[Voyage 2026] Jours 12 & 13 – Ai Kotoba
C’est l’esprit attristé que j’entame l’écriture de cet article car, alors que je nettoyais mes lunettes, j’ai cassé et décroché ma plaquette droite. Du coup maintenant quand je les porte, j’ai le métal directement en contact avec la partie droite de mon nez, et ça me dérange un peu. Je m’y habituerais après 3 heures, j’imagine, mais on sous-estime à quel point une ptite plaquette ça amène en confort – comme vous le savez, c’est bien quand quelque chose n’est plus là qu’on se rend compte de son importance, l’occasion donc d’apprendre une nouvelle fois cet important adage. Mais du coup faudra que je passe chez l’opticien à mon retour en France, mais ce ne sera pas avant au moins une bonne semaine… Car oui, on entre aussi dans la dernière semaine ! Et je suis à l’aise avec ça… Il me reste encore quelques journées bien chargées au programme, donc j’ai déjà l’assurance de partir sans regrets. Et puis c’est vrai que je suis désormais dans une situation où je peux envisager de partir plus souvent… Enfin ça dépendra des prix des billets d’avion et donc de la situation en Iran… Est-ce que ça a l’air de s’améliorer ? Euh…
ALLEZ PENSONS A AUTRE CHOSE !

Sixième billet, déjà ! On déroule ! Aujourd’hui je vous propose donc un programme assez animé puisque je suis donc désormais basé à Aomori et que j’ai décidé d’utiliser la ville comme hub pour naviguer tout autour d’elle grâce au pouvoir des trains illimités permis par mon JR Pass que je ne suis pas certain de vraiment rentabiliser – je ferais sans doute un gros compte à la fin pour savoir si je suis parvenu à dépasser 80 000 yen sur l’ensemble des 14 jours, parce que certes j’ai pris beaucoup de trains au quotidien mais au final c’est beaucoup de lignes locales avec des tarifs entre 1000 et 2000 yens par trajet. Le plus couteux c’est le shinkansen mais j’ignore si j’y suis parvenu… On va dire que j’aurais surtout gagné un certain confort mais on en discuter dans le bilan.
D’ailleurs je tiens aussi un livre de comptes sur ce voyage pour suivre mes dépenses. C’est un peu nerd mais c’est assez utile pour visualiser mes dépenses. Pour l’instant je tourne à une moyenne d’environ 8000 yens dépensés par jour, et j’ai du mal à savoir si c’est peu ou beaucoup… Mais je sais aussi que les derniers jours à Tokyo me feront faire le tour des Mandarake, Surugaya et autres Nakano Broadway donc ça va être… dans l’escalade. Autant vous dire que Japan Expo dans un mois je le ferais avec l’âme d’un moine bouddhiste résistant au désir.
Bref, arrêtons de parler argent et partons dans la beauté du voyage et des décors – avec pas mal de très belles choses au programme aujourd’hui, et des lieux que je vais vous recommander avec beaucoup d’enthousiasme, en l’occurrence Hirosaki et Hakodate ! Eh oui, que deux jours cette fois-ci mais ils sont déjà bien remplis !

Jour 12 – Hirosaki
Déjà, je me suis senti con la veille en arrivant à l’hotel quand ils m’ont donnés des tickets de petit dej parce que j’avais oublié que j’avais souscrit à cette option quand j’ai booké. Et pour le coup les petits dej d’hotels je commence à avoir deux points de vue très ambivalents sur eux – le bon côté c’est que ça permet de pas se prendre la tête sur quoi manger le matin, me suffit de descendre, de prendre des trucs dans le buffet, souvent les mêmes trucs chaque matin, et j’ai déjà bien mangé dès 9h, ce qui va être très utile pour un reste de journée souvent dans le mouvement permanent. Le mauvais côté c’est… ugh… faut que je me lève avant 9h… Et j’aime pas me lever avant 9h… Je suis en vacances… Mais bon, au Japon, quand t’es touriste, tu veux être levé à 9h pour avoir le temps de voir des choses avant que tout ferme à 17h donc… voilà… Pas de grasse mat… Pas de grosse nuit… Des nuits de 8h normales et basiques…
En vrai je suis un peu content de garder un rythme de sommeil correcte pendant ce voyage, avec souvent des 0h30 – 8h30 tout à fait normaux, et j’évite ainsi de refaire l’erreur du premier voyage où je faisais des nuits de 10h minimum qui me laissaient un peu KO. Mais en même temps, à l’époque, je n’avais pas ma machine pour traiter l’apnée du sommeil donc me fallait ces 10h pour que la nuit soit un minimum réparatrice. Bref, tant pis, je dois mettre mon réveil le matin (alors que je suis en vacances !!) mais ça vaut le coup…
(Le petit déjeuner de l’hôtel est ok, il propose des yakisoba et honnêtement je surkiffe ça donc je m’en gave chaque matin, ça me suffit presque 😭😭.)

Après ça, direction la gare d’Aomori pour prendre la Ou Line pour notre destination du jour – Hirosaki ! Une des principales villes touristiques du Tohoku, connue entre autres pour son château, un des derniers « châteaux authentiques », c’est à dire qui ne soit pas une copie ou une reconstruction moderne. On m’avait conseillé la ville, la méteo promettait une certaine clémence donc allez, comme à l’accoutumée j’y vais un peu à l’aveugle, avec le château comme premier objectif. Le train depuis la gare d’Aomori prend environ une petite heure et n’est pas des plus confortables – c’est un de ces modèles qu’on s’attend plus à servir de métro pour des distances courtes, avec relativement peu de places assises qui se font face. Du coup ça tremblote, et on est souvent stoppé de longues minutes en pleine campagne pour laisser passer d’autres trains où faire face à un souci de signaux. J’emphase le « en pleine campagne » car le secteur entre Aomori et Hirosaki n’est pas très peuplé ! Beaucoup de rizières, de verdure et de forêts, et certains arrêts qui semblent ne desservir que des hameaux de quelques maisons. Je pense entre autres à la gare de Tsurugasaka – située à à peine 20mn du shinkansen et du centre-ville d’Aomori en train mais déjà très campagnard. Et encore je pense que d’autres lignes (dont une que je ferais peut-être en jour 15) me feront voir encore plus de ruralité que ça !
Dans tous les cas, arrivée à Hirosaki une ville qui, comme Aomori, met en avant… la pomme !

Toute la préfecture en générale, est très fière de sa culture de la pomme, et j’imagine que doit y’avoir une rivalité interne entre Aomori et Hirosaki pour déterminer qui a la meilleure des deux, mais en tout cas Hirosaki met le paquet entre pomme géante dans la gare, parc dédié à la pomme et, évidemment, multiples boutiques spécialisées dans la gare et les alentours. Mine de rien on se rend vite compte qu’Hirosaki a quand même beaucoup de choses à faire valoir et à essayer de promouvoir: entre ses pommes et son château authentique, il y’a déjà deux gros atouts touristiques qui aident la ville à construire son identité. Qu’est-ce qu’elle pourrait avoir de plus, Hatsune Miku ?
Alors… Oui…

Hirosaki a sa mascotte officielle – un canard avec un casque-château assez cool et assez stylé, mais depuis peu il n’est pas seul dans ce devoir puisqu’il est accompagné par Sakura Miku, qui vient accompagner via des illustrations et différentes campagnes touristiques la floraison des cerisiers au sein de la ville. Floraison paraît-elle sublime dans le parc du château, d’où l’association ! Je vous avoue du coup qu’un de mes objectifs secrets de la journée aura été de trouver des goodies officiels, ce qui va se révéler plus compliqué que prévu…
(En règle générale, je suis toujours attristé quand des villes ou des préfectures ont des mascottes cools et qu’elles n’en font pas tant de goodies que ça, où planquent ceux-ci à des endroits compliqués au lieu d’arroser les boutiques de souvenirs. Par exemple j’ai pas trouvé grand chose avec le canard de Hirosaki, tout comme il a fallu que j’aille me perdre au siège de la préfecture de Miyagi pour pouvoir enfin acheter une peluche Musubimaru. Faut pas hésiter à suivre l’exemple de Kumamon qui lui était omniprésent dans toutes les boutiques de la ville !!)

Un de mes apprentissages de ce troisième voyage c’est que le bus c’est finalement pas si mal, surtout quand contrairement à Kyushu ceux-ci prennent la Suica sans souci, et du coup je vais prendre le bus touristique de Hirosaki, un bus circulaire faisant à fréquence honnête (toutes les 15/20mn) le chemin entre la gare et le château. Je vais déjà très vite faire une croix sur le Hirosaki Apple Park, qui m’intéressait pas mal – un parc dédié à la pomme, avec possibilité d’en cueillir et de goûter plein de plats autours de cette thématique, mais hélas le lieu est mal desservi en transports en commun, et ça fait un trop gros détour pour que je puisse confortablement m’y rendre avant que ça ne ferme. Déjà parce que, pour être honnête, le coin du château offre déjà pas mal de choses à voir et à faire, dont beaucoup que je vais découvrir sur place ! Par exemple, hop, je descends du bus au niveau de l’hôtel de ville d’Hirosaki, situé à quelques pas d’un des portails du parc, cool ! Là je tourne la tête, je vois l’office du tourisme, j’y vais vite fait dans l’idée de peut-être récupérer des goods Miku mais à peine je monte que je vois un bâtiment au look assez cool. Je m’en rapproche alors…

Ce bâtiment c’est l’ancienne bibliothèque de la ville, devenu un musée gratuit qu’on peut visiter ! Du coup on rentre dans cette vieille batisse, on s’y balade, des vieux textes et des vieilles archives de la ville sont exposées, c’est sympa !

Ptite balade sympa de 10mn, plancher qui grince, feeling rigolo, je redescends, je sors, je vois au loin un truc nommé « Float Museum« , aucune idée c’est quoi, du coup allez j’y marche, je vois que c’est gratuit, YOLO je rentre et je tombe sur un musée dédié… bah aux chars Nebuta !

Les chars Nebuta c’est une tradition de la préfecture d’Aomori où dans une vingtaine de villes du coin vous retrouvez durant l’été ces grosses parades annuelles où tout le monde s’unit pour essayer de faire SON char avec des figures enluminées, dépeignant des scènes souvent épiques avec des personnages légendaires ou historiques, aux traits souvent monstrueux, le tout paradant au rythme des taikos les plus énervés du cosmos. Aomori est un peu la capitale du genre – spoiler on va révoquer ça plus tard dans le prochain article – mais Hirosaki n’est pas honteuse non plus dans le domaine. Et là aussi on retrouve d’ailleurs une sorte de rivalité entre les deux villes, ne serait-ce que dans la manière dont on évoque la discipline ! Nebuta à Aomori, Neputa à Hirosaki. Derrière la conception des chars c’est des artistes professionnels à Aomori, des personnes « normales » à Hirosaki. Aomori mise sur le grandiose, Hirosaki dans le plus simple. Mais en vrai chaque ville va avoir ses propres spécificités, ses propres fonctionnements, c’est assez passionnant.
Mais du coup ici le Float Exhibition Hall va surtout s’intéresser à l’histoire ancienne de la discipline, avec presque une dizaine de chars très anciens. C’était une jolie découverte pour moi – d’autant qu’on y est accueilli avec pas mal de gentillesse par les employées du musée. Soyez juste plus attentif que moi, je n’ai remarqué qu’à la toute fin que y’avait un pamphlet en anglais distribué gratuitement à l’entrée qui offre une traduction de pas mal des descriptions et des écriteaux du musée, que je m’étais ennuyé à passer sous google translate de manière très inutile !
Et éventuellement je vous conseille de passer d’abord au musée Nebuta d’Aomori: c’est plus intéressant de voir les origines de cette culture du char de parade après avoir vu le pendant plus contemporain et moderne !
(Il y’a aussi un autre musée Neputa à Hirosaki – le Tsugaru-han, situé pas très loin, qui lui exhibe les chars « vainqueurs » de la dernière parade. A ce moment-là je ne l’avais pas vu sur la carte, maintenant je regrette de ne pas y être passé.)

Après ça du coup, on démarre la balade dans le grand parc autour du château, avec pas mal de choses à visiter ! Et je commence par le jardin botanique. J’en profite pour prendre un billet touristique, qui offre pour 520 yens un accès à trois lieux différents, que je comptais intelligemment visiter – jardin botanique, jardin traditionnel et château. Une économie d’environ 300 yens, ça permettra de faire un gachapon supplémentaire ☝️🤓 !
Jardin botanique très sympa – assez large, avec pas mal de variété et « d’ambiances » différentes. Maintenant je vais pas faire genre je suis un expert en botanique, y’a pas mal de zones où tout avait fini de fleurir depuis perpet, d’autres zones où c’était un peu plus en jachère, mais je suis arrivé pile au bon moment pour voir la roseraie à son prime. Presque une centaine de variétés de rose dans un coin tout joli, pas mal !

Après avoir bien humé l’odeur des roses, direction ensuite le château avec une légère déception – celui-ci n’est pas visitable, étant en travaux ! Et pas des travaux de gnognotte puisqu’ils ont pour objectif de déplacer le château. En gros lui faire quitter sa position précédente pour le faire revenir à sa position « d’origine », du coup pas de visite possible, très logiquement ! Ma surprise, cependant, était de voir à quel point celui-ci était… petit ?

Je pense que là ça se voit que ma culture des chateaux du Japon est pas ouf, et c’est vrai que c’est pas un sujet qui me passionne beaucoup, parce que jusque là le seul château que j’ai visité c’était celui de Kumamoto, qui fait une trentaine de mètres de haut – presque le double de celui d’Hirosaki qui n’en fait « que » 15. Je ne peux donc qu’imaginer maintenant la grandeur de celui d’Himeji avec ses presque 50mn… Mais du coup ça m’avait surpris, j’ai cru au départ que j’avais sous les yeux, genre, une tour de guet et que le vrai château allait se trouver derrière la forêt ou quoi – mais non, c’était bien lui. La surprise passée, je me balade un peu dans la partie privée et accessible que sur ticket autour du château, avec entre autres une très belle vue sur le mont Iwaki, qui domine la ville au loin.

Et après ça direction le troisième atout du parc – le jardin traditionnel ! Nommé le Fujita Memorial Garden, c’est à la base la résidence d’un président de chambre du commerce local, ouvert au public depuis 1991. Au programme donc, deux jardins en un, avec une partie « à l’occidentale » et une partie « à l’asiatique » – retenez surtout que y’a une très jolie mare avec ce qu’il faut de pelouse impeccablement taillée, de carpes gigantesques et d’arbres posés au millimètre prêt pour créer un sentiment bienvenu de complétude et d’harmonie. C’est un jardin traditionnel, dans tout ce que j’aime et apprécie ! Il n’est pas bien grand, on en fait vite le tour, mais ça vaut toujours le coup de s’asseoir au bord de la mare et de regarder le temps passer dans un aussi joli cadre.
Bonus: si vous voulez vous sentir comme le roi du monde, mettez vous debout sur le pont qui enjambe la mare et regardez les carpes s’agglutiner sous vous dans l’espoir que vous leur donniez à bouffer. Envie de reprendre mon verre de vin laissé dans la chambre de Niigata et le secouer en regardant les poissons, tout en ricanant de manière délicieusement sardonique.

Après ça, passage à l’office de tourisme (qui n’a pas de goodies Sakura Miku 😔) suivi d’une marche tranquille jusqu’au quartier de la gare, situé à 2 ou 3 kilomètres du château. C’est surtout l’occasion de redescendre la principale artère commerciale de la ville, dans lequel on retrouve ce Japon d’une autre époque – pas mal de locaux abandonnés, des bâtiments un peu rouillés, des complexes commerciaux sentant le fun des années 90 proposant bowling et salles d’arcade, les locaux d’une radio locale et des restos pas encore ouverts pour la soirée ou déjà fermés pour la soirée. Le sentiment que c’était peut-être une rue qui avait plus d’activité et de dynamisme quand les gens étaient forcées de l’emprunter pour aller au château depuis la gare. Où juste plus d’activité quand le Japon était une puissance économique beaucoup plus florissante…
Globalement des zones comme ça j’en crois mine de rien pas mal dans le Tohoku, où chaque espace touristique semblant toujours dans cet entre-deux bizarre où ça veut attirer des gens, et manifestement ça en attire, mais où les zones commerciales semblent souvent datées, pas modernisées, toujours coincées dans la gloire des années 70 & 80, avec la peinture d’époque jamais refaite. Y’a des coins où ça marche bien comme à Yamadera où ça permet de conserver une forme d’authenticité, mais cette artère d’Hirosaki, comme les façades de Matsushima où, on va le voir, le centre d’Hakodate, ça donne un sentiment de démodé, de stagnation voire de déclin qui est un peu triste. Mais en même temps ça a son petit cachet, c’est sûr…

Après je salue quand même les efforts d’Hirosaki pour attirer un public étranger et anglophone: c’est une ville qui m’a semblé accueillante et volontaire à l’idée d’en recevoir. Y’a pas mal d’infos en anglais dispo à l’office de tourisme, le bus touristique est très pratique, l’offre à 520 yens pour les trois attractions est rentable, y’a beaucoup de petites attractions gratuites (je ne vous ai pas parlé des reproductions miniatures des bâtiments phares de la ville qui trônent a l’arrière de la bibliothèque), bref c’était un bon moment, et je recommande vraiment de dédier une ville à son exploration ! Si vous avez le temps de donner en plus une chance au second musée Neputa et à l’Apple Park, vous avez une journée bien chargée et riche en trucs sympas !
Moi de mon côté, le reste de la journée à Hirosaki se déroule de manière aventureuse: j’entre dans le principal centre commercial du centre pour aller visiter l’Animate du 4e étage, j’y trouve les goodies Sakura Miku que je cherchais (logiquement), après ça j’hésite 2mn entre aller à la gare ou m’arrêter manger au Saizeriya local, finalement je vois que y’a qu’un train par heure pour Aomori et le prochain part dans 7mn donc en vrai let’s go direction la gare pour choper un train…. que je loupe à une minute près. Mes 2mn d’indécision m’ont mis dedans ainsi que les QUATRE FOUTUES MINUTES QUE J’AI PASSÉ A UN FEU DE CIRCULATION 😭😭😭. Ils foutent un feu rouge piéton interminable en face d’un gare, y’a des sadiques à la mairie je vous jure.
Triste et déçu je retourne donc au Saizeriya manger un poulet au fromage, et je finis par rentrer cette fois-ci en prenant le Ou-Line Limited Express, qui propose des places assises plus sympas et un trajet un peu moins long jusqu’à Aomori. En plus il a une bonne tête, j’aime bien ses couleurs, dommage qu’il passe moins souvent que la Ou Line normale, mais c’est ptet pour ça le limited de son nom !

Vous l’avez d’ailleurs constaté: il fait beau en ce jour 12 ! Ouf, enfin débarassé de la grisaille qui était omniprésente depuis le début de ce voyage ! Pour fêter ça, je décide du coup de me balader un peu autour de la gare d’Aomori, qui est juste à côté du port et de la plage – l’occasion du coup de voir la mer et les montagnes. En même temps !

Mais aussi l’office du tourisme de Aomori !

Incroyable bâtiment triangle. Le Doritos Building… Tellement classe… J’aime bien le fait qu’ils ont juste construit un gros triangle au bord de la mer. Rien à branler des préconçus, rien à branler du bon goût, ils voulaient faire ça et ils l’ont faits. Respect.
Et après ça ? Bah après ça c’est retour à l’hotel, lessive, recherches pour le voyage du lendemain et matage du premier épisode de la nouvelle saison de Jet Lag. Mais une journée très sympa, avec de beaux rêves au rendez-vous !
Galerie Jour 12 – Hirosaki & Bord de mer d’Aomori



Jour 13 – Hakodate
Saviez-vous que Miku est la mascotte officieuse de Hirosaki mais que y’a une autre ville qui partage ça ? Et que cette ville c’est Hakodate ? Et qu’on appelle ça du coup l’alliance Hirohako ? Et ça tombe bien car Hakodate c’est le programme de la journée ! Et là on a un détroit à traverser pour s’y rendre car on va quitter Honshu pour rejoindre Hokkaido ; heureusement cela n’est rien que la technologie moderne peut régler puisqu’en 1988 un tunnel a été ouvert pour lier les deux îles ensemble via le chemin de fer, ce qui permet donc aisément de prendre le Shinkansen à Aomori et être à Hokkaido en moins d’une heure, à la gare d’Hakodate !
Enfin, précision: de la gare de Shin-Aomori jusqu’à la gare de Shin-Hakodate, les deux villes ayant comme point commun celui un peu agaçant d’avoir des gares shinkansen qui sont en banlieue et connectées aux centres-villes par des trains irréguliers, souvent liés aux horaires des dits shinkansen. Je dis ça parce que je suis arrivé en gare d’Aomori à 11h30 pour découvrir que le prochain train pour Shin-Aomori partait à 12h15, et j’avais pas envisagé de commencer ma journée par 45mn d’attente dans les dents 🤓.
En même temps, j’ai glandé comme un ouf toute la matinée: je me suis levé à 9h, j’ai pris le ptit dej, je suis retourné m’allonger et j’ai laissé passer une heure et demie avant de me dire « eh, allons donc à Hakodate. » Une décision qui va me mordre le cul plus tard, je vous laisse le suspens mais grosso merdo ne faites pas comme moi et si vous allez à Hakodate depuis Aomori, partez plus tôt !

Le voyage en train s’est bien passé nonobstant – arrivé à Shin-Aomori, le shinkansen partait 12mn plus tard, ce qui me laissait le temps d’aller au comptoir JR East Travel pour choper une place réservée. Shinkansen peu fréquenté en régle générale en ce jeudi midi – beaucoup de places dispos… sauf dans ma voiture, comme par hasard ! Et en même temps si je vous dis que j’ai partagé la voiture avec une classe de 35 lycéens, ça expliquera ptet pourquoi. Très dissipés les jeunes de nos jours, ils étaient évidemment un peu bruyants, mais en même temps c’était pas grave j’avais mes écouteurs intra-auriculaires et j’écoutais un bon podcast, profitant de la totale absence de vue pendant la moitié du trajet – quand celui-ci consiste d’un tunnel de 53km, plus long que celui sous la Manche, effectivement, la place fenêtre n’est pas foncièrement très utile ici ! Après ça c’est arrivée à Shin-Hakodate, nouveau train local, lui aussi calé sur le Shinkansen, et arrivée donc dans la ville, et avec ça mes premiers pas à Hokkaido !
L’objectif principal de ma journée, je vais pas mentir, c’était l’observatoire du Mont Hakodate, où je voulais être en fin de journée. C’est aussi une des raisons pour laquelle j’ai traîné à me rendre à Hakodate: je ne voulais pas arriver trop tôt de peur de m’ennuyer dans la ville en attendant le coucher du soleil. Raisonnement absolument stupide, extrêmement claqué au sol et coupable de trois claques dans la gueule parce qu’au final je vais passer une bonne partie journée à être en rush, et sacrifier des visites par manque de temps ! Bon là encore une fois c’est pas grave, j’espère un jour dédier un voyage entier à Hokkaido à l’avenir donc forcément que je repasserais par Hakodate, mais du coup ça m’a empêché de prendre mon temps, ce que je n’apprécie que modérement.
Mais avant ça fallait quand même que je mange – je me perds du coup dans un ptit complexe commercial situé juste à côté de la gare, avec d’emblée une ambiance assez rétro… et un peu cool.

Je me retrouve dans un ptit Izakaya, où je finis par demander brochette de porc, poulet épicé sur riz et un ptit soda à l’ananas. Assez délicieux, particulièrement les brochettes salées bien comme il faut ! Le poulet épicé était surmontable, avec une sauce qui parvenait à être épicée et goutue, ce qui n’était pas pour trop me déplaire. Le corps rempli et l’esprit satisfait, je saute dans un bus touristique direction le Goryokyaku, une forteresse construire lors des troubles du début de l’ère Meiji, en étoile, sur les modèles établis par Vauban, et a côté duquel a été construit une gigantesque tour d’observation. Car oui Hakodate est une ville gourmande: elle est connue pour son très bel observatoire sur son mont éponyme mais elle s’est aussi dit que ce n’était pas suffisant et qu’il en faudrait un second, d’observatoire, cette fois-ci à l’opposée de la ville !
Et du coup on a une tour qui a une tête rigolote, juste à côté d’une forteresse centenaire !

Et je vous rassure: la vue y est pas mal !

Point positif: elle est à 360°, on a une vue parfaite sur la forteresse, ce qui permet d’admirer son architecture et sa forme unique. On voit bien la ville, le port, et la particularité géographique d’Hakodate qui fait que la ville est bordée par la mer des deux côtés, occupant une péninsule toute entière. Y’a aussi un petit musée à l’intérieur de l’observatoire, avec des maquettes et des textes racontant les troubles de la période, la révolte de déserteurs s’opposant au pouvoir japonais, comment ils ont été réprimés, avec en focus en particulier sur la figure de Toshizo Hijikata, un personnage que j’aurais sans doute reconnu si j’avais vu Golden Kamuy !
Bémol: y’a pas d’endroits pour s’asseoir et à quoi bon faire un observatoire si tu peux pas t’asseoir sur un banc et kiffer le paysage ☹️……..
(Surtout que oui, je vous fais pas d’update régulière mais mes pieds sont toujours en sale état et peuvent toujours pas rester en position debout inactive trop longtemps, donc ça a été un peu pénible passé une demie-heure à regarder le décor.)

Malgré tout, bien aimé ce petit moment en hauteur ! Après ça j’ai un peu profité des commerces en dessous – déjà en me buvant un ptit lait au fraise assez savoureux, puis en allant faire le tour de la boutique des souvenirs, où j’ai pu trouver assez facilement des peluches de la Miku de Glace qui sert de mascotte officieuse à la ville ! Let’s go !

Après ça je sors vers environ 16h30, et je commence un peu à explorer la forteresse située juste à côté – mais je vais pas le faire trop longtemps car je me rends compte que le chemin vers l’observatoire du Mont Hakodate est d’environ une heure en transport, impliquant un peu de marche pour rejoindre le tramway local qui, comme tous les tramways japonais, n’est pas une méga bête de vitesse. Car oui le Goryokaku c’est sympa mais c’est pas situé très proche du reste des attractions commerciales de la ville qui sont elles plus situées en bout de péninsule ! Du coup allez faut marcher, on descend, l’occasion de profiter un peu du centre de Hakodate qui est… euh… pas le Japon le mieux maintenu que j’ai connu là aussi. Pas mal de rouille, de bâtiments qui ont l’air d’être abandonnés et des fast-food avec un clown psychopathe en guise de mascotte. Et je ne parle pas de McDonald’s !
Malgré tout j’arrive pile à temps pour le tramway que je voulais, tramway qui sont exactement comme à Kyushu – petits, vite remplis, lents et desservant des arrêts larges comme un cure-dent.

Jamais mes moments de voyage favoris au Japon mais au moins ça fait le travail, il se vide très vite une fois qu’il atteint la gare et ça me permet donc de rejoindre le sud de la ville sans trop souffrir des pieds, et c’est triomphalement que j’arrive à mon objectif de la journée – le téléphérique pour le mont Hakodate !
Et, donc, sa vue célèbre dans le monde entier !

Je crois que ce passage à l’observatoire d’Hakodate m’a rappelé un truc que j’avais un peu oublié depuis que je squatte Niigata et le Tohoku: le sentiment d’être dans un truc avec trop de gens et trop de touristes qui veulent leur photo parfaite. J’avoue que depuis que j’ai quitté Tokyo j’ai visité plein d’endroits, souvent des choses quand même un peu touristiques et attirantes, mais globalement jamais surpeuplées. J’ai même eu l’expérience inverse, avec des zones où j’étais dangereusement la seule âme qui vive, comme à l’Umanose ou dans les sommets de Zao-Onsen. L’endroit le plus « peuplé » jusqu’ici c’était Yamadera et bon, un samedi aprem c’est logique qu’on soit quelques centaines à monter cette montagne célébrée dans tous les guides touristiques, mais ça va, y’avait de l’espace etc, on s’en sortait.
Là, du coup j’avais sous-estimé à quel point l’observatoire de Hakodate ça peut être la guerre et, surtout, que je n’allais pas être le seul à vouloir voir le soleil couchant depuis le sommet ! Surtout quand le sommet en question est connu pour sa vue incroyable au crépuscule et en début de nuit !!! Je ne suis pas le seul à savoir ça ! Donc ouais, c’est la baston: les cars de touristes chinois en bas, le téléphérique qu’on remplit à ras bord et les gens qui rushent sur les premiers rangs dans l’espace d’observation situé en hauteur. Touristes partout, j’en suis un, je ne vais pas jeter la pierre, mais on va dire que ouais, tout le monde était là pour camper au maximum les meilleurs spots en attendant la tombée de la nuit, et que la situation à l’espace d’observation ne permettait pas particulièrement le fair-play. Du coup ça m’a un peu déçu, et j’avoue que j’avais pas particulièrement envie de me battre pour une photo, d’autant que en fouillant un peu, il suffit de descendre un peu dans le complexe pour trouver des zones plus tranquilles, moins visitées, et offrant quand même une jolie vue sur la ville… et plus généralement sur toute la baie autour. On voyait même les côtés d’Honshu au loin, c’était un peu cool !

Après voilà, toujours le rush – si je voulais rentrer safe à Aomori en train, je devais aussi respecter un planning très précis impliquant retour à la gare d’Hakodate à 20h, réservation d’un ticket de shinkansen, etc. Donc je ne pouvais pas rester jusqu’à la tombée de la nuit, ce qui est aussi un peu triste mais vu les quantités ahurissantes de gens débarquant toutes les 5mn en téléphérique à partir de 18h45, ça allait surtout être de plus en plus la guerre et la bataille pour voir le décor donc tant pis, pas grave ! J’ose à peine imaginer le bordel que ça doit être ici le week-end ou pendant la Golden Week ! Je préparerais ma prochaine visite car j’espère pouvoir y retourner et profiter plus longuement de la vue, peut-être même en journée où j’imagine que la fréquentation est moindre.
Mais du coup je descends un peu en avance pour être sûr de pas louper mon train – et dans un move traditionnellement Amoesque, j’ai tellement peur d’être à la bourre que je finis par arriver à la gare avec 50mn d’avance 😭. C’est l’occasion de pouvoir récupérer tranquillement son billet de shinkansen à la borne (j’ai du coup appris comment réserver un ticket de shinkansen en borne avec son JR Pass et c’est un peu chiant mais ça peut aider) et d’essayer de trouver un endroit où manger – après avoir tenté un ramen de la gare et m’être fait recalé parce qu’il était 19h31 et que le last order était à 19h30, je retourne à l’endroit cool avec les restos cools et j’en teste un autre, proposant entre autres sur sa carte un Mapo Tofu qui me fait tout de suite de l’oeil. Et effectivement…

Mapo Tofu délicieux, la régalade, malgré le fait que j’ai « que » 20mn pour le manger. J’y parviens, je félicite le patron, il me dit « merci beaucoup » en français c’est trop cool, et mon train partant dans 10mn je me dépéche de le payer, de récupérer la monnaie et de lui dire au revoir. Encore une fois une précipitation qui n’a pas beaucoup de sens la gare étant à 2mn du resto donc j’arrive dans le train avec 7mn d’avance, mais bon écoutez il faut ça pour me rassurer. Ce qui me rassure moins c’est que, peu après que le train soit parti, j’ai un feeling de truc pas net. Je crois que je suis parti du resto trop vite et je crois que j’ai loupé un truc. Je regarde mon porte-monnaie: merde j’ai paumé un billet de 5000 yens ? J’avais donné 10 000 yens au restaurateur car c’était le seul billet qui me restait, comme le repas valait 1800 il m’a donné 3 1000 1 5000… et je retrouve pas le billet de 5000. Et là j’essaie de me souvenir… je me vois récupérer ma monnaie… il me donne un reçu… je pose le billet de 5000… je prends le reçu… je reprends pas le billet de 5000… mais est-ce vraiment ça ? Mais il m’avait bien donné un billet de 5000 je me souviens en avoir tenu un.. Est-ce que je l’ai laissé au resto ? Est-ce que j’ai l’ai mis dans mon sac sans vraiment le mettre dans mon sac et il s’est retrouvé à terre ? Est-ce que le mec a juste oublié de me le donner et je m’en suis pas rendu compte ? Non encore une fois il m’en avait donné un… Trop chelou comme ma mémoire est floue sur ce moment…
Bref, dans le rush et la précipitation, j’ai paumé 26€. La seule fois où je ne prends pas le temps de check mon siège / ma table / ma monnaie avant de partie, je paume un gros billet. Et là ça me met dans le baaaaad. Encore plus parce que à ce moment là j’avais encore un doute sur si le billet paumé c’était 5000 ou 10 000. Mais non c’était bien 5000… Mais j’aime pas jeter l’argent comme ça ! Ptet que le restaurateur croit du coup que je lui ai laissé un gros pourboire ! Bon écoutez son mapotofu était super, il avait mis de la bonne zik dans son petit resto (du Orange Range) et tu sens le petit resto puisque y’avait que lui, sa femme et deux habitués dedans, donc au moins j’ai soutenu un petit artisan, j’imagine ! Mais ptet qu’il croit aussi que je l’ai perdu ce billet (ce qui est vrai) et qu’il est allé le déposer aux objets trouvés !!! Peut-être que quand je retournerais à Hakodate dans 6 ans, j’irais au commissariat demander si ils ont pas retrouvés un billet de 5000 perdu le 11 juin 2026 et qu’ils vont effectivement me le rendre. Mais ptet que à ce moment là 5000 yens ça vaudra 8€ donc franchement pas la peine ! Je sais pas !
Donc voilà, comprenez que mon voyage de retour j’étais triste et même un épisode très rigolo de Star Detective Precure n’aura pas suffit à éponger cette paie. D’autant que le shinkansen Hakodate – Morioka un jeudi soir à 20h30 c’est 55km de tunnel et 55km de campagne non éclairée, le tout dans des wagons peuplés par un touriste perdu (moi) et 3 salarymens en train de dormir, bref c’est une certaine forme de zen imposée. Est-ce que Bouddha me punirait de me sentir aussi mal pour une simple perte d’argent ? Peut-être, mais bon eh, avec un billet de 5000yens je pourrais choper tellement de goodies à la con à Surugaya… Triste…

Mais du coup – bilan de cette journée à Hakodate ? Dur à juger ! Je suis dégouté de l’avoir visité autant dans le rush, n’y passer « que » six heures n’est logiquement pas suffisant pour se faire une idée claire et profiter vraiment de ce qu’elle a à proposer. J’ai par exemple absolument pas visité la péninsule, et j’ai vu que y’a pas mal de choses possibles en terme de randonnée autour de la côte. Même le mont Hakodate a l’air prometteur: certes on peut utiliser le téléphérique en aller-retour, mais y’a aussi des lignes de bus qui desservent le sommet et quelques chemins de randonnées qui ont l’air d’offrir une descente pas inintéressante.
J’aurais dû arriver plus tôt et pourquoi pas envisager d’y passer la nuit – c’est ce que j’avais d’ailleurs prévu dans mon planning initial quand je faisais la ville après Aomori et que je rentrais à Tokyo par avion. C’est vrai que c’est un plan qui aurait été pas mal, m’aurait permis de rester dans l’observatoire jusqu’à la fermeture, sans stress, sans panique et sans paumer 5000yens par précipitation…
Galerie Jour 13 – Hakodate



Et voilà, article fini à minuit pile, quel sens du timing ! Maintenant pyjama, réorganisation de la chambre pour que je puisse mettre ma machine prêt de mon lit et nuit bien méritée ! Prochaines étapes: Aomori et… euh je ne sais pas encore ce que je fais demain ! Soit de la marche dans la nature, soit une visite de la côte, soit je prends le train vers un endroit au pif, on va voir ! L’aventure, on vous dit !






























































































































