancs que j’ai pu croiser à Niigata durant ces trois jours. Et ça n’a pas été un comptage difficile parce que ça tient sur les doigts de la main ! J’en ai croisé 1 le premier jour, 3 le second jour (au Surugaya, évidemment) et 3 le troisième jour. Donc autant vous dire que à priori Niigata ne subit sans doute pas des masses le surtourisme venant d’Occident… Est-ce un bien ou un mal ? Je sais pas…
Galerie Jour 3 – Découverte de Niigata et balade sur la jetée

Jour 4
J’aime bien prendre les options petit déjeuner dans les restaurants que je traverse mais le bémol c’est que ça me force à me lever avant 9h pour que je puisse y aller avant que ça ferme (souvent à 9h30.) Du coup le réveil est difficile, une nouvelle fois. La nuit fut très très bonne, le lit assez divin, mais clairement j’aurais bien pris une heure ou deux de plus ! Mais bon allez on se lève, on se débarbouille, on s’habille, on descend, hop petit déjeuner à volonté, avec une sélection de plats un peu… première classe ? J’avais des souvenirs émus de mon buffet à Kagoshima l’an dernier où je m’empriffais de yakisoba, de glaces et de pain de mie à 9h du mat, là les choix c’est plus des spécialités locales très précises, avec du petit porc pané, des petites saucisses, des petites légumes du coin, bref c’est assez impressionnant. Très bon jus de fraise néanmoins, on apprécie.
Après le manger, je repars m’écrouler dans mon lit sentant la fatigue toujours bien là – et je vais me rendormir deux heures, ni vu ni connu. Est-ce que ça va aider à aller mieux ? Non pas vraiment, je me réveille toujours dans le coltar mais bon, faut quand même sortir un peu et essayer de profiter de la ville. Mais on va faire ça progressivement – déjà je vais rester dans l’enceinte de l’hôtel ! D’abord en allant jeter un œil à l’observatoire qui est quelques étages au dessus de ma chambre, qui propose effectivement une vue très sympa de la ville…

Petite déception : ça ne propose pas une vue à 360°, la vue vers le sud étant réservée pour le restaurant qui est situé là. Mais bon est-ce vraiment une déception quand la vue vers le sud… c’est celle que j’ai depuis ma chambre 😎.. ?
Mais ça reste autrement un petit observatoire : pas beaucoup de bancs, une boutique qui prend limite plus de place, mais de l’autre côté quand j’y étais y’avait jamais beaucoup d’autres personnes. J’y suis repassé deux fois après, et à chaque fois on était grand maximum cinq ou six… Donc ça va…
Après ça direction le cinquième étage du complexe pour aller au Bandaijima Art Museum qui proposait une exposition dédiée… à Capcom ! Et plus particulièrement au design des grandes franchises de l’éditeur, de l’ère 8bit jusqu’à quasiment maintenant. Et c’était plutôt sympa !

En gros l’exposition démarre par une petite histoire de Capcom et de ses franchises, en parallèle de l’histoire du jeu vidéo elle-même. Après ça on nous présente les grands protagonistes Capcom, avec explication autour de leurs designs, de leurs évolutions, avec à chaque fois un personnage par jeu – Phoenix Wright pour Ace Attorney, Leon S.Kennedy pour Resident Evil, Ryu pour Street Fighter, Morrigan pour… Darkstalkers ? Darkstalkers mentionné en big 2026 ? RT si ça t’épate. Après ça on rentrait quand même dans des aspects plus techniques : comment était fait le pixel art à l’époque de Megaman, comment le jeu fonctionnait techniquement, comment marche les effets de transparence dans Street Fighter, comment le son est-il géré dans Devil May Cry 5, etc etc. Quelques petits ateliers un peu rigolo autour de la motion capture de ci de là, assez idéal en ce mardi où l’exposition n’était pas spécialement fréquentée, laissant le loisir de profiter de tout sans la moindre attente.
C’était une expo assez cool – j’ai bien aimé la zone dédiée aux artworks et posters promotionnels, mettant en avant le travail des artistes graphiques des différentes époques. Après, tu sens que c’est une expo qui en est à sa 3e ou 4e date et qui tourne autour de tout le Japon, ce qui la rend un tout petit peu datée d’un ou deux ans – par exemple le jeu le plus récent cité dans l’expo c’était Kunitsugami !Aucun signe de Resident Evil Requiem ou de Pragmata, par exemple. Je me demande même si Monster Hunter Wilds était mentionné, mais je n’en ai pas eu l’impression.

Après ça, temps d’enfin sortir du complexe et de me rediriger vers le centre-ville ! Pas spécialement de plans très ambitieux en ce mardi après-midi : juste marcher doucement et avec des pauses régulières vers la gare, d’abord pour déjeuner, et ensuite pour… faire des emplettes d’otaku. En effet j’ai remarqué la présence d’un Surugaya à proximité de la gare, et sur mon trajet à pied de la veille j’avais pu apercevoir un Animate, donc mes deux destinations étaient trouvées !
Pour le déjeuner, au final, ça sera un choix simple – un Mitsuya. Gyudon, soupe, salade, coca, tout ça pour 6€50, le classique qui te cale à pas cher, c’est pas de la grande gastronomie mais ça fait son petit effet. Après ça, direction la gare et le Surugaya, planqué dans le sous-sol d’un centre-commercial dont j’ai eu un peu de mal à trouver l’entrée – mais globalement cherchez le Plaka 1 et descendez dès que vous pouvez au sous-sol, vous ne pourrez pas le louper il prend l’espace !

Bref, Surugaya c’est Surugaya donc toujours une abondance de goodies divers et variés, de jeux d’occasion, de peluches, de figurines, d’artbooks. Et celui-ci a un bonus appréciable : il a un petit espace central où on peut S’ASSEOIR !! Et ça, je peux vous le dire, ça m’a sauvé la vie. J’ai vite adopté un petit rythme à base de piétiner 10mn à fouiller les rayons -> s’asseoir -> piétiner -> s’asseoir, le tout pendant une bonne petite heure. J’ai pas forcément trouvé de trucs exceptionnels, j’ai eu quelques tentations (un Final Fantasy VI à 1200 Yen, même sans avoir la console, j’avoue que c’était tentant en tant qu’objet…) mais j’ai essayé d’être assez raisonnable dans l’ensemble, n’étant qu’au début du voyage ! Et honnêtement, j’ai pas eu non plus énormément de coups de cœur donc y’a pas de regrets 😎.
Après ça j’ai traversé la gare pour visiter vite fait le Animate, une dizaine de minutes avant sa fermeture. Premier regret : j’ai découvert à ce moment là que y’avait aussi un Lashinbang dans le bâtiment, mais que j’allais pas avoir le temps de pouvoir m’y plonger donc je l’ai remis au lendemain ! Le Animate en lui-même, eh, c’est un Animate tout à fait dans la norme – pas spécialement grand-chose à en relever. Toujours un gigantesque espace pour Project Sekai, ce qui m’a ravi, tandis que je n’ai pu que constater que celui dédié à Love Live s’est toujours plus réduit. J’ai pris une ptite peluche Ena et un ptit stand Love Live, j’ai cherché des yeux une série qui proposerait comme goodies un carnet (j’en avais besoin d’un pour le transformer en carnet de compte) (oui je tiens un carnet de mes dépenses quotidiennes) mais hélàs je n’ai pu qu’admettre que les petits carnets ne sont plus des goodies à la mode – j’ai du en prendre un tout simple à Lawson juste après…

Donc voilà, après ça rentrée à l’hotel – sur le chemin j’ai longé le fleuve et remarqué des électriciens qui commençaient à tester et installer des LED partout, à priori pour le « Light Walk » qui va décorer le coin chaque nuit à partir de début juin et jusqu’à l’hiver. Je l’aurais donc loupé de quelques jours, mais ça m’aura pas empêché de profiter autant que possible des bords de fleuve, entre autres en mangeant des ptits onigiris en regardant le décor nocturne de la ville.
D’ailleurs heure nocturne oblige, le passage par le second étage de la tour de mon hôtel était assez… lunaire.

Grande solitude dans les immenses espaces ouverts au public, et découverte d’un centre commercial complétement fermé. Les backrooms paraît-il. C’était fun.
Galerie Jour 4 – Expo Capcom & Surugaya









Jour 5
Le typhon dégomme Tokyo et les îles Izu à ce moment là, et à Niigata… bah il pleut ! Du coup on affronte la pluie armé d’un poncho Decathlon que je n’arrive hélàs désormais plus à replier correctement dans sa pochette, le tout pour rejoindre un bus qui aura comme destination celle de l’aquarium de Niigata !
J’aime bien les aquariums, j’y suis naturellement attiré… Et donc après celui de Kagoshima l’an dernier, temps désormais de tester celui de Niigata, plutôt bien noté ! Et là encore, oui, effectivement, c’est un aquarium assez sympa ! Large variété d’espèces présentées, et quelques endroits qui marquent les esprits, que ce soit ce gigantesque bassin essayant d’émuler les vagues et l’activité de la côte, où bien l’habituel tunnel qui nous fait passer sous un aquarium rempli de requins, de raies et d’autres poissons parfois jolis parfois joliment moches. A l’extérieur y’a un grand espace pour les pingouins, et plus loin on a même des loutres et des morses. Et, un peu comme tous les aquariums japonais, vous avez un spectacle avec des dauphins. Qui est évidemment spectaculaire, avec des beaux saltos, des belles toupies et beaucoup de nourriture bien méritée pour nos 4 mammifères de l’extrême.

C’est aussi un endroit qu’il était étrange de visiter en pleine semaine parce que… y’avait pas grand monde, tout simplement ! Quelques retraités, un ou deux couples d’étudiant, deux/trois enfants en très bas âge, on était pas beaucoup et j’ai croisé un peu les mêmes visages en boucle. Pour le spectacle de dauphin on devait être une quarantaine à tout casser, ce qui est pas rien mais occupait le quart des places du Dorufinu Sutadiumu. Du coup j’ai bien profité des différents aquariums, y’avait toujours de la place pour s’asseoir et j’ai pas mal parcouru les extérieurs de l’aquarium qui relient les bâtiments entre eux, avec là aussi peu de personnes à croiser.
Après, pour le reste, on sent que l’aquarium ne s’attend pas trop à un public non-japonais: malgré quelques fascicules à l’entrée en plusieurs langues (dont le français), la majorité des inscriptions qui ne sont pas le nom des poissons ne sont pas traduits. Y’avait une ptite expo temporaire par exemple racontant la manière dont les équipes de l’aquarium ont sauvés et réeduqués un dauphin échoué sur la plage, mais c’était intégralement en japonais. Tu sens que les visiteurs étrangers n’y sont pas très fréquents, même si cela n’a pas empêché une des employées de la petite boutique de souvenirs de me sortir un des meilleurs anglais que j’ai croisé jusqu’ici.

Après ça et bah il pleut toujours ce qui m’ennuie un peu parce que j’avais prévu de marcher un peu vers le Hakusan Park, situé 1km au sud-est. Mais la pluie + les douleurs au pied ruinent un peu cette envie… mais j’y marche quand même… mais il pleut toujours… du coup je rentre pas dedans… mais du coup j’ai un peu faim… mais il est déjà 14h30 donc tout commence à fermer… donc si je veux trouver un resto faudrait que je marche plus vers le centre de l’île ou la gare…
Honnêtement c’est là encore un moment de flou et d’indécision, où je commence juste à marcher un peu au pif vers une direction sans réfléchir ni planifier. J’aimerais m’asseoir mais je trouve pas de place couverte, et pas de resto qui sert encore. Du coup je marche… vers une direction… Mais du coup comme je marche bah j’ai mal… et finalement je réfléchis plus à la douleur et au besoin de m’asseoir qu’à ma restauration. Au bout d’un moment, après un bon quart d’heure de marche un peu paumée, je tombe sur un banc couvert, m’y pose, me soulage les pieds et commence enfin mes recherches d’un restaurant. Quelques options de ci de là, mais au final je trouve un truc un peu attirant et, ça tombe bien, le bus qui mène à côté passe pas loin de là où j’étais donc c’est parti mes kikis.
Mais avant ça tiens, je parle de bus, je vais faire un laius dessus ! Je l’avais pris aussi le matin pour aller à l’aquarium et honnêtement les bus de Niigata étaient les mêmes que j’ai pu utiliser à Kyoto, Kagoshima ou Nagasaki donc je vais pouvoir tirer un bilan du sujet et faire une hot take qui je pense n’est pas très hot ! Donc on dit que le Japon c’est le pays n°1 du train et effectivement c’est pas loin d’être vrai – ils sont pratiques, bien pensés, bien organisés, desservent une large quantité de location, bref là dessus oui c’est indéniablement un point fort du pays. Mais alors les bus de ville… Wah les bus de ville…. La France les explose de ouf là dessus. De base les bus japonais sont pas très confortables, souvent vieilissants, avec des places assises parfois sadiques – mettez vous dans le fond et vous avez une chance d’avoir une place qui vous laisse aucun espace pour les jambes, l’espace étant pris par… la roue ? Ca vibre partout, c’est bruyant, ça se stoppe à chaque arrêt, le ballet des gens qui paient à la sortie prend des siècles, c’est souvent en retard, souvent complexe dans les plans et dans le fonctionnement de paiement au nombre d’arrêt fait. Quel enfer ! Cela peut être assez pratique malgré tout mais je suis au regret de dire que je prends mille fois le modèle européen…

Cela étant dit et posé, je suis donc allé manger dans un resto d’hamburger nommé le Leather Tramp Kitchen situé un peu au nord ouest de la gare, dans un endroit nécessitant de sortir un peu de l’avenir principale (nommée la Ekimae Doori, que je sais maintenant traduire en « avenue devant la gare » ce qui est logique 😭.) J’avais vu quelques reviews positives dessus, et surtout j’avais été marqué par la spécialité du restaurant qui est des burgers temporaires aux ingrédients un peu rigolos. J’avais ainsi vu sur les photos un burger à la banane qui, j’avoue, me tentait de fou. Quand j’y suis passé, le choix se faisait entre « Pineapple Salsa » et « Vegetables Condiment. » Ne sachant vraiment pas quoi attendre du second en me basant sur le nom, je suis donc parti sur le mélange maudit entre ananas et sauce salsa, avec une petite lemon pie pour accompagner.
C’était très bon, je me suis senti à nouveau revivre. Peut-être devrais-je arrêter d’attendre 15h pour déjeuner ? Je prends note de votre suggestion…

Après ça, honnêtement, programme léger – je suis repassé au bâtiment du Animate pour jeter un oeil au Lashinbang (hélàs pas très intéressant, assez petit) et j’ai un peu hésité d’aller au Melonbooks mais j’étais pas encore dans l’esprit de l’otaku prêt à fouiller les doujins donc j’ai remis ça à plus tard – ça sera sans doute pour Sendai. Mais du coup petite marche vers l’hôtel à nouveau, que je rejoins du coup assez tôt. La pluie se dissipe, le soleil revient – et c’est d’ailleurs le moment parfait pour retourner à l’observatoire et profiter d’une jolie vue sur le soleil couchant.

Et du coup après ça – et bah soirée glande. Profiter de la grande baignoire une dernière fois, tapoter le début de cet article, écouter une vidéo, se poser dans le lit. Bref un dodo bien mérité avant la suite…
Galerie Jour 5 – Aquarium
Pour Niigata, donc, vous l’aurez compris, ça aura été deux ptites journées un peu superficielles et très limitées, comme j’ai dit en intro. J’ai vraiment pas vu grand chose – j’ai zappé le musée du manga et de l’animation (qui est paraît-il pas équipé avec les touristes étrangers en tête mais j’aurais bien aimé voir quand même), le manga des science est paraît-il fameux, y’a du coup ce parc assez renommé où je suis pas rentré à cause de la pluie, y’avait sans doute moyen de prendre un peu le train pour voir ce qu’il y’avait autour de la ville – surtout dans les montagnes au sud-est. Et puis évidemment j’ai bien vu l’île de Sado de loin, c’est un lieu qui me fait vraiment envie depuis que je l’ai vu dans Zatsu Tabi et j’espère bien lui dédier un ou deux jours à l’avenir. Ce sera donc l’occasion de revenir, je l’espère !
Prochaine étape, donc: Sendai ! 4 nuits sur place, pas mal de choses à voir, on va essayer de le faire de manière équilibrée ! En tout cas mon hotel a un onsen dans un de ses étages et croyez bien que je compte bien le tester une ou deux fois, héhé…
(Et autre info, je vous le dis à l’instant: 100% de chances que quand j’entre dans un Lawson ils lancent dans la minute la version Cosmic Princess Kaguya de ray, ça n’a pas encore loupé de tout le voyage.)





































































































