Japan Expo 2026 – Hot Limit
Bonjour à tous et à toutes ! J’en ai un peu ras le bol d’introduire mes articles en disant qu’il fait chaud et que c’est pénible de taper dans de telles conditions mais écoutez, c’est le nouveau normal et au moins j’ai la chance d’être dans la trajectoire de non pas un mais de deux ventilateurs ce qui amène un niveau de confort plus qu’acceptable pour peu que je n’en bouge pas. Mais pourquoi j’en bougerais quand j’ai ce bilan de Japan Expo 2026 à taper ?
L’édition des 25 ans, du coup, ce qui commence à ne pas nous rajeunir – d’autant que dans mon cas personnel je fête avec cette édition mes 20 ans de Japan Expo, ayant commencé à m’y rendre à partir de l’arrivée à Villepinte, en 2006. Le temps passe passe passe, et tant de choses ont changés – vous connaissez peut-être déjà la chanson, donc on va faire l’habituel – et manifestement attendu – bilan à chaud pour cette édition. Comme toujours depuis quelques années je couvrais le salon pour Mangacast, pour un épisode-bilan qui sortira durant l’été – on l’enregistre très vite 🙏 ! Donc comme les années précédentes, mon objectif aura surtout été de couvrir le plus de conférences possible, ainsi que de visiter en détail chaque recoin du salon, ce qui va nous permettre de faire un résumé le plus complet possible.
Sur ce, lançons nous y dès à présent !

Que retenir d’emblée de cette édition des 25 ans ?
L’an dernier, j’étais sorti du salon globalement ronchon – le salon se complaisait dans une forme de stagnation qui s’exprimait en particulier via une programmation peu inspirée, assez flemmarde et manquant de punch, avec entre autres un jeudi qui ne proposait pas grand chose d’inédit ou de très excitant, offrant une des journées les plus ennuyeuses de mes 20 ans dans le salon. C’était une Japan Expo mal photocopiée sur les précédentes, avec aucun changement particulièrement important, rien qui ne vienne rafraîchir la formule ou la rende plus excitante qu’habituellement. On s’était du coup un peu questionné sur la fréquentation et au final elle avait été de 222 016 visiteurs, soit située entre l’édition 2024 « concurrencée » par les Jeux Olympiques et l’édition 2023 record qui avait elle bénéficié d’un pont habilement placé. Un chiffre qui confirme donc une de mes inquiétudes adressées dans l’article d’alors puisque ça confirme qu’on a eu plus de 30 000 visiteurs « perdus » et non revenus suite au trou de 2024, faisant revenir le salon à ses chiffres de fréquentation… de 2012 !
Donc j’imagine que le message a été entendu et que voir la fréquentation rester stagnante malgré l’absence d’une excuse aisée comme l’était les Jeux Olympiques a alerté au niveau de l’organisation, qui a donc essayé de faire quelques efforts pour cette édition 2026. On va voir si ils ont été satisfaisants mais on a déjà une première grande décision qui est celle d’ouvrir un hall de plus, le hall 3 s’ajoutant désormais aux autres.

Et je vais le dire dès à présent: c’est vraiment une bonne décision ! Un des soucis les plus récurrents de Japan Expo depuis quelques années était le niveau son parfois assez effrayant que pouvait atteindre les zones dédiées au jeu vidéo et à la musique, ce qui créeait une myriade de soucis: guerre de son entre les stands, danger pour la santé auditive des visiteurs et des staffs, stands pris entre les feux qui se retrouvaient à être inaudibles, inconfort… plus d’une fois il était devenu difficile de suivre la moindre conférence sur la scène Take à cause des sons environnants, ce qui était particulièrement déplaisant. Là cette fois-ci, avec l’ouverture de cet espace supplémentaire, tout a été mieux disséminé et compartimenté. Le hall 4 était auparavant un immense fourre-tout un peu médiocre qui mélangeait la culture pop occidentale, les jeux de cartes et la scène Yuzu, aujourd’hui elle forme avec le 5 un énorme duo dédiée au jeu sous toutes ses formes avec stands de jeux de cartes, de jeux de société et une bonne partie des espaces amateurs & associatifs dédiés au jeu vidéo. En plus d’évidemment héberger la scène Take, désormais isolée du reste du salon par un immense rideau, à l’image de la scène Yuzu – ce qui la rend immédiatement plus confortable, et permet une plus large sélection de conférences et d’entretiens autour du jeu vidéo japonais, ce qui est un sujet bien large !
Sachant qu’une très grande partie de cet espace restée surtout dédiée à Ankama, qui était venu avec un espace gargantuesque occupant la moitié du hall 5, contenant ordinateurs pour jouer à Dofus, nombre de minis jeux divers et variés, kermesse, espace de streaming… Ce n’est pas une zone que j’ai beaucoup explorée car j’avoue que ma seule expérience avec cette boîte c’est le dessin animé Wakfu, mais en tout cas ils ont mis les efforts et le paquet pour proposer le maximum de choses à leur communauté, ce qui est certainement tout à leur honneur. Mais cela ne m’aura pas empêché de souvent passer par ce hall, principalement parce qu’il y hébergeait la scène Yuzu, la seconde plus grande du salon, qui était évidemment le lieu de certains des plus grands événements.

Globalement, l’ajout de ce hall se ressent quand même sur tout le salon car il m’a semblé que tous les stands étaient bien mieux disséminés et que l’espace entre chacun avait été agrandi. Du coup on circulait mieux entre les stands, ce qui était un luxe bienvenu, surtout pour une édition où les visiteurs allaient éviter au maximum les espaces extérieurs pour naviguer d’une zone à l’autre.
Car oui, évidemment, là vous êtes bien au courant car on est toujours en plein dedans mais je le redis pour ceux qui liront cet article dans 20 ans et qui ont besoin qu’on se rappelle du contexte: on est sur une Japan Expo organisée durant la troisième phase de canicule qui a traversée la France en 2026. Donc les températures extérieures oscillaient en après-midi entre 34 et 37°, avec un soleil extrêmement méchant. Mais heureusement, à l’intérieur du salon c’était ok: les ventilations ont tournées à fond, offrant une température intérieure incluse entre 20 et 28°, en fonction d’où vous étiez. Un big up au Twitter de Japan Expo qui a posté les deux premiers jours une « carte des températures » confirmant le ressenti global qui était que plus vous alliez à l’ouest plus il faisait chaud – la scène Yuzu en particulier semblait avoir le droit à un micro-climat assez surprenant. Sachant que évidemment certaines zones restaient naturellement assez désagréables: le couloir central sous la verrière restait un piège à déshydrater les staffs travaillant dessous, et l’entrée, elle aussi sous de nombreuses verrières, n’incitait pas à s’y poser très longtemps. 2026, l’année où on cancel le concept de verrière, foutrement problématique ? Peut-être…

Allez, quand même deux bémols sur cet agrandissement: le premier c’est que ça fait désormais bizarre de voir les deux zones jeux vidéo être à l’opposée les unes des autres. Pour résumer vous avez dans le duo hall 5/6 les associations, les jeux de plateau, les jeux de cartes, la scène JV et Ankama alors que les éditeurs japonais (ou asiatiques) restaient dans leur espace habituel – donc Nintendo, Cygames, Nippon Ichi ou Gryphline étaient à leur zone habituelle. C’est bizarre d’autant les séparer, surtout que désormais y’a tout le hall 5 à traverser entre les deux, ce qui n’est pas toujours une mince affaire ! Idéalement, ce serait peut-être mieux de les regrouper – alors évidemment, c’est impossible de tout mettre dans les halls 3 & 4 mais peut-être mettre les éditeurs JV dans la partie ouest du hall 5 ? Ça chamboulerait pas mal d’habitude mais ce pourrait être une bonne solution.
Sachant qu’après il y’a le second souci qui est qu’on garde en réalité un léger souci de son dans l’est du hall 6 parce que d’autres scènes bruyantes ont été regroupées là – la Tsubame pour les concerts, la Kamo pour les événements liés à la musique & la danse et en bonus cette année le ring de catch. Trois pourvoyeurs de méga boucan qu’on a foutu là pour encore une fois créer une zone très déséquilibrée, où il y’a toujours au moins un truc – quand ce n’est pas deux – qui génère énormément de bruit. Je continue encore et toujours d’être plus que circonspect sur le concept même de la salle Tsubame, et je trouve ça assez irrespectueux aussi bien pour les artistes que pour tout ce qui est autour de les faire se produire sur un scène aussi petite et aussi mal équipée, qui va inonder de son toute la zone autour sans le moindre regret. Je continue de militer pour une scène isolée et située dans sa propre zone, qui apportera plus de confort pour tout le monde – oui je sais bien leur intention avec la Tsubame, je sais qu’elle est conçue comme ça car ils veulent que des gens y passent devant et découvrent des petits artistes « par hasard » de cette manière, mais il reste que cette scène n’offre pas le niveau de qualité pour que ces découvertes se fassent de bonne manière. A la place, on a juste un truc qui pourrit tout la zone autour – alors cette année ça va un peu mieux parce qu’on y a foutu un des food court mais reste que c’est une scène qui amène plus de problèmes qu’elle ne crée de belles choses.
Et pareil, quelle idée de mettre la Kamo et le ring de catch côte à côte ? Les deux sont voués à faire beaucoup de bruit donc rien que sur le papier c’est déjà une défaite. Alors après je suis très content de revoir le catch à Japan Expo, surtout que là on avait une programmation axée catch féminin, ce qui est plutôt bienvenu. Mais son placement semblait avoir été mal pensé, mal réfléchi, peut-être à l’arrache. Idéalement je recommande ce qui avait été fait à Japan Expo Sud ou à des très vieilles éditions genre 2009 ou 2010, avec un ring placé à l’extérieur… mais en vrai euh… vu les températures qu’on se tape désormais régulièrement début juillet…. euh… non oubliez… On va dire que l’avantage étant que le catch c’est son propre truc, sa propre culture, on peut le positionner n’importe où que ça fait pas forcément tâche…
(Dans tous les cas une pensée pour les stands vtubing et associatifs qui ont été placés dans cette zone et, alors qu’eux mêmes ne généraient pas forcément beaucoup de bruit, ont du subir tous ceux des autres pendant 4 jours, ce qui est toujours regrettable.)

Tant qu’on est sur les questions de cartes, autre truc que je ne comprends pas cette année: les stands d’artistes, qui vraiment ont été foutus partout. Je râlais l’an dernier que y’avait trois zones différentes pour les artistes ? Bah maintenant y’en a quatre ! Ils en ont rajoutés une entre la zone tourisme et la zone art traditionnel à l’est du hall 5. Pourquoi ? Je ne sais pas ! Est-ce que ça fait du sens ? Absolument pas ! Est-ce que ça aurait pu être mieux fait ? Évidemment que oui ! Du coup voilà si on veut faire le tour des stands artistes faut désormais qu’on fasse le tour de quatre zones différentes qui en plus ne sont pas vraiment égales en terme de taille: nous avons la grande zone du hall 6 ou beaucoup sont regroupés ensemble, là ou dans le hall 5 c’est un archipel de trois petits espaces qui du coup ne doivent pas forcément trop bénéficier à ces artistes précis. Encore une fois je me permets d’y voir le mépris habituel du salon envers ces exposants, qui se retrouvent à servir de bouche-trou dans des zones où manifestement ils savent pas quoi mettre d’autre.
Je pourrais d’ailleurs aussi développer sur le traitement encore une fois assez misérable des artistes avant le salon, avec des délais d’ouvertures de dossiers qui ont été calés de manière un peu perverse, qui incitait au maximum les artistes à casquer un maximum pour des stands « coup de pouce » / « jeune créateurs », plus grands, qui coûtent plus cher et qui sont désormais en immense majorité. Les « petits stands » traditionnels de ce genre d’espace étaient parqués à l’ouest du hall 3, et y’en avait plus tant que ça – Japan Expo devenant de plus en plus inaccessible pour les petits artistes, de fait. Pour un salon qui dans son exposition des 25 ans se targuait d’avoir été lancé grâce aux associatifs et aux artistes, pour un salon dont les fondateurs viennent de ce monde, la trahison continue d’être actée avec un certain cynisme mais, encore une fois, je l’ai déjà dit l’an dernier, c’est une volonté vraiment à contre-courant des autres salons et qui ne joue absolument pas au bénéficie de Japan Expo.
Mais écoutez, manifestement l’an prochain, les artistes iront en Allemagne !

De la future cohabitation entre Dokomi et Japan Expo
Car oui, évidemment, c’est le moment de l’article où j’évoque la Dokomi. Bon déjà c’est acté – le salon de Dussendörf a fait cette année 230 000 visiteurs en 2 jours et demi cette année, il est désormais bien le premier salon européen dédié à la culture japonaise, les allemands nous ont définitivement battus et je doute honnêtement que les chiffres de Japan Expo cette année soient meilleurs – je doute même qu’il y’ait eu autant de gens cette année que l’an dernier, mais on en reparlera plus tard. Mais au délà des chiffres, ce qui va surtout nous intéresser ici c’est que la Dokomi aura lieu le même week-end que Japan Expo l’an prochain. Donc déjà que Japan Expo se tapait la concurrence de l’Anime Expo, voilà que maintenant c’est la Dokomi qui débarque là ! Je doute que ça soit une décision volontaire du comité d’organisation allemand, la Dokomi ayant beaucoup de dates assez différentes qui dépendent souvent de la dispo du parc des expos local, et elle se déroule toujours sur une fourchette mouvante située entre la mi-mai et le début-juillet. Pour moi, les deux salons vont clairement souffrir de ça, et je pense que les organisateurs des deux événements en sont les premiers conscients, donc qu’ils auraient préférés l’éviter au maximum.
Au départ on pourrait donc se dire qu’ils vont se diviser leur public mais, sincèrement, je pense que les fréquentations des deux ne vont pas trop directement le subir – le public des deux salons n’est pas tant le même que ça ! Ils bénéficient quand même tous deux d’un gros public local et « casual » qui n’est pas déterminé au point de changer de pays pour voir des trucs autour du manga et de la japanime. Puis eh, si tu es un méga otaku et que tu veux vraiment faire les deux rien t’empêche de faire genre jeudi et vendredi à Paris puis samedi / dimanche à Dusseldorf: c’est osé et courageux mais c’est possible. Donc ça là dessus je me dis dommage pour les quelques personnes qui font les deux mais ça restera un public très limité, sauf si je sous-estime vraiment la déter des allemands à venir chez nous…

Par contre, là où ça va être ennuyeux et où ça peut impacter malgré tout la fréquentation bah ça va être sur la programmation, où les deux salons vont désormais être rivaux pour essayer d’attirer des invités… et surtout des partenaires commerciaux japonais…
Exemple con: Nintendo avait un stand à Dokomi ET à Japan Expo: vont-ils maintenir les deux ? Vont-ils en privilégier un en particulier ? Et là on parle de Nintendo qui a mille fois les épaules pour maintenir les deux sans aucun problème mais les autres éditeurs japonais, quels vont être leurs choix ? Cygames a une antenne française donc ils vont ptet rester sur Paris mais quid de Hoyoverse par exemple, dont la présence s’amenuise un peu plus à chaque édition de Japan Expo alors qu’elle grossit à chaque Dokomi ? Mais aussi quid des entreprises qui vont devoir préparer un truc pour Anime Expo ET Japan Expo ET Dokomi dans la même période ? Est-ce que du coup les retours éventuels de Square Enix, Capcom ou Sega à Japan Expo c’est mort de mort de chez mort mort mort ? C’est un vrai casse-tête qui s’annonce.
Mais en vrai c’est un sujet dont je peine à prédire le tournant que cela peut prendre. Japan Expo peut bénéficier de son historique, du fait que son espace business reste mine de rien quand même assez important pour les échanges commerciaux entre le Japon et l’Europe, de son public familial… mais de l’autre côté Dokomi a l’avantage de la croissance, de l’élan, du dynamisme et d’un public quand même bien plus jeune et « internationalement » connecté, potentiellement bien plus intéressant à capter. Les entreprises et éditeurs vont devoir faire des choix !
(Sans compter que l’économie japonaise reste dans un état laborieux et qu’investir en Europe devient de plus en plus onéreux pour eux – c’est l’aspect négatif du yen faible, et il est pas impossible que ça ralentisse pas mal la venue d’éditeurs japonais sur le salon.)

Quant aux invités, il faudra voir là aussi – les deux salons ont une politique et des priorités assez différentes à ce sujet, et j’ai un peu de mal à les envisager se marcher réellement les uns sur les autres. Par exemple Japan Expo devrait garder l’avantage et le monopole sur les invités mangas, parce qu’on a immanquablement une plus grosse culture manga que nos voisins, avec pas mal d’éditeurs qui peuvent soutenir des venues, un public plus à l’écoute etc. A l’inverse je vois sans souci Dokomi conserver son avantage sur la musique, avec la venue d’artistes bien plus actuels et bien mieux mis en avant au sein de leur salon.
En vrai, y’a ptet même moyen que ça puisse devenir positif: il est pas impossible que certains éditeurs ou maisons de disques japonais puissent essayer de caser des artistes aux deux convs en même temps – on peut imaginer par exemple un mangaka, un groupe de musique ou un réalisateur qui viendrait le jeudi et le vendredi à Paris pour ensuite repartir en Allemagne pour le week-end. Après tout, si t’as l’opportunité de faire tourner un artiste / une oeuvre que tu voudrais mettre en avant sur deux salons à 200 000 personnes dans un laps de temps très réduit, est-ce que ça s’envisagerait pas ? Du coup est-ce que ça favoriserait pas la venue de gros noms et que ça offrirait pas à Japan Expo 2027 un futur duo jeudi / vendredi qui pourrait être très chargé, profitant du fait que Dokomi n’ouvre que le vendredi après-midi ?

Encore une fois, on verra, tout est possible – la seule vraie certitude au final c’est que pour les artistes « amateurs », Japan Expo sera immanquablement en second sur la liste de priorité. Beaucoup d’artistes présents à Japan Expo 2026 faisaient également la Dokomi, et il est évident que si ils doivent choisir entre les deux c’est en Allemagne qu’ils iront. Là Japan Expo va payer cash leur mépris affiché depuis quelques années parce que, ça alors, pourquoi les artistes iraient à une convention stagnante qui les considère comme des vaches à lait quand de l’autre côté du Rhin y’a une conv croissante, dynamique, avec un public jeune, intéressé, et surtout une carte qui met l’espace amateur au coeur de la convention, avec une grande mise en avant et un dialogue respectueux avec les organisateurs ? Dokomi gardera de très loin sa réputation de « Comiket de l’Ouest » qui contribue d’ailleurs immanquablement à son succès, tandis que Japan Expo recevra les dossiers des artistes qui auront été refusés au tirage au sort de la Dokomi, c’est à dire les malchanceux. Soit ça, soit ils auront juste les stands d’artistes IA qui de toute façon sont interdits à Dokomi (mais pas à Japan Expo vu les quelques uns qui étaient là tranquilou dans la partie coup de pouce 😭…)
Et ça du coup, je pense que ça aura aussi un impact sur la fréquentation parce que malgré tout des gens qui venaient pour croiser des artistes qu’ils ont pu découvrir sur Internet et/ou qui produisent des petits goods sur leurs séries ou franchises favorites, bah y’en avait quand même un certain nombre – les plus fortunés se déplaceront à Dokomi au lieu d’aller à Paris, mais ceux qui n’en ont pas les moyens et resteront en France feront-ils le déplacement à Villepinte et prendront t-il un ticket pas toujours donné pour une zone artiste qui pourrait être dépeuplée de pas mal de très gros noms ? Là aussi, on verra comment les choses se goupillent…

Bref, pour conclure ce sujet et mes hypothèses: en gros, je pense que le choc entre les deux salons ne sera pas aussi « dévastateur » en terme de public que beaucoup peuvent le penser, mais que ça ne se fera quand même pas sans douleurs pour les deux, et que y’aura des vraies conséquences en terme de programmation qui peuvent décevoir le public qui viendra, avec les soucis à moyen terme que cela peut créer. Accentuer du côté de Japan Expo le sentiment de stagnation qu’on ressent depuis quelques années et qui commence à devenir une opinion hélas répandue tandis que du côté de Dokomi ça pourrait porter un coup d’arrêt à leur croissance et leur élan.
Cela étant dit, ça peut aussi être le moment de se poser les bonnes questions ! Peut-être que ça pourrait être l’opportunité pour Japan Expo d’essayer de changer leur fusil d’épaule sur le monde de la création amatrice et, pardonnez moi l’expression, d’arrêter d’être des vautours à ce sujet. Faire preuve de meilleure volonté, essayer de regagner la confiance des artistes pour s’inspirer du Dokomi et faire de la zone amatrice un nouveau poumon du parc des expos, qui parlerait à un public jeune, qui permettrait à des jeunes talents de mieux s’exprimer et se faire remarquer, pour derrière créer une zone d’échange et de passion à taille humaine.
Mais il faudra regagner la confiance des artistes là dessus et, en attendant, on ne pourra que constater une fuite de nos talents à l’international, comme un gigantesque aveu d’échec dû à une politique trop cynique et agressive menée depuis quelques années par l’organisation du salon. Japan Expo a été médiocre trop longtemps là dessus, et maintenant que son monopole européen n’est plus on ne peut que constater que sa politique vis à vis des amateurs a été un échec, et qu’elle n’a pas marchée – il est peut-être temps maintenant de baisser la tête et de réparer les pots cassés.

Ok, on a bien parlé de 2027, mais cette année du coup ?
Oups du coup on est parti sur un tunnel pour évoquer l’hypothétique programmation 2027 mais faut ptet avant qu’on parle de 2026 ! Et quelque part sur la programmation je reste contrasté: pour moi en terme d’invités c’est sans doute la meilleure depuis le COVID, avec une bonne variété d’invités, mais pour ce qui devait être le salon événement des 25 ans j’ai trouvé que ça restait quand même très sage et pas si ambitieux ! Le salon a hélas joué de malchance parce que l’un de ses invités principaux – le compositeur Shiro Sagisu, connu pour Evangelion, Bleach ou Gridman – a dû décommander suite à un drame personnel, mais globalement ça manquait d’un invité exceptionnel pour une édition qui se voulait être assez exceptionnelle vu l’anniversaire; Le choix de Itagaki comme invité d’honneur manga le témoigne bien à mon sens: c’est effectivement un auteur influent, je ne veux pas nier l’impact de Baki sur la culture japonaise et auprès du public asiatique, mais on est sur une œuvre qui reste quand même très clivante et pas si grand public que ça en France. C’est un peu comme Junji Ito l’an dernier qui, pareil, est un auteur important, primordial, mais qui est un auteur avec un public très précis. Ce ne sont pas des auteurs qui dépassent leur public, je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire ?
Après voilà, y’a quand même du mieux: beaucoup de mangakas cette année, dans des styles souvent assez variés, même si je regrette que ça soit surtout pour des dédicaces et finalement peu d’événements en public. Y’avait même des invités surprises, planqués au fin fond de planning, comme l’auteur de Full Metal Panic qui faisait une conférence au nom le plus nébuleux qu’il soit dans un coin. Donc honnêtement y’avait plein de petits trucs sympas à voir même si je ne sais pas à quel point ce sont des invités particulièrement attirants pour le public – mais en tout cas c’était assez plaisant de papillonner d’une conférence à l’autre cette année, et j’ai eu peu de moments de « mou » où je ne savais pas quoi aller voir. Que ce soit le contenu proposé par les invités japonais, les éditeurs ou les intervenants français, les scènes Yuzu / Take / Kuri & Nezumi ont été pleine de bonnes surprises, que je détaillerais dans la seconde partie de l’article.

Y’a juste finalement les artistes musicaux où je reste vraiment ronchon: là encore y’a du mieux, la sélection est un peu plus fraîche que les années précédentes, mais ça continue de manquer de gros trucs et, surtout, ça ignore toujours joyeusement ce qui marche vraiment en ce moment, la programmation musicale semblant rester coincé au milieu des années 2010. L’Anisong Fiesta est revenu d’entre les morts pour essayer de régler ça avec yama et Cö Shu Nie a la prog en concert le vendredi soir, ce qui est vraiment pas mal, mais on parle là d’un événement à part du salon, avec son propre ticket d’entrée lui-même pas donné… ça fait techniquement partie de Japan Expo mais ce n’est pas vraiment dans Japan Expo, donc ce n’est pas une alternative satisfaisante… A l’inverse des idols de chez ≠ME qui elles ont pu donner deux minis-concerts en salle Ichigo, dans le cadre du festival, donc dans des conditions plus conformes.
Ah, et j’apprécie quand même la timide tentative d’enfin explorer l’univers Vocaloid avec la venue de la productrice LonePi, qui a pu donner une masterclass le vendredi – c’est assez bienvenu, et vu la salle pleine à craquer, c’était aussi très attendu ! Maintenant faut pas avoir peur de continuer à pousser ça ♪.

Pour le reste du salon en lui-même, généralement j’ai pas forcément tant de choses à dire. Comme je le disais plus haut, la zone des éditeurs JV reste dans une situation assez étrange, où elle attire pas mal de public, mais où l’offre proposée est inférieure aux autres années. Le stand Hoyoverse continue de baisser en taille, des gros éditeurs historiques comme SquareEnix ou SEGA ne sont toujours pas revenus, le stand Nintendo était toujours aussi massif mais ne proposait plus de pop-up store… seul Cygames semblait avoir grossi, avec un focus particulier sur Uma Musume en terme de goodies pour surfer avec presque un an de retard sur la sortie de la version global. J’ai apprécié le petit stand de Nippon Ichi dédié au musou Disgaea, et CyberConnect est comme d’habitude présent avec un stand du shlag bien comme ils aiment. Gros stand aussi pour les singapouriens d’Elemnta qui venaient promouvoir leur jeu mobile Silver Palace…
Du côté des éditeurs mangas, quelques petits changements de ci de là: Kana a enfin décidé de passer au format du stand ouvert, ce qui rend plus facile l’accès et l’achat des mangas. Mangetsu est parti à l’opposé par rapport à l’an dernier, Kaze Manga était triomphalement de retour et… euh… pour le reste, on était sur des choses connues, tout le monde ayant leur place habituelle, avec des stands relativement similaires. IDP continue d’occuper une place monstrueuse dans le couloir de la mort avec un stand regroupant Meian, Noeve Grafx, Hot Manga, Hana et Anime Store – pas facile d’entrer et de circuler dans la partie Noeve, et la partie DVD/BR continue de réduire un peu plus à chaque édition, comme un message terrifiant sur l’état du support physique en France. Toujours un big up aux staff de Ototo/Ki-oon/Delcourt/Pika/Glénat/Kurokawa qui ont cuits sous la verrière tout le long des 4 jours, évidemment !

Un peu plus circonspect sur la zone TCG par contre, mais c’est aussi car clairement c’est un monde que je connais pas. Mais entre le stand ebay assez pathétique avec ses livestreams d’ouverture de boosters devant un public absent, les stands de grading et évidemment le maintenant famoso stand des cartes One Piece où ça se bastonne littéralement pour récupérer une carte après 2h de queue, c’est pas forcément une zone qui m’a donnée une idée très positive du milieu vu le focus permanent que chaque stand semblait vouloir faire sur la spéculation ! Heureusement que y’avait un ou deux stands où des gens jouaient vraiment aux cartes parce que je commençais à croire que les cartes à jouer c’était désormais devenu principalement un milieu d’investissement pour les gens qui sont pas assez riches pour faire des investissements immobiliers. Ça ne peut pas mal tourner, c’est sûr !

La zone tourisme m’a semblé être un peu plus petite qu’avant, compressée entre des stands de marchandising et une zone jeunes artistes, mais les régions qui se sont déplacées ne ménageaient pas leurs efforts, en particulier le Tohoku avec deux stands – l’un dédié à la région et l’autre dédié à Sendai par le biais des mangas. Grand moment de vantardise de ma part quand une japonaise m’aborde pour me demander si je connais Sendai et que je lui réponds « j’y étais le mois dernier 😎… » … ce qui manifestement l’a déboussolée et a tué la conversation d’emblée. Ah merde zut….
… mais bon après voilà, c’est une zone où j’ai pu récupérer des infos sur Tottori, aussi grâce à la mini-expo qui était organisée sur la préfecture. Comme je vise le Chugoku pour mon prochain voyage (donc Tottori, Hiroshima, etc) c’était utile ! J’avoue aussi que je cherchais des stands dédiés à l’apprentissage des langues mais il y’en avait assez peu et ceux qui étaient présents ne me paraissaient guère satisfaisants… donc tant pis.

Et puis enfin, le point associatifs – ça m’a semblé mieux cette année !
Déjà les associatifs liés à des arts traditionnels étaient bien disposés autour du jardin central du hall 5, avec un arc qui semblait partir du karuta pour aller jusqu’au go & au mahjong plus haut. Quant aux associations d’activités, d’un côté elles ont à nouveau été dispersées en plusieurs zones, ce qui est dommageable, mais j’ai trouvé que c’était quand même clairement plus logique et mieux pensé. L’association Animaniak occupait ainsi pour ses quiz un espace relativement vaste et plutôt calme à proximité de la Kuri et des espaces de dédicace, avec pas mal de passage et de succès au programme. Ils partageaient cette espace avec une association dédiée aux fans de photos de jouet, la Toy Photo French Force, avec pas mal de décors et de jouets à disposition des visiteurs pour qu’ils prennent eux mêmes leurs petites photos. Très bonne ambiance, très sympa, vraiment ravi de voir ce genre de passionnés monter leurs petites assos pour mettre en avant ce qu’ils aiment. C’est ça qu’on veut !!

A l’opposé d’eux, au nord-ouest du hall 5, pas mal de petites associations autour des « cultures de l’Internet » ont également été regroupées là: AMV France, BentoPop, Kanimy… mais aussi l’association des fans de Uma Musume, Uma Musubi ! Une position un peu étonnante mais peut-être meilleure que celles de l’association des fans d’anime d’idol, United Glowstick, qui ont été logiquement placés prêt du stand Oshi Para et des deux scènes musicales… mais qui a du coup subi, avec les vtubers à proximité, l’ambiance sonore désastreuse de la zone. Coup dur !

Après voilà, toujours pas de retour d’une scène dédiée réellement à des quiz ou à des jeux donc… voilà… quelques blind-test un peu paumés de ci de là sur des scènes diverses et variées… souvent organisés par des gens random dont tu sens qu’ils ont pas l’expérience d’en faire régulièrement… du coup… bon… c’est décevant… mais bon… voilà… je suis épuisé de raler sur ce sujet donc… je fais une pause cettte année… Mais j’y pense fort… et je juge fort…
Sinon, à part tout ça, bon bah c’est aussi un peu la Japan Expo de l’IA générative, pas mal de stands marchands s’en servant désormais sans vergogne pour leurs kakemonos, leurs affiches ou leurs bannières. Personnages très génériques sur des filtres jaunâtres immédiatement reconnaissable, affiches d’information qui sont toutes conçues de la même façon avec la même police et les mêmes dispositions de texte, Luffy moche qui tuerait intérieurement Oda… Ça concerne particulièrement les stands de bouffe (même si heureusement les stands d’Onigiri ont toujours leurs screenshots d’anime ultra pixelisés donc tout va bien la nature continue de suivre son cours) ET surtout les stands de marchandising suspects – les mêmes qui y’a quinze ans chopaient des contrefaçons sans vergogne ou qui ont jamais cachés le fait qu’ils étaient là pour le pognon plus que pour la passion, comme quoi y’a toujours une sorte de pattern assez spécifique quant à ceux qui utilisent l’IA générative pour leurs commerces. Mais bon, au final, pour revenir du Japon où là bas l’IA générative est devenue assez omniprésente pour les affichages publics, est-ce qu’on est pas dans le thème de la convention qui est celle de nous faire vivre le Japon ? Hélàs ptet.
(Je continue de penser que d’ici 5 ans l’IA générative pour les affichages commerciaux c’est foutu et mort parce que ça sera acquis de la part du public que ça témoigne d’un manque de soin et que c’est un red flag immédiat mais je suis ptet un peu dans mon délire.)

Le futur est donc peut-être sombre mais une chose ira sans doute mieux dans trois ou quatre ans: l’accès au parc des expositions. On peut voir que les travaux pour la ligne 17 avancent bien, la gare surélevée du futur métro desservant parc des expositions trônait à moitié inachevée en ce mois de juillet mais on pourra sans doute y monter et l’emprunter dans quelques années pour retourner sur Paris, ce qui sera bienvenu quand le B nous cassera nos organes reproductifs pour la énième fois – et cette année il s’est fait plaisir ! Le jeudi: bagage oublié dans la gare de Parc des Expos donc fermeture de celle-ci entre 16h30 et 17h (super !) suivi d’un RER en panne à Port Royale donc trafic perturbé tout le reste de la soirée donc ça a été galère de rentrer, vous vous en doutez (top !). Le vendredi: RER tombé en panne sur les voies dans le tunnel juste avant Gare du Nord, gens qui descendent sur les voies et traffic bloqué à partir de 20h, ça tombe mal j’étais dans un RER derrière je suis rentré à 23h50 (top) ! Le dimanche: mon RER B du matin oublie de s’arrêter à parc des expositions (aie aie aie) !
Bref 3 jours avec des perturbations, sur un RER déjà ralenti par la forte canicule – c’était compliqué, on va pas se mentir. Mais qu’est-ce qu’on peut dire à part râler ? La SNCF fait le taf, les conditions sont compliquées, y’a maintenant des mesures mises en place pour éviter les gros soucis – genre mon RER B du vendredi soir il a tout fait pour ne pas rester bloqué sur les voies et à chaque fois plutôt attendre en gare, afin de nous offrir la possibilité de sortir et prendre bus ou tram pour s’en sortir. Reste que la dépendance du parc des expositions a un seul moyen de transport est plus pénible que jamais – mais bon, la libération arrive !!! A nous la ligne 14 a 15mn de métro !!! On y croit !!

Puis allez, derrière sujet de râlage avant de se lancer dans le reste de l’article: l’absence totale de planning et de plan complet en physique ! Si vous voulez retrouver un stand, si vous voulez les horaires précis des conférences ou des événements, il fallait impérativement l’application Japan Expo car cela n’était purement et simplement affiché nulle part. Il y’avait bien un plan mais il était volontairement très schématisé, avec juste une indication des zones (« là y’a des mangas » « là y’a des jeux » « là y’a la culture internet »), quant au planning il n’y en avait simplement plus nulle part. Juste une liste des conférences et événements « importants » de chaque journée… mais sans horaires ni rien !
Je trouve ça nul, purement et simplement.
L’application est désormais obligatoire pour avoir des infos essentielles et ça m’agace parce que, je suis désolé, mais elle n’est toujours pas d’une qualité suffisante pour justifier qu’elle soit impérative. C’est un enfer de consulter facilement le planning dessus, c’est chiant de bien visualiser quelles confs sont en même temps que quelles autres, c’est beaucoup de menu, beaucoup de clics… Alors qu’avant on pouvait visualiser facilement où était quoi, en même temps de quoi d’autre, etc etc. C’est des économies de bout de chandelle, et je suspecte qu’ils se cassent plus le cul à imprimer des plannings en format géant parce qu’ils savent d’expérience qu’ils sont infoutus de produire un planning définitif deux jours avant le début du salon – sur le site on avait encore pas mal de créneaux vides dans certaines salles (particulièrement la Nezumi) la veille du salon. Créneaux qui se sont remplis à la dernière minute à chaque fois, mais ça montre qu’encore une fois on est sur une programmation qui se fait trop à l’arrache pour un salon qui veut être le premier européen en la matière… Encore une fois je veux pas comparer toujours aux autres mais Dokomi non seulement leur planning il est conclu quelques semaines avant mais en plus il est imprimé et présenté dans des livres-programmes ! C’est donc ça, le sérieux et le professionnalisme ?
Donc non ouais, ça me saoule de devoir sortir mon téléphone encore plus régulièrement qu’avant pour essayer de decrypter et de consulter le planning ou repérer le stand sur une application quand même assez médiocre. J’en ai marre aujourd’hui de devoir sortir mon téléphone pour tout et pour rien, j’en ai marre d’avoir un téléphone de plus en plus obligatoire dans ma vie donc je vous en prie, gardez au moins l’option du planning physique…
(Surtout que cette année le réseau était affreux dans le salon, ce qui ne m’aide pas à être en faveur de ce virage tout-numérique !)

Bon j’essaie de réfléchir à d’autres sujets, je n’y parviens pas donc on va pouvoir faire un déroulé rapide des choses que j’ai vu cette année ! Jour par jour, heure par heure, allez c’est parti ! Et cette année, j’essaie d’être synthétique ! J’y crois !
Jeudi
Bon jeudi en général – en tout cas mille fois meilleur que celui de l’an dernier.
Ca a commencé tôt le matin avec le live-drawing de Nobuyoshi Habara.

Connu entre autres pour avoir co-fondé Xebec et réalisés des séries comme Fafner, DN Angel, Yamato 2022 ou, plus récemment, My Status as an Assassin. Il a pu entre autres nous faire un historique de sa carrière via quatre dessins, chacun représentant une décennie de sa carrière: La Revanche des Gobots pour les années 80, Zoids pour les années 2000 et Yamato 2022 pour les années 2010. Le moment le plus involontairement drôle c’est quand le présentateur annonce pour les années 1990 un « personnage que vous allez tous et toutes reconnaître » et que là Habara nous sort un personnage de… Graines de Champion, soit peut-être un des animés de foot les plus oubliés de l’histoire. On l’a même pas eu en entier en France tellement ça a pas marché 😭… Dommage…
Ensuite c’était une heure de PowerPoint en force avec une conférence dédiée au projet Odyssée.

Odyssée c’est quelque chose dont j’ignorais l’existence jusqu’ici je vais pas mentir – ambition de créer un musée jeu vidéo à Marne la Vallée, avec un crowdfunding finement réussi y’a quelques années, pas mal de négociation avec les pouvoirs publics, et du coup aujourd’hui un bâtiment qui s’apprête à être construit et s’annonce être un futur bâtiment à la gloire des cultures du jeu vidéo et des cultures japonaise en addendum, via entre autres le fort soutien de la Japon Corp, liée à Ici Japon etc etc. Globalement c’était une conférence assez sérieuse avec présentation des plans, des projets, des sources de financement – j’allais écrire pour rigoler qu’on aurait dit quelque chose de dédié à convaincre des investisseurs plus qu’un public mais vu que le projet a son origine d’un crowdfunding, le public fait lui-même partie potentiellement des investisseurs !
Je trouve le projet séduisant mais peut-être encore un peu trop flou pour qu’il soit convaincu – c’est un musée JV MAIS aussi un lieu de rencontre MAIS aussi un lieu d’organisation pour des rencontre e-sport & TCG MAIS aussi un food court dédié au Japon… ça semble poursuivre plusieurs choses en même temps, faudra espérer que ça se disperse pas trop et que ça saura atteindre l’objectif du 1,2 millions de visiteurs par an, ce qui me paraît beaucoup mais – là aussi – je n’ai pas forcément eu leurs étude de marché entre les mains !
Après ça pause sur le stand de Cygames pour un ptit Winning Concert !

Tous les jours à 13h30, les fans de Uma Musume pouvaient donc se rassembler afin d’assister à 30mn de chansons d’Uma Musume, avec glowsticks offerts et fournis par la maison. Bel effort de fait: chaque journée avait sa propre vidéo de présentation et, surtout, sa propre setlist ! Pour des raisons de temps, je n’ai pu faire que l’évenement du jeudi mais ça aurait été très fun et, surtout, la triste révélation que je suis un fan de Uma Musume forcément décevant car je me suis rendu compte que je connaissais quasiment aucune chanson du jeu 🤓. Ah les génériques d’anime je les connais pas encore, mais on va dire que j’étais ce mec qui n’a su quoi faire et quoi chanter que sur Make Debut et Umapyoi Densetsu, comme les gus qui venaient aux concerts de Nirvana que pour Come As You Are et Smells Like Teen Spirit, finalement.
Mais en tout cas c’était une bonne initiative et c’était un peu émouvant de voir que la franchise attirait maintenant pas mal de gens et de passionnés – encore une fois pour quelqu’un qui était vraiment tout seul en 2018 à regarder et apprécier la franchise, je suis content de la voir enfin atteindre ce petit succès et ce petit fandom.
C’est la même chose avec Persona d’ailleurs – on était pas beaucoup en France à en avoir quelque chose à foutre à l’époque de la sortie de Persona 3, mais là, c’était chouette de voir Soejima faire salle comble le jeudi après-midi !

Encore une fois conférence qu’on pouvait pas photographier – y’en a eu pas mal cette année – donc je ne vais pas pouvoir vous l’illustrer avec mes propres photos, mais c’était un moment sympathique et assez bienvenu. J’étais assez surpris de voir Soejima être aussi stressé et nerveux, tu sens qu’il avait du mal à gérer le regard du public, comme quoi même les plus grands pros peuvent avoir leurs failles. A côté de ça, la conférence était présentée par le fondateur du site Persona France, tu sentais que lui aussi était un peu nerveux et pas habitué à cet exercice mais il a pu poser pas mal de questions à Soejima qui avaient le mérite d’être assez larges et de parler de l’ensemble de sa carrière – y compris sur Metaphor Refantazio, entre autres. Il a aussi réussi à évoquer les deux premiers Persona ce qui est un move que je trouve osé mais très bienvenu, c’est bête de les oublier ! Après léger souci avec le traducteur qui clairement connaissait pas grand chose à la franchise – ce n’est pas forcément grave mais comme une partie de la conférence tenait sur un échange autour de Persona entre lui et le présentateur pendant que Soejima se concentrait sur son dessin, ça donnait des moments un peu awkward, qui manquaient de fluidité et de naturel. Peut-être qu’un « vrai » présentateur aurait été bienvenu pour les compléter, la personne de Persona France étant surtout là pour poser les questions et amener son expertise sur la franchise, le présentateur pour faire le show et animer la discussion, et le traducteur pour faire bah euh… ce en quoi il est expert, haha.
Après ça, conférence sur le Vtubing en scène Nezumi, avec une intervention de KatchanVT sur le sujet !

Salle remplie pour l’occasion, et c’était une conférence qui a fait une erreur classique à Japan Expo, c’est à dire préparer une conférence à destination des néophytes… mais dont le thème ou l’invité est si précis / si populaire que souvent c’est déjà plein juste avec les fans, qui du coup ne vont pas apprendre grand chose ! C’était un souci par exemple sur la conférence FF14 d’il y’a deux ans – du coup Katchan est-elle la Naoki Yoshida de Japan Expo 2026 ? Exactement ! Du coup la Nezumi était sans doute trop petite pour ce genre d’événements – la Kuri ou la Take aurait peut-être été mieux, car en plus des nombreux fans ça aurait laissé la place pour des néophytes de justement s’installer et s’y assister. Mais après, conférence très chouette ! Bon rythme, bon humour, bons exemples et séance de questions / réponses forcément très attendu par le public. Malgré tout, très étranges couacs techniques à la fin de la conférence puisque la table de mixage de la salle Nezumi… commençait à capter les micros d’une autre scène. Du coup par moment Katchan se retrouvait interrompue par un son de flûte ou un son de musicien japonais en train de faire ses tests sons, c’était presque spooky.
(Ma théorie: c’était la scène Sakura parce que y’avait un groupe de rock traditionnel au même moment et ça avait l’air de coller avec ce qu’on entendait.)
Après tout ça mon objectif était d’aller voir le film SAO en salle Kuri mais… beaucoup trop de monde, j’étais pas certain de rentrer, j’ai préféré partir ailleurs et, effectivement, quand je suis repassé devant la salle un peu plus tard, le film était en cours et y’avait encore une vingtaine de gens qui attendaient que des places se libèrent pour entrer. Clairement ça aurait dû être projeté dans une plus grosse salle – je sais que SAO ça devient une franchise vieille, mais eh, ça reste populaire quoi, même pour le film 3D qu’a pas l’air ouf et qui est censé faire la promo du jeu vidéo 🤓…. Bref, ça n’a pas été un très bon choix de salle, tant pis !
Vendredi
On commence une nouvelle fois avec un live-drawing d’animateur des années 80, cette fois-ci donc avec Hiroshi Shimizu.

Animateur vétéran qui aura contribué à énormément d’œuvres – celle la plus mise en avant ici c’était ses travaux sur les films Ghibli, où il aura dessiné quelques séquences sur des films comme Porco Rosso ou Princesse Mononoke. La conférence a aussi évoqué son travail sur Jin-Roh, par exemple. Mais là en regardant son CV je viens de découvrir que c’est lui qui a fait les dessins des endings de Monster, qui m’ont pas mal hantés quand j’étais ado – merde c’est ça qu’il aurait dû dessiner !
Bref, du coup conférence un peu sous le signe de l’animation des années 80/90, à nouveau, avec pas mal de questions autour de son entrée à Ghibli (qu’il a raté la première fois), de ce que ça fait de travailler avec Miyazaki ou bien de son changement de style quand vient le moment de switcher vers Jin-Roh. J’ai dû partir en cours de route pour aller rejoindre une autre conférence donc je n’ai pas forcément vu la fin mais en tout cas l’homme était très bavard, n’avait pas peur d’entrer dans le détail et a même été charmant avec le public – quand est venu le moment de faire un second dessin, il a demandé ce qu’on voulait et, Porco Rosso ayant été joyeusement demandé, il l’a fait sans flétrir ! J’aurais juste bien aimé qu’on parle de ses travaux plus récents (il a fait quelques cuts récemment sur… One Piece !?) au lieu de tourner autour de ses travaux d’il y’a 30 ans mais… peut-être que ça a été fait quand je suis parti. Du coup je laisse les gens qui y étaient me le dire !
Parce que pour du contenu plus récent bah du coup je suis allé sur le stand d’Uma Musubi pour une petite conférence en milieu associatif où Vega, la traductrice de la série et du film, faisait une mini conférence pour parler de son travail ! Cela fait partie des bonus Patreon: si vous faites partie de mes donateurs, je viens à vos confs Japan Expo ✌️✌️ !

Quand je parlais plus tôt de l’importance d’une scène pour les associatifs, je pensais à ça: la conférence organisée par Uma Musubi se faisait donc dans leur stand, pas forcément très grand, pas forcément avec beaucoup de sièges, pas forcément avec un planning très accessible, mais moi de mon temps avec Thalie au moins si on voulait faire une conférence on pouvait réussir à la caser en Sora – c’était pas très adapté mais ça permettait d’apparaître sur le planning et de bénéficier d’une sono et d’une installation correcte. Du coup là c’était une petite conférence un peu root, très rigolote et pleine de bonnes anecdotes sur la traduction de la franchise, mais qui aurait été peut-être plus sympa sur une scène adaptée. Bon, c’est pas grave – en tout cas c’est une initiative très sympa, et c’est cool de voir des associations qui essaient de mettre en avant ceux qui travaillent sur les séries qu’ils aiment comme ça.
Sachant qu’après ça, direction la Nezumi pour une conférence au titre super précis mais vendeur – « Du livre à l’écran: pourquoi les light novel constituent-ils un vivier créatif majeur pour les anime ?«
Ok let’s go. C’est qui l’intervenant qui anime cette conférence ? Shoji Gatoh ? Mmm ok ça p- ATTENDS PARDON SHOJI GATOH ?

Shoji Gatoh c’est tout simplement le créateur & écrivain de Full Metal Panic et de Amagi Brilliant Park. Gros nom du light novel, mais aussi du scénario d’anime parce qu’il a ensuite souvent collaboré avec Kyoto Animation pour écrire des épisodes de Lucky Star ou de Hyouka, entre plein d’autres choses. C’est un nom que j’estime pas mal, vous en conviendrez ! Et du coup le voir comme ça sur la petite scène Nezumi, dans une conférence dont le nom ne fait absolument pas mention à lui, c’est délicieusement surprenant. Dans ma tête Gatoh c’est quelqu’un qui mériterait une scène plus grande, mais de l’autre côté je sais bien que Full Metal Panic c’est pas non plus un truc qui déplace les foules de ouf. Mais je reste surpris de l’aspect très discret de sa venue ! Il était accompagné de son éditeur pour l’occasion, et il a surtout déroulé sa carrière pendant 40 minutes, expliquant comment il s’est lancé dans FMP, quelles ont été les idées qui l’ont motivés à créer cette série, sa méfiance initiale quand on lui a annoncé la future adaptation animée, le plaisir qu’il a eu de rencontrer Kyoto Animation et de collaborer avec eux… puis derrière de répondre à quelques questions du public pour l’occasion.
C’était une conférence très sympa pour le coup – généralement, je trouve que les japonais sont pas mal montés en niveau sur leurs conférences sur cette édition. Elles sont toujours très dépendantes de gros PowerPoint, mais y’a plus de rythme, plus de liberté, un meilleur contact avec le public – c’est moins froid et rustique que d’habitude. Du coup ça donnait le sentiment d’être dans une conférence assez intimiste, où Gatoh nous racontait sa vie, sa vision du médium et son avenir, c’était vraiment pas mal, ça humanisait plutôt bien l’homme derrière l’auteur. J’aime bien l’anecdote où il raconte que quand il visitait les studios d’anime il était toujours très souriant par enthousiasme du coup les équipes ont commencés à bien l’aimer car c’était un des rares auteurs qui tirait pas la gueule à chaque passage, et c’est comme ça qu’il a pu tisser des liens avec les studios d’anime et parfois les rejoindre en tant que scénariste. Sympa aussi à ronchonner contre les studios d’anime qui préfèrent adapter le manga adapté du light novel plutôt que d’adapter le light novel lui-même, donc ouais il avait pas non plus sa langue dans sa poche – mais ça restait à la japonaise, évidemment !

Après ça, un peu d’errance car je voulais aller a la conférence dédié à Persona 4 Revival mais elle avait 30 minutes de retard – ce qui était chelou parce que la Take ouvrait ce vendredi exceptionnellement à 13h. Après c’est sans doute parce que le matin était dédié aux répétitions du Anisong Fiesta… Enfin je pense… Mais bon, comme avec l’Ichigo pour l’ECG je continue à trouver chelou voire un peu naze qu’une scène est bloquée / ne propose rien au public du salon pendant une moitié de journée parce qu’elle prépare une animation qui est hors planning et accessible avec un ticket spécifique… Bref… Du coup j’ai assisté dix minutes à une conférence sur le cyber-harcélement, ça m’a un peu déprimé… Un état d’esprit parfait pour du coup aller voir des gens d’Atlus, dont Soejima et la designeuse Oribe, parler de Persona 4 et des 30 ans de la franchise !
Là aussi salle pleine à craquer, Persona c’est populaire comme jamais (littéralement), le tout pour une conf elle bien plus corpo que la précédente – un ptit trailer inédit dédié à ce ptit loser de Yosuke, quelques questions assez simples sur le rapport des créateurs à Persona, pas mal de répétitions sur le concept de « et bah oui on veut faire un jeu qui parle aussi bien aux fans qu’aux néophytes » histoire de rassurer je sais pas qui (on a vu Persona 3 Reload on sait que vous pouvez faire ce taf sans souci pas besoin de nous le dire) , quelques discussions sur les designs des personnages et puis voilà, c’était fini ! Rien de révolutionnaire, mais toujours sympathique – ça a été vraiment l’occasion pour moi de découvrir Hanako Oribe, designeuse avec Soejima, réalisatrice des chouettes artworks anniversaires et manifestement méga fan du premier jeu, ce qui ne se croise pas tous les jours !
(Et oui, ils n’ont évidemment pas dit grand chose sur Persona 6… C’est des malins…)

Après ça, c’était un petit passage dans la petite salle Masterclass pour une rencontre avec LonePi, productrice Vocaloid connue entre autres pour Gentiana ou, pour les fans de Project Sekai, Koufuku Kei. C’est une artiste montante, avec une patte musicale assez reconnaissable, doux et entêtant mais avec pas mal de mélancolie ou de drame au sein des paroles – gros effort fait sur les clips également, la productrice réalisant également elle-même ceux-ci, mettant souvent en scène des personnages qui vont être au centre de la chanson. C’est de la belle narration musicale, et la masterclass elle même était assez passionnante… car focalisé sur la technique ! Elle est venue avec un PowerPoint, avec ses logiciels et ses vidéos, et elle a donc expliqué comment elle crée une chanson de A à Z: comment vient l’idée, comment elle écrit les paroles, comment elle imagine l’univers autour de la chanson, démonstration de composition sur le logiciel, réalisation du clip… C’était très complet, malgré un rythme assez rigolo dû au fait que LonePi quand elle commençait à parler… ne se terminait qu’après 2 ou 3 bonnes minutes ! Du coup la traductrice se retrouvait parfois avec des blocs immenses et très techniques à synthétiser comme elle pouvait, on sentait parfois la galère mais dans l’ensemble ça a su rester didactique, pédagogique et un bon moyen de comprendre LonePi via sa méthode de travail et sa propre réflexion sur celle-ci. Après ça c’était tournée de questions / réponses avec le public et là aussi les questions se sont portées surtout sur l’aspect technique, posée par manifestement pas mal de fans ou même d’aspirants à la création de chansons ou de personnages.
C’est, là aussi, un exemple de belle rencontre que permet la convention, dans un cadre vraiment idéal. J’avoue que j’adore quand on rentre dans des aspects plus techniques et plus précis donc même si je n’ai absolument pas l’âme d’un compositeur, c’était assez passionnant de la voir manipuler son logiciel sous nos yeux pour nous montrer comment elle étalait et découpait ses pistes: c’est un bon moyen de comprendre que composer une chanson ce n’est pas de la magie – c’est du travail ! J’ai beaucoup aimé en tout cas même si clairement j’étais un des plus vieux de la salle 🤓🤓🤓…….. Content de voir que les nouvelles générations ont pris le relais pour l’amour de Vocaloid…. Mais ça me fait du mal physiquement….

Bref, après ça c’est soirée projo – en l’occurrence les 4 premiers épisodes de Jaadugar en salle Yuzu. J’avais pas encore vu les deux premiers donc l’occasion faisait le larron, surtout que j’espérais pouvoir quitter le parc à 20h30, profiter d’un RER calme après et rentrer sans souci chez moi. Bon bah les épisodes étaient super, mon voisin (que je ne connaissais pas) me disait après « wah je pensais que ça allait être nul mais en fait c’était super » (il ne connait donc pas Naoko Yamada… Il ne sait pas en quoi elle est capable… Je le pardonne car il était ignorant mais maintenant il a vu la lumière…) et du coup je suis retourné content et satisfait vers la gare, je chope pile à la dernière minute un RER express pour Gare du Nord, tout va bien et… (3 heures plus tard) … je suis enfin rentré chez moi, heureusement que j’ai vu qu’on pouvait rejoindre la ligne 12 à pied depuis la gare de la Courneuve Aubervilliers, ça m’a fait gagner une heure et je peux me coucher avant minuit ✌️. Quelle grosse journée !
Samedi
Après une nouvelle nuit de six heures (mais ça va on s’y habitue), on démarre avec du jeu vidéo, en l’occurrence une conférence du studio ARC System Works pour le jeu Qlipah, un jeu d’action qu’ils sortent en septembre avec des héros aux designs un peu cools !
Hélàs, la conférence, elle, n’était pas très cool: c’était vraiment 40mn d’explication très très très précise du gameplay par un producteur japonais qui joue très mal l’enthousiasme. Au bout de la cinquième explication des différences entre chaque type de parade et chaque niveau de difficulté, j’étais en train de piquer du nez et de commencer à faire mes reviews Wanikani sur mon téléphone. Dans les dix dernières minutes ils ont fait venir deux designers de ARCSYS qui ont bossés sur Guilty Gear pour nous annoncer qu’ils allaient parler de Guilty Gear dimanche et puis voilà ayé c’était fini j’ai perdu une heure je crois, cette conférence aurait pu être un trailer de deux minutes. Très triste.

Du coup j’ai enchaîné juste derrière par une conférence dédiée au travail d’Aurore, l’illustratrice des affiches de Japan Expo depuis l’édition 2006. Pas beaucoup de public, hélàs, mais une bonne présentation de son parcours, de sa carrière, de son travail hors des affiches (dont pas mal de BD) et de son processus de travail. C’est grâce à cette conférence que j’ai enfin pris conscience que Chibi Dino n’était pas sur les premières affiches et est apparu pour.. Chibi Japan Expo, fort justement ! Damn !
Après ça direction la zone musicale où je vais tomber sur deux shows assez funs !

Le premier c’est celui de Sho Kiryuin, aussi connu comme le chanteur de Golden Bomber, un groupe déjà venu quelques fois à Japan Expo et assez performatif – c’est à dire que leurs concerts sont des « airs concerts » où personne ne joue vraiment (à part Sho Kiryuin qui chante, du coup), le show étant surtout un spectacle où les membres vont faire tout et n’importe quoi pendant la chanson. Là du coup Sho Kiryuin était accompagné de guests divers et variés dont le mystérieux Motoharu Yazawa, un salaryman très mince au maquillage finement étudié qui dégage une aura sexy absolument irrésistible 🥵. Mais le show était hyper fun: Sho Kiryuin a passé son temps à chanter partout. Dans le public ? Plein de fois. Dans la zone du mixage son ? Plein de fois. Ca bougeait partout, que ce soit sur la scène où en dehors de la scène, c’était un sacré délire. Beaucoup aimé leurs petites vidéos qui accompagnaient les chansons où, comme dans un jeu de rythme, on était invité à taper des mains ou des pieds avec une petite bande à la Guitar Hero où à la Project Sekai. C’était assez facile du coup de participer et de s’y lancer, donc autant vous dire que ça a mis une excellente ambiance très vite.
Après ça, j’ai enchaîné avec le catch !
C’était le grand retour du puroresu à Japan Expo, via une collaboration entre la jeune fédération française KHAO (que je découvrais pour l’occasion) et la fédération féminine japonaise DIANA, pour un programme qui du coup était centré autour du catch féminin. Si vous êtes déjà fan de catch ce n’est pas une surprise, mais si vous êtes en dehors vous ignorez ptet que le catch féminin a explosé depuis une dizaine d’années et est devenu autant populaire que le catch masculin, donc c’était chouette d’avoir une programmation centrée sur les catcheuses, avec pas mal de jeunes talents francophones que je découvrais pour l’occasion – plutôt épaté par JGU par exemple, qui dégageait une sacrée aura durant tout son match. Les deux matchs que j’ai pu voir étaient donc assez funs – dont l’un qui s’est terminé avec une compétitrice qui crache un verre de Holy (oui oui de Holy) à la gueule de son adversaire pour l’aveugler, ce qui est un placement produit dont je me demande si elle fait une bonne promotion du produit – comment ça le Holy peut aveugler quelqu’un comme ça ??? Que fait la législation européenne ???

Mais en vrai le catch en convention c’est particulier parce que le public ne sait absolument pas qui est qui donc c’est un exercice de style assez différent pour les athlètes, qui doivent réussi à poser leur personnage et si on doit les huer ou pas extrêmement vite. En tout cas toutes les catcheuses s’en sont bien sorti à ce petit jeu là, particulièrement l’irlandaise Debbie Keitel qui a rapidement montrée qu’on devait la huer de toute nos forces ! Elle faisait peur aux enfants volontairement ! ET CA C’EST MAL !!!
Bref, après toute cette violence, temps de faire placer à l’amour avec l’événement de 14h dédié à Project Sekai – autant vous dire que j’y étais avec pas mal d’avance car il était hors de question que je regarde ça de loin !

C’est une franchise que j’aime beaucoup depuis 2021, et j’étais très content entre autres de pouvoir voir et entendre Rina Honizumi, une des deux doubleuses invitées. Elle double le personnage de Shizuku, un personnage que j’aime beaucoup et dont la voix m’enchante pas mal – mais je l’avais aussi beaucoup aimé en Cure Ange, dans Hugtto Precure ! Bref pas mal de bonnes raisons d’être là et globalement c’est une heure qui m’a enchanté parce que ça a été un très bon show à la japonaise ! C’était un script bien huilé: présentation des doubleuses, séance de question/réponse bien préparé, résultat d’un concours de fanart (la gagnante était assise juste devant moi, elle a EXPLOSÉ), lecture d’un petit script illustré et sous-titré par les deux doubleuses, et après on a eu un tunnel de hype avec toutes les chansons du segment bonus du film qui ont été montrés, différentes annonces pour le jeu (incluant des caméos du producer Crusher, de Mori Callipe et de IRONMOUSE !?) et un petit karaoké final sur des chansons de More More Jump, en compagnie des deux doubleuses.
C’était solidement fait et pour un événement nommé « Fan Meeting » c’était clairement là pour vraiment faire plaisir aux fans, et ça l’a fait de manière chirurgicale, avec chaque seconde pensée pour mettre les gens en joie – j’ai dit plus tôt du bien de la voix de Rina Honizumi, mais là du coup je voulais faire un big-up à sa comparse Mayu Yoshioka que, finalement, je connaissais assez peu en dehors de son rôle d’Haruka mais qui pendant le show a mis la hype comme jamais avec pas mal d’échanges super funs avec le public, entre autres sur tout ce qui est call pour les chansons. Pensées aussi profondes pour ce moment où les doubleuses interrogent le public en mode « à votre avis, quel est la spécialité française que Shizuku & Haruka devraient manger en priorité ?? » et évidemment le gars derrière moi a gueulé très fort « TASTY CROUSTY » ce qui m’a fait lâcher un rire gras et très impoli 😭.

Bref, moi en tant que fan de ProSeka j’étais ravi, et la salle l’était également vu les cris de joies très nombreux qui se sont succédés. Le seul petit bémol est un traducteur français lui aussi assez nerveux et peu habitué à l’exercice, qui avait du mal à suivre et tu sens que très vite Eugene – le présentateur du show, représentant de Sega America et déjà bien présent sur les RS de la version globale du jeu – a pris le relais et exprimé les choses en anglais en priorité, comprenant vite qu’une grosse partie du public le comprenait (en même temps y’a pas de VF pour le jeu ProSeka donc… eh…)
(Comme la conférence LonePi j’étais là aussi très clairement un des plus vieux de la salle à être là pour l’événement. J’étais assis à côté d’un daron qui accompagnait sa fille méga fan de Nightcord et quand il m’a vu me lever et commencer à bouger les glowsticks sur Idol Shin’entai j’ai senti un peu de déception, comme si il s’attendait à ce que je sois un gars dans la même « galère » que lui.)
(Enfin il a pas à se plaindre, sa fille est fan de Nightcord, elle aurait pu être fan de Tsukasa 🤓🤓🤓🤓 !!!)

Après ça j’ai assisté à la moitié du concert de Not Equal Me. Déjà je sais pas si je dois célébrer les fans japonais du groupe qui se sont déplacés en troupeau pour venir encourager leurs idols parce que wah l’effort il est beau mais de l’autre côté… ils ont pris tous les sièges des premiers rangs, dont nous pauvres français nous ne pouvions plus profiter 😔😔. Les japonais… Ils volent nos places 😔😔… Enfin bon, après, je suis resté le temps de trois chansons, c’est pas forcément un groupe qui m’a tant marqué mais je considère que passé cinq personnes, un groupe d’idol ça devient trop chargé pour moi, aussi bien affectivement que musicalement. Trop de voix, trop de personnes à suivre… c’est beaucoup d’effort. C’est pour ça que la première saison de Love Live Superstar est la meilleure… Mais en tout cas c’est sympa d’être venu et si c’était le premier show d’idol de quelqu’un, je pense que ça devait être une bonne expérience !
Mais du coup pourquoi je suis parti comme un voleur ? Bah parce qu’à 16h y’avait la conférence Akane Banashi, avec les deux mangakas, leur éditeur et le producteur de la série animée.

Les photos étaient encore une fois interdite mais vous devez du coup me faire confiance: l’illustrateur du manga, Moue Takamasa, avait le look le plus stylé de toute la convention. Lunettes noires, chemise hawaienne, cheveux longs, ptn le gars était cool sans le moindre effort, ça fait plaisir. S’en est donc suivi 45mn dédié à discuter autour de la série pendant que Moue dessinait une ptite Akane posant devant la Tour Eiffel. On y apprend donc qu’à la base ça devait être un manga de ballet, que le projet a été refusé, mais que le mangaka a recyclé le personnage d’Akane pour le mettre dans l’univers « qui lui collait le moins », c’est à dire le rakugo, et que ça a tout de suite trouvé plus de succès. Mais comme la conférence parlait du manga et de l’anime, une bonne partie du temps a été passé sur l’adaptation animée, avec comparaisons par rapport au manga et explications, par le producteur, de pourquoi cette adaptation etc etc. Pas la partie la plus intéressante, on aurait aimé entendre les deux mangakas un peu plus !
(En règle générale, c’est terrible, mais j’aime pas quand dans des conférences y’a des producteurs qui accompagnent des artistes parce que souvent les gus monopolisent questions et réponses. Attention hein: producteur est un métier important dans la conception d’une série, c’est pas forcément des gens inintéressants, mais je dis juste que quand l’artiste original est là, bah on est là pour lui, et savoir que le producteur voulait adapter Akane parce qu’il aimait bien le rakugo… honnêtement on s’en fiche un peu 😭😭)

Enfin, la dernière conférence du jour était un classique: la conférence Japan Experience annuelle en salle Nezumi. Après avoir évoqué le Tohoku l’an dernier (et m’avoir donné envie d’y aller, avec succès), elles se focalisaient aujourd’hui sur l’ouest du Japon, avec une conférence intitulée « au délà de Kyoto, Osaka et Hiroshima. » Evidemment les trois villes, ainsi que Nara et Miyajima, ont quand même été au centre de leur présentation, mais elles ont essayées de présenter les endroits un peu moins connu de Kyoto ou d’Osaka. Ca a également évoqué Kanazawa, Okayama, l’île de Naoshima, Tanabe, Kobe, la piste cyclable Shimanami Kaido rejoignant Kyushu à Shikoku via sept îles, Tottori… Ca a ensuite présenté les différents pass ferroviaires ainsi que leurs différents services de location de circuit… Bref, c’était assez riche en bonnes idées, et comme d’habitude cela se concluait par une séquence de questions/réponses idéales pour ceux qui voulaient avoir des certitudes ou des idées avant leurs futurs voyages. Moi ça va, les suggestions du PPT ont été notées et je les ressortirais pour mon prochaine voyage ✌️…
Et vous savez quoi ? Après ça je suis rentré et j’ai eu zéro soucis dans les transports. C’est plutôt dingue !
(Je me suis couché à 0h15 quand même parce que j’ai passé la soirée à réviser mon japonais, mater des vidéos sur le football et lire mes tomes de Bocchi the Rock et Asumi découvre les escort girls parce que j’ai des priorités très importantes 😔.)
Dimanche
Donc oui le matin, mort de rire parce que je monte dans un RER B pour l’Aéroport, c’est un direct mais évidemment bien indiqué qu’il s’arrête exceptionnellement en gare de Parc des Expositions. Mémo mal reçu par le chauffeur hélàs parce qu’on dépasse la gare de Villepinte, il continue à aller très vite, et juste derrière je commence à voir la gare de parc des expos… là je sens qu’il commence à ralentir… mais je me dis qu’il continue à aller très vite… et je crois que le gars a vite compris que ah merde il fallait s’arrêter aujourd’hui sauf que c’était trop tard il allait pas ralentir assez du coup… bah on avait dépassé la gare, oupsie ! Du coup voilà un RER B entier qui ressort à l’Aéroport Charles de Gaulle et fait le move habituellement réservé aux gens qui veulent à tout prix une place assise au retour. 15 minutes d’envolées mais c’est pas si grave – j’avais honnêtement pas grand chose à faire en ce dimanche matin, la programmation de la journée s’annonçant plutôt calme et pauvre en gros événements / trucs qui m’intéressaient personnellement !
Du coup sur le planning de l’application je vois en Take un truc mystérieux nommé « Vidéo Mix Japan Expo« , pas d’illustration, pas de description, pas de nom d’invité. C’est quoi ? Je sais pas, aucune foutue idée. Du coup muté par la curiosité, je décide quand même d’y jeter un oeil, on est 3 dans la salle et du coup on a le droit à… un DJ Set ! Avec le DJ Ace972 qui mixe son et image pour proposer un grand medley un peu fifou de chansons d’anime et de jeu vidéo. Et ça met pas mal !

Je retiens surtout:
- Un passage ultra drôle où un thème de Megaman X switch sur X is gonna give it to ya de DMX
- Un move super jouissif où le thème de Mute City de F-Zero GX enchaîne de manière ultra smooth sur IDOL de Yoasobi
- Une fusion GTA V / Chemical Plant inattendu
- Une version electro débile du thème de Last of Us
- Un passage ELECTRO LOURD sur Majora’s Mask où les basses étaient tellement au top que le sol vibrait un peu, idéal pour s’immerger dans le jeu
- Et dans mes notes j’ai juste mis « WIPEOUT MENTIONNÉ » et ça franchement quand on mentionne Wipeout moi je suis ravi.
Donc voilà on était quelques gus à avoir le droit à ce semi concert privé, c’était vraiment chouette, des membres du staff ont dansés et se sont amusés avec leur glowstick de signalisation, bonne ambiance, bonne vibe, bel hommage à la popculture musicale japonaise – dommage que c’était mal mis en avant sur les plannings 😰…

Mais du coup à la base j’étais rentré dans la salle en mode « je reste un ptit quart d’heure après je vais à la conf suivante » sauf que j’ai pas fait ça – du coup je suis arrivé dans le quart d’heure de la conférence « Travailler en couple dans l’animation » où Nobuyoshi Habara était à nouveau là pour parler de son travail de réalisateur, mais était cette fois accompagné de sa femme, Noriko Habara, elle aussi réalisatrice (sur Blue Wolves, par ex.) Du coup je suis arrivé au moment ou Nobuyoshi résumait sa carrière et expliquait comment il réalisait des génériques, et je crois que en 15mn j’ai entendu Noriko parler qu’une seule fois. J’espère que la première partie de la conférence lui était dédiée et que c’est là qu’elle a pu tunneler parce que sinon je crains qu’on soit dans une accaparation de la parole qui ne donne pas une nouvelle fois une bonne image du genre masculin 😔😔…… Mais j’ose espérer que j’ai juste loupé sa partie ! Je le confesse, c’est à cause de l’électroboumboum et du fait que j’ai acheté des onigiris sur le chemin ! Oui je confesse aussi que j’avais pas pris de déjeuner et que j’ai payé 13 balles 3 onigiris ! Ils étaient chers mais bons donc le regret est semi-présent !
Cela étant dit je suis resté du coup en Nezumi pour la conférence de Kenji Itoso, réalisateur des Gouttes de Dieu.

Honnêtement je suis resté par défaut car y’avait pas grand chose d’autre à ce moment-là – je vous avoue que l’adaptation des Gouttes de Dieu je la trouve pas super attirante. Mais, eh, ça reste un réalisateur, il a certainement des choses intéressantes à dire, je vais pas juger un gus uniquement sur sa dernière série. Et bah mine de rien c’était pas mal !
Comme Gatoh le vendredi le mec est arrivé avec son powerpoint, et il a commencé à partir sur un long monologue de 35mn sur sa carrière, les cours qu’il a pris auprès de Miyazaki au début des années 2000, avec entre autres une anecdote bizarre à base de Totoro Carnivore. En gros aux auditions pour ces cours de mise en scène avec Miyazaki, Miyazaki a demandé à une élève quelle était son film favori, elle a répondu Totoro et expliqué entre autres qu’elle trouvait Totoro trop mignon, ce à quoi Miyazaki lui a dit « mais ce n’est pas possible, Totoro il est trop flippant, c’est un carnivore, Satsuki et Mei il les a mangés après le film », et manifestement après Itoso aurait dit « mais excusez moi monsieur Miyazaki, Totoro ne peut pas être carnivore, vous racontez des crackitos, regardez, Totoro a des dents plates d’herbivore » et ça aurait été la phrase qui a fait que Miyazaki l’aurait pris lui et pas les autres. Taux de probabilité que ça soit enjolivé plutôt élevé, mais anecdote effectivement sympa à raconter en soirée. Il a ensuite enchaîné sur Satoshi Kon avec qui il a collaboré sur la Machine qui Rêve, et du fait que Satoshi Kon a été très perfectionniste avec lui. Belle phrase de Kon qu’il a noté sur son Powerpoint: « Pour être un bon réalisateur, il faut observer la réalité, la démonter et la remonter avec nos propres sensibilités. »
Après ça il a aussi parlé de son taf sur les Gouttes de Dieu, ses priorités en tant que réalisateur et son travail sur les deux génériques. Pas des génériques que je trouve ouf, mais c’était intéressant de le voir expliquer ses choix et ses angles. Bref, bon moment, ça a été 40mn qui sont passés comme un éclair, excellente surprise à nouveau !
Plus généralement, ça m’a aussi permis de me rendre compte que ces petites conférences où les créateurs eux même s’expriment comme ils le veulent, avec leur propre matos, leur propre PPT, leur propre angle, c’est toujours (et très logiquement) infiniment plus intéressant que les conférences « plus classiques » des grandes salles. Où là c’est toujours 5mn de présentation du gus par un présentateur qui souvent connaissait pas le gars la veille, 3 milliards de phrases ponctuées par des « oh très belle phrase monsieur Sensei, merci de l’applaudir », des questions un peu vagues, posées de manière poliment superficielles pour obtenir des réponses qui sont jamais très développées – là vraiment rien de ça, juste un réalisateur qui manifestement aime son taf, essaie d’en parler au public et revient sur ses propres expériences à son rythme. Je me doute pas que ce n’est pas possible avec tout le monde, je me doute aussi que ce n’est pas pour tout le monde, mais honnêtement c’est le plus enrichissant.

Mais bon, après ça, avant-dernière conférence du salon – et une belle daubasse ! Je pouvais voir plein de trucs à 13h30: un second concert des gars de Golden Bomber, la conférence Crunchyroll annuelle, Kyary Pamyu Pamyu en Ichigo… mais non à la palce j’ai pris à nouveau rendez-vous avec ARC System Works en salle Take, malgré l’ennui affreux de celle de la veille. Mais là ça allait parler de Guilty Gear Strive ! J’aime bien Guilty Gear Strive ! Et y’aura les designers ! Et des parties avec des pro players ! Cool !
Eeeeeeeeeer….
Je comprends pas comment cette conf a été construite, et dans le doute je blâme les japonais.

En gros les deux MC arrivent accompagnés des pro players, ok cool – sauf que là on dédié la première demie-heure, les 30 premières minutes, les 1800 premières secondes… à nous expliquer de manière poussée les mécaniques du jeu. A un public qui, sondé juste avant, avait montré qu’il connaissait déjà bien Guilty Gear Strive ! Et en même temps si tu vas en Take a un event Guilty Gear Strive c’est que tu aimes bien Guilty Gear Strive, c’est logique ! Mais non, 30 minutes d’explication des bases du jeu !!! Avec des ptites vidéos et tout mais honnêtement ça tournait au cours magistral et sans en vouloir aux deux présentateurs qui faisaient de leur mieux, on était pas là pour ça !!! Au bout de 30 minutes de supplice, il reste du coup une demie-heure et là enfin ça avance – on commence à faire ce qui était annoncé au début c’est à dire le défi entre le public et les joueurs pro ! Du coup les gens pouvaient venir sur scène et essayer de les défier, avec des shikishis exclusifs de Bridget et de Jam pour ceux qui parviennent à gagner un round. Bon c’est évidemment un exercice cruel – personne n’aura réussi à les battre. Beaucoup d’empathie qui commence à se développer mais big up à cette personne qui jouait Bridget et qui aura réussi à pousser un des joueurs à moins de 25% de santé, j’y ai un peu cru à ce moment-là.
Mais le plus frustrant, au final, c’est que les designers invités sont arrivés à 14h14 soit environ 20mn avant la fin de la conf – du coup ils ont racontés avec joie quelques ptites anecdotes autour des designs, du travail avec Ishiwatari etc etc… Ces questions/réponse se faisaient en parallèle des bastons pro vs public, ce qui faisait qu’on devait suivre deux choses en même temps, c’était du coup pas très confortable mais eh au moins ça permettait d’avoir un peu d’animation… mais ça aurait pu être ça pendant une heure en fait…. Vraiment les deux designers de ARC Sys, Daimon Abe & Shoichi Kitazono, ils ont faits le tour de la Terre pour cumuler 25mn d’apparition sur deux conférences d’une heure. Je crois que Kitazono spécifiquement je l’ai entendu parler trois fois en tout, ça fait cher la réplique 😭😭.
Bref vous l’aurez compris, ARC System Works va falloir revoir vos confs pour les prochaines éditions. Entrez moins dans les détails, laissez le jeu parler et on s’en sortira mieux je pense !
Cela étant dit – dernière conférence complète pour moi juste après, avec « L’animation dans les années 80 » en salle Kuri – là c’était le All-Stars avec la présence de la quasi totalité des animateurs invités cette année, en gros Nobuyoshi Habara, Hiroshi Shimizu, Takuya Wada et Kia Asamiya.

Et bah c’était rigolo ! Pas forcément très didactique ou très profond, on a passé un temps assez large à parler de l’odeur nauséabonde des studios à cette période, des paies en retard et des animateurs qui passent leur temps à essayer d’embaucher leurs potes pour sauver leurs projets en retard, entraînant un cycle infini de projets en retard chez tout le monde. Honnêtement le ton était très libre, les 4 dialogues entre eux à volonté, avec des traducteurs très courageux et très talentueux qui réussissaient à parfaitement nous les retranscrire, même si honnêtement c’était surtout le show de Kia Asamiya et de Takuya Wada qui étaient ultra-bavards. En contre-partie, Shimizu a dû dire cinq phrases à tout casser, mais il a reçu quelques vannes bien senties sur le fait qu’étant chez Ghibli, il était forcément mieux que la plèbe que les autres étaient à ce moment-là ! Bref, un peu bordélique, ambiance vieux con à base de « non mais de toute façon le cellulo y’a que ça de vrai, le numérique ça rend les jeunes débiles et peu soigneux 👴👴👴 », avec Harada qui essayait d’être le vieux sage modéré entre Asamiya & Wada et de dire « non mais c’est pratique aussi 👴👴 » mais honnêtement c’est exactement ce à quoi on s’attendait d’un tel quatuor !
Après ça, quelques confs vu en partie, dont l’une présentée par la Cité Internationale de la Tapisserie d’Aubusson, qui venait présenter l’historique du musée et son lien avec Ghibli puisque le musée s’est lancé depuis quelques années dans la production de tapisseries autour de l’univers des films du studio. Je suis arrivé à la fin hélàs mais c’est vraiment un sujet original, et ça évoquait les collaborations avec le Japon dont le prêt de certaines tapisseries à des musées japonais, où l’exposition d’une d’entre elles à l’exposition universelle d’Osaka, ce qui est plutôt classe. J’ai aussi enfin visité l’espace Washoku, déménagé au nord du hall 5 (une place plus logique, plus proche des zones traditionnelles) pour une démonstration sur la coupe de poisson sur le sushi ce qui… m’a pas tant intéressé à ça parce que je déteste le saumon… mais eh comme ça je peux dire que j’aurais fait une conférence / un événement dans chaque scène et espace ✌️🤓 !!!
(Ah non merde il me manque la Kamo 😔….)
(Amo a encore zappé la Kamo 😔….)
Les Achats dont vous vous foutez mais que je met quand même
Super, sans transition, voilà donc mes achats qui, cette année, tiennent en une seule photo, preuve d’une relative maîtrise de soi:

Avant de détailler, oui, effectivement, constatation de ma part et légère gène à l’admettre mais… tous mes mangas achetés cette année l’ont été chez des éditeurs IDP. J’étais dans une situation bizarre où toutes les séries que je suis actuellement bah soit j’étais déjà à jour, soit à l’inverse j’étais trop en retard dessus ! Comme je suis actuellement dans une situation où mes piles de mangas à lire sont beaucoup trop hautes, j’ai fait le choix de ne pas commencer de nouvelles séries ou d’acheter de tomes pour des séries sur laquelle je suis trop en retard (sauf si série dont je sais que les tomes vont être chiants à retrouver si je tarde trop derrière, bien sûr.)
Du coup je n’avais QUE des tomes IDP sur ma liste de trucs à choper. La seule exception c’était Sayonara Monsieur Désespoir chez Pika dont le nouveau tome sortait cette semaine mais devinez-quoi !!! Ils les ont pas ramenés pour leur stand !!! Et y’avait aussi Ruri Dragon chez Glénat dont les tomes 3 & 4 étaient en rupture de stock quand j’y suis passé le samedi ! Donc c’est pas faute d’avoir essayé, désolé !
Bref, du coup, la liste des achats est la suivante, de gauche à droite et de haut en bas:
- Amoral Island de Alp chez Hot Manga, qui donc du coup commence à sortir des versions un peu deluxe de gros doujins récent. J’adore Alp, donc évidemment j’étais ravi.
- Pour couvrir humblement ce tome, vous avez la petite illu distribuée à la conf de LonePi ainsi que des stickers CC et Gigi de chez Mi-eau !
- Asami découvre les Escort Girl tome 6 chez Meian, toujours une comédie érotique banger. Dans ce tome 6, Asami se retrouve dans une limousine parce qu’elle a gagnée au PMU, incroyable.
- Giri Giri Sisters de Kusuragi Gunma chez Hot Manga, écoutez le Amo de 2008 l’aurait voulu dans sa bibliothèque je ne vais pas le lui refuser
- Pour couvrir ce tome, c’est les stickers Uma Musume et Gigi Murin très rigolos de ntdanny, artiste qui manifestement le week-end avant Japan Expo tenait un stand à… San Antonio ??? Mr.Worldwide, tout simplement.
- L’artbook Fine de Misaki Kurehito regroupant une partie de son taf sur Saekano – c’est un artiste dont j’adore le style, et je ne suis pas insensible au design des héroïnes de Saekano. C’est un artbook en théorie pas si dur à retrouver au Japon sauf que je n’ai jamais réussi à croiser son chemin du coup allez fuck that shit je le prends en France.
- Sword Art Online Unital Ring Tome 3 – Faut vraiment que je trouve un moment pour lire les tomes précédents…….
- Le Gundam Wing Fenice de Gundam Build Fighters Try – Eu pas mal d’hésitations sur le stand d’Anime Import en matière de gunpla, particulièrement un MG du Turn-A Gundam qui me faisait pas mal de l’oeil, même si eh 60 balles… Mais ayant déjà un MG en stock, je me suis contenté d’un petit HG et après quelques hésitations, ce Gundam Wing aux couleurs de l’Italie me paraissait fun et sympa donc c’était parti.
- L’artbook Citrus2 de popman, particulièrement parce qu’il contient pas mal d’illus de Jellyfish can’t swim in the night.
- Incroyable miracle: voilà les tomes 3 et 4 de Kageki Shoujo. Combien de temps depuis la sortie du tome 2 ? Février 2023 ? Ah pas mal du tout ! J’étais pas encore gestionnaire paie à ce moment là !
- Le tome 7 de Bocchi the Rock, toujours simplement irrésistible
- Artwork de Nagi de Ruri Rocks par Arqo 😎
- Le coffret collector de Bienvenue dans la NHK pour… des raisons que vous comprendrez évidemment vite.
- Sur le coffret, un stand acrylique Rice Shower de toute beauté, là aussi dû à Mi-eau !
- Enfin, les tomes 18 et 19 de Hinamatsuri, pareil, conclusion bienvenue et accueillie ici avec beaucoup de plaisir.
Yay la conclusion !
Déjà 13 600 mots, c’est un sacré marathon donc on va s’approcher vite de la conclusion petit à petit…
En vrai, c’était quand même une très chouette Japan Expo pour moi, d’un point de vue personnel. Au délà du fait que j’ai toujours eu pas mal d’activité à faire, je me suis senti pas mal en forme malgré les heures de sommeil assez médiocre et la chaleur terrifiante du dehors, et ça a même été 4 jours revivifiants pour moi, avec l’excitation d’aller d’une conf à l’autre, de suivre mon petit planning, de faire le tour du salon en prenant des photos… Et comme toujours, ça m’a fait du bien de voir pas mal de gens que j’aime bien, regroupés au sein du salon d’un jour à l’autre ! Je l’ai déjà dit dans le bilan de y’a deux semaines mais c’est vrai que je suis dans une période de ma vie où je me sens fatigué, déconnecté de la réalité et je pense que si vous m’avez croisé peut-être étais-je source d’inquiétudes pour vous. Désolé si je vous ai paru largué, lent ou déconcentré – je luttais aussi en permanence contre une bizarre forme d’anxiété sociale où me sachant pas à mon prime j’étais un peu gêné et peureux de parler avec des gens de peur de paraître stupide et impoli. Un cercle vicieux ! Mais dans tous les cas ça m’a vraiment fait du bien.
J’aimerais aussi remercier les inconnus qui sont venus me voir pour me parler du blog et/ou des vidéos ! Est-ce l’effet de la facecam dans les vidéos ? Je ne sais pas mais en tout cas vous n’avez jamais été autant à venir me voir où à m’aborder pour me complimenter où me dire que vous appréciez ce que je fais et ça m’a fait vraiment fait plaisir à chaque fois – j’espère pas avoir été trop gênant en réponse parce que à chaque fois ça me fait un peu exploser intérieurement, je gère très mal les compliments ça me paralyse 😭. En tout cas, je vous salue pour un courage que moi-même je n’ai pas: je suis passé une dizaine de fois devant le stand du youtuber qui gère la chaîne Speedrun à la Loupe et j’ai pas osé l’aborder pour lui dire que je trouve ses vidéos super. Du coup je le met ici, peut-être qu’il le verra 🤓 !! Mais dans tous les cas, merci beaucoup à vous !

Pour la convention en elle-même, comme j’ai dit, c’était une Japan Expo plus intéressante que l’an dernier, les changements apportés sont bienvenus et sont les bons choix mais hélàs, à mes yeux, ils ne sont pas encore suffisants pour sortir de cette stagnation créative dans lequel le salon s’est tranquillement enfermé depuis le monopole de l’Anime Expo sur le début du mois de juillet. Je parlais en début d’article du public et de mes doutes sur la fréquentation parce que honnêtement au ressenti j’avais l’impression qu’on était sur moins de visiteurs que l’an dernier. Alors après, ça peut être une impression créée par le fait que y’a désormais un hall de plus et que les espaces entre les stands sont plus larges donc que les visiteurs sont dialpidés dans un espace plus large, mais en tout cas du côté des artistes et des éditeurs avec qui j’ai pu discuter, ça faisait vraiment la soupe à la grimace en terme de chiffres d’affaire, ce qui est le vrai nerf de la guerre…
Honnêtement, je ne serais pas étonné si on m’annonçait demain qu’on se retrouvait au niveau de l’édition 2024 en terme de fréquentation parce que ça collerait avec mon feeling. Après y’a des facteurs d’explication envisageables, au délà du salon en lui-même: la météo caniculaire peut être un vrai facteur de non-venue, la crise économique peut jouer un rôle (mais n’empêche pas pour autant la croissance de Dokomi malgré des billets d’entrées au tarif encore plus élévé), le déclin progressif du marché du manga sur ces dernières années n’est peut-être pas non plus innocent…
Peut-être que c’est aussi un rappel visuel qu’on est dans un creux de vague général en France quant à la culture japonaise ? Elle a explosée de ouf y’a quelques années, mais maintenant doit-on accepter qu’une partie de ce public soit passé à autre chose ? Où ptet que, encore une fois, en étant un rendez-vous bien huilé plutôt qu’un évenement sensationnel, Japan Expo ne s’impose plus comme un endroit à être impérativement ? Capte t-elle vraiment bien un nouveau public ? Parvient t-elle à toujours motiver les jeunes et les familles de pouvoir se permettre une dépense de plus en plus difficile qu’est celle pour le ticket d’entrée de Japan Expo ?

Vous l’aurez compris, encore une fois, rôle facile qu’est le mien: arriver et dire de manière préemptoire que suffirait ptet de faire plus d’efforts pour que le salon marche mieux et retrouve de sa superbe. On a vraiment le beau rôle en tant que blogueur. Il suffirait de faire si, il suffirait de faire ça – tout paraît si simple ! Le truc c’est qu’au fond c’est toujours le même sentiment que je vis depuis dix / quinze ans vis à vis de Japan Expo: le salon je l’ai connu quand il était en pleine croissance, quand chaque année amenait des profonds changements, des gros invités, quand il était dans un élan instoppable. C’était grisant et chaque édition semblait être un événement ! C’était aussi l’époque où paradoxalement, naviguer dans Japan Expo pouvait être l’enfer: celle des embouteillages monstres dans le couloir de la mort, des stands serrés entre eux, des queues interminables en plein cagnard à l’entrée, des queues de dédicace interminables au résultat aléatoire… En terme de confort pur et dur, Japan Expo est tout simplement la meilleure convention qu’il soit aujourd’hui. C’est désormais facile d’y circuler, d’y entrer, d’y errer – malgré sa taille, malgré VIParis et malgré son gigantisme c’est une machine parfaitement huilée en train de circulation, et ça mérite des compliments sincères !
Quelque part j’aimerais retrouver l’enthousiasme de la programmation du début des années 2010 dans le cadre et l’organisation ciselée des Japan Expo des années 2020. Mais cet enthousiasme il n’est plus vraiment là: le salon est une routine, un attendu de l’année. C’est juillet, c’est Japan Expo, on y va – on regarde même plus vraiment la programmation, elle paraît être devenue un bonus. Mais plus ça va, plus cet automatisme, plus cette habitude s’émousse. Cette édition 2026 c’est la première où quelques mois avant j’hésitais sincèrement à faire les 4 jours parce que 2025 m’avait montré que 4 jours ça ne se justifiait plus vraiment. Au final, j’ai resigné pour les 4, je ne le regrette pas, mais juste le fait que je me sois initialement posé la question m’a montré peut-être une lassitude avec cette formule, et je crois que je ne suis pas le seul à le ressentir.
Japan Expo doit redevenir un événement, ne serait-ce que pour survivre aux prochaines années qui s’annoncent difficile si ça continue à être une déception en terme de fréquentation – on est à deux doigts d’entrer dans un cercle vicieux et une spirale négative qui pourrait poser réellement problème.
Mais maintenant, vraie question doublé d’une vraie inquiétude de ma part: si elle n’a pas réussi à être un vrai événement pour l’édition de ses 25 ans (un quart de siècle, quand même), à quel moment va t-elle enfin le redevenir ? Ca paraît un peu improbable… et voir annoncé comme invité d’honneur de l’an prochain l’auteur de Captain Tsubasa, pur produit pour des gens minimum quarantenaires, invité qui en plus est déjà venu l’an dernier à Japan Expo Sud… Arf… Le message envoyé est pas enthousiasmant… Ca semble montrer qu’ils vont juste recycler la même soupe et les mêmes noms en espérant que cette fois ça passe et que les éditeurs japonais comme français feront leur taf à la place pour améliorer la programmation et la rendre plus attractive auprès de gens nés après 1985…
Mais dans une industrie du manga qui est pas en super santé, est-ce que les éditeurs français vont pouvoir retenter des efforts, surtout pour un salon qui leur coûte de plus en plus cher ? Et pour les éditeurs japonais, si ils privilégient déjà pas l’AX, qui dit qu’ils ne vont pas en profiter pour aller voir si le public est plus vert en Allemagne ?
Bref, les prochaines années seront déterminantes, il faudra donc être au niveau du challenge qui s’annonce…. Et je ne sais pas si j’ai vraiment confiance, hélàs 😔…

Si je peux conclure cet article sur quelque chose de différent, je vais juste terminer en disant que le monde des salons japanime en France est globalement pas ouf en ce moment. Sorti de Japan Expo, les événements « professionnels » s’effondrent les uns après les autres, ce qui est souvent lié à l’incompétence et/ou la cupidité des personnes qui gèrent ça – j’ai été très étonné par exemple du niveau d’amateurisme que j’ai pu ressentir de la nouvelle organisation qui a repris la Japan Touch de Lyon cette année. Les salons ferment les uns après les autres, et il ne reste plus en France en terme de salons gérés par des entreprises que des événements copiés/collés, dépourvus de la moindre once de passion où d’interêt sincère pour la culture japonaise. On en est au point bizarre où Paris Manga, pas un salon que je porte dans mon coeur, est devenu l’un des moins pires du milieu, ce qui en dit long sur l’état navrant de celui-ci.
Le vrai souci est que derrière, les conventions associatives, censées être là pour les passionnés et pour les publics locaux, sont eux aussi tous et toutes en galère: dans les événements que je connais, Epitanime n’a pas attiré assez de visiteurs l’an dernier pour renouveler sa formule 2 jours 1 nuit, Jonetsu a disparu des radars, Japanantes continue d’attirer du monde mais doit rester cantonné à ses locaux minuscules où tout le monde se marche dessus car incapable de pouvoir accéder à des espaces plus grands malgré son énorme succès…

Les coupes dans les subventions culture, le monde associatif français qui peine à se renouveler car incapable de motiver une jeunesse naturellement désabusée et pessimiste à les rejoindre, les liens entre être humains qui se sont définitivement décousus suite au COVID, les bonnes salles devenues bien trop chères et inaccessibles, les dons de particuliers qui se raréfient… Monter un salon c’est plus que jamais la croix et la bannière, entre autres à cause de choix politiques effectués depuis plusieurs années qui sont là pour rendre les choses difficiles à faire et étouffer le secteur associatif à petit feu. Heureusement, on a encore un ou deux exemples rassurants, comme Japan Tours qui semble réussir à bien se développer et à trouver le parfait équilibre entre passion et vulgarisation auprès de son public – je n’ai pas encore eu la possibilité de visiter le salon mais j’espère pouvoir le faire l’an prochain, c’est un objectif que j’ai !
Ce que je veux dire par là, c’est que si vous aussi vous voulez un monde où les bons salons existent, où ils permettent aux gens de se rencontrer autour de leur passion, où ils font découvrir à un large public toute la beauté et la variété de la culture japonaise, où ils permettent à des jeunes artistes de trouver leur voie & leur public, aux associations de passionnés de s’exprimer, peut-être même de faire venir des artistes japonais pour qu’ils rencontrent un public français qui sera émerveillé à l’idée de les rencontrer… bah n’hésitez pas à y contribuer. Rejoignez une association, rejoignez un comité d’organisation d’événement. Vous allez rencontrer des gens, vous allez participer à un gros projet, vous allez contribuer à un grand ensemble qui amenera du plaisir à des centaines, des milliers de personnes. Tout le monde peut jouer un rôle, on a besoin de bonnes volontés plus que jamais, on a besoin d’un tissu associatif qui regagne de la patate, on a besoin d’initiatives mais, surtout, plus que jamais on a besoin de gens qui peuvent faire un peu don de leur temps pour aider à les mettre en place.

Les salons dédiés à la culture japonaise, je le pense sincèrement, c’est des endroits importants et nécessaires. Cela peut sembler une exagération mais je suis sincère quand je le dis.
C’est des lieux de rencontre, ce qui est plus que jamais important dans un monde en constante division. Nous avons besoin d’endroits pour nous rencontrer, pour nous lier autour de passions communes. Des endroits pour se regrouper, se mélanger et mieux se comprendre afin de dissiper les plus horribles illusions qu’on peut s’imaginer les uns sur les autres.
Ce sont aussi des lieux qui peuvent faire office de sanctuaires pour les personnes qui ne sont pas dans le moule de la société.
Ce sont des lieux où si on veut pouvoir s’habiller comme on le souhaite réellement, on peut le faire. Le cosplay est ainsi parfois le premier pas qui nous permet de mieux comprendre ce qu’on veut être.
Ce sont des lieux où si on veut utiliser un autre nom, un qui nous convient mieux, il n’y a aucun souci. On peut développer l’identité qu’on souhaite réellement être, loin des carcans imposés du monde réel.
Les salons, ce sont avant tout des lieux d’expression, de camaraderie, de partage et d’échange. Il faut veiller à ce qu’ils le restent, mais pour cela il faut avant tout faire attention à ce qu’ils puissent encore être là.
Les salons sur le Japon sont des petites bulles qui changent littéralement des vies pour le meilleur. Cela peut sembler une exagération, mais j’en ai été témoin de trop nombreuses fois pour pouvoir oser le minimiser.
Donc c’est important qu’ils existent. On ne peut pas se permettre de les perdre. Et j’ai peur qu’on les perde de plus en plus ces prochaines années, dans une grande forme d’apathie.
N’hésitez donc pas à donner un coup de main aux salons associatifs prêts de chez vous: ils en ont plus que jamais besoin et ce sont des efforts que jamais vous ne regretterez.
Allez, tout cela étant dit, tenez bon pour le reste de cette chaleur et merci d’avoir lu – je vous souhaite le meilleur1.

Galerie Bonus !
Gros fourre-tout final, allez c’est la maison qui offre. C’est une galerie d’une centaine de photos bonus, avec un peu tout et rien – comme souvent avec les galeries de ce blog, n’hésitez pas à cliquer dessus et à ouvrir la touche information pour lire la légende !

























- Sauf si vous êtes une fontaine à eau du parc des expositions, vous et votre eau qui coupe au bout de 4s forçant à être réenclenché en permanence, je vous déteste. ↩





















































































Un commentaire
Elsental
Content d’avoir eu le courage de t’aborder cette année.
Aussi curieux de ce que va donner l’édition 2027. Si la Dokomi m’intéresse vraiment, je ne me vois pas faire pour l’instant le trajet en Allemagne. Si je fais une convention en juillet prochain, ce sera donc la Japex. Je suis intrigué des conséquences que cela pourrait impliquer. Plusieurs stands que j’ai appréciés cette année étaient aussi à la Dokomi cette année. S’il y a suffisamment de gens qui communiquent rapidement sur leurs absences à la Dokomi, est-ce que cela pourrait m’inciter à juste ne pas aller à la Japan Expo ?
Après, ma chère Hisano Ai, sera probablement là. Et maintenant, j’ai un devoir de fan… (^///^)