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Lego Rock Band – Brique alors !

On ne peut vraiment nier la grosse montée en puissance des jeux musicaux. Depuis que Activision et Electronics Arts se sont rendus compte que Guitar Hero avait un plus gros potentiel que Guitar Freaks parce que ce que les gens attendaient, c’était la possibilité de jouer des vrais titres rock PAR LES PLUS GRANDS ARTISTES DE TOUS LES TEMPS. En 2007 est intervenu le départ d’Harmonix de chez Activision – pour des raisons budgétaires et créatives- pour rejoindre Electronics Arts, avec la création du projet Rock Band, tandis que de l’autre coté c’est Neversoft – une bande de fanboys de la franchise – qui lâchent Tony Hawk pour prendre le contrôle de la franchise… avec la perte en qualité qu’on connaît. (j’en parle comme un fait, hein, ne vous offusquez pas mais l’avenir me donnera raison.)

Le marché se montrant assez juteux, et la demande se faisant assez forte, il est dès lors normal de voir ces franchises a succès se décliner en de nombreux spin-offs et jeux à l’interêt variable: entre les jeux dédiés à un groupe en particulier (GH et Aerosmith, Metallica où Van Halen, ou bien Rock Band avec le live d’AC/DC ou tout simplement l’extraordinaire The Beatles), les épisodes « principaux » censés apporter foule d’innovations et playliste variée et conséquente, ou bien tout simplement les spin-off particuliers et thématiques (« Greatest Hits », « Rock The 80s ».)

Lego Rock Band se montre un peu en dehors de tout ça: il se focalise avant tout sur les enfants et les jeunes adolescents, et globalement le jeu en famille. Et aussi, il faut bien l’avouer, les gros fanboys de Lego. Et au final ? Loin d’être aussi craignos que j’aurais pu le penser… et donc globalement une très bonne surprise. Mais pas non plus exceptionnel ou immanquable…

David Bowie !?
Lego David Bowie s’apprête à utiliser le micro comme tu le penses.

J’ai acheté ce jeu pour trois raisons:

  • The Final Countdown de Europe est dans le jeu
  • De même que We Are The Champions
  • Et je salivais à l’idée de retrouver le monde de Rock Band dans un univers « fun » et « décomplexé » comme pouvait l’être les premiers Guitar Hero et leurs niveaux débridés et les graphismes un peu cartoon (Stonehenge !)

Sautant sur l’occasion (zavvi le propose a 20€, ce qui est pas mal hein), je l’ai donc commandé sans en attendre beaucoup, en me disant qu’au pire ça me ferait 45 titres supplémentaires pour Rock Band 2 et la possibilité de jouer Godzilla des Blue Öyster Cult en DLC dans le monde des Lego. Et j’ai au final été assez agréablement surpris. Même si certains ne risquent pas d’être aussi satisfaits que moi, pour pas mal de points. Et je vais commencer par ceux-là, comme ça on finira sur le positif, ce qui est toujours sympa.

Déjà le premier point qui tue est la suppression nette du Online. Je ne comprends pas tellement pourquoi. Je veux bien comprendre que le jeu soit family friendly et que les gens qui t’insultent sur le net c’est pas très family friendly mais c’est quand même abusé: on ne peut même pas affronter ses amis ! On ne peut même pas jouer en coopération avec eux ! C’est regrettable pour beaucoup, mais j’avoue très vite m’en ficher un peu: quand on ne joue pas avec des amis, le online de Rock Band est globalement très pénible, avec ces mecs qui jouent en Expert et qui se barrent de la partie dès que vous prenez une chanson qu’ils qualifient de « chiante » (grosso modo, toutes celles qui sont pas difficulté max quoi), qui vous piquent toujours la guitare pour vous laisser la basse, qui prennent toujours Almost Easy des Avenged Sevenfold ou Prequel to the Sequel…

Le second point qui fait un peu chier est justement la direction même du jeu: le jeu étant donc adressé pour être joué en famille (et il faut donc imaginer la famille américaine classique avec les deux enfants jeunes et blonds et les deux parents au sourire Colgate et qui s’aiment d’un amour pur et éternel protégé par Dieu), la playlist du jeu est donc composée de titres joyeux, aux paroles anglaises inoffensives et rarement agressifs pour les oreilles. Les DLC subissent donc également le même jeu et sont « enlevés » de la liste des titres jouables les DLC qui ne sont pas considérés familly friendly. Si pour certains titres c’est franchement compréhensible (des titres trashs metal comme Testament ou Job For A Cowboy où bien encore Tenacious D et leurs dix « fucking » à la minute), pour d’autres ça devient franchement suspect (Feel Good Inc ? Next To You ? Synchronicity II ? Are You Gonna Be My Girl ?)
On découvre vite au final quelles sont les sources de ces « coupures »: la moindre évocation du suicide est ainsi éliminatoire, parfois même la moindre évocation d’une arme (adieu Wanted Dead Or Alive ou Smells Like Teen Spirit), la drogue est aussi purement et simplement viré (au revoir Snow (Hey Oh), Under The Bridge), le sexe est aussi évidemment hors de propos (au revoir There Was A Time), les vulgarités aussi (au revoir The Offspring ou Timmy And The Lords of Underworld), la violence aussi (au revoir Hammerhead) et les chansons graves/tragiques disparaissent aussi (Would?), ce qui ne laisse qu’un monde gentil et naïf…

… ce qui colle bien au Lego. On pourrait se demander pourquoi Harmonix n’a pas purement laissé une option permettant de jouer quand même du contenu « pas gentil » mais cela aurait encore fait grimpé un peu plus le rating PEGI du jeu (qui aux Etats Unis reste assez élevé, les jeux devant censurer les fuckin & co pour éviter le rated M), et pas sûr que Lego aurait aimé retrouver sur Youtube des vidéos de leurs personnages préférés chanter des insanités sexuelles ou une chanson glorifiant la prise de drogue. C’est le joueur « mature » qui subit donc les conséquences et si, personnellement, près de la moitié de mes DLC / Imports depuis Rock Band se sont retrouvés coupés, il faut apprendre à vivre sans et comprendre que ce n’est pas forcément des coupures légères. Tout au pire pourra t-on insulter la société puritaine américaine, comme on se plaît déjà tant à le faire. Au moins est-on sûr que le jeu ne nous infligera pas du gros Marilyn Manson qui tâche alors qu’on joue avec ses cousins, c’est déjà ça de pris.

Wiiiipah.

Enfin le troisième point noir, ça sera la playlist. 45 titres, la moitié est intéressante: le reste est à jeter. Mais le gros problème est que vous allez devoir jouer pas mal de fois les mêmes titres à jeter. Globalement, si la plupart ont un interêt assez évident au chant, ils restent, au moins à la guitare et à la basse, et en Expert, assez inintéressants. Je pense ainsi à des titres comme Kung-Fu Fighting (purement injouable à la guitare !), Rooftops des Lostprophets (très très très très répétitif), Alien Exists des Blink-182, Naïve des Kooks où bien encore We The Kings des Check Yes Juliet. Globalement, le jeu n’arrive pas à trouver un véritable équilibre entre gros tubes des 70s/80s (où on trouve du lourd hein: Let’s Dance de David Bowie, The Passenger d’Iggy Pop, We Will Rock You et We Are The Champions, The Final Countdown) et titres contemporaines eux globalement beaucoup moins intéressants, se contentant pour la plupart de n’être que des titres de pop-rock qui ont marchés deux semaines sur les bandes FM et qui se ressemblent pour ainsi dire plutôt tous. Tous la même grosse balade rock assez chiante et qui n’a eu de succès qu’aux States pour la plupart.

Mais comme j’ai dit, si la moitié est à jeter, le reste est plutôt délicieux, ne serait-ce parce que BORDEL ce sont des chansons mythiques: on ne crache pas sur du Song 2, du Queen, du Final Countdown, du Every Little Things She Does Is Magic, du Two Princes, du Ghostbusters, du Fire ou du I Want You Back . Et chacun y trouvera vraiment son compte, même si on peut au final critiquer le fait que ce soit encore une fois très centré sur le marché américain, pas mal de titres soi-disants « culte » n’ayant en Europe certainement pas le même impact (Kung-Fu Fighting est l’exemple le plus probant, ainsi que Free Fallin’.) Mais sans doute que l’adolescente moyenne nourrie au Virgin Radio connaîtra peut-être: j’avoue que la radio FM est un monde que j’ai laché en 2006 (ce qui, du coup, m’a fait super plaisir quand j’ai vu In Too Deep des Sum41 dans le jeu.)

Voilà, en attendant reste que ce point là (la playlist) et l’intérêt des partitions qui en découlent sont titulaires de 80% de l’intérêt du jeu donc c’est VRAIMENT autour de cet argument que vous devez vous faire votre idée: est-ce que 20 titres valent le coup de payer 50€ ici / 20€ en UK ? A vous de voir ! – Et puis évidemment, il reste tout le choix en DLC mais ça, si vous avez déjà un volet précédent de Rock Band, vous savez déjà la richesse proposée…

Pour le reste, Lego Rock Band fonctionne… bien ! Et surtout améliore dans le détail pas mal de points de la mode carrière de Rock Band 2…

UN CHEF DE GARE ! QUI TRAVAILLE ! OMGWTFBBQ

Déjà la plupart des niveaux qu’on traverse sont cools. Chanter Every Little Thing She Does Is Magic dans un cratère de volcan, gratter sur Blue Sky des Allman Brothers sur un bateau pirate, faire du Oasis dans une ferme, réussir à 100% le solo de Final Countdown dans un OVNI où bien encore faire de la batterie sur Don’t Fear The Reaper sur un toît de gratte-ciel est toujours quelque chose de très sympa, d’autant que ça passe dans un univers très coloré et évidemment, dans le pur esprit Lego, avec des briques, des angles, des constructions diverses et variées. Tout cela est encore mieux exploités dans les niveaux Power Rock – une dizaine dans tout le jeu – où vous devez faire du rock dans un objectif précis et pendant que vous jouez, un petit film se déroule montrant votre avancée dans cet objectif, le tout grâce au pouvoir du rock. Si vous jouez en groupe, chacun prend son tour et peut ainsi admirer la vidéo en question. Vous pourrez ainsi vous retrouver à démolir un bâtiment grâce à Tick Tick Boom des Hives, désexorciser une maison grâce à Ghostbusters où bien sauver un château d’une attaque de trolls grâce à So What de Pink. Assez spécial d’ailleurs pendant ces séquences: l’absence totale de Star Power / Overdrive et l’impossibilité d’être repéché en cas d’échec critique.

Car autre arrivée dans ce Lego Rock Band: le repêchage en cas d’échec. Enfin, repêchage est un grand mot: disons que si vous échouez une chanson, le jeu vous donne la possibilité de continuer la chanson mais si vous continuez à chier grave dans la colle, l’élimination devient définitive. A mi chemin entre l’élimination bête et méchante d’un GH/RB classique et l’absence totale d’élimination d’un DJ Hero, ce repêchage n’influe que sur le scoring (le score de la séquence repêchage étant tout simplement soustrait à votre score final) et vous empêche de rester bloqué 200 ans sur la même chanson, sauf quand celle-ci est vraiment, vraiment, vraiment hardcore: au moins grâce à ça, fini les élimination à 98% sur Green Grass & High Tides. Et franchement ? J’applaudis cette idée. Elle est bien trouvée et rend le jeu moins frustrant, tout en ne sacrifiant pas le challenge – qui de toute manière n’est pas tellement présent dans le jeu puisqu’a part le solo de Final Countdown et l’intégralité de Kung-Fu Fightining qui est injouable, le joueur lambda de guitare n’aura pas de gros gros soucis en Expert. Il faut taper donc dans les DLC pour du gros challenge et, hum, j’ai Constant Motion.-

Enfin globalement la mode tournée offre enfin ce qui manquait à la mode tournée de RB2: des setlists personnalisées ne contenant qu’un seul titre (dans RB2, si on voulait juste jouer en tournée un DLC en particulier, on était obligé de se taper forcément un second titre puisque les setlistes venaient toujours en deux), des concerts « justifiés » (et plus débarquant à l’aléatoire), la possibilité de sortir des albums lives, la possibilité – très mineure – de gérer et customiser une équipe de roadie, la présence de petites scènes cinématiques où bien encore une antre a personnaliser. Je passe sur les 30000 trucs à débloquer qui rend le truc très fun à faire. Même si au final ça peut devenir très vite pesant de se taper des « Setlists Mystères » et des « Créer une Setlist » en boucle, chaque lieu de concert étant vendu avec au minimum quatre setlistes non définies. Mais on est pas non plus obligé de se les taper en boucle et de se les garder pour plus tard, histoire de s’allumer le jeu, se faire 2/3 setlistes dans ce genre, et remettre un autre jeu.

Et puis on va le dire: contrairement à Gamekult qui disait que l’univers Lego ne s’imbrique pas forcément très bien, moi j’ose le clamer: ça marche du tonnerre. Entre les customisations de persos qui donnent des trucs assez énormes (mon guitariste Lego est méga classieux, et j’ai réalisé un fantasme d’enfance en prenant le capitaine pirate comme lead singer), les instruments spéciaux franchement funs (non mais la batterie-chateau !), la possibilité de jouer ou de déguiser ses persos comme les persos lego les plus célèbres et les plus utilisés: c’est vraiment un retour sain dans le monde de l’enfance, et je crois vraiment que quiconque avait le bonheur absolu de posséder des Lego s’y retrouvera parfaitement (même si moi je préférais les Playmboil, y’avait un donjon avec des tas de pièges et un bureau du shériff au mur destructible.)

Enfin, l’idée de transformer les briques de RB en briques Lego met le tout au pinnacle de la gloire et de la dignité. Même si au départ on en chie un peu quand on est bien habitué, on s’y fait vite et on regrette très vite de pas pouvoir les importer dans Rock Band 2 tellement c’est la classe :p.

Sourire naïf vers la caméra, entamons le bilan !

Pas grand chose de plus à dire: le chant est rendu plus difficile (ils ont gardés le moteur de RB2 qui rend le chant très simple mais cette fois-ci le jeu vous forcer à chanter toutes les notes bien comme il faut si vous voulez le multiplicateur – les puristes apprécieront), la batterie dispose cette fois d’une très intéressante mode qui supprime purement et simplement l’existence de cette putain de pédale, ce qui pour les handicapés du rythme comme moi est une salvation. La boutique RB est toujours là et vous offrira un grand choix de DLC… family friendly (au moins il ne vendent pas des DLC que tu pourras pas jouer, on salue l’honnêteté), et la mode groupe peut toujours offrir du fun à 4… en local.

Grosso modo donc: Lego Rock Band réussit bien son objectif, celui d’être accessible pour toute la famille, et réussirait presque à satisfaire le joueur vétéran de Rock Band grâce à ses titres « mythiques » qu’on ne reverra sans doute jamais en DLC ou dans un autre Rock Band et il peut même plaire au fan de Lego lambda. Evidemment, avant d’envisager l’achat il est évident que je vous conseille de réfléchir sur l’interêt que vous portez à la playlist, à l’univers et à tout ça. Et je ne vous le conseille évidemment pas si vous voulez vous lancer dans l’univers Rock Band: le tout premier Rock Band est tout aussi accessible, et propose une playlist de bien meilleure qualité (mais pas de mode tournée !)

Surtout que, oui, je le signale que maintenant, mais importer l’intégralité de la playlist dans RB2, ça coûte presque 10€ et ça nécessite un code qui sera sans doute useless si vous achetez le jeu en occaze vu qu’il n’est censé servir qu’une fois: dès lors réfléchissez encore plus fort: la playlist vaut-elle le coup de payer un tel prix ? C’est à vous de décider: pour moi c’est le cas.

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Un commentaire

  • Nygan

    je l’ai pris principalement pour la playlist (franchement, ghostBusters : Epic Win ) et le seul défaut que j’ai a formuler sur ce jeu, c’est bien le manque d’online ( j’ai été bien déçu de pas trouver d’online vu que je croise jamais PERSONNE sur l’online de rock band 2, je comptais sur lego RB pour enfin me mesurer a des gens sur le net …).

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