[Voyage 2026] Jours 16 & 17 – Tchou tchou (fait le train)
2 semaines et demi et toujours cette grande question qui m’obsède : comment les japonais tolèrent t-il encore l’existence de la pièce d’1 yen ? Légère, moche, sans doute plus coûteuse à produire que ce qu’elle vaut, on te la file par paquets entiers dès qu’on doit faire de la monnaie sur une somme qui a le malheur de finir en 4 ou en 9, en plus de ne pas être utilisable dans la quasi-totalité des distributeurs automatiques du pays, qui pourraient être un bon moyen de s’en défaire sans faire chier un employé. Car quoi que tu fasses, peu importe comment tu te débrouilles, tu finis irrémédiablement avec des dizaines de pièces d’1 yen difficiles à caser, entre autres parce que y’a aussi beaucoup de boutiques loin d’être connes et qui ont arrondis tous leurs prix à des multiples de 5 voire même de 10 pour faciliter les passages en caisse. Mais je comprends en conséquence pourquoi les japonais vont autant aux temples : jeter les pièces d’1 yen en guise d’offrande aux dieux est peut-être le meilleur moyen de leur trouver un usage, même si en tant que dieu je me sentirais peut-être profondément offensé de recevoir de la mitraille de merde et de servir de poubelle pour les porte-monnaie passablement chargé du pays.
Après c’est aussi un moi-problème : j’ai fait le choix de payer quasi intégralement en espèces pendant tout le voyage, quand bien même ce troisième voyage est enfin la prise de conscience que charger à bloc sa carte Suica et s’en servir dans les combinis ou dans le moindre resto qui le permet facilite grandement les choses pour tout le monde. En faire une sorte de carte de crédit, les taxes de retrait internationales en moins et la balance facile à suivre, est quelque chose que je n’avais jamais envisagé et dont, je me rends compte, aurait été un sacré atout. Comme quoi, même après le troisième voyage on continue d’apprendre, même si c’est un truc aussi con que « la Suica ne sert pas que pour les transports et les distributeurs de boisson. »
(Après ça aurait été dur de l’apprendre à Kyushu, dont pas mal de villes sont encore très peu équipées pour les Suica et les cartes IC en général – je me souviens que Kagoshima c’était un peu compliqué là-dessus, mais j’avoue aussi ne pas avoir été si attentif…)

Ce coup de gueule central ayant été posé, et bah voici l’heure de conclure ce tour du Tohoku. On en aura bien profité ! On a ainsi visité quasiment toutes les préfectures – celle de Miyagi avec notre séjour à Sendai, on aura visité un peu Yamagata avec nos visites de Yamadera et de Zao-Onsen, il y’aura évidemment celles d’Aomori et d’Akita… On a même fait des détours dans le voisinage avec notre séjour surprise à Niigata et notre passage d’une demie-journée à Hokkaido pour voir un peu Hakodate. Ne reste donc plus que la préfecture d’Iwate, avec Morioka et la côte Pacifique, ainsi que celle de Fukushima – qui essaie de revitaliser son tourisme et a sans doute elle aussi pas mal de belles choses à faire valoir. Mais c’est pas mal ! Maintenant, on retourne à Tokyo pour les derniers jours, après s’être habitué lors de cette dernière semaine dans le nord a des villes à la démographie moins impressionnante, avec des foules plus clairsemées et des lieux touristiques bien moins fréquentés. Le choc devrait être rude, mais on reste cool – surtout qu’on aura pas mal de choses à faire en 2/3 jours !
Mais avant ça, temps de faire le point et le bilan de mes deux jours à Akita ! Ni la ville ni la préfecture la plus connue du pays, j’avoue y avoir séjourné un peu par hasard, avec absolument zéro attentes, plus intéressé par le fait qu’elle était le terminus d’une ligne touriste que par la ville elle-même. Et c’est vrai qu’elle-même n’a pas forcément beaucoup de choses à proposer mais, on va le voir, ça aurait été un séjour intéressant, même si hélas à nouveau marqué par une météo peu propice à l’exploration… C’était aussi l’occasion de découvrir les lignes de train touristique, avec le Resort Shirakami que je vais vous présenter dès le paragraphe suivant – allez, zééé parti !

Jour 16 – Resort Shirakami
Comme teasé en fin d’article précédent, lever difficile pour notre héros en ce dimanche matin car le réveil sonne à 6h40 😭. Eh oui, faut finir de faire ses sacs, prendre le petit déjeuner et déposer sa valise à la réception de l’hôtel pour la confier aux bons soins de la société de livraison qui va se charger de l’envoyer directement à Tokyo. Car je voulais voyager léger pour Akita ! Même si ici « léger » implique une sacoche, un sac à dos rempli de vêtements et de matériel informatique et ma sacoche pour la machine à apnée. Faudrait vraiment que je change de sac à dos d’ailleurs, celui que j’ai est pas mal mais quand il est chargé à bloc il s’étend beaucoup en arrière ce qui n’est pas confortable, il m’en faudrait un qui soit plus grand, plus large mais moins long en arrière… Ce sera sans doute un gros achat avant le prochain, on verra…
Mais du coup, rendez-vous 8h à la Gare d’Aomori pour prendre donc le Resort Shirakami ! Qu’est-ce donc ? Et bien c’est un train touristique qui fait deux fois par jour l’aller/retour entre Aomori et Akita, à des dates précises (donc souvent week-end et jours fériés), mettant en avant les panoramas somptueux qui bordent la voie, avec en particulier en segment d’environ deux heures / deux heures et demie tout le long de la mer du Japon, avec falaises sauvages, récifs somptueux et mer d’un bleu somptueux, le tout entouré de verdure car nous ne sommes pas dans les côtes les plus peuplées du pays, loin de là !

Le trajet dure en tout 5h30, et propose quelques petits événements : j’ai par exemple eu le droit à un concert de shamisen pendant une vingtaine de minutes, concert qui était dans une voiture différente mais retransmis dans tout le train via des micros, des enceintes et même une captation vidéo diffusée sur les écrans du train ! J’ai lu qu’il pouvait également y’avoir une conteuse qui venait raconter des histoires dans le dialecte de la région (le dialecte Tsuguru), à priori surtout en hiver ! Le reste du temps on est surtout là pour profiter des superbes décors.
D’ailleurs le train offre même plusieurs opportunités d’en prendre encore plus plein les yeux, que ce soit en offrant dans chaque voiture une petite plate-forme d’observation dans laquelle on peut se rendre pour profiter d’une belle baie vitrée, en ralentissant volontairement lors d’un des segments les plus panoramiques, ou bien en proposant un arrêt d’une vingtaine de minutes en gare de Sajioki, directement en bord de mer, nous laissant la possibilité de se balader un peu sur la plage et sur les falaises. Très gentil, d’autant que ça fait une pause bienvenue à mi-voyage afin de se dégourdir les jambes !

C’est un trajet de 5h30 qui est passé très vite ! J’ai sorti mes écouteurs et j’ai mis ma playlist d’albums oniriques favoris, genre My Head is A Animal de Of Monsters and Men, ou bien l’album éponyme de Dire Straits, et je me suis juste laissé porter par la musique et les somptueux décors que je voyais. J’ai aussi un peu somnolé de ci de là, mais quel plaisir de se réveiller brusquement et de voir la mer du Japon dans toute sa splendeur !
Je dirais que la seule partie pas très passionnante, logiquement, c’est la fin – arrivé à un certain point, une fois qu’on rentre dans les terres, le Resort Shirakami redevient un « simple » train de la ligne Ou, et on ne traverse plus de décors vraiment très passionnants. Du coup ça devient une heure de trajet en Intercités au milieu d’une Orne ou d’une Mayenne qui aurait soudainement plus de rizières, ce qui est pas forcément si dépaysant.

Je recommande donc énormément le Resort Shirakami si vous aussi vous voulez joindre Aomori à Akita de manière directe et avec un superbe panorama bien mis en valeur. J’ai eu pas mal de chance niveau météo et fréquentation car il y’a eu un soleil sublime tout le long du trajet et le train lui-même était loin d’être bondé, rempli environ au quart. Si vous souhaitez réserver une place, c’est là que ça se complique même si pas de beaucoup : souvent, il vous suffit juste d’aller sur le site de JR East environ un mois avant afin de prendre votre ticket et choisir votre siège. Si vous voulez être le long de l’océan, quel que soit le sens (que vous fassiez Aomori-Akita ou Akita-Aomori), prenez bien un siège situé dans la colonne D ! Le trajet m’a coûté 5600 Yen au total, environ 30€, sachant que j’ai pas forcément optimisé ma dépense – à priori le ticket peut être pris pour bien bien moins cher si on a un JR Pass. Mais je n’ai pas trouvé l’option sur le site – le site proposait uniquement une telle réduc si on avait un JR East Pass, qui est très différent car ne couvrant que la région Tohoku !
Cependant, vérifiez juste bien le calendrier car le Resort ne passe pas tous les jours, voire même ne passe pas toutes les semaines. Pour être franc je pensais finir mon tour du Tohoku par Aomori à la base, mais j’ai interverti Akita et Aomori quand j’ai constaté le cœur lourd que le Resort ne passait pas le week-end précédent. Mais au final c’est peut-être mieux comme ça !

Après ça on arrive du coup en gare d’Akita qui est, ça alors, mon personnage favori de Bocchi the Rock. L’arrivée se fait 2h avant l’ouverture du check-in à l’hotel donc ça me laisse le temps de poser mes sacs dans un casier à 400 yens, d’aller me faire un udon dans un resto de la gare et d’ensuite partir au centre commercial juste à côté pour visiter le Surugaya à priori fraîchement ouvert d’Akita. Deux étages de goodies, de jeux et d’autres bordels ! Eh oui, petit samedi à faire les boutiques ici sur Néant Vert ♪. Je vais y passer presque deux heures, à fouiller un peu les étals, les étagères et autres boîtes de goodies à 110 yens. Je ne peux pas forcément trop m’encombrer, ma valise étant en chemin pour Tokyo, du coup je vais surtout prendre pas mal de straps, quelques petits stands acryliques et une petite peluche à la boutique du sixième étage, tandis que la boutique du septième étage, dédiée aux jeux, aux gunplas, aux DVD et aux artbooks divers et va… eh mais attendez, c’est un exemplaire français de Cardcaptor Sakura ça !?

Ah oui effectivement !

C’était ma découverte rigolote de la journée : quelques coffrets Gold qui trainaient là, à des prix amusément plus élevés qu’en France. En plus de Sakura j’ai aussi trouvé un Angel Beats et un Samurai Champloo. Qu’est-ce que ça fichait là ? Les théories sont nombreuses – soit un expatrié perdu à Akita qui a revendu une partie de sa collec, la récupération d’un stock vendu dans d’autres parties du Japon ou bien, c’est effectivement possible, juste un japonais qui avait importé les coffrets car sans doute bien plus simple et moins onéreux pour lui que de récupérer depuis la France l’intégrale de Sakura pour 20 euros + frais de port que d’acheter une éventuelle intégrale japonaise qui doit coûter beaucoup plus chère. Eh oui, nos coffrets DVD & BR peuvent paraître chers mais ils sont beaucoup moins chers qu’au Japon ! Surtout les anciens membres de la collection Gold qui étaient vraiment des produits plutôt bon marchés !
En parlant de truc bon marché – les consoles de jeux vidéo ! Non je rigole ptdr, les prix ont explosés, mais ça vous le savez déjà !

En vrai ça dépend ce que vous cherchez – les 3DS, par exemple, ça a méga grimpé. Mais à l’inverse j’étais surpris du très bas prix des Switch Lite d’occasion, j’ai croisé des Wonderswan Color a des tarifs ok, y’avait des bacs de vieilles DSi pour 20€ et en parlant de trucs à 20€ j’ai aussi vu une Xbox360 à ce prix-là. Un peu tentant car j’avoue rêver d’en avoir une pour me faire quelques succès sur le Idolmaster original mais de l’autre côté, ramener la console depuis Akita sans valise m’apparaît tristement pénible. Je pense que je n’aurais pas de mal à en trouver une à Tokyo !
Par contre plus facile à transporter, et à un prix qui m’a explosé le cerveau – ce Baten Kaitos, chopé à moins de 10€.

Je fais pas trop de collec de jeux japonais mais c’est vrai que y’a quelques jeux dont je voulais l’édition japonaise par attachement envers eux, et Baten Kaitos en fait partie ! Donc le trouver à si peu cher a été source de joie ♪.
Après tous ces beaux petits achats, direction l’hôtel – le Akita Castle, situé à quelques minutes à pied de la gare. Je m’y pose quelques instants, victime d’un affreux coup de barre. D’autant que la télé a Youtube d’intégré ce qui est désormais un de mes plaisirs d’hotel – je me met une vidéo sur l’histoire de Resident Evil, je me change et me débarbouille et après 1h30 / 2h à glandouiller, temps de partir vers la suite de la journée – encore plus d’achats à la con, parce que je vais à un Book Off situé pas trop loin de là !

20mn de marche entre l’hotel et le Book Off, ce qui me fait passer par un Akita où le soleil est en train de se coucher doucement. Pas grand-chose à signaler, j’ai surtout traversé de la zone résidentielle avec ce qu’il faut de maisons individuelles, de sanctuaires et de rue de la soif car oui, mon trajet m’a aussi fait passé par le quartier des izakayas et de la nuit, avec pas mal de japonais déjà raides rébous à 19h ! Mais une fois le quartier dépassé c’était à nouveau une marche très solitaire, dans des rues vides, entouré de maisons aux lumières éteintes – y’a pas que les maisons qui sont peu éclairées d’ailleurs, la ville l’est aussi, avec parfois très peu de lampadaires et de visibilité, ce qui rassure pas des masses, surtout quand tu deviens invisible dans des trottoirs de la largeur d’un cure-dent.
Je vais pas épiloguer longtemps sur le Book Off, c’était un gros Book Off avec la totale : du jeu vidéo, des goodies, des figurines, des bouquins, des DVD… et même un coin vêtements d’occasion ! C’est surtout une visite qui m’aura permis d’étudier comment les livres sont classés ce qui, avec ma connaissance désormais pointue des hiraganas, m’a permis miraculeusement de retrouver un bouquin précis presque sans trop galérer. Et c’est comme ça que pour 70cts j’ai acquis un exemplaire de Bienvenue dans la NHK ! Bravo ! J’étais fier de moi !

Le reste de la soirée est lui plutôt calme : retour à l’hotel (dans le noir, à nouveau), passage au conbini pour prendre de quoi manger (et ils étaient en rupture sur tout – plus d’onigiri, plus de sandwichs, plus de plats à réchauffer… du coup j’ai pris des chips et un poulet pané…) et matage du Grand Prix de Barcelone en continuant d’encaisser ce très long coup de barre. Mais eh, Hamilton gagne enfin avec Ferrari, et ça c’est une belle histoire !
Mais en vrai j’étais un peu dans une forme de légère déprime – le trajet en train était très joli, mais finalement j’avais passé la journée à faire que des ptits achats un peu débiles, et j’avais pas vu grand-chose de très intéressant à Akita. Je me sentais fatigué et un peu déconnecté de la réalité. Et je continuais peut-être de rager un peu d’être nul de nul en japonais, ayant encore continué de pas vraiment comprendre certaines phrases qu’on m’a adressé. Enfin bon, temps de dodo pour un lendemain que j’espérais plus riche en activité !
Galerie – Resort Shirakami & boutiques d’Akita


Jour 17 – Akita
Aujourd’hui à Akita, c’est jour d’orage !!
Super !!!
Il va en gros faire un temps vraiment déplorable comme ça de midi à quinze heures, avec pluies diluviennes et orage assez impressionnant – j’ai jamais entendu autant le tonnerre tomber si souvent si près de moi, et j’ai beau adorer les orages, j’avoue que même moi je commençais à trouver ça flippant. Vent merdique en bonus donc du coup les parapluies sont assez risqués à utiliser – bref, moi qui avait comme projet de visiter le parc de la ville, c’était un peu mort. Faut dire aussi que j’ai profité de la matinée pour dormir et à nouveau rester dans mon lit un peu plus longtemps donc j’étais prêt à sortir que très tardivement, là où sortir à 10h m’aurait déjà permis de faire des trucs avant la tempête.

Du coup plan B – aller au musée d’art d’Akita, assez renommé et situé juste à côté de l’hôtel. Mais pas de bol : il avait clôturé la veille une grosse exposition sur les peintres français du coup il était fermé pour la semaine. J’aurais pu y’aller la veille si j’avais pas passé 2h au Surugaya pour acheter des stands acryliques qui vont rester chez moi à vie dans ma ptite caisse à goodies, ok bon, tant pis ! Allez manger, et tentons un délicieux oyakodon pour l’occasion !
J’avoue j’ai été un peu gourmand – j’ai vu un menu comprenant udon au poulet + mini-oyakodon, je me suis dit allez let’s go, et bah au final juste le udon m’avait déjà bien calé ! Mais eh, le oyakodon était très bon donc j’y suis allé sans souci. Et en effet, bien manger c’est un petit peu le début du bonheur et je sens mon moral définitivement s’améliorer. La journée s’annonce compliquée mais on peut y’arriver ! Et heureusement j’avais un plan C qui nécessitait juste un bus situé pas si loin – donc hop, direction maintenant la tour Selion ! Car dans le doute, toujours aller soit à un aquarium, soit à un OBSERVATOIRE !

La tour Selion c’est une grande tour construite dans les années 90 pour répondre à un besoin précis: fallait une grande tour pour faire une grande antenne. Ok logique ! Alors pourquoi ne pas faire une grande tour avec un observatoire en haut ? Allez vas-y, c’est toujours bon pour le tourisme et ça va ptet faire venir des gens curieux au niveau du port d’Akita où, à part ça, y’a foutrement rien d’autre. Allez, le terminal des ferrys destination Hokkaido, éventuellement, mais sinon on est un peu au milieu d’une zone industrielle et commerciale assez insignifiante. Mais pas dénuée de charmes pour autant – prenez ce que je viens de dire avec des pincettes car j’ai grandi dans un port toute ma vie donc je trouve ça de base rassurant d’avoir des jetées des écluses le bruit des bateaux et des mouettes tous les trois pas, mais je sais que c’est pas un sentiment particulièrement respecté par la majorité. Mais du coup voilà on a une tour avec un observatoire, certes, mais que diriez-vous en apprenant qu’en plus c’est un observatoire gratuit ? Pas de ticket, tu prends l’ascenseur et hop t’y es. Et c’est parti pour une vue sur toute la ville, sur la mer du Japon, sur le port, sur les montagnes, sur tout !

C’est un observatoire quoi ! Evidemment, pas le jour le plus optimal pour s’y rendre compte tenu des conditions météo qui cachent les montagnes. Heureusement le ciel est un peu plus dégagé du côté mer et on peut la voir donc s’étendre jusqu’à la horizon, nous laissant imaginer Vladivostok de l’autre côté. Zik douce en fond, quelques bancs qui grincent mais qui permettent de se poser pour admirer, un couple dans un banc en forme de coeur, des jumelles payantes (j’ai jamais osé en tester…) et pas mal de documentation accrochées au mur, entre autres pour essayer de vendre les spécialités maritimes d’Akita – saviez-vous que le fugu est majoritairement élevé dans la région ? Je ne le savais pas, je vous transmets donc cette information !
J’ai rapidement été rejoint dans cet observatoire peu fréquenté un lundi après-midi par un ballet de petits pépés et de petites mémés en fauteuil roulant, qui venaient faire là leur sortie hebdomadaire, accompagnés de leurs infirmiers & infirmières qui essayaient de les motiver au mieux à apprécier le paysage un peu grisâtre d’Akita. Mais rien à faire, nos vieux faisaient la gueule, je les comprends c’est pas le panorama du Skytree ou d’Hakodate ! Mais eh, ça reste un ptit panorama sympa et gratuit donc moi je m’en satisfait. D’ailleurs je suis dans un tel mood de satisfaction que je descends à l’étage inférieur pour aller déguster une GLACE au café d’altitude. Ptit parfait à la mangue, miam miam délicieux – big up à la réceptionniste qui a immédiatement sorti une feuille avec plein de phrases en anglais et elle me les a pointés pour communiquer. Eh ça marche 😭.
Mais cela étant dit je vous ai pas parlé de la meilleure chose de ce bien étrange observatoire – sa mascotte ! Que j’ai immédiatement ADORÉ.

C’est le Selion Boy ! Tout simplement une version humanisée de la tour avec deux ptits bras et un smile permanent. Il passe sa vie à faire ^v^, à lever les bras et à faire « hourra » ! Il a trop une bonne humeur. Et a priori il est populaire parce qu’il avait sa propre boutique de goodies. Est-ce que j’ai craqué sur le t-shirt à 2200 yens ? Totalement ! Est-ce que j’en suis déjà à mon 4e nouveau t-shirt du voyage ? Effectivement ! Est-ce que 24h plus tard je vais faire d’autres achats très vener chez COSPA ? Spoiler: oui ! Ma garde robe est toujours plus remplie, va falloir que je fasse plein de vidéos cette année pour tous vous les montrer !
Mais du coup, voilà pour le complexe Selion. Un lieu que je trouve un peu étrange, un peu hors du temps – je continue de trouver très bizarree de placer un centre commercial touristique dans un endroit aussi compliqué d’accès pour les touristes non-véhiculés, mais je suis également assez admiratif des efforts faits pour essayer de les accueillir au mieux. Il y’a plus d’anglais et plus d’efforts de communiquer en anglais que dans des coins bien plus touristiques du Japon (oui Kumamoto je pense à toi) ! Ils ont l’air sincèrement contents que tu t’intéresses à leur tour, à leur petite mascotte rigolote et ils ont quand même quelques atouts de choc comme par exemple une plaque d’égout à la gloire des chiens de Pokémon, située à l’entrée de la tour !

D’ailleurs je l’ai pas dit mais Akiba est « la ville des chiens », ils sont assez omniprésents en tant que mascottes et sont un peu les animaux totems de la ville. Je me demandais pourquoi et en fait j’ai découvert deux raisons:
- Tout d’abord y’a une race de chien justement nommé les Akita, qui sont des inus un peu plus imposants en terme de taille et de poids. Des bons gros good boy ! Et les Akita viennent… bah de la préfecture d’Akita, eh oui ! Comme les Yorkshire !
- Enfin, vous connaissez Hachiko ? Le chien qui a attendu son maître décédé pendant 10 ans à la gare de Shibuya. Bah c’était un Akita ! Et la popularité de son histoire a justement amené une belle popularité aux Akita eux même, qui étaient à ce moment là une race en quasi voie de disparition.
Donc voilà pourquoi vous verrez plein de Inu et de chiens à Akita ! Sacré lien, non ?
Cela étant dit la journée continue et après une marche courte sous la pluie pour aller choper un bus, retour dans le centre avec une pluie qui se réintensifie à pleines balles, juste histoire de me faire chier. Je pars m’abriter dans mon hôtel pour une petite heure, et là miracle – pluie qui se stoppe, et soleil qui apparaît ! Il est 17h donc ça veut dire qu’on est sur un bon vieux soleil couchant mais je m’en fous, je vais pouvoir sortir et enfin explorer le parc Seishun !!

Le parc Seishun est un grand parc ouvert 24h/24h à quelques pas de la gare d’Akita. Plutôt large, on y trouve tout ce qu’on y attend d’un parc – de la verdure, des petits chemins labyrinthiques dans des bois mystérieux, un temple, un musée sur l’histoire d’Akita et, bonus, la reconstitution d’une tourelle du château qui était alors placé là, c’est à dire le château Kubota. Les plus connaisseurs seront surpris parce que Akita a déjà un chateau, situé plus au nord-ouest. Effectivement ! Mais Akita, en ville gourmande, est en réalité la fusion de deux anciennes capitales, Akita & Kubota, qui avaient chacune leurs châteaux, très proches et très utiles dans une relation qui a priori a été parfois compliquée.
On peut d’ailleurs visiter la tourelle en journée et profiter paraît-il d’une jolie vue sur la ville – trop tard pour moi, qui arrive comme une fleur une heure après la fermeture. Tant pis, c’est pas grave, j’ai déjà ma vue avec la tour Selion, et la tourelle n’a pas de mascotte avec un méga smile donc je ne crois pas que j’aurais été particulièrement convaincu !

Je ne sais pas si c’est parce qu’il a plu toute la journée et que ça a démotivé du monde ou si c’est parce que 18h c’est déjà l’heure de la soupe et de mettre un pyjama pour la majorité des japonais d’Akita mais je vous avoue que ma visite du parc a été ULTRA SOLITAIRE. Y’avait quelques jeunes à l’entrée, dans le grand espace verdoyant et protégé qui se trouve à l’entrée mais à part eux j’ai croisé deux joggers et un couple de lycéens que j’espère pas avoir trop dérangé parce qu’ils avaient l’air de se bécoter dans un coin très planqué – bon je les balance sur ce blog comme ça mais si ils lisent ces lignes qu’ils sachent que je me suis vite retourné, j’ai rien vu !!! Tout va bien !! Mais dans le reste du parc c’était moi, les arbres, les insectes et quelques animaux vivant leur vie de manière assez tranquille, les corbeaux en premier. Bref, j’ai pu prendre plein de photo et je pense que avec un pied et un bon micro j’aurais pu vous enregistrer tous les speaks de la preview de cet été dans un tel contexte sans être une seule fois dérangé, il aurait juste fallu que je l’écrive au préalable et c’est là que c’est plus compliqué !
Mais du coup, ça emphase vraiment une nouvelle fois cette tendance de ce troisième voyage qui est que je me retrouve quand même vraiment beaucoup dans des endroits vides et où je suis le seul gus présent. C’était arrivé à l’Umanose, c’était arrivé dans les montagnes de Zao-Onsen, ça arrive à nouveau dans ce parc pourtant surtout en centre-ville… Sans oublier toutes ces marches un peu solitaires à traverser des rues commerçantes délabrées ou des quartiers résidentiels où même à 16 ou 17h je croise pas un pet de vie, genre dans Niigata ou dans Hirosaki. C’est un aspect du Japon qui m’interroge toujours tellement, et où j’ai tellement l’impression de pas être à ma place… Mais en même temps, c’est aussi un peu fascinant ce sentiment d’être seul au monde dans des zones ultra-peuplées…
(Et évidemment là j’étais à Shinjuku y’a quelques heures, où on est dans l’extrême opposé, et je crois que mes balades débiles dans Niigata me manquent.)

Bon après cette petite heure en solitaire dans un parc fort sympathique, temps de revenir à mes péchés originels – marche de 10mn pour rejoindre l’Animate situé prêt de la gare, pas grand chose de très passionnant à y trouver (même pas de stamp !) mais au même étage y’a un restaurant pakistanais donc vous savez quoi ? J’ai toujours envie de curry, et je suis un peu hype à l’idée d’en manger du non-japonais. Je suis extrêmement méconnaisseur de la cuisine pakistanaise, donc je prends un curry avec des bons gros naan au fromage, et je me pète le bide avec une certaine satisfaction. Le curry était épicé au niveau 3 mais rien de dramatique, c’était même assez succulent !
Bref, de quoi donner l’énergie de rentrer à l’hôtel, refaire ses sacs et essayer de caser tous les goodies achetés la veille dans le sac à dos en l’absence de valise, on y parvient miraculeusement et on dédie le reste de la soirée à finir d’écrire l’article précédent. Du travail bien huilé, et un sommeil bien mérité juste après ! Voilà pour Akita !
Galerie – Akita




Et voilà pour l’escale à Akita ! La météo n’a pas été de mon côté et m’aura empêché de vraiment pouvoir profiter du parc, mais généralement je pense avoir vu tout ce qui m’intéressait dans la ville elle-même, la dernière attraction touristique « d’importance » qui reste est le château et, vous l’avez bien compris maintenant, je ne suis pas un fana de château. Je pense que la région a elle-même pas mal de potentiel pour des chouettes balades en bord de mer ou en campagne, et utiliser Akita en tant que hub, comme j’ai pu le faire avec Sendai ou Aomori, lui aurait mieux servi. Je ne regrette néanmoins pas d’avoir fait ce petit passage d’une journée et demie, ça m’aura permis une nouvelle fois de découvrir une nouvelle facette du Japon là aussi pas très visitée. J’ai quand même croisé 2/3 autres touristes étrangers, particulièrement un duo d’allemands au 7/11 de mon hôtel, mais très clairement on est à nouveau dans une zone qui ne connaît pas le surtourisme.
Mais dans tous les cas c’est un clap de fin pour le Tohoku dans le cadre de ce troisième voyage ! Une région dont je n’attendais pas forcément beaucoup – pour être honnête, j’ai eu beaucoup d’hésitations en préparant le trajet et j’avais même un peu de mal à m’enthousiasmer réellement pour mon plan de vol. Le cas d’Aomori où j’avais booké initialement cinq nuits et passé les mois qui ont suivis à me demander si c’était un peu trop est un bon exemple car au final non seulement je ne me suis jamais ennuyé en y étant mais en plus j’avais noté de quoi « remplir » une ou deux journées supplémentaires assez facilement.
Je pense que mon vrai regret ça n’aura au final été « que » de dédier quatre nuits à Sendai – j’ai vu au final qu’un tiers de ce que la ville et son entourage proposait et m’intéressait, et ça me frustre un peu. Sachant que c’est un souci que j’avais anticipé: dans mes plans initiaux, je devais même n’y passer que trois ! Mon plan initial qui était encore plus débile d’ailleurs parce que c’était genre 3 nuits à Sendai, 1 nuit à Zao-Onsen, 2 nuits à Akita, 3 nuits à Aomori, 1 nuit à Hakodate et 3 nuits à Sapporo. J’aurais fait ça je pense que je serais mort d’épuisement dans le jardin d’Akita ou juste avant de monter dans le Resort Shirakami.

Après, la bonne nouvelle, c’est que j’ai du coup plein de bonnes raisons de retourner dans le Tohoku ! Continuer de développer Sendai et sa région, explorer les préfectures d’Iwate (je n’ai pas fait Kessennuma au final ou les côtes Pacifique et ça ça m’ennuie vraiment) et de Fukushima, peut-être choper un véhicule pour visiter les montagnes, découvrir d’autres villes thermales, revenir à Zao-Onsen avec une meilleure météo… ça sera pas au prochain voyage, mais qui sait, dans 10 ou 15 ans ? Si l’avenir le permet…
Maintenant place pour le prochain billet, et ce sera le dernier ! C’est le retour à Tokyo ! Vous aurez évidemment les classiques – Ikebukuro, Akihabara, Nakano Broadway – mais rassurez-vous je vous promet quand même un peu de belle nature puisqu’on évoquera ma visite du Kairakuen de Mito, là aussi visité dans une solitude fort déconcertante ! Et après ça on retrouvera une France que j’espère moins caniculaire qu’au moment de mon départ !
… pardon, comment ça je vais être déçu ?









































































