Mangas & Animes

Japan Expo 2022 – Down with the Sickness

Bon bah ayé c’est le retour des reports post-Japan Expo. Le dernier paraît être sorti y’a une éternité: entre temps j’ai eu le temps de visiter une convention à Kyoto PUIS à Dusseldörf car oui bon bah oui trois ans séparent Japan Expo 2019 et Japan Expo 2022, de fait. Sombre histoire de pandémie paraît-il, d’ailleurs j’écris cet article avec une méga fatigue post-COVID donc je préviens tout de suite que vous allez pas avoir le meilleur de moi-même aujourd’hui. Je fais de mon mieux, mais du coup ça signifie aussi que je m’économise beaucoup !

En même temps, petite chance: je ne vais pas avoir énormément de choses à dire sur cette édition du Phénix, censée marquer le grand retour de Japan Expo après une longue absence, des soucis financiers et une énorme réorganisation interne dû aux deux années d’inactivité à cause de la pandémie. Je suis content que l’événement soit revenu, il m’avait sincèrement et franchement manqué, mais je n’ai pas été dans un état me permettant de totalement l’apprécier. Donc mes remarques seront très limitées cette année !

Cela faisait longtemps que j’avais pas posté de photos du matin à la gare !

Globalement pour faire simple: ça fait depuis début juin que je suis dans un état… compliqué. Je l’évoquais déjà dans mon article des 15 ans de Néant Vert mais physiquement et mentalement je me suis connu des moments meilleurs. Les semaines précédant le salon ont été l’occasion de travailler sur toujours plus de choses pour préparer la venue de l’asso Thalie, choses qui ont été aussi plaisantes que, bah oui, sources de stress et de travail supplémentaire. En plus de tout ce que je fais et sur lequel je travaille déjà à côté, je m’accrochais pas mal à ces 4 jours de Japan Expo comme un retour “bienvenu” dans une bulle sociale qui me manquait, 4 jours en salon à croiser plein de gens que j’aime beaucoup, revoir des visages pas vu depuis trop longtemps, présenter des choses, animer une chouette conférence, voir des choses, bref être baigné dans cette popculture que j’aime, que j’adore, et m’évader un peu de mes angoisses actuelles. Tant pis si pour accéder à cette bulle je dois bosser de ouf: ça me paraît un échange équivalent.

Mais bon bref, même si ces 4 jours m’ont effectivement permis de m’évader de mes angoisses et de mes soucis actuels, c’est aussi 4 jours où j’ai redécouvert mes limites physiques actuelles, et où j’ai bien constaté – avec effroi – que j’ai vraiment perdu énormément depuis la pandémie en terme d’endurance, de force ou de vigueur. J’ai très peu dormi la nuit du mercredi au jeudi du coup j’ai passé le jeudi explosé de fatigue et avec une hypersensibilité qui faisait que j’avais le sentiment d’être à deux doigts d’exploser “émotionnellement.” Je suis arrivé assez affaibili, et c’est sans doute pour ça que j’ai chopé le COVID dès ce jour-là, malgré un port constant du masque FFP2. Autant à Dokomi je n’avais absolument pas été prudent sur le port du masque et je le regrette encore un peu aujourd’hui, autant à Japan Expo j’y suis allé avec vraiment un sentiment que j’allais devoir faire gaffe. Je sais pas si au final j’ai chopé le truc pendant l’événement (la ventilation était très bonne, j’ai porté mon masque en permanence y compris sur scène, j’ai évité à tout prix les gros attroupements, etc) ou après (entre autres pendant les emmerdes de transport le vendredi où effectivement j’ai été dans des grosses foules dans le RER D, par exemple) mais bon voilà, je pense qu’avoir débarqué crevé et stressé n’a pas aidé mon cas.

(Et pour être honnête, même en étant le plus prudent possible, je savais aussi que choper le truc allait être presque inévitable.)

Bref – cet état second il va se ressentir dans ce bilan car si je dois être honnête, là je commence à l’écrire à peine cinq jours après la fin de l’événement et j’ai déjà… assez peu de souvenirs du week-end. Comme si je l’avais un peu rêvé. Difficile dans un tel contexte de proposer un compte-rendu vraiment pertinent mais je vais quand même essayer.

Encore aujourd’hui j’ai toujours une envie permanente de dormir, comme Frieren sur cette illustration

Bon déjà juste un point pas forcément lié au salon mais lié au salon quand même: en 2018 et 2019 j’avais “évité” le RER B, cette année je l’ai repris pour aller au salon, c’était 2h aller 2h retour et c’est vrai que juste ça putain mais quelle tannée. Le pire ennemi de Japan Expo c’est sans doute cette foutue branche nord, interminable entre Gare du Nord et Parc des Expositions, qui t’épuise avant même de mettre les pieds dans le parc. Mais alors quand en plus cette année tu te retrouves avec deux jours sur quatre qui sont en circulation “raccourcie” (le jeudi était férié, le dimanche… était un dimanche) et un vendredi censé être en circulation normale mais où c’est la merde sur le réseau le matin ET SURTOUT le soir avec une quasi interruption pendant presque la totalité de la soirée, c’est juste purement et simplement l’enfer. J’imagine à peine le supplice qu’ont vécus les gens enfermés dans un RER pendant une à deux heures quelque part sur cette ligne nord, dans des températures qui devaient être étouffantes. J’ai galéré de ouf à rentrer le vendredi soir (parce qu’en plus des soucis sur le B j’ai aussi du affronter des travaux sur le C et la circulation pétée comme à son habitude du D pour rentrer à Juvisy tant bien que mal) mais au moins j’ai évité les soucis majeurs étant parti du parc des expos tard le soir et avec l’aide d’un van Uber partagé avec cinq autres personnes.

Ces soucis de transports et cet accès médiocre au parc des expositions, quelque part je suis prêt à l’affronter pour Japan Expo même si j’avoue que ça m’a pété le moral et la santé dès chaque matinée. Mais en plus là je peux pas m’empêcher de penser que Paris Manga va bientôt arriver à Villepinte à partir de cet automne et je suis en train de me demander quelle personne saine d’esprit peut se dire qu’elle va se taper la ligne B pour aller à Paris Manga ? Qui se tape un voyage de merde pour en plus arriver à une destination de merde ? Bref je divague.

Globalement j’évoquais le fait que Japan Expo avait lieu durant un jour férié et en vrai les dates de cette année elles ont été assez cheloues. Avec un salon prenant place mi juillet au lieu de début juillet, ça a bouleversé quelques habitudes et clairement ça s’est aussi un peu ressenti dans les fréquentations du salon. Habituellement les pics de fréquentation tombent durant le week-end, cette année c’était presque l’inverse, avec des jeudis et des vendredis remplis de monde, alors que le samedi et le dimanche étaient globalement moins fréquentés que ce que mes souvenirs tendent à m’indiquer. J’ai évidemment pas de chiffres sous les mains – tout au plus je peux me baser sur le “taux de remplissage” sur lequel Japan Expo a communiqué quelques jours avant le salon – mais on avait le sentiment que le dimanche était clairement le jour le plus calme alors que le vendredi c’était un peu la guerre: en même temps c’est ce jour là que le salon affichait complet pour la première fois de son histoire à Villepinte – 75 000 visiteurs au total pour ce jour là.

D’un côté c’est sur l’élan des éditions pré-pandémie: j’avais déjà noté en 2019 que le vendredi était devenu un jour très fréquenté. Ça s’expliquait alors surtout par le fait que le tarif du vendredi était nettement inférieur aux trois autres, ce qui en faisait le jour “de choix” pour tous ceux qui souhaitaient ne passer qu’une journée au sein du salon. Le jeudi a aussi traditionnellement toujours été pas mal fréquenté, étant le jour prioritaire pour ceux qui visent des produits bien précis, qui risquent d’être en rupture les autres jours. Le samedi a toujours été plein, mais c’était traditionnellement le jour “des familles.” Et c’est peut-être là que la différence a réellement opérée: les familles, cette année, semblaient beaucoup moins présentes qu’à l’accoutumée.

Est-ce parce que le salon est plus tard en juillet et que les familles sont déjà parties en vacances ? Est-ce parce que suite à deux ans de pandémie et des courbes COVID toujours élevées les familles sont moins attirées par ce genre d’évenement ? Est-ce que c’est une habitude perdue ? Est-ce parce que la programmation susceptible d’attirer les profils plus agés est moins présente ? Est-ce parce que les enfants ont bien grandis et vont maintenant à Japan Expo seuls sans leurs parents ? Est-ce parce que c’est la crise économique donc eh on peut plus se permettre ce genre de salon à plusieurs ? Encore une fois je peux que théoriser et me baser sur mes vagues observations qui, si ça se trouve, sont erronées. Mais globalement, oui, le public de Japan Expo m’a semblé plus jeune que d’habitude.

Après, voilà, globalement ces dates un peu plus tardives que d’habitude en tant que staff et visiteur elles ont un peu de mal à m’emballer. Déjà parce que d’un point de vue transport elles rendent le salon plus difficile d’accès (j’évoquais le fait que le jour férié du jeudi rendait les trains plus rares pour rejoindre et quitter le parc des expositions) mais en plus cela fait que le salon partage une partie de son calendrier avec… celui des travaux estivaux. Pas mal de gens basés à Massy, par exemple, ont eu un mal fou à accéder au salon le week-end vu que démarrait les gros travaux de la ligne sud du B. Idem du côté du C ou du D. C’est vraiment un délire et un reproche de francilien mais faut quand même se dire qu’à partir du 14 juillet, c’est toute la région qui se met en pause jusqu’à la mi-août, et que ça en fait donc peut-être pas le meilleur moment pour y organiser un événement.

J’ai vraiment l’impression de chipoter parce que fondamentalement, c’est juste une seule semaine de différence par rapport aux dates habituelles. Mais le contexte fait que cette semaine de différence elle a un impact pas négligeable sur tout ce qui entoure le salon. Je sais plus si cette date précise avait été choisi volontairement ou non par la SEFA, mais je pense sincèrement que retourner à début juillet pour les prochaines éditions resterait la meilleure chose en terme de confort pour beaucoup des participants et des visiteurs.

(Edit rapide: ils viennent d’annoncer que ça allait être à nouveau le week-end du 14 juillet, FML.)

Bon et du coup, le salon en lui-même ? Quelque part c’est comme si il ne nous avait jamais vraiment quitté: la disposition restait similaire aux années précédentes, tu sens que ça fait quinze ans qu’ils ont appris à gérer l’espace disponible à Villepinte, la principale nouveauté cette année en terme d’agencement c’est qu’il y’avait encore plus d’espaces extérieurs mis à disposition des visiteurs. Beaucoup de portes étaient cette année grande ouverte, autant pour la ventilation que pour la circulation, et on pouvait désormais esquiver le fameux couloir de la mort non pas par un mais désormais par deux accès extérieurs. Témoin de cette volonté d’extérioriser un peu le festival: une scène d’activités en extérieur, situé sur le grand parvis avant, qui possédait la particularité d’avoir une programmation un peu plus nocturne, proposant du karaoké jusqu’à 21h.

Cette scène est une bonne idée qui mérite clairement du peaufinage ! Par exemple elle est située en plein soleil donc j’espère que le public avait quand même moyen d’être mis à l’ombre durant l’après-midi parce que bon si tu débarques pour faire un blind-test pendant 30mn / 1h exposé en plein soleil c’est un coup à mal finir. On a eu la relative chance qu’il a fait chaud les quatre jours mais que le pic de la canicule était les journées suivantes parce que cette scène est un bon concept mais si il avait fait 38° dehors, ça aurait été un concept un peu dangereux, haha.

C’est dommage du coup (pour plein de raisons) que les très hautes températures ont tendance à devenir de plus en plus fréquentes parce que développer l’extérieur accessible du salon serait une vraie bonne idée. On pourrait imaginer un village de stands amateurs, des stands d’activités adaptés à l’extérieur, un village nourriture… Faudrait ombrager un peu plus les zones extérieures qui restent ultra bétonnisées, et fournir à chaque stand extérieur protection nécessaire contre le soleil et la chaleur mais ça pourrait donner aux zones extérieures une ambiance particulière, permettre au visiteur d’alterner régulièrement entre les hangars et le dehors… En tout cas développer le parvis extérieur les années suivantes serait vraiment quelque chose d’intéressant, pour peu que ça soit fait de manière réfléchie et avec la sécurité des intervenants extérieurs en tête.

Vous êtes prêts pour un ♪ CONTOURNEMENT DES HALLS ?? ♪

En parlant d’extérieur: c’est quoi ce délire à la sortie maintenant ? Avant on sortait du salon, on allait directement à la gare. Maintenant on doit faire un grand détour autour d’un des grands halls pour avoir le droit de rejoindre la gare. Techniquement c’est pour des “raisons de sécurité” et pour éviter que les gros attroupements arrivent directement à la gare, la longue marche juste avant ayant tendance à disperser le dit attroupement, qui arrive un peu plus dilué. Ok certes d’un côté vous avez moins de méga attroupement à l’entrée de gare, effectivement, mais de l’autre vous faites marcher les gens entre cinq et dix minutes dont la moitié du chemin exposés en plein soleil et sous une chaleur de plomb ? Dans quel monde est-ce que c’est plus sûr ? Ah oui ils crèvent plus à l’entrée de la gare, ils crèvent sur le chemin, c’est super.

Ok j’exagère un peu mais j’avoue que me taper cinq minutes de marche en plein soleil pour avoir le droit de rejoindre la gare après une longue journée de salon, avec les pieds détruits, l’énergie à zéro, la gourde pas toujours la plus remplie, ça n’a JAMAIS été une partie de plaisir. C’était ultra désagréable et dès le vendredi mon cerveau était en train de réfléchir à comment resquiller à tout prix ce détour de merde. J’ai haï chaque minute, encore plus que les minutes passées dans le RER B. Et là aussi, encore une fois, j’ai “eu de la chance”: je quittais les halls très tard le soir en tant que staff donc ce détour je le faisais peu entouré et quand j’arrivais à la gare y’avait relativement peu de gens sur les quais. Mais j’aurais dû faire ce détour le jeudi à 18h entouré de milliers d’autres personnes, j’aurais juste pété un cable.

Donc oui bref je comprends pas. Je comprends pas pourquoi pour régler un problème de sécurité, t’en crée un autre. Où alors là aussi ayez la décence d’ombrager le trajet de retour. C’est peut-être pas notre faute si la gare du parc des expositions a été conçue à la pisse, je sais pas. Je sais bien que c’est une décision qui vient de la préfecture et de la SNCF, paraît que depuis les évenements du stade de France ils se chient dessus je sais pas mais moi ça me paraît vraiment ultra absurde. Je veux dire contrairement au stade de France c’est pas la police qui gère la sortie de Japan Expo donc ça devrait bien se passer…. non 😉 ?

(D’ailleurs on en parle des contrôleurs qui squattent la sortie le matin et créent du coup des méga attroupements ? Ils auraient pas été là, la circu au niveau des portails aurait été clairement plus fluide. Je comprends la volonté de contrôler les tickets et les recettes ahurissantes qu’ils ont dû se faire devaient clairement être alléchantes mais là aussi, d’un point de vue sécurité, je ne suis vraiment pas convaincu que c’était le meilleur moment et le meilleur lieu pour que ce soit fait de manière sereine.)

Bref retour à l’intérieur du salon. Je disais taleur que la disposition montrait une forme d’expérience, bon je vais pas être totalement positif à 100%, y’avait encore quelques dispositions un peu cheloues, entre autres une zone à l’est du “couloir de la mort” avec un cul de sac et un passage beaucoup trop petit où les gens avaient tendance à rester bloqués. Je sais pas trop comment c’est arrivé mais c’est assez surprenant de tomber dessus, la circulation au sein du reste du salon restant globalement fluide. Oui bien sûr ça empêche pas qu’on soit un peu serré dans certains couloirs du village amateur mais généralement on reste que très peu “bloqué.”

Genre j’avais pas vu un espace aussi “bloqué” à une Japan Expo depuis presque une décennie.

Le Japon continue d’avoir ses frontières fermées et du coup ça se ressentait dans l’habituel coin dédié à la culture japonaise et au tourisme. Quelques offices du tourisme étaient présentes mais de manière assez discrètes par rapport à d’habitude. Pas de grands stands, pas de grands espaces, pas d’invitations enthousiastes à venir. Les quelques villes présentes distribuaient des flyers et animaient quelques ateliers, mais sans la ferveur ou la passion des années précédentes. La curiosité du public n’était pas vraiment là en retour, et l’espace restait assez étrange à parcourir, presque creux. Quelque part, fallait-il le maintenir pour cette édition ? C’était un peu cruel pour tout le monde. Aussi bien pour ces offices essayant de parler à un public qui ne peut de toute manière pas venir dans un futur proche, que pour un public auquel on tease des choses auquel il n’a de toute manière pas accès immédiatement.

Plus largement la programmation en terme d’invités donnait le sentiment de faire “comme on pouvait.” Beaucoup d’invités japonais faisaient un retour après être venu à des éditions précédentes, et les invités “nouveaux” étaient finalement rares. Au vu du contexte sanitaire, on peut comprendre les réserves japonaises, surtout quand la SEFA n’a en plus jamais été silencieuse sur les soucis financiers qu’elle a traversé durant ces deux années sans évenement. Pas les moyens de faire venir des gros invités, et peut-être pas la volonté des deux côtés de justement faire venir.

Mais ça derrière, on l’a déjà évoqué dans de nombreux comptes-rendus: est-ce effectivement si important ? Quelle place ont réellement les invités dans l’écosystème Japan Expo ? Le fait que le vendredi de cette année ait bourré au maximum possible la capacité du hall du parc des expositions alors qu’on est dans une année sans invités majeurs ou particulièrement attirants ne fait-il pas que confirmer que oui les gens vont à Japan Expo parce que c’est Japan Expo et que peu importe finalement les invités et la programmation ? Que le contenu “de base” du salon – les stands, les rencontres avec ses potes, le contenu offert par les professionnels et les associatifs – était déjà suffisant en soi pour être attractif ? Est-ce que cette édition n’est pas la preuve que, fondamentalement, les invités, ce n’est pas si important pour Japan Expo ?

(Après, cela ne m’empêche pas d’avoir ultra kiffé le concert de Mika Kobayashi)

C’est un constat qui quelque part m’attriste aussi un peu ! Je n’ai jamais caché le fait que je n’ai jamais été très convaincu des invités proposés par le salon depuis longtemps: j’ai toujours trouvé que soit ça manquait clairement d’ambition, soit ça restait coincé dans des époques qui ne me parlaient clairement pas (les grands créateurs des années 70 / 80.) Pour moi les invités animés / mangas que Japan Expo a proposé entre 2015 et 2019 témoignaient surtout d’un manque flagrant de connaissance et d’attrait des programmateurs envers la scène contemporaine de cette industrie. Si on veut des auteurs ou des artistes “actuels” c’est toujours aux éditeurs de faire le taf et de ramener les artistes du moment – genre quand Pika ramène Yoshitoki Oima.

Japan Expo en soit c’est toujours des artistes à la retraite qui ont comptés à un moment mais qui, soyons honnêtes, ne parlent pas beaucoup au public pourtant jeune de l’événement. Je suis le premier à reconnaître l’importance de créateurs comme Go Nagai, Leiji Matsumoto ou Yoshiyuki Tomino, je sais pertinemment ce qu’ils ont apportés, je les aime énormément, mais quand toute ta programmation animanga ne reposent que sur des “vieux noms” qui souvent n’ont plus eu de réelles actualité depuis vingt ou trente ans, tu tournes vite en rond et tu n’attires plus tant que ça. Faut un peu plus de fraîcheur, un peu plus d’idées, un peu plus d’actualité. Mais les organisateurs de Japan Expo sont-ils seulement au courant de ce que c’est, l’actualité de cette industrie ? De ce qui intéresse réellement le public actuel de passionnés ?

L’immense stand Crunchyroll

C’est encore plus criant quand cette année l’Anime Expo a été plus qu’un rassemblement de gros invités mais est clairement devenu un lieu central pour l’industrie de l’animation japonaise dans son ensemble. C’est là-bas que Trigger y annonce Panty & Stocking 2 ! Et si d’un côté c’est logique car les Etats-Unis et le marché anglophone restent extrêmement importants, il est quand même ultra dommage que la Japan Expo ne puisse pas aussi attirer ce genre d’événements, ce genre d’annonce. Elle a l’histoire, elle a le public, la France et l’Europe sont aussi un marché très important pour la popculture Japonaise… Japan Expo pourrait être plus ambitieux, plus indispensable pour cette industrie. Il faudrait que les grands studios, les grands producteurs, les grands éditeurs viennent d’eux mêmes à Japan Expo et se battent pour faire des annonces, parler de leurs projets.

Quelque part, y’a des trucs qui commencent à être développés. Par exemple quelques éditeurs français profitaient du salon pour organiser des conférences d’annonce. J’ai assisté le vendredi midi à celle de Vega-Dupuis qui en une heure présentait sa douzaine de nouveautés qui allaient débarquer l’année qui suit. Il n’y avait pas forcément un public fou, le contexte était pas incroyable – une scène ouverte entourée par le boucan des jeux vidéo – mais c’était un rendez-vous important, engageant et ça serait bien si, à terme, ce genre d’événement se démocratisait de plus en plus, avec des éditeurs de plus en plus importants. On sait déjà que Japan Expo est primordial pour l’industrie française, on connaît un peu l’importance de l’espace B2B, on est déjà un peu conscient du fait que c’est un week-end important pour un éditeur à la fois niveau rencontres avec les représentants des éditeurs japonais qui se déplacent mais aussi représentation auprès du public, ventes, annonces et mises en avant des prochains titres, et caetera. Mais il faut aussi que de plus en plus les 4 jours de Japan Expo existent en dehors de Japan Expo. Qu’elle ne soit pas qu’importante pour le marché français, mais bien pour le marché mondial ! Que le salon soit l’occasion d’annonces de plus en plus exclusives, de plus en plus importantes, qui parleront réellement à un public large, jeune, complet. A l’heure actuelle c’est déjà un peu le cas mais loin de l’être suffisamment ! A l’échelle mondiale de cette industrie, Japan Expo reste trop transparent pour un salon qui attire 250 000 visiteurs ! Un quart de million de visiteurs !

D’autant plus que des évenements d’importance mondiale Japan Expo en a déjà, mais dans le jeu vidéo: il suffit de regarder les évenements exceptionnels autour de Street Fighter VI cette année pour comprendre que le salon a déjà une GROSSE place. Donc je me permet d’espérer qu’on puisse trouver ce niveau d’importance pour l’animation et le manga au sein de la programmation….

La conférence Vega-Dupuis du vendredi midi

Maintenant j’ai aussi l’impression d’être un peu cruel dans ce que je dis parce que clairement 2022 n’est PAS l’édition où le salon pouvait se permettre d’être ambitieux. L’objectif était juste de réexister. Se réorganiser après trois ans sans gros évenements, avec un budget loin d’être flexible. Si on se base juste sur cet objectif alors oui clairement cette édition 2022 est un succès. Si c’était l’édition juste pour reprendre pied alors le salon semble avoir repris pied.

Après il y’a quand même eu quelques couacs: comme le veut désormais la tradition, les entrées le jeudi matin ont semble t-il être un peu compliquées par des problèmes techniques. Dans le monde associatif on a été un peu surpris par une certaine désorganisation sur certains aspects (par exemple à Thalie on a reçu les pass exposants quelques heures à peine avant le début de l’évenement, ce qui a été un peu stressant.) Et globalement si je dois tirer un vrai gros défaut à cette année ça a été sur la gestion du bruit: le salon a été très bruyant et globalement mal pensé. L’espace jeu vidéo était une cacophonie ahurissante, où se trouvait en plus non pas une non pas deux mais TROIS scènes, entourées des jeux vidéo musicaux et autres stands rétro. Tout le monde se retrouvait à se faire des combats de sons et bon courage à toi si tu devais présenter une conférence en salle Nezumi: t’étais au milieu de toute cette guerre auditive.

La scène danse “Kamo”, par exemple, est une bonne idée et elle a clairement attirée une foule immense tout le long du salon. Mais elle aurait gagnée a être encore plus éloignée des autres événements vu le bruit qu’elle générait – logiquement. Dans le hall 5A c’est les taikos qui eux ont pourris la vie d’un peu tout le monde, noyant de bruit toute les moitiés nord et ouest de la zone. Les pauvres pouvaient pas faire autrement – tu peux pas vraiment atténuer le bruit d’un taiko – mais reste que tout le jeudi et le vendredi ils rythmaient – de manière un peu négative – le hall. Le samedi et le dimanche ils ont été beaucoup moins présents, et j’espère que c’est pas parce qu’ils auraient été menacés physiquement par les gérants de stands d’arts martiaux qui étaient situés juste à côté. Mais là aussi c’est aux organisateurs de mieux réflechir ça en amont: vu le bruit que fait les taikos, est-ce que c’est pas le genre d’activité que tu pourrais mettre en extérieur ? Faut-il le mettre si près de la grande scène cosplay et de la zone des assos d’activité qui sont déjà en eux même des espaces qui génèrent beaucoup de son ?

C’est évidemment compliqué. Y’a évidemment pas de solution simple. Mais damn.

🙏🙏🙏

Bon et puis oui l’espace activité était aussi très cacophonique. En même temps avec une scène dédiée aux jeux et cinq stands qui blastent des blind-test ou du karaoké en permanence, c’est aussi une partie du contrat. J’ai beaucoup d’admiration pour l’AEUG qui essayait de faire des conférences sur son stand dans un contexte pareil parce que du côté de Thalie même nous faire des jeux c’était compliqué. Faut dire aussi que c’est encore plus compliqué quand notre enceinte son – une belle bête qui avait survécue à la Brigade et qui nous suivait de salons en salons depuis 2016 – crève dès le jeudi midi. C’était peut-être le meilleur moment pour mourir: vu qu’à 14h un méga Karaoké était organisé sur scène et que le public était méga chaud, on aurait rien pu organiser quoiqu’il arrive pendant.

(Oui globalement le stand Thalie on est un peu deg d’avoir été juste à côté de la scène Sora, c’était clairement pas des conditions optimales, on aurait aimé être un peu plus éloigné.)

On était aux premières loges pour le très chouette tournoi karaoké de Cospop qui m’a pas mal fait remonter le temps (l’opening de Maria Holic ? L’opening de Umineko en finale ?)

D’ailleurs en terme d’acti, on a noté la confirmation de deux tendances qu’on avait remarqué:

  • Les gens commencent à vraiment vraiment participer en masse aux blind-test. Je sais pas ce qui s’est passé pendant les confinements mais clairement ils sont aujourd’hui encore plus au taquet qu’ils ne l’étaient auparavant. Tu dis aux gens “blind-test en Sora à NEUF HEURE TRENTE DU MATIN” ils débarquent par groupe de cinquante là où les années précédentes à cette heure là tu aurais eu trois pelés et un tondu.
  • Ok le karaoké y’en a beaucoup maintenant. La démocratisation de logiciels libres comme Karaoké Mugen fait qu’aujourd’hui toutes les assos d’activités organisent du karaoké, et elles se sont pas trop gênées. Kaerizaki en particulier faisait tourner l’espace karaoké de leur stand du matin jusqu’au soir. Y’en avait finalement peu en salle Sora, mais quand y’en avait ça rameutait tout le hall. Et évidemment y’en avait toute la soirée sur l’espace extérieur avec à chaque fois une bonne ambiance. On pourrait faire nos connaisseurs un peu élitistes et râler que ça passait en boucle les dix mêmes séries mais cet engoument renouvelé pour le karaoké et pour le fait de hurler des génériques moi ça ne peut que me plaire. Mais c’est parce que l’art du karaoké en convention est un art qui me tient très à coeur et qui est une partie intégrante de comment je me suis construit en temps qu’otaku donc yep. Même si oui je reste surpris qu’en 2022 Blue Bird est encore plus populaire qu’il ne l’a jamais été. Et ça chante même pas Yaoi yaoi sur les refrains….

En gros les gens sont revenus des confinements avec un amour de ouf pour les génériques d’animés. C’est ptet là que je devrais mettre plus en avant mon podcast musical dédié à la culture visuelle japonaise mais bon, eh, si j’étais un bon publicitaire ça se saurait.

Regardez moi ces jeunots qui hurlent Zankoku no Tenshi no These comme quand moi même j’étais jeunot et que les vieux me regardaient hurler Zankoku no Tenshi no These

Du côté des éditeurs, on était pas trop mal avec à la fois des bonnes vieilles traditions qui reviennent (je vous jure, le jour où Ki-oon change de lieu et de disposition pour son stand, je deviens fou car je perds la seule ancre émotionnelle qui me lie encore à Japan Expo 2010) mais aussi quelques nouveautés au programme puisque c’était la première édition pour certains jeunes éditeurs apparus pendant la pandémie.

Mangetsu s’est ainsi rapidement pris au jeu des stands éditeurs comme si ils avaient toujours faits ça, avec mise en avant de leurs principaux mangas (Ao Ashi, Junji Ito, etc), animations footballistiques et évidemment parasols installés à l’arrache pour protéger leurs employés de la verrière maudite. Ils ont du crever de chaud pendant tout le salon mais c’est un démarrage convaincant pour l’éditeur.

Un peu plus le bordel chez Noeve Grafx. Queues faramineuses le matin (qui dégueulaient un peu sur les alentours) pour les dédicaces de Kotteri, staffs exténués et sous-equipés (staffs dont la vente n’est pas le métier, d’ailleurs, pour beaucoup d’entre eux), et un stand qui mélangeait comme il pouvait – et pas avec la plus grande grâce – vente de bouquins, espace de dédicace et espace de démo du jeu Kobayashi. C’était un peu plus brouillon que Mangetsu, mais la localisation et le catalogue varié de l’éditeur a pas mal joué à l’avantage du stand. Le stand avait l’air d’avoir toujours pas mal de fréquentation, ce qui tend à confirmer le succès d’estime que le jeune éditeur a su créer depuis son démarrage. Où alors tout le monde était là pour collectionner des cartes. Je sais pas.

Joli stand chez Vega-Dupuis, pas forcément simple de s’y balader quand y’avait une grosse fréquentation mais y’avait un petit style et une identité visuelle qui clairement le faisait sortir du lot. Je ne me souviens plus si Vega était déjà venu en solo à Japan Expo en 2019 mais en tout cas ça donnait un petit standing qui convient bien à la ligne édito un peu “intello” (c’est pas une critique) que la maison d’édition montre depuis sa création.

(Le goodie était une gourde, ce qui était évidemment du pain béni dans de telles conditions.)

(GG également à One Piece Red qui distribuait gratuitement masse d’éventails donc non seulement j’ai pu brasser de l’air pendant tout le salon mais en plus j’ai pu le faire avec un éventail à l’effigie de Uta, qui a un design que j’adore) (et des chansons que j’adore)

Chez les éditeurs “installés”, y’en a qui ont pas surpris et nous ont offert ce qu’on connaissait déjà: le stand de Glénat, par exemple, était à peu près le même que les années précédentes, sans trop de surprise, sans animations particulières, et toujours avec peu de tomes de l’Ere des Cristaux en stock. J’avais été surpris qu’ils ramènent pas de Bleach non plus vu le retour prochain de l’animé mais vu la crise du papier je pense que c’est pas l’année où je vais reprocher à des éditeurs de venir sans certaines séries. Dans la même continuation, Delcourt-Tonkam-Soleil ou Doki Doki avaient là aussi des stands très similaires aux années précédentes, assez simples dans leur conception. J’aime juste bien comment Delcourt-Tonkam-Soleil a ouvert l’intérieur du stand pour permettre une circulation facile entre les différentes “zones” mais ça sera la chose que je retiendrais de ces stands là.

Chez Kana c’était très large, avec un stand de jeux autour de Elusive Samurai, entre autres. On avait plusieurs points où l’on pouvait acheter les dernières nouveautés. Circulation assez aisée. J’ai connu bien pire de leur part mais cette année c’était chouette. Chez Pika c’était un peu plus yolo avec un gros espace contenant là aussi toutes leurs dernières nouveautés. L’organisation était pas toujours évidente à comprendre – surtout les gros ilôts centraux – mais les staffs étaient plutôt au taquet, m’aidant à localiser des tomes de Chihayafuru et Sayonara Monsieur Désespoir que j’étais sans doute le seul ce jour-là à chercher. Pika qui mettait vraiment beaucoup le paquet niveau com sur Blue Lock (logique) et surtout sur Komi cherche ses mots qui était quasi omniprésent dans tout le salon.

Dans les petites déceptions, j’ai trouvé le stand Panini presque un peu trop modeste compte tenu du contexte – je veux dire c’est pour cette Japan Expo qu’ils clôturent Demon Slayer, l’un des plus gros blockbusters de leur histoire et de l’histoire de cette industrie. Si y’avait un peu de déco (dont une très rigolote boîte à Nezuko) je peux pas m’empêcher de me dire que c’est le genre d’événement qui aurait mérité des moyens un peu plus ambitieux. Mais bon je me dis que y’a encore 4 ans, y’avait quasiment plus personne dans cette maison d’édition donc on revient de loin j’imagine.

C’est elle, c’est la Nezubox

Ki-oon est toujours aussi ambitieux de son côté avec comme toujours les fameux espaces de jeu autour de leurs franchises phares. Grosse mise en avant de Frieren et My Hero Academia mais aussi des Carnets de l’Apothicaire. Kurokawa reste assez modeste de son côté et ne s’autorise toujours pas des folies même si le petit stand photo Spy X Family n’a jamais désempli du week-end. Parfois c’est tout ce qui suffit.

Komikku était une nouvelle fois absent mais je ne sais plus si on les a revu depuis 2016.

Niveau animation, Crunchyroll avait son méga stand. Je n’ai pas pu en visiter l’intérieur par contre le samedi matin je me suis rendu à la petite boutique qui en journée nécessite une petite demie-heure de queue et damn elle était pas fifolle, se concentrant sur les dernières nouveautés Kazé “hype” et possédant presque pas de contenu niveau animés. J’ai quand même pris les artbooks de Posuka Demizu mais c’était clairement la boutique d’éditeurs la moins attractive de la zone, et elle ne justifiait absolument pas la queue nécessaire pour y pénétrer :'(. Il faudra à tout prix faire mieux l’année prochaine et rendre l’accès aux produits Kazé/Crunchyroll beaucoup plus simple. J’imagine qu’ils ont pas eu le temps de bosser sur le contenu de la boutique parce qu’ils étaient trop occupés à régler les soucis de qualité de vidéo sur leur site et sur les applications, HAHA JE RIGOLE BIEN SÛR.

(Pas de stand All the Anime, j’apprends à le vivre, j’apprends à l’accepter, je me met en pose latérale de sécurité, et je laisse les larmes couler.)

D’ailleurs le logo Kazé était absent de l’extérieur du stand donc si tu cherchais le stand de Kazé pour acheter les mangas de Kazé et que tu savais pas que c’était devenu Crunchyroll en vrai t’étais bien dans la galère

J’y connais rien en webtoon coréen, je l’avoue, mais le stand officiel de Webtoon était assez impressionnant avec sa surface large, ses animateurs inarrêtables et ses multiples rencontres / dédicaces organisées, souvent avec une large foule au rendez-vous. Juste à côté y’avait Good Smile Company comme toujours fidèle au poste même si hélàs ici handicapé par une douane qui a gardé pas mal de stock à Roissy. Du coup tout n’était pas forcément dispo mais le choix était encore une fois plutôt large. Le stand s’accompagnait en outre de l’annonce officielle de la création d’une boutique européenne officielle, ce qui est une nouvelle qui m’enthousiasme pas mal (une fois que j’aurais enfin sorti mes nendoroids de leur boîte et fait de la place dans ma vitrine de figurines, 2 ans après mon déménagement.)

Enfin chez les plus petits éditeurs, c’était souvent plus simple avec des tables des nappes des kakémonos et des produits à vendre. Une pensée par exemple pour des stands comme celui de Maho Editions ou de Nazca (qui donnaient des Mr Freeze pour l’achat de manga) où l’on sentait clairement que y’avait pas un budget Japan Expo particulièrement énervé mais suffisant pour leur permettre un début modeste, discret et respectable. On a pas tous l’argent illimité du monde de la mode pour financer les premiers stands et aucun n’a paru trop ridicule, ce qui est déjà pas mal !

Pour le reste bon vous connaissez ce format, je vais évoquer le reste un peu en format liste, un peu décousu.

  • J’ai pas réussi à trouver le temps et l’énergie de faire un tour complet des espaces amateurs… Je m’en veux, mais comme j’ai déjà fait bien le tour de l’immense espace amateur de Dokomi y’a à peine un mois, le regret n’est pas non plus excessivement présent. J’ai aussi appris à me faire à l’idée que je suis passionné de séries et d’univers que ne couvrent que très peu les artistes amateurs, ça m’apprendra à kiffer des trucs vraiment beaucoup trop nichés ;_;.
  • Si vous trouviez que le masque n’était pas assez porté à Japan Expo, je peux essayer de vous rassurer en vous disant qu’il l’était plus qu’à Dokomi. Mais bon contexte différent, vous me direz.
  • Genshin était omniprésent au salon allemand, il l’était moins ici ! Si il y’avait beaucoup de cosplayers Genshin à Villepinte, j’ai quand même l’impression d’en avoir vu moins qu’en Allemagne, et c’était globalement un peu moins “varié” en terme de personnages cosplayés. Le méga-stand Genshin était l’occasion de faire la queue pendant deux à trois heures pour avoir accès à une boutique pas forcément ouf et aux prix très élevés. Ça avait l’air d’être plus l’arnarque que le rate des gachas.
  • Les températures étaient globalement très élevées dehors mais à l’intérieur cette chaleur ne s’est jamais vraiment fait trop ressentir. J’avais même tendance à avoir trop froid le matin, la clim tournant à plein régime. A noter que les toilettes étaient équipées de “zone d’eau froide” pour les gens qui rêvent de juste remplir leurs gourdes. C’était mon cas. Le salon recommandait régulièrement de s’hydrater, ce qui est le genre de message que j’aime lire quand j’attends en scène Ichigo.
  • Les plan-programmes papier c’est définitivement terminé. On en avait déjà plus eu en 2019 mais le fait que 2022 se fasse sans distribution physique de plan et de programme semble confirmer une bonne fois pour toutes la volonté du salon de s’en passer purement et simplement. Dans le contexte écologique et économique actuel je comprends la volonté de se passer de tonnes de papier imprimés qui va couter cher pour un usage très limite, en tant que visiteur je reste très frustré parce que l’application reste assez peu optimale d’usage (et encore je suis un chanceux qui capte plutôt bien dans le hall) et devoir se rendre aux plans-programmes “fixes” reste une contrainte. Néanmoins je dois admettre que ces plans-programmes sont globalement très bien situés cette année, et y’en a globalement toujours un à proximité. Mais je suis quelqu’un de cohérent: j’ai dédié trois paragraphes de mon article du Dokomi a m’enthousiasmer parce qu’ils distribuent des gros bouquins programme de 200 pages à l’entrée, donc je peux pas vraiment être joyeux quand Japan Expo décide de supprimer leurs fascicules une bonne fois pour toutes.
Vous remercierez Netflix et la pandémie: Naruto est aujourd’hui plus omniprésent que jamais
  • Vu les histoires de piqure à la seringue, de vandalisation de stands amateurs durant les nuits ou de harcèlement des cosplayeuses qui ont tournés sur Twitter après l’événement, c’était aussi un peu la Japan Expo où on aurait eu besoin d’une sécurité plus visible dans les couloirs et de contrôles plus stricts aux entrées. Va falloir que le salon – et que surtout le parc des expositions – travaillent aussi un peu là dessus pour essayer d’offrir une ambiance plus rassurante.
  • A l’inverse, j’ai jamais vu la police nationale autant patrouiller dans Japan Expo ? Mais étrangement leur présence me donnait vraiment pas le sentiment d’être plus en sécurité….
  • En parlant de sécurité: après la finale de l’ECG le samedi soir on a pu voir le public partir un peu dans la direction qu’ils voulaient, laissés un peu à eux mêmes dans un salon complétement vide ou y’avait plus que des exposants en train de ranger / décompresser. Je sais pas à quel point y’avait des staffs chargés de les guider ou pas mais là aussi c’était un peu étrange.
  • Sur un sujet complétement différent, je kiffe tellement l’ambiance du dimanche soir, quand en tant qu’exposant tu finis de tout ranger, tu fais le tour de tous les stands où t’as des potes, tu dis au revoir à tout le monde, on s’auto-congratule du week-end qu’on a survécu et tout et tout. On se sent à la fois fier du week-end mais aussi un peu triste de dire au revoir à tout le monde et de mettre fin à cette parenthèse tout en étant suffisamment explosé pour baver de joie à l’idée de rejoindre son lit quelques heures plus tard. Bref, de la joie et de la mélancolie sur plusieurs niveaux.
Quand c’est le moment de tout démonter, y compris tes daronnes
  • Je suis exposant donc j’ai pas accès aux séances de dédicace. Paraît que le nouveau système fait débat (le système de demandes de dédicaces via l’appli entre autres) mais je n’aurais du coup pas d’opinion à adresser. Je sais même pas pourquoi je le mentionne du coup vu que j’ai rien de pertinent à dire. Ptet parce que j’essaie d’être exhaustif ? Bon. Mystère.
  • Les expositions à Japan Expo je suis toujours partagé entre “c’est cool qu’elles soient là” et “damn c’est dommage qu’elles soient si petites, j’ai l’impression à chaque fois de survoler le sujet.” Genre l’espace dédié à WIT était sympa mais vraiment pas assez grand, j’aurais aimé avoir plus de contenu sur plus d’oeuvres récentes du studio (genre y’avait Onipan ou VIVY sur la dévanture et c’était assez peu présent dans la petite expo en elle-même.) Sans compter que cette expo en particulier manquait pas mal de contexte, d’infos sur ce qu’était vraiment WIT. Je sais pas à quel point un visiteur “normal”, beaucoup moins pointu, aurait pu tirer de celle-ci. L’expo anniversaire de l’ECG était aussi très sympathique mais là encore manquait de profondeur. Les photos étaient très chouettes, le récapitulatif des participants et palmarès était pas mal, les quelques costumes exposés étaient impressionnants mais là aussi ça manque un peu d’ambition pour être vraiment convaincant.

(Après j’aime bien l’expo de l’European Cosplay Gathering parce que clairement quand tu regardes les participants à la première édition et particulièrement les séries qu’ils cosplayent…)

(… et qu’ensuite tu compares avec les participants à l’édition 2019… )

(Tu vois clairement à quel point le concours est passé de “nos participants sont des gros weebs fans de culture japonaise parfois pointue” (Persona 4 en 2009 ! Ar Tonelico ! Five Star Stories ! Wild Arms ! Vocaloid !) à “nos participants aiment beaucoup Disney et le MCU”, ce qui est une tendance du cosplay compétitif qui a tendance à m’endormir parce que vraiment y’a plus aucune prise de risque dans les séries choisies et couvertes. Ca m’avait déjà choqué pendant Dokomi où en une quinzaine de représentation, y’avait qu’un seul manga, mais là quand j’ai ça sous les yeux je comprends mieux l’évolution du concours et des mentalités dans ce monde là, haha.)

(C’est aussi là que je me rends compte que je connais très mal le monde du cosplay, en vrai.)

Moi, Nemo et Nock faisant une conférence sur l’histoire de Kyoto Animation, devant un public nombreux mais pas forcément confortablement installé. Merci beaucoup à tous d’avoir été présents ;_;/.

Je ne crois pas avoir grand chose à rajouter pour ce très bizarre bilan de Japan Expo 2022. Globalement, comme je l’ai dit, je suis fondamentalement juste content que Japan Expo soit de retour. L’événement m’a manqué, j’en avais besoin après 3 ans et c’est pour ça que je suis encore plus dégouté d’avoir été dans un état physique et mental déplorable pendant ces quatre jours. J’ai l’impression d’avoir pas profité de ces quatre jours, d’être complétement passé à côté. Tant pis.

Maintenant que ce retour a pu avoir lieu, aux organisateurs du coup de repartir sur un rythme positif. Si on peut excuser les quelques désorganisations internes pour cette édition compte tenu du contexte et la nécessité de recréer une organisation en sous-effectif après deux ans d’inactivité, il faudra faire très attention à ne pas les reproduire pour la prochaine édition – y’aura plus vraiment d’excuse. Sachant que d’ici là, en attendant le retour à Villepinte l’été prochain, il y’aura comme toujours durant l’hiver Japan Expo Sud mais aussi le très étonnant retour de Japan Expo Centre en novembre prochain. De quoi remettre la SEFA dans le bain et dans le rythme, avec encore une fois mes espoirs pour la suite: plus d’ambition et plus de grandeur !

(Et là normalement c’est le moment où je poste mon loot, et je sais que des habitués se sentiraient mal si je le faisais pas, ce que je comprendrais)

(Du coup voilà tous les mangas que j’ai acheté)

Globalement pour lister, de haut en bas et de gauche à droite:

  • Les 4 premiers tomes de Frieren car ayé j’ai craqué et effectivement oui c’est pas mal
  • Je sais pas pourquoi j’avais pas encore pris les 4 tomes de Teenage Renaissance alors que j’avais beaucoup aimé lire le manga pendant la prépublication mais j’ai réglé ça en passant chez Akata
  • Idem, j’ai enfin complété ma collection de Battle Tendency, ça fait 6 ans que je devais acheter ces tomes, bon bah voilà
  • Le tome 11 de Dead Dead Demon Dedededestruction, achat très approuvé par la staff de Kana qui m’a souhaité une “bonne lecture” avec ce que ça implique quand tu vas lire du Asano
  • Premier achat noeve XS pour moi avec Mardock Scramble. A la fois parce que j’avais beaucoup aimé les films mais aussi parce que eh c’est le premier manga dessiné par Yoshitoki Oima (Silent Voice) donc à 4€ le tome j’ai pas hésité
  • Le premier tome de l’arc 3 de Sword Art Online Progressive. On sent effectivement que l’auteur faisait du hentai avant, mais c’est mieux dessiné que l’arc 2 donc eh.
  • Allez là, Elle et son Chat, adaptation en manga du court-métrage de Makoto Shinkai mais par Tsubasa Yamaguchi, autrice de Blue Period.
  • Eh oui c’est le tome 23 de Sayonara Monsieur Désespoir. 3 tomes sont sortis en un an !!!!! On est plus proche que jamais du 30e et dernier tome !!!!!
  • Troisième tome de Ayakashi Triangle car oui j’aime Kentaro Yabuki………
  • Ces jours heureux, un hentai extrêmement tendre et mignon dispo en avant-première chez Hot Manga. J’avais acheté la version numérique chez Fakku donc l’achat de la version physique faisait sens.
  • Les 4 tomes de Manchuria Opium Squad, histoire d’opium et de secrets dans la Manchourie occupée par l’armée japonaise. Le pitch était super intriguant, on m’en a dit beaucoup de bien, Japan Expo m’a un peu aidé à m’y lancer. Je lis ça dès que… je me sens mieux…
  • Le duo tome final de Demon Slayer + second fanbook. Quelle émotion… J’avais acheté le tome 1 des Rôdeurs de la Nuit à Japan Expo 2017….
  • J’étais attiré par le pitch et la couverture du Printemps Rémanent. Je lis ça très bientôt !
  • L’enfant sacré, l’enfant attendu: le premier tome français de Scum’s Wish. Six ans que je l’attendais, bon bah voilà. Croyez en vos rêves.
  • En plus de Frieren, évidemment que j’allais récupérer la suite des aventures de MaoMao via ce tome 9 des Carnets de l’Apothicaire. J’espère qu’elle est sarcastique dans ce tome.
  • Chez Pellichi, achat de son manga auto-édité avec le tome 2 et 3 de Material & Methods, manga racontant et parlant du monde de la recherche scientifique en France. J’avais acheté et lu le premier tome durant Dokomi donc voilà j’ai récupéré la suite èwé9.
  • Le tome 10 de SHY, un tome sorti pour Japan Expo où l’un des chapitres du manga se déroule à Japan Expo. Malin !
  • Premier tome de Kageki Shojo ! Je vous recommande la lecture du tome “saison zéro” juste avant mais à part ça c’est un plaisir de continuer à suivre les aventures de Watanabe et ses camarades.
  • Le tome 4 de Railgun dans son étrange version Deluxe.
  • La conclusion très attendue de Plongée dans la nuit ♪.
  • Le tome 10 de Kaguya-sama Love is War accompagnés du tome 10 de Blue Period car pourquoi avoir un super tome 10 quand on peut avoir DEUX super tome 10 ?
  • J’ai rattrapé récemment tout mon backlog Chihayafuru et pour me récompenser, le tome 39 est arrivé. Le timing parfois, c’est beau.
  • La compilation 17-21 parce que eh je suis curieux, et Fujimoto mérite ma curiosité.
  • Le tome 3 de Nova, par Caly !
  • Enfin, tome 1 et 2 d’Entre Soies, le très intrigant nouveau yuri de chez Taifu~

J’ai récupéré non pas une mais deux serviettes Quintessential Quintuplets, car comme ça je suis certain de plus jamais avoir de relation sexuelle pendant tout le reste de ma vie 😎😎😎.

Et enfin dans les autres petits achats:

  • Chez les jeunes créateurs, l’artbook “Voyager” de Pellichi, évoqué lors du paragraphe précédent
  • L’artbook Paris/Kyoto qui était vendu chez Sedeto, un recueil d’illustrations hommages à Kyoto Animation
  • En terme d’artbook, celui de Demon Slayer parce que j’aime bien le style de Gotouge (je suis un homme simple)
  • Idem, un autre artbook par Posuka Demizu ? Bon bah banco hein.
  • Deux achats maquettes pour occuper mes soirées de réflexion et de relaxation: le Unicorn Gundam que je cherchais un peu partout (il me rappelera des souvenirs d’Odaiba) et le Vogue Merry pour tester l’idée d’avoir un gunpla de bateau (et puis j’aime bien le Vogue Merry.)
  • Deux rares goodies officiels Girls und Panzer et Symphogear, trouvés perdus sur un petit stand tenus par des japonais. C’est pas tous les jours que je croise du Symphogear officiel donc écoutez.

Tout cela étant dit on termine par une dernière galerie photo puis promis après je vous laisse, faut que j’aille manger de toute façon è_é”.

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3 commentaires

  • tom le chat

    12 ans sur le RER D Sud m’ont appirs quelques règles simples :
    – quand ça bloque au Nord, faut aller à Gare de Lyon où les trains du sud deviennent terminus ;
    – quand il n’y a pas de train en gare souterraine, c’est qu’ils sont la plupart du temps en haut, aux départs des grandes lignes ;
    – plus rarement (jamais vécu personnelement), départ de Bercy voir bus de remplacement.
    – se munir de beaucoup de patience et de bonnes chaussures.

    Et après Juvisy, il y a encore d’autres aléas auxquels tu échappes : gares régulièrement fermées pendant les travaux, bus de remplacement surchargés, arrêts subitement supprimés pour ratraper le retard…

    ***

    Sur le décalage des dates, on peut aussi voir les choses dans l’autre sens, ça permet à des gens qui habitent loin de Paris et sont bloqués la 1ere semaine de juillet de venir : certaines familles avec enfants, des étudiants passant des examens de rattrapages et même… des profs.

    Pour le reste, riend e plus à ajouter sur la JE : trop de bruit pour les conférence, appli très mal optimisée, plan pas toujours très clair (des stands D éparpillés un peu partout dans le hall 5), beaucoup de monde mais quand-même du plasir à simplement s’imprégner de l’ambiance, retrouver les amis, tomber par hasard sur une expo ou une animation intéressante.

  • Doa

    Compte-rendu fourni et intéressant, un plaisir à lire 🙂 merci Amo !
    Clairement les nouvelles dates m’ont grave refroidi pour cette année, sans oublier les prix des billets, même s’ils se comprennent avec les 2 années à sec et l’inflation.
    Tu as aussi éveillé ma curiosité : en quoi c’est si nul paris manga ? J’y suis jamais allé parce que ça avait pas l’air terrible mais à ce point ?
    Et le retour de japan expo centre ??? Faut que je me renseigne ! 😀

    • Amo

      Ahah désolé du retard de la réponse.
      Très négatif sur Paris Manga dans le sens où je trouve le contenu proposé assez rachitique et jamais très bien mis en avant (ils ont parfois des excellents invités anime/manga mais les foutent dans des confs médiocre de 30mn grand max) et que globalement le plan me paraît très mal conçu: les deux éditions que j’ai pu faire (en 2010 à Champerret et en 2017 à Porte de Versaille) était insupportable tant tous les couloirs étaient en permanence noir de monde. C’est également très très bruyant, l’aspect son étant absolument mal géré. En somme c’est un évenement très désagréable à vivre et qui m’a jamais semblé réflechir réellement sur le bien-être de ses visiteurs.
      A voir comment ils vont s’en sortir à Villepinte mais j’ai pas une foi de ouf haha.

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