Voyage au Japon 2025

[Voyage 2025] Jours 2, 3 & 4 – Island in the sun

Yoooo c’est Amo, j’ai effectué plus de 40 000 pas en deux jours, je suis en train de vivre une misère physique au niveau des pieds mais tout va bien, je n’ai pas vraiment de regrets. On s’est quitté sur le billet précédent sur un corps très déréglé par le jetlag qui semblait se trouver soudainement des pouvoirs surhumains – comme trouver toute une énergie grâce à deux heures de sieste post-avion. Mais hélàs, cela a une fin et tout commence tranquillement à se normaliser: après ça, j’ai eu le droit à une bonne nuit de six heures, bien classique mais suffisante pour me permettre de me lever dans un état médiocre mais suffisant pour conduire une journée qui sur le papier s’annonçait riche: aller à Enoshima durant la matinée, explorer un peu Yokohama le soir avant d’aller au cinéma pour une séance prévue alors vers 21h au cinéma du coin. Très très riche. Avec le recul – bien trop riche. Au point que je suis content d’avoir pas eu grand chose à prévoir pour le jeudi parce que spoiler alerte, Enoshima a pris une journée à lui tout seul, et Yokohama mérite facilement deux ou trois jours donc je sais pas ce que je comptais faire d’un vague après-midi.

Bref – c’est parti !

Avant de lancer cet article – vérifiez bien le ciel environnant afin de ne pas vous faire surprendre par un aigle agressif, ce serait dommage !

Jour 2 – Enoshima

Donc, oui, Enoshima était l’objectif principal du jour ! Quitte à avoir un hotel situé dans l’arrondissement de Tokyo qui est le plus au sud, autant en profiter pour aller explorer le sud ouest de la région ? Et Enoshima, ça tombe bien, s’y trouve. Cette île séparée de Honshu par 500m d’océan (enfin ça c’était avant la construction d’un pont) est une destination touriste prisée et ce depuis des siècles – les plus grands artistes d’Edo et de Tokyo ayant eu pour habitude de souvent y batifoler. Moi j’avoue, c’est avoir maté en 2022 Tsuritama et Bocchi the Rock qui m’ont surtout motivés à donner à l’île une chance.

Du coup, hop, je me lève, me douche, et me prépare à une journée sympa sur Enoshima. J’y vais plutôt à l’aveugle: je sais que c’est joli et que y’a beaucoup d’escaliers, mais mes informations s’arrêtent là. Ah si y’a une tour d’observation aussi. Et des escalators. Non, vraiment, je n’en sais finalement que ce que Bocchi the Rock m’a montré dans son épisode 9, je crois que ça va commencer à se voir.

En théorie le trajet aurait du prendre une cinquantaine de minutes mais au final il va prendre deux heures, pour deux raisons – une qui est sous ma responsabilité. Et je vais commencer par celle-là: en fait j’ai pris un chemin un poil plus long de genre 10/15mn parce que je voulais emprunter… un Monorail.

Le Monorail Kamakura-Enoshima, reliant les stations d’Ofuna à Kamakura et la station de Shonan-Enoshima, est donc une ligne de monorail de 6.6km et juste ça je suis désolé c’est une information qui m’a suffit à vouloir le prendre. J’adore les monorails. Quand en 2019 je suis allé à Odaiba avec le Yurikamome j’étais comme un fou – c’est comme prendre un train et un avion en même temps ! C’est la juxtaposition parfaite entre deux incroyables moyens de transport ! Du coup hop je descend du train à Ofuna au lieu de continuer et prendre une correspondance plus rapide – parce que ça me permettait de faire tout la ligne de monorail, une idée au top ! Et en vrai, aucun regret: la ligne offre – surtout dans ses derniers tronçons – quelques décors et passages vraiment chouettes à voir. Passer à travers la montagne ou à travers une forêt, c’est déjà cool dans un train mais alors dans un monorail ? N’en jetez plus – c’est parfait, je fus aux anges.

Seconde raison pour laquelle je suis arrivée en retard: bah les trains étaient flingués dans tout le secteur.

Notez la différence entre les heures d’annonce des trains à droite et l’heure indiquée sur l’horloge à gauche – 20mn de retard pour le train annoncé voie 2 ? Intolérable.

A priori y’avait un souci du côté de Yokohama, du coup toutes les lignes qui font Tokyo-Sud Ouest étaient au ralenti – et y’en a pas mal. La Keikyu Line ? En retard. La Keihin Tohoku ? KO. La Shonan-Shinjuku ? Défoncée. Ca a été au point où mon Limited Express a mis 30mn a relier deux de ses gares, au point où le conducteur a même balancé un « ohayo les dormeurs, si vous voulez aller à Yokohama plus vite prenez le Local qui attends sur le quai en face il arrivera avant nous. » Pour qu’un Local aille plus vite qu’un Limited Express, c’est que ça chie des bulles – et je peux vous dire ça avec l’assurance du mec qui a enfin compris comment lire les cartes de transport japonais et les différences entre Local, Limited Express Orange, Limited Express Rouge, Express Bleu et tutti quanti.

Bref, le chemin fut long mais il fut quand même bon – ça m’a permis d’un peu roupiller pour essayer de réinvoquer la magie de la power nap.

J’arrive donc à la gare de monorail de Shonan-Enoshima, et comme on est sur du monorail faut pas grimper 3000 marches pour sortir – à l’inverse faut descendre cinq étages. Enfin quatre. Enfin je sais pas exactement, ça fait 48h que je suis au Japon et j’arrive toujours pas à assimiler l’idée que le rez-de-chaussée chez nous c’est le premier étage chez eux. Je sais que c’est une particularité française mais ça me fait toujours faire des noeuds au cerveau particulièrement douloureux. La descente des étages permet de découvrir des ptits trucs rigolos – une ptite expo sur l’histoire du monorail, des maquettes, des cafés… ils l’aiment bien leur monorail. Je les comprends, moi aussi j’aurais un monorail à Juvisy j’en ferais des tonnes – mais hélàs on a même pas le tramway….

Cela étant dit la station de monorail est littéralement à 2mn de la station d’Enoshima – qui est toute mignonne, regardez moi ça:

Ah oui sur les choses auquel je m’habitue jamais: la proximité entre les trains et les habitations. Mon Limited Express entre Yokohama et Kawasaki qui, quand il n’est pas au ralenti, frôle des habitations à genre 100 km/h, ça me surprend autant que je plains les pauvres gus qui habitent dans ces coins là – j’espère que le loyer compense le fait que de 5h à 1h du mat t’as des trains qui passent à balle à 10m de ton lit. Mais en attendant, la station d’Enoshima est très chouette ! Je passe vite fait à l’intérieur pour récupérer mon premier ♪ stamp ♪ du voyage (je n’oublie pas cette fois) et après ça bah on marche jusqu’à l’île du coup !

Mais une fois l’île en vue, mon attention change encore une fois très vite d’objectif – il est environ 11h30, avant d’entrer dans Enoshima, pourquoi ne pas manger ? Du coup je m’écarte du chemin principal et part en direction de la plage, pour du coup explorer un peu plus la ville – l’occasion déjà pour moi de croiser un énorme bâtiment en forme de temple. Assez stylé ! Sauf que c’est pas un temple… c’est une gare ! Fraîchement reconstruite !

C’est la gare de Katase-Enoshima, terminus de la ligne Enoshima, et ainsi designée pour ressembler au temple du dragon d’Enoshima. La station a été reconstruite très récemment – en 2020. Assez cool, je vais pas le mentir – nous quand on a reconstruit la gare de Juvisy en 2019 on l’a pas fait en forme de temple du dragon, là aussi c’était très clairement une erreur. Pas de tramway ET pas de temple du dragon ? On voit vraiment que la mairie était dirigée par un nul. Bref, ma recherche d’un restaurant se poursuit, les solutions sont nombreuses (dont par exemple un restaurant italien nommé Il Chianti ce qui me fait beaucoup rire parce que ptdr on dirait CHIANT le nom) mais je me retrouve à nouveau à voir mon attention changer d’objectif parce que y’a une GRANDE PLAGE et OMG J’ADORE LES PLAGES CA ME RAPPELLE MA NORMANDIE.

PLAGE HIVERNALE LET’S GO !!!

A partir de là c’est une heure de marche sur la plage de Fujisawa (oui parce qu’on est pas vraiment encore à Enoshima – Enoshima c’est l’île et elle est dans la ville de Fujisawa) (mais bon au Japon les villes font les tailles de cantons, c’est un autre délire) et sur les différentes jetées. L’occasion déjà de prendre plein de photos ou de constater que (et c’est une remarque très bizarre) le sable est pas le même entre celui dont j’avais l’habitude à Ouistreham et celui des plages du Pacifique. En parlant de constatation, je ne peux également que remarquer que le vent a tendance a être de plus en plus fort au fur et à mesure du temps passé sur la plage – notez bien ça, ça va être récurrent tout le long de cet article.

Cela étant dit, je décide pour manger d’aller dans un restaurant nommé Aloha Table, qui se spécialise dans la cuisine « hawaienne » – oh ça tombe bien j’y connais rien en cuisine d’Hawai. Du coup hop, me voilà 30mn plus tard avec un curry accompagné d’un steak et d’un oeuf – et un ptit drapeau à la gloire de Goro Majima. Oui c’était le début d’une collab entre le resto et le jeu Yakuza-Pirate, du coup le resto était aussi plein de fans du jeu qui venaient récupérer le ptit sticker bonus. Fans à 100% féminines. Et moi j’étais là un peu par hasard à manger mon steak et boire mon cocktail thé-ananas en occupant à moi tout seul une table de 4 parce que c’était la seule qui restait et qu’ils m’ont mis là, voyant par la fenêtre des groupe de 2 ou 3 personnes attendre dans le vent froid que je m’en aille pour libérer l’espace. C’était bon, malgré le goût de la gêne.

(Oui vous l’aurez compris c’est pas réellement un restaurant hawaiien – c’est juste de la bouffe japonaise thématisée tropiques, mais eh.)

Galerie: matinée à Fujisawa – Plage et trajet

Direction ensuite Enoshima ! Finalement !

J’y entre vers 13h et pour la faire simple, l’île est divisée en trois parties: l’entrée de l’île avec sa rue commerçante suivie de deux de ses principaux temples – Hetsumiya et Nakatsumiya. Les deux sont séparés par différentes montées et séries d’escaliers, avec un chemin unique. Cela forme une complexe dédié à la gloire de la déesse Benzaiten, divinité de « tout ce qui coule » – l’eau, les émotions, les arts ou l’amour. C’est un secteur de l’île qui peut être très physique – les escaliers sont nombreux, plus de 20mn d’escalade seraient à priori nécessaire pour escalader les 206 marches au total qui forment ce chemin, parsemés de pauses heureusement bienvenues quand on croise les temples lors de la traversée.

… ou alors vous faites comme moi et vous payez 360 yens pour l’accès aux escalators 🤓👍.

Qui sont très bien faits: chacun couvre le chemin d’un temple à l’autre, en plus comme c’est des escalators couverts et construits dans la montagne, ils ont mis des jolies images et des ptites musiques dedans. En vrai je recommande l’usage de ces escalators – déjà ils vont vous faire économiser de l’énergie pour la suite de la visite (et vous en aurez besoin à un moment), mais si en plus vous prenez le « 1-day pass » à 1000 yens qui comprend en plus des escalators l’accès à l’observatoire, au jardin botanique en soirée et aux grottes, c’est un vrai bon deal.

Tout le secteur « spirituel » a été un vrai plaisir à parcourir…

…il m’a rappelé les bonnes vibes que j’avais ressenti au Fushimi Inari de Kyoto quelques années plus tôt. En règle générale, l’île d’Enoshima a quelques points communs avec le mont sacré kyotoite: comme le Fushimi Inari il est blindé de touristes à sa base (et effectivement, la rue commerçante était noire de monde, quand bien même on est en hors-saison) mais plus on avance, plus les foules se diffusent, l’endroit offre plein de choses aux personnes qui n’hésitent pas à sortir du chemin principal et ceux qui vont jusqu’au bout sont « récompensés » de pas juste vivre le lieu de manière superficielle.

Cela étant dit, après le premier secteur, temps pour le second – le plateau, avec le jardin botanique et la tour d’observation, la Enoshima Candle.

La tour s’élevant

Le jardin botanique je trouvais qu’il avait un nom rigolo – le Enoshima Samuel Cocking Garden. Mais c’est parce que « cock » ça me fait rigoler, et du coup vu que j’ai 6 ans d’âge mental j’imaginais des jardins de bites s’étendant à l’infini… Tout ça pour qu’au final je découvre sur place que ça s’appelle ainsi car à la base le jardin a été crée par un habitant anglais de l’île nommé… Samuel Cocking. Bref – l’entrée du jardin est gratuite jusqu’à 17h, après quoi elle devient payante car la nuit tombe et à partir de ce point, des illuminations par dizaine viennent rendre l’endroit parfaitement enchanteur. En tout cas c’est ce que j’ai cru voir et entendre – moi à 17h j’étais en train de quitter l’île.

Le plus important à retenir c’est que c’est dans ce jardin que se trouve la SeaCandle, la grande tour d’observation dominant l’ensemble de l’île. Tour d’observation et aussi phare – on est là aussi sur un bâtiment moderne, remplaçant depuis 2003 l’ancien phare de l’île, désormais démoli. La tour possède deux zones d’observation: une zone couverte en intérieur et, après quelques marches, une zone en extérieur et là pfiou vous vous souvenez de ce que je disais sur le vent ? Là il était particulièrement énervé – tout l’océan Pacifique semblait vouloir nous déraciner et nous projeter dans le vide. Ca empêche pas de profiter de la vue !

Redescente de la tour et ensuite nous avons donc la troisième partie de l’île: les villages, les falaises et les grottes. Là aussi chemin unique, qui fait passer par mal de choses différentes en très peu de temps: d’abord les villages escarpés, remplis de restaurants divers et variés à destination des touristes (tout en restant très abordables) en plus de quelques habitations. Je suis assez épaté par les gens qui vivent là – t’es loin de tout, mais en même temps t’es pas au calme pour autant vu la foule qu’il y’a l’air d’y avoir quotidiennement sur l’île. Je pense à un couple de petits vieux qui vivent littéralement dans la dernière maison avant les grottes et les falaises, j’imagine que pour faire les courses ils doivent se taper 20mn de marche jusqu’aux temples avant de descendre, récupérer des trucs dans la ville au pied de l’île et ensuite remonter avec leurs achats. Les montées d’Enoshima avec des packs d’eau ça doit être un sacré délire – j’espère qu’ils ont un accès à vie aux escalators, ça serait mérité.

Bref, je divague.

Avant les falaises y’a aussi le dernier des trois temples, en l’occurrence l’Okutsumiya où, juste à côté, on trouve le très stylé « Temple du Dragon », le Wadatsumi-no-miya.

Enoshima aime beaucoup sa déesse mais aime tout autant son dragon – il faut dire que les deux sont liés par la même légende, écrite au 11e siècle, et racontant comment, en 552, la divinité Benzaiten a sortie l’île d’Enoshima des eaux pour y habiter, attirant l’attention -et l’affection- du terrible dragon qui hantait la baie. Profitant de cette admiration, Benzaiten a alors convaincu le dragon d’arrêter de foutre le zbeul et celui-ci s’est donc changé en colline, faisant venir le calme dans la région. C’est donc tout cela que Enoshima célèbre via ses temples et ses statues !

En plus du temple, on peut également prendre un léger détour pour aller jeter un oeil à la cloche du dragon, donnant sur la facade sud de l’île. Là bas, on est encouragé à faire sonner la cloche pour voir son voeu se réaliser – mais l’endroit est surtout dédié aux couples et à la réussite amoureuse, les couples faisant la queue pour sonner ensemble l’engin, en plus d’accrocher de multiples cadenas aux grillages, à la façon du Pont des Arts parisien. Une tradition manifestement devenue internationale !

Et puis enfin, on descend une énorme rasade d’escaliers pour se rapprocher de la mer et, après une dernière habitation et un dernier restaurant, nous voilà au niveau des falaises et du bord de mer. Quand la marée est basse et le vent pas trop fort, il est tout a fait possible d’aller se balader sur les rochers environnants, ce que faisait pas mal de touristes très courageux, allant sur les rochers se prendre en photo face à des vagues enragées. C’est aussi par là qu’à priori a été creusé un chemin menant à l’embarcadère d’un petit ferry allant directement jusqu’à Fujisawa.

Là on parcourt nombre de chemins et de ponts jusqu’au bout du tracé, qui mène aux grottes d’Enoshima. Haut lieu de pélerinage dans le Japon d’antan, c’est aujourd’hui devenu un petit complexe ayant tout de même gardé son haut aspect spirituel: on est encouragé à en parcourir une bonne partie à la bougie, pour admirer statues anciennes et lieux hautement symboliques. Bon, et on peut aussi aller voir dans la seconde grotte une statue de dragon très moderne qui fait un bruit de rugissement pré-enregistré quand on tape des mains devant elle, le tout après avoir traversé un chemin parsemé de petites guirlandes et de sons ambiants absolument pas médiévaux – c’est eNtRe tRaDiTiOn eT mOdErNiTé !

La première grotte…
… et la seconde grotte, très différentes

Malgré tout c’est un lieu que j’ai beaucoup aimé – principalement parce que c’est un des rares endroits que j’ai visité où ne pas dépasser les 1m65 m’offre un très net avantage par rapport au reste des gens. C’est aussi un lieu avec une ambiance très singulière, bien aidée par le vent assez énervé qui semblait créer des sons assez uniques, parfois un peu effrayants, au sein de la première grotte. J’avoue avoir peu visité de grottes dans ma vie et ne pas particulièrement être attiré par le concept d’aller dans les profondeurs – mais j’ai passé un chouette moment !

Voilà donc tout ce que j’ai pu voir à Enoshima – maintenant…. faut retourner à l’entrée.

Et là du coup c’est moins rigolo – le vent continue d’être de plus en plus fort, je vois les touristes être chassés des rochers par des employés, les vagues deviennent assez énervées et le passage au niveau des falaises m’a rappelé ces moments de joie enfantine quand je voyais des tempêtes se déchaîner sur le port de Cherbourg. Mais le vrai drame c’est que tous ces escaliers que j’ai descendu avec joie… bah va falloir les remonter. Et là pas d’escalator ! Commence alors un léger supplice de cinq-dix minutes à m’enchaîner des escaliers très raides et arrive ce que je craignais – je ne suis effectivement pas très bien préparé pour les montées. Au point où après cinq minutes je commence à avoir mes genoux qui lâchent, ce qui arrive très vite ! Il est loin le Amo qui est parvenu à monter le Fushimi Inari…

Mais bon, une fois les derniers escaliers montés, c’est la délivrance: il ne reste plus que du plat et des descentes à effectuer, ce qui se fait sans déplaisir ! Le soleil commence tranquillement à se coucher et avec le recul je regrette ptet un peu de pas être resté sur l’île pour vraiment la voir au soleil couchant. Non, à la place, je m’étais un peu déterminé à quand même aller passer une soirée à Yokohama – tout ça pour qu’au final j’y aille pas et privilégie Kawasaki, pour des raisons exposées plus bas. Mais en tout cas, vrai gros plaisir que cet après-midi passé à Enoshima – je recommande très fort l’exploration de l’île. L’été ça doit être infernal avec la chaleur et les touristes mais en dehors de ces périodes ? 100% à mettre sur la shopping list.

Galerie: Enoshima

Après ça du coup je retrouve la rue commerçante – d’ailleurs, j’y vois les fameux plaquettes de poulpe écrasé à la presse et même dans la vraie vie on dirait que des gens mangent des jpg, c’est chelou – et me revoilà à Fujisawa. Avec un vent toujours plus énervé: j’essaie à un moment de traverser l’un des ponts et je me retrouve un peu déporté sur le côté tellement celui-ci souffle fort. Ah ça c’est de la bonne rafale comme j’aime. Mon objectif étant donc initialement d’aller à Yokohama, je passe à travers les portails du temple-gare de Katase-Enoshima et me voilà dans mon moment favori du voyage (non) – les transports tokyoites en heure de pointe ! Très vite bondé, très vite stressant, je ne suis absolument pas à mon aise, ce que vous comprendrez aisément !

Mon objectif était donc de passer la soirée à me balader à Yokohama avant de voir un film mais je dois avouer que cet aprem de marche à Enoshima, suivi de 45mn passé debout dans les transports nique un peu mon envie de me « balader » plus longuement. A la place je me saisis de mon téléphone, je regarde un peu si y’a pas moyen de choper une séance du film que je veux voir plus tôt – et ça tombe bien, Kawasaki – qui est sur ma ligne – en a une que je peux aisément attraper !

Du coup me voilà à Kawasaki – c’est presque Tokyo mais c’est pas Tokyo.

Gare de Kawasaki

Les cinémas Toho sont juste à la sortie de la gare, au 7e et 9e étage d’un grand complexe, du coup avec une bonne demie-heure d’avance je m’y pointe. Je m’arrête au passage à une librairie au 5e étage, par curiosité et désir d’occuper un peu mon temps. Du coup, comme je suis à Kawasaki, logiquement, j’achète ceci –

C’est un peu la nouvelle célébrité locale ! Et puis après ça direction le cinéma – j’aimerais vous dire que j’ai acheté un billet super facilement sur la machine mais j’avoue avoir bugué de ouf parce qu’au moment où il me demandait de choisir quel tarif je voulais, je ne trouvais pas « simple adulte ». Y’avait enfant, senior, détenteur d’une carte etc… mais pas « adulte. » J’étais un peu perdu ! Une recherche google plus tard, mystère élucidé – je devais sélectionner l’option « TohoWednesday » parce que le mercredi c’est jour tarif réduit pour tout le monde dans les cinémas Toho ! 1300 yen la séance, ce qui équivait à 8€50 – jamais payé le cinéma aussi peu cher depuis que j’ai dépassé les 25 ans.

Et du coup tout ça pour vous dire que j’ai vu Project Sekai le film – c’était en japonais non sous-titré donc me demandez pas de vous résumer les subtilités de l’intrigue mais celle-ci fut suffisamment simple et les visuels sont suffisamment clairs du coup j’ai pu passer un bon moment et même avoir un peu d’émotion à la fin.

Mizuena… Mes blorbos… Yoyoyo je suis jeune…

Je suis fan du jeu depuis presque 4 ans maintenant donc ça a aussi été un plaisir de voir ces personnages enfin être animés dans autre-chose que des minis-courts métrage, et on sent que l’œuvre veut avant tout parler aux fans, avec pas mal de petites blagues références (je pensais pas que le film référencerait les talents de dessinatrice de Honami – mais il le fait), tout ce qu’il faut pour alimenter les shippings et des séquences de concerts vraiment très chouettes. Particulièrement les chansons de Vivid Bad Squad et de Leo/need, qui clairement ont bénéficiés d’un soin assez poussé – faut dire que VBS a encore eu le droit à un banger signé GIGA donc ça ne méritait pas moins que l’excellence.

Donc ouais, grosso modo – un joli film sur la beauté de la musique et son aspect « guérisseur » sur le mental des gens, mais aussi un film rendant hommage à Hatsune Miku et à l’impact qu’elle a pu avoir sur une génération entière d’artistes et d’auditeurs. Malgré tout, il faut connaître son Project Sekai pour vraiment apprécier le film, celui-ci n’introduisant pas trop la vingtaine de personnages inédits et ne cherchant pas forcément à les développer pour un nouveau public. J’ai eu le sentiment que Leo/need et Nightcord at 25 étaient les deux groupes « chouchoutés » par l’intrigue, mais j’ai ptet un biais sur le second vu qu’à chacune de leurs scènes j’étais au taquet. Je veux dire y’a une séquence de 2s ou Mizuki et Ena font du karaoké ensemble, ça m’a instantanément rajeuni de 5 ans.

Vous serez aussi heureux d’apprendre que le film maintient l’aspect gacha du jeu puisque trois éléments aléatoires surviennent dans l’expérience cinéma:

  • Quand la salle s’ouvre, on distribue à chaque spectateur un mini-shikishi accompagné d’un code pour le jeu. Le mini-shikishi met en scène à priori un des 26 personnages du jeu (les 5 groupes + les Vocaloid.) J’ai eu Mafuyu qui est mon 3e personnage favori, j’estime donc avoir été béni par ce premier gacha. Fun fact: j’ai vu 2 personnes prendre le shikishi et… juste partir. J’imagine qu’ils veulent juste collectionner les shikishi, haha.
  • Juste avant le film, une annonce vocale est faite par l’un des cinq groupes pour nous présenter le film et nous dire les règles (glowstick OK pendant les séquences de concert, pas de photo ni de vidéo etc) – j’ai eu Nightcord at 25 qui est mon groupe favori, j’estime donc avoir été béni par ce second gacha.
  • Juste après le film, comme dans le jeu après un event, on a un AfterLive bonus ! C’est tout simplement 10mn de concert fait avec le moteur 3D du jeu où les Vocaloid chantent le thème principal, suivi d’un des 5 groupes qui reprend en concert la version longue de sa chanson inédite, en plus de commenter ce qu’il s’est passé via une petite saynète. Là j’ai eu Wonderlands x Showtime, qui est un groupe sur lequel je suis un peu mitigé (j’aime bien Emu et Nene, pas d’opinion sur Rui, je peux pas sacquer Tsubasa) et qui hélàs a clairement la moins chouette chanson des cinq – j’estime avoir eu un mauvais gacha.

Bref, expérience assez unique mais que je suis content d’avoir fait malgré la barrière de la langue !

Après ça, bon – temps de dormir un bon coup !

Jour 3 – Yokohama

Très heureux de vous annoncer que j’ai dormi de 23h à 9h ! 10h de sommeil, quel plaisir… Bon après la nuit a pas forcément été parfaite, je me suis souvent réveillé pour me rendormir au bout d’une ou deux minutes, très clairement mon corps a pas encore assimilé ses nouveaux horaires mais par rapport au premier voyage j’ai le sentiment que ça s’adapte un peu plus vite.

Donc là, l’objectif de la journée c’est Yokohama – j’ai fait une liste des différents lieux intéressants que j’aimerais voir, avec l’idée de les faire sous forme de circuit. Car encore une fois, on est sur une ville plutôt grande donc ça nécessite un peu de préparation ! Avant ça je m’arrête à l’office du tourisme d’Ota City pour y acheter une peluche de la mascotte locale – s’en suit une conversation enthousiaste avec la gérante et son assistant qui essaient de me vendre Kamakura et Yokohama, le font avec beaucoup de gentilesse, d’autant plus que l’assistant connaît un peu de français car c’est un… weeb de la France. Fana de cinéma français, a voyagé trois fois – je regrette d’être nul en conversation, j’aurais dû lui demander c’est quoi ses films favoris. Ça se trouve il m’aurait répondu des trucs comme Taxi 2 ou les Tuches et ça aurait été une grosse surprise.

Minatomirai, vue depuis les cieux

Arrive rapide à Yokohama et direction du coup le Sky Garden. C’est situé au 69e étage du Landmark Tower, une grande tour surplombant la ville de Yokohama. Comptez 1000 yen pour l’accès et honnêtement, si comme moi vous avez le droit à une méteo claire – c’est pas mal !

Et encore là clairement on sent que y’a un peu de pollution – certains jours il paraît qu’on peut voir jusqu’à la Tokyo Skytree ! Je vais néanmoins pas me plaindre – j’ai eu le droit à ma petite vue de Mont Fuji, et je dois avouer que c’est loin d’être désagréable. Globalement l’observatoire se veut être un lieu très chill: pas mal de place, beaucoup de sièges pour ceux qui veulent se poser en regardant les décors, un petit café, une bibliothèque pour ceux qui veulent bouquiner devant le panorama… et une exposition dédiée à l’histoire des films Doraemon ! Le prochain sortant mi-mars, c’était l’occasion d’une collab avec la tour, avec à la fois une exposition de tous les posters et fascicules de la totalité des films précédents (et y’en a un par an depuis 1980 !) mais aussi quelques coins photos et ventes de goodies.

En règle générale, Doraemon est très présent à Yokohama – je l’ai vu également poser avec les baseballers de Yokohama, et le musée Fujiko F. Fujio est pas très loin puisque situé à Kawasaki. Manifestement une fierté locale, et en même temps il y’a de quoi !

L’observatoire va bien m’occuper pendant une heure – je dois avouer adorer les hauteurs autant que je crains les profondeurs, et j’ai passé tout ce temps tout simplement assis, posé et reposé à regarder ces paysages urbains interminables s’étendre devant moi. Ca doit être super de nuit… Mais de jour c’est super sympa aussi… Et puis là y’a aussi une vue sur le port qui est quand même très chouette… Bref les observatoires c’est ma grande passion. Je profite de ce moment de repos pour essayer de trouver un resto pour le midi et j’en conclus que j’en trouverais certainement un dans l’immense complexe commercial qui se trouve sous la tour.

Et là ellipse 40mn plus tard – j’ai pas trouvé de resto, y’en avait plein mais ceux qui m’intéressaient étaient soit sans English Menu et ça m’intimidait encore un peu, soit ils étaient juste pris d’assault parce qu’il était midi donc les j’imagine très nombreux salarymens et office ladies du coin était en train de débarquer pour manger. Du coup tant pis pour le déjeuner, j’irais plus tard – et du coup en attendant j’arrive sur l’île de Minatomirai et j’entre dans le Cup Noodle Museum.

Initialement je l’avais mis sur ma liste mais si je dois être honnête c’était pas une priorité – j’ai vite compris que ça allait être un musée assez léger et très corporate sur l’histoire de la marque Cup Noodle. Et je me trompais un peu sur un point – c’est moins un musée sur Cup Noodle qu’une gigantesque ode à la gloire de son ancien président et fondateur, Momofuku Ando. L’homme est omniprésent dans la demie-heure que dure la visite du musée, via d’abord un petit film d’un quart d’heure où une version de lui en 3D nous raconte son histoire et comment il a imaginé le concept des nouilles instantanées… malgré les difficultés ! Malgré les échecs ! Malgré les concurrences sournoises ! Il n’a jamais abandonné ! Il a su trouver des idées ! Il a su changer ses manières de réfléchir et penser en dehors des idées pré-conçues pour révolutionner l’univers de la nourriture japonaise et, même, de la nourriture internationale !

Je veux dire, à la fin de l’expo on le voit poser avec Einstein et moults autres grands créateurs, artistes et sportifs qui n’ont jamais abandonnés ! Vous voyez le genre de délire –

Je reconnais pas le mec à perruque au milieu – j’ai envie de croire que c’est Voltaire parce que ça aurait aucun sens, mais c’est sans doute un inventeur célébre du 17e siècle. Big up à Marie Curie néanmoins.

Bon si tu sais qu’on te fait bouffer (héhé) de la propagande, ça reste un peu instructif. Je comprends pas forcément trop le délire de nous diffuser un film de 14mn qui résume le contenu de l’exposition qu’on voit juste derrière mais bon, visuellement c’est pas trop mal fait. Pour les visiteurs étrangers ils ont enfin sous-titrés le film (je voyais des avis google datant de y’a 9 mois qui se plaignait de leur absence) et y’a un mini site internet auquel on peut accéder sur son téléphone pour une traduction de la moitié des panneaux. Même si bizarrement, il m’est arrivé de lire la version du site internet puis ensuite de sortir mon google Translate en mode appareil photo pour voir ce que dit le panneau… et avoir eu des choses radicalement différentes. Donc n’hésitez pas à préparer votre scanneur Google Translate pour le musée, malgré tout.

A l’étage au dessus il y’a ce qui est l’attraction la plus populaire du musée – l’atelier de création de son propre Cup Noodle. On peut créer le design, choisir le gout, les accompagnements… J’aimerais entrer en profondeur mais honnêtement ça m’intéressait pas des masses du coup pas pris le petit supplément de prix. Sachant qu’en plus du supplément, on va aussi vous demander de réserver un créneau horaire – mais là pareil, pour les visiteurs étrangers c’est pas très compliqué, ça sera fait de manière très visuelle avec la réceptionniste.

Par contre, au 4e étage y’avait un truc qui là par contre m’intéressait: le Noodle Bazaar.

Je suis parti en oubliant de prendre en photo la zone, qui a une absence très bien étudiée – assez rétro en essayant d’émuler une ambiance de vieux marché. Du coup voilà mes nouilles chinoises un peu épicées.

Concept simple: 8 stands, chacun aux couleurs d’un pays du monde connu pour sa cuisine à base de nouilles. Et vous pouvez commander des plats dans chacun d’entre eux ! Corée du Sud, Vietnam, Chine, Thaïlande, Indonésie, Malaisie, Kazakhstan et Italie – huit manières différentes de concevoir les nouilles, et huit recettes différentes. Les commandes se font via des machines à ticket, vous payez 500 yen pour la demie-portion de votre choix et vous amenez le ticket au stand concerné pour l’échanger contre un bol de nouilles. Au départ j’avais pris le bol chinois, j’avais bien aimé mais c’est vraie qu’une demie-portion ça ne cale pas forcément et que les autres bols étaient très tentants – du coup aucun souci, je suis retourné à la machine, j’ai repayé 500 yen et j’ai pu tester les nouilles kazakh ! Si on calcule bien, avec 2000 yen vous pouvez vous faire 8 demi-bols de nouilles aux goûts radicalement différents… c’est pas un si mauvais plan… 2000 yen ça fait 12€50… A ce prix là on a vaguement un menu McDo en France…

… Tin le yen bas c’est un truc de fou… 🤤

Rassassié et heureux au final de n’avoir pas déjeuné avant de venir, je peux donc continuer ma balade – là ça va surtout être lié au port, où je vais d’abord entrer un peu dans le fameux Entrepôt aux briques rouges. A l’intérieur c’est que des petites boutiques, visant un public clairement aisé – on est sur de la maroquinerie de haute qualité, de la patisserie haute gamme, bref c’est pas vraiment mon monde (malgré le yen bas !) Du coup je vais rapidement ressortir et à la place bah me balader sur le port en direction du parc Yamashita, situé pas loin. C’est là que la journée va commencer à être un peu compliquée parce que le vent est toujours là, le vent est toujours très fort et en plus ce bâtard il commence à être froid. Du coup malgré un beau soleil et un coupe-vent Decathlon extrêmement bien conçu, je suis pas fondamentalement à l’aise – les mains sont vites KO et mon corps commence à se rendre compte qu’il a fait 30 000 pas en 36h donc il m’indique gentiment les limites proches. Puis au Cup Noodle Museum j’ai beaucoup piétiné donc… aie aie faut que je m’assoie toutes les demi-heures pour récupérer.

J’arrive malgré tout au parc Yamashita – c’est très joli ! Mais il y’a du vent et il vraiment est pas agréable ! Jolie statue néanmoins !

Je croise des lycéennes en uniforme et jupe, elles doivent être frigorifiées c’est ouf. Mais du coup juste en les voyant j’ai froid pour elles donc j’ai encore plus froid – ça ne se stoppe jamais. En plus on rigole mais le temps passe et au Japon tout ferme tôt – je voulais aller à un musée de trains réduits, fermeture à 17h et il est déjà 15h30 donc hop hop hop faut s’activer. Je quitte le parc direction le métro, je passe devant l’entrée de Chinatown (que je verrais pas aujourd’hui, tant pis), je prends le métro, deux stations plus tard me revoilà à la Gare de Yokohama qui est – je l’ai pas signalé mais c’est logique – absolument gargantuesque. Faut que je trouve une sortie précise pour aller au musée et bizarrement je galère de ouf à la trouver, surtout qu’il est 16h et que les travailleurs qui rentrent du taf ça commence doucement mais sûrement à débarquer dans ce qui est sans doute une des gares les plus fréquentées du monde. Bon 15mn plus tard je trouve la sortie, celle-ci me fait passer à l’intérieur du siège de Nissan (???) mais comme je suis une foule de centaines de personnes qui font la même chose bon bah je suis pas trop surpris par ce twist. Et du coup j’arrive enfin à ma destination – le Hara Model Railway Museum.

Qui était fermé.

Oh non ☹️…

Du coup voilà ma seule photo du quartier de Chinatown – dont j’ai sacrifié la visite pour à la place aller à un musée fermé.

Explications: cette fois-ci j’ai pas refait une Jardin-Impériale-un-lundi, j’avais bien vérifier que c’était ouvert – le site indiquait bien que c’était ouvert tous les jours de la semaine sauf le mardi et le mercredi. On est ni mardi, ni mercredi – top ! Google me dit bien que c’est ouvert, pourquoi n’aurais-je pas confiance en Google, surtout en ce moment et dans ce contexte géo-politico-technologique ? Du coup j’ai affronté le vent et traversé la gare de Yokohama dans l’espoir de voir des dioramas de ouf et des petits trains qui font tchoutchou dans tous les sens. J’avais une envie sincère – je veux dire à côté du Yamashita Park y’avait le musée des douanes de Yokohama ou le musée des poupées, les deux me hypaient, mais je les sacrifiés pour LES TRAINS MINIATURES. C’est vous dire à quel point je kiffe potentiellement ça.

Mais non c’était fermé – et vous savez pourquoi ? Je l’ai découvert par déduction – bah comme mardi avait été un jour férié au Japon, ils ont décalés le jour de fermeture. Le musée était resté ouvert mardi, et c’est jeudi qui est devenu l’un de leurs deux jours de fermeture hebdomadaire. Du coup voilà, ça a fait un déçu – moi.

Sur le retour, je repasse néanmoins par le QG de Nissan. Là aussi fin observateur je note qu’autour du siège y’a pas mal de journalistes – des équipes de télé, des photographes… Je vois des gens de la marque s’animer et rentrer en urgence dans leurs locaux. Un passage sur les Echos plus tard – Honda venait d’annoncer abandonner le projet de fusion Honda/Nissan/Mitsubishi sur lequel les trois marques travaillaient depuis un an, dans le but de concurrencer l’hégémonie de Toyota et de permettre à Nissan de rebondir après une décennie pas fifolle. Oupsie !

Le QG de Nissan a un étage d’exposition légèrement musée, avec quelques modèles actuels de la marque – un peu deçu que y’ait pas un vrai aspect musée avec des vrais vieux modèles mais bon eh voilà une GT-R.

Bon du coup quand Amo est deçu, Amo part dépenser de la thune – le Pokémon Center de Yokohama était pas loin, donc pourquoi pas y jeter un oeil ? J’arrive donc dans le Sky Building, un ensemble de 8 étages rempli de boutiques diverses et variées – dont un Lashinbang ! C’est le retour des emplettes otaku inconsidérées ! La raison aurait voulu que j’attende le retour à Tokyo en fin de voyage pour pas encombrer les valises mais écoutez, j’ai craqué – et en même temps, là ou je vais à Kyushu, les opportunités ne seront pas forcément si nombreuses de croiser des boutiques un peu « otaku. » Le Lashinbang en question reste un peu petiot par rapport à d’autres que j’ai pu croiser – j’ai cru comprendre qu’il y’en avait un autre de l’autre côté de la gare. Bon ça ne m’a pas empêché de prendre 2/3 trucs et de les payer à un caissier qui, dans la plus pure tradition Lashinbang, arborait moults goodies de son personnage d’anime favori – en l’occurence ici, Nijika de Bocchi the Rock!

A noter d’ailleurs que à Yokohama ce jeudi c’était jour de concert – en l’occurence celui de Fubuki Shiramaki, d’Hololive. La gare de Yokohama était parsemée d’affiches très variées mettant en avant le personnage, il y’avait quelques rassemblements de fans et, du coup, logiquement, au Lashinbang le rayon vtuber était très fréquenté par des gens cherchant des goodies seconde main de leurs vtubeuses favorites – j’ai pas checké si y’avait du Hololive EN mais c’est ptet un peu trop tôt pour du Cécilia Immergreen et du Gigi Murin…

Le Pokémon Center est à l’étage le plus haut et je soupçonne qu’il serve d’appât pour toutes les boutiques du bâtiment, qui vont être bien heureux de récupérer les touristes du coin (qui auront mystérieusement pas privilégié les Pokémon Center tokyoite – particulièrement celui du Skytree.) Le Lashinbang avait un ptit coin Pokémon d’occasion opportunément palcé, idem pour le Surugaya du 7e étage qui lui était assez maouss costaud. Je découvrais du coup Surugaya qui est, comme Lashibang, une chaîne spécialisée dans les goodies d’occasion.

Trois gros rayons dédiés à de la figurine d’occasion, des espaces jeux vidéo, CD et DVD, un espace maquette (je me demande c’est quoi de la maquette d’occasion ? De la maquette non montée, logiquement ?) ou bien un endroit que je trouvais très rigolo – des bacs à goodies divers et variés, classés parfois par séries, où la promesse est que tout était à moins de 300 yens – soit environ 1€90. Des badges, des stands acrylliques… souvent des petits trucs, mais c’est assez grisant de fouiller. Big up au bac Lycoris Recoil qui ne contenait que des goodies de Mizuki – même IRL personne ne veut d’elle, la pauvre.

Ce rayon dédié aux maquettes de bagnole a attiré mon attention comme jamais

Et puis du coup au 8e étage – le Pokémon Center, accompagné pour l’occasion d’un Store Precure, un Store Chiikawa (vraiment de plus en plus omniprésent) et un store… Minecraft ?

« Everything Minecraft » et je vois pas de peluche Zombie mais ok

Ah ouais un store Minecraft. Ok.

Bref – le Pokémon Center de Yokohama ! Par rapport aux autres que j’ai pu visiter (Sunshine City – Ikebukuro et Tokyo Skytree) c’est pas le plus grand, et évidemment il mettait bien en avant les différents goodies liés à Pokémons Horizons et à la génération Paldea. J’ai apprécié qu’un écran diffusait les clips musicaux du Project Voltage – et plus généralement j’étais surtout venu pour essayer de m’acheter un porte-monnaie un peu sympa. Parce que ouais, j’ai un souci de riche sur ces premiers jours de voyage: mon traditionnel porte-monnaie Kirby s’est cassé et ne peut plus se fermer, du coup j’arrive pas à maintenir dedans les très nombreux billets que j’ai en ma possession. A Enoshima la veille, avec le vent, j’ai failli voir une de mes coupures s’envoler au vent à cause de ce souci et plus généralement c’est un peu le bordel quand je veux payer le temps que je sorte tout. Du coup, hop, nouveau porte-monnaie Pokémon ! Un peu plus grand, comme ça c’est moins la galère !

(Et j’ai donc désormais trois porte-monnaies: un petit qui contient les pièces de 1 et 5 yens dont je sais jamais quoi faire, mon Kirby cassé qui contient les pièces de 50 et 10 yens que j’utilise surtout pour les distributeurs automatiques et puis désormais mon portefeuille Ronflex qui porte les billets ainsi que les pièces de 100 et 500 yens. Comme ça, hop, je suis clairement plus à l’aise.)

Et puis comme d’hab, le mur de petites peluches Pokémon est très tentant – c’était l’occasion de rajouter un Roigada à l’Amonita acheté en 2019. Eh, si j’achète un nouveau Pokémon à chaque voyage, il me faudra environ 1007 voyages supplémentaires pour avoir les 9 premières générations au complet – si je vis jusqu’à 80 ans il faudrait que j’organise 22 voyages par an pour y parvenir. Soit un voyage au Japon tous les quinze jours – pourquoi pas, finalement ? Qu’est-ce qui peut réellement m’en empêcher à part le bon sens ?

Sur ce, après toutes ces emplettes – temps d’aller dîner, ce qui sera surtout l’occasion pour moi d’enfin me réunir avec mon amour perdu, c’est à dire les Go! Go! Curry. Clairement une de mes chaînes favorites au Japon – dit-il en en ayant testé que 4 jusqu’ici. Promis je tenterais un Mos Burger ou un Yoshinoya très bientôt… Je me suis refait piéger en demandant un menu de taille L – en oubliant que Go Go Curry déconne absolument pas sur les quantités et que M c’est déjà bien bien suffisant. En attendant, mmm quel plaisir.

Oh d’ailleurs ! En parlant de plaisir pané: j’ai enfin pensé à demander au 7/11 du poulet chaud, j’ai pris celui qui est épicé + sauce soja, c’était une putain de satisfaction gustative. Je sais pas comment ils font aussi bien du poulet pané, ils doivent mettre de la cocaine dans la panure. Bref – je comprends désormais pourquoi ça peut être addictif.

Après ça bon bah temps de retourner à l’hôtel et honnêtement la journée m’a bien épuisée. Ce qui nous emmène au jour suivant..

Le loot de la journée reste au final plutôt soft ! Même si je suis le demeuré qui achète un verre Ranka Lee au début de trois semaines de voyage… Lancez les paris sur si il sera encore entier au déballage en France. (La peluche Yotsuba m’a coûté 2€50 j’ai payé des cocas plus cher en restaurant.)

Galerie – Une journée à Yokohama

Jour 4 – Haneda & Kagoshima

Pour faire très simple: c’est une journée où je n’ai pas grand chose de très intéressant à dire ou raconter. C’est une journée qu’avec le recul j’aurais pu mieux planifier dès octobre – en gros, c’était le jour dédié à mon trajet de Tokyo à Kagoshima. Bon, sacrée distance hein ! Kagoshima c’est la plus grande ville située au sud du Japon, c’est à Kyushu, c’est pour le coup vraiment loin, avec presque 1350km de distance. Le trajet en train prend une douzaine d’heures et coûte un rein – c’est donc pour ça que j’ai privilégié… l’avion. Mais honnêtement, encore une fois, j’ai pas bien réfléchi le trajet a prendre et j’ai pris un vol situé en plein après-midi – départ à 14h15 de Haneda pour une arrivée à 16h15. Dans mes vagues préparatifs, j’envisageais de me balader à Tokyo le matin et de débarquer à Haneda comme une fleur vers 13h mais après deux très grosses journées j’ai eu une giga flemme. Du coup journée où j’ai rien fait ! j’ai quitté l’hotel à 10h50 juste avant l’heure limite du checkout, je suis arrivé à Haneda à 11h30, je me suis fait un McDonald’s vite fait…

… 8€40 pour un menu et une glace ? Pas connu de prix comme ça depuis 2009 j’ai l’impression. Enfin bref, après ça je suis allé me poser dans un des lobbies du terminal 2 où j’ai tapé une très grosse partie de l’article. Après ça je suis allé poser mon bagage (ça s’est bien passé, la machine a mis du temps à reconnaître ma valise du coup j’ai dû sumimasen de l’aide à une agente ANA), j’ai passé la sécu, je suis allé attendre qu’on m’appelle, je suis monté dans l’avion, ça a décollé – super vue du Mont Fuji depuis le hublot…

…. j’ai occupé le voyage en matant Bang Dream Ave Mujica et quelques épisodes de Fullmetal Alchemist 2003 (celui où Hughes essaie de passer un appel téléphonique) avant d’atterrir d’une manière qui était un peu impressionnante. Je veux dire l’aéroport de Kagoshima est au milieu de montagnes et de collines donc du hublot j’avais juste le sentiment que le mec était en train de foncer vers des reliefs qui étaient étrangement à notre niveau mais non ça va il connaît son métier. Après ça j’ai récupéré mon bagage et je me suis dirigé vers le seul moyen de quitter l’aéroport de Kagoshima en transport en commun – la navette-bus. Car oui l’aéroport de Kagoshima – et ça aussi je l’avais pas vraiment anticipé – a un problème: il est méga isolé par rapport à la ville.

Pas de train, pas de métro ou de tram, juste un bus à 1400 yen qui, évidemment, bénéficie d’une file d’attente stratosphérique vu que tout le monde veut le prendre. Du coup j’ai dû en laisser passer deux, y’en a un toutes les dix-quinze minutes, bon, c’est pas méga emballant. Une fois dedans on est parti pour 45/50mn de car – j’étais assis à côté d’une fujoshi avec un sac à la gloire d’un personnage de South Park que je ne reconnaissais pas vraiment. Je crois que c’était Craig ? J’avais donc la preuve sous mes yeux que les fans japonaises de yaoi South Park existent réellement, un peu d’émotion.

Bref – on est déposé à la gare de Kagoshima qui OH MON DIEU A UNE GRANDE ROUE SUR SON TOIT ???

Bon pour être précis je crois que la grande roue est sur le toit du centre commercial qui est lié à la gare mais vu qu’au Japon le lien entre les gares et leurs grands centres commerciaux adjacents sont tenus, on va dire que ça compte. Si ils mettaient une grande roue sur la Canopée de Chatelet, ça marcherait, n’est-ce pas ?

Je vais pas vous faire une grande description de Kagoshima maintenant – j’ai juste attendu devant la gare que la navette vers mon hôtel arrive. Car oui, mon hotel a sa propre navette ! Gratuite s’il vous plaît ! Et quel ne fut pas ma surprise de constater que c’était un vieux truc sentant bon les années 90, piloté par un papy de fort bonne humeur. L’intérieur du bus avait une déco conçue avant ma naissance et on trouvait à l’intérieur beaucoup d’affiches et de publicités jaunies et séchées par au moins six ou sept étés consécutifs. Ayé je suis dans ce Kyushu un peu vieillot qu’on m’a décrit, temps de m’imprégner de cette ambiance !

J’arrive donc à mon hôtel – le Kagoshima Sun Royal Hotel. Je vais faire très simple: c’est un hotel qui est cette aura de bâtiment construit dans les années 70, qui a eu une histoire très prestigieuse durant vingt ans… et qui est resté figé ensuite à jamais dans cet état d’esprit. Là ou le Quintessa de Tokyo où j’étais respirait une sobriété et un minimalisme typique des années 2010, où on privilégie l’efficacité avant tout, là on est sur un hôtel qui est là pour faire dans le grandiloquent – les papiers pains beiges, son sauna au 12e étage, ses 3 ou 4 restaurants différents. Pour un hôtel dont j’ai payé 70€ la nuit, je me retrouve à la sortie de la navette avec un garçon d’hôtel qui vient récupérer ma valise ! Et il est français, incroyable ! Et très sympa, encore mieux !

Bref ce sentiment de vieille gloire, de déni de l’éclatement de la bulle économique, c’est une ambiance dont j’étais conscient au moment de la réservation et dont j’espère m’imprégner un peu pour quelques jours à Kagoshima que j’espère le plus dépaysant possible – et je sais que d’ici une dizaine de jours, j’aurais aussi Beppu qui m’attendra pour une expérience encore plus immersive dans les vieilles gloires japonaises.

Voilà pour ce 4e jour, moins de mollets souffrants à la fin, et on se prépare à une bonne grosse nuit de sommeil avant un week-end qui s’annonce là aussi plutôt riche !

Saint Valentin oblige, ils m’ont mis un ptit coeur sur mon sundae… « <3 Petit <3 »

Galerie: l’arrivée à Kagoshima

Le grand classement des boissons – Édition 2025 réactualisée

VitaeneC – C’est une boisson vendue comme ultra-vitaminée. Je sais pas si c’est réellement efficace ou sérieux mais honnêtement après l’avoir bu je me suis senti bien mieux. Merci sans doute à l’effet placebo ! En terme de goût on est 100% sur du médicament gazeux – mais y’a pile le bon niveau de bulles qui fait que j’ai bu ça sans trop de déplaisir.

Pocari Sweat – Ok je retourne sur mes opinions précédentes – c’est pas si mal en terme de goût. Encore une fois y’a un aspect artificiel et chimique dans le goût qui est pas 100% ma came mais en tant que boisson fraîche après un effort y’a effectivement un truc qui fait que ça hit the spot comme disent les anglophones. Je me suis surpris à en reprendre à Haneda avant le voyage en avion – là aussi je sais pas si les propriétés « hydratantes » du truc sont réelles ou pas, mais en tout ça assèche pas la langue ou la bouche comme d’autres boissons.

Soupe chaude de haricots rouges – C’est la boisson gag dans les animés, celle que prend les personnages qui se gourent dans leurs commandes. Du coup dans le vent froid d’Enoshima, la perspective d’un truc un peu chaud était un peu séduisant… et en vrai j’ai bien aimé ? Pas forcément fan du fait que la cannette conserve des morceaux de haricots rouges (ça a tendance à rester bloqué dans la « sortie » de la cannette, en plus d’être un peu désagréable à boire – mais j’aime pas les boissons avec des trucs solides dedans) mais par contre le goût est bon, la chaleur est totalement au rendez-vous et ça parvient à rajouter un petit côté sucré qui fait que je me suis senti réchauffé ET rassassié avant un bon film.

Welch’s Raisin – Bon ayé, maintenant que je ne suis plus surpris par le goût du raisin japonais, je commence doucement à l’apprécier – ça va pas être ma priorité en terme de jus de fruit, mais écoutez en truc énergisant du matin, pourquoi pas ?

Calpis Plus – Une version « médicinale » du Calpis – j’ai découvert ça après l’avoir acheté, à la base je l’avais pris parce qu’il était pas très cher dans le distributeur. Il est censé aider le sommeil et reposer l’estomac. J’ai très bien dormi après mais je sais pas si il en était responsable – par contre je suis toujours un peu constipé, donc désolé Calpis+ mais tu as tes limites et c’est mon système intestinal broyé par vingt ans de mauvais traitement. Après ça reste du Calpis, et j’ai pas senti de goût ou de différence avec la version « normale. »

Coca Zéro – C’est du Coca Zéro ! C’est EXACTEMENT le même que chez nous ! C’est toujours moins bien que le Pepsi Next ! Je me désole de pas avoir pris une autre boisson et d’avoir fait le choix de l’énorme facilité !

Le classement jusqu’ici:

  • 1/ Fruits au Lait (7/11)
  • 2/ Pocari Sweat
  • 3/ Soupe de haricots rouges en canette
  • 4/ VitaeneC
  • 5/ Welsh’s Raisin
  • 6/ Calpis+
  • 7/ Coca Zéro
  • 8/ Barley Tea

Bref, le voyage se passe jusqu’ici plutôt bien – un peu inquiété par mes soucis de genoux vite épuisés à Enoshima donc on va essayer de faire attention aux dénivelés et aux montées. Aussi assez honteux de mon niveau de japonais qui est vraiment ridicule pour quelqu’un qui baigne dans les animés depuis 20 ans – je me pensais capable d’en comprendre plus et d’en baragouiner de meilleure qualité. Là je pense mon temps à me figer dès qu’on me pose une question, à toujours hésiter entre vraiment aborder frontalement en anglais après un ptit « konnichiwa sumimasen eigo » ou quand même essayer d’en faire un max avec le peu de vocabulaire qui me vient « naturellement »… Je pense que ce second voyage peut être une sorte de déclic sur le fait de vraiment bosser mon japonais au retour pour être plus à l’aise à l’oral. L’écrit ça continue de me terroriser et… bon… Google Trad via l’appareil photo… bon… ça enlève bien des difficultés sur ce sujet…

Enfin bref, à très bientôt pour la suite des aventures – si je tombe pas dans un volcan d’ici là héhé ! Quelles sont les chances ?

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2 commentaires

  • Maze

    Super lecture ces billets de blog de voyage Amo ! C’est raconté de façon intéressante, avec la touche d’humour qu’il faut, et en plus on apprend des trucs.
    Le mec du cup noodle museum avec Einstein et Marie Curie m’a plié. Bon séjour à Kyushu !

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