WaTaMoTe 01 – Les pieds dans le plat

DROIT VERS LE MALAISE !

DROIT VERS LE MALAISE !

 

Amo

Comment vous allez les gens ? Bien parce que c’est le week-end pour certains, les vacances pour d’autres ? Chouette, j’espère que vous allez super bien parce que là on va parler du premier épisode de Watamote, adaptation en anime d’un manga qui raconte le quotidien d’une fille qui veut être populaire mais qui réussit pas parce qu’elle est une putain de cas sociale. Le but du jeu c’est qu’a la lecture du manga, ceux qui se reconnaissent dans le personnage commencent à se remettre en question… ou se butent.

Watashi ga Motenai no wa Dou Kangaetemo Omaera ga Warui! // Studio Silver Link // Prévu pour 12 épisodes // Débuté cet été // Réalisateur: Oonuma Shin (Baka To Test to Shoukanjuu, Kokoro Connect, C3)

Habituellement je parle de l’épisode dans l’ordre chronologique pour mes Bien / Pas Bien. Là pour une fois je ne vais pas faire de Bien / Pas Bien, je vais juste faire un truc plus classique: c’est à dire mon ressenti global sur cet épisode.

J’ai découvert Watamote il y’a genre un an via le manga. Véritable curiosité pour moi puisqu’il attaque un sujet finalement très intriguant: le sentiment d’exclusion que peuvent connaître au lycée pas mal de personnes. Le tout sur un ton radicalement comique et sarcastique mais qui de l’autre coté allait tellement loin de la caricature qu’il se plaisait à parfois taper très prêt et très juste. On a donc une héroïne qui est timide, insignifiante dans sa classe, à qui personne ne parle et ce qui tombe bien puisqu’elle ne parle à personne. Elle vit dans une sorte de passivité gargantuesque tout en se fantasmant une vie sociale parfaite et en faisant des tonnes de situation qui sont « normales » pour beaucoup. Elle n’est pas le dindon de la farce de sa classe, elle n’est pas une tête de turc, elle est juste ignorée par tout le monde car elle ne fait rien pour exister. En gros elle n’est même pas une victime, le manga mettant même l’emphase à de très nombreuses reprises sur le fait qu’elle est entourée de gens normaux et parfaitement gentils.

Malgré tout cela ne l’empêchera pas de se sentir atteinte de victimisation et de se croire impopulaire non pas à cause de sa passivité et de son inaction mais parce qu’elle est mis dehors par le carcan social et par le fait qu’elle n’est qu’entourée d’idiots incapables de la comprendre ou de venir vers elle – en gros faire à sa place le boulot de socialisation qu’elle devrait faire.

Et c’est terrible parce que j’ai l’impression de retrouver dans cet état d’esprit celui que j’avais lors de ma première seconde au Lycée. L’année où je me croyais plus malin que tout le monde, où je prenais tous les autres pour des idiots incapables de m’apprécier à ma juste valeur. Ouch. Il m’a fallu un redoublement pour me remettre à ma place et me rendre compte que, eh, j’étais ni plus con ni plus malin que mes camarades. Et soudainement, c’est allé mieux.

Et cet état d’esprit on le retrouve aujourd’hui chez, par exemple, beaucoup de « geeks » qui sont les premiers à pointer du doigt les dérivés des « non-geeks. » Vous savez, ceux occupés à gueuler en période de Coupe du Monde de Football parce qu’ils sont les seuls gens « biens » à pas regarder un sport « où on passe une balle dans des fillet », ceux aptes à se croire les seuls capables d’échapper à une pensée unique, ceux qui se donnent le rôle de résistants, de modèles dans un monde dont ils seraient l’élite intellectuelle et culturelle parce que, vous voyez, eux ils ne regardent pas la télé réalité ou je ne sais quoi d’autre. Ils ne font pas partie du « troupeau » et ils en sont tellement fiers qu’ils ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas les maîtres de la société. Alors arrive frustrations, haines et jalousies. Et vas y que l’on s’enferme dans un communautarisme forcément néfaste, qu’on en vient à juger sa communauté comme la meilleure au monde et rejeter tous ceux qui osent ne serait-ce que dire qu’elle n’est pas parfaite (salut Mar Lard) parce que le communautarisme c’est ça et que l’Histoire a prouvée que le communautarisme n’avait amené que des bonnes choses, hein.

Ce que je veux dire donc c’est que faites gaffe. Si vous vous sentez « entourés de cons » qui ne « méritent même pas votre attention », le problème ne vient peut-être pas des autres, mais bien de vous même. Je vous dis pas d’aller embrasser votre voisin comme si il était soudainement votre meilleur pote (surtout si il collectionne les armes de guerre) mais juste de faire gaffe à ne pas commencer à manquer de respect envers son prochain parce que si vous ne respectez pas les autres, alors pourquoi ceux-ci devraient vous respecter ?

Donc voilà Watamote c’est ça. Watamote c’est l’anime qui va trèèèèès loin dans « l’étude du » phénomène. Et qui par conséquent suinte le malaise. 

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Je veux juste témoigner d’a quel point Silver Link a réussi le boulot d’adaptation. On sent qu’ils ont un budget limité et ils hésitent pas à se montrer minimaliste. Mais pas pour autant dénués de talent. Le générique d’ouverture est par exemple trèèèès simple visuellement mais a la chance de posséder une musique qui déchire et de parvenir à trouver le rythme parfait qui fait que je me le suis passé en boucle une quarantaine de fois depuis trois jours. Et j’attends avec impatience la sortie du single !

Autre performance, celle de Kitta Izumi, qui double Tomoko. Performance car ce manga est UN MONOLOGUE. Il y’a certes 2/3 persos secondaires ici ou là (d’ailleurs la semaine prochaine apparition d’un perso doublé par HANAZAWA KANA, toujours dans les bons coups) mais TOUT est pensé ou narré par une Tomoko qui, en plus, change de ton et de voix quasiment toutes les trente secondes. Et là franchement c’est du bon boulot. Elle arrive à alterner les voix, à dire des choses stupides avec un ton crédible, à être flippante et glauque quand il le faut, à faire la fille qui sait pas articuler… Là dessus très bonne surprise.

Et en général oui l’épisode était drôle quand il devait l’être et il était surtout bien rythmé. On y retrouve un peu ce mini savoir faire que le réal avait exhibé dans Baka To Test, c’est à dire de réussir à utiliser chaque seconde au maximum. Il n’y a pas vraiment de moments de silence, il se passe toujours un truc devant les yeux ou dans les oreilles et c’est vraiment très bien. Du coup c’est pas chiant.

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Par contre wolalala qu’est-ce que l’anime exacerbe le coté glauque du manga. Celui-ci avait le bonus d’être très laid graphiquement ce qui ajoutait au malaise, mais ici c’est des trucs qui prennent volontairement leur temps, qui montent en force. Dans un manga quand tu le lis tu peux sauter à la page suivante, lire très vite une case, etc. Ici, on est forcé d’assister en direct à l’humiliation de Tomoko. Et ces salauds prennent bien leur temps ! La scène finale de l’épisode, ou ils mettent quasiment une minute à bien nous faire conscience du ridicule de la situation dont elle-même s’est mise dedans… c’est dur à regarder. Là je rigole plus parce que ça touche des trucs persos, de cette période qui aujourd’hui me file des boutons.

Donc ouais, bravo Silver Link.

Je sais pas si je dois recommander la série ou pas mais il y’a de fortes chances pour que ça devienne un cult classic et qu’il soit régulièrement cité à l’avenir. Aussi crétin que parfois ça puisse paraître, on ne peut pas nier le fait que Watamote… tombe souvent terriblement juste. Et c’est tant mieux.

Conclusion de l’épisode: 15/20

8 commentaires sur “WaTaMoTe 01 – Les pieds dans le plat

  1. Concombre Masqué dit :

    Hi hi hi j’ai regardé ça hier, j’ai trouvé ça bien plus « volontairement drôle ». J’AI ÉVIDEMMENT TERRIBLEMENT PENSE A QUELQU’UN HIHIHI. 😀

  2. Noob Man Noob Man dit :

    Oh tiens, vu que t’as lu le manga aussi : est-ce que l’anime propose une vraie plus-value ou pas ? =O

  3. Mian Mian dit :

    Comme tu mettais beaucoup l’accent sur le « malaise » de ce WataMote ces derniers temps, je m’attendais vraiment à déguster. Cependant, comme Concombre, je trouve ça -encore, du moins- plus drôle que glauque. Ce n’en est pas moins impressionnant comme on peut s’identifier à certains aspects de Tomoko… et faire gaffe à ne pas trop lui ressembler IRL.

    Comme certains mettent des médocs dans l’alcool, j’ai expérimenté par hasard cet animé en cocktail avec Aku no Hana et Onani Master Kurosawa. Je devrai relire NHK en plus et voir si ton premier paragraphe est vrai.

  4. ry dit :

    La meilleure surprise de la saison

  5. Concombre Masqué dit :

    Je vais nuancer un peu mot propos : l’anime – juste pour ce premier épisode – s’équilibre bien mieux dans les genres dont il veut prendre la direction. Lire le manga est beaucoup plus comme assister à un carambolage d’autoroute

  6. Panpan dit :

    Tomoko étant un condensé de tout ce que l’on peut trouver de mauvais chez les êtres humains (égoïste, odieuse, stupide, haineuse, etc.), je pense que l’on a plus à faire à des défauts mis en ridicule plutôt qu’à un jeu de poupée sadique avec une fille asociale. On peut se retrouver dans certains points du personnage, dans certaines situations qu’elle subit, mais sur un plan plus général Tomoko dégage tellement d’antipahie, cumule tant de vices, qu’il est au final difficile de la plaindre, et cela devient la porte de sortie pour passer du malaise au rire face à cet humour noir.

  7. Baschien Baschien dit :

    Personnellement j’ai trouvé ça mignon. Le personnage est bourré de défauts certes mais ça reste attendrissant parce que c’est humain. Et aussi parce qu’elle sait qu’elle est en cause, même si elle cherche à s’enfuir de cette réalité par ses illusions. Et sans doute aussi parce que c’est une fille et que j’aime bien son chara-design au naturel :3 Bref, c’est humain :p

    C’est pas un malaise comme on pourrait le ressentir dans chaos;head, enfin surtout dans la visual novel après, elle cherche à comprendre le monde et comment agir par-rapport à lui et c’est plus une question de maladresse, d’inadaptation et de manque de courage que de dénis réel (enfin avant que l’histoire commence, c’était du dénis de la réalité par contre).

    Enfin bon, c’est que le premier épisode après et peut-être que j’ai tort en pensant qu’elle se ment à elle-même pour se protéger et qu’elle s’en rend un peu compte mais bon, je pense bien m’entendre avec cet anime pour la suite :p Ah et l’opening est tellement classe xD L’ending aussi mais moins quand même x)

  8. le chat qui peche dit :

    Sérieux, comment un manga totalement à contre courant de la mouvance loli-pedo-moe-nyaaan-ninpaaaaa » a réussi a avoir une adaptation animé ? est que c’est vraiment grâce aux cargaisons de tomes de manga acheté par les 4chanien ?
    sinon, le schadenfreude a quand même un gout des plus exquis, waramote en est gorgé, repaiszonz nouz de ce délectable breuvage mes frères.

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