Gloire & Disparition d’Haruhi Suzumiya (& Réflexions diverses)
Hello, j’espère que vous allez bien ! Moi ça va, parce que je commence à voir la fin d’un très long tunnel qui m’a aspiré depuis le début du mois de mars, où j’ai enchaîné la production de trois vidéos, une dizaine de Kaorin, trois saisies de paies doublées suite à un changement de logiciel et un AMV Céleste 2 dont la version bêta s’est finalement révélée plus longue que la version finale. Là dans une semaine je pars au Japon, mes collègues de taf m’en parlent plus que j’y pense moi-même, tout m’apparaît dangereusement irréel et dans tout ça mes seules occupations non liées à du taf ou à ma passion pour la japanime ces trois derniers mois auront été 50h d’Hadès II, un visionnage de Balle Perdue 3 et la consommation de ci de là de pornographie japonaise d’une qualité irrégulière – écoutez on révise l’épreuve d’écoute du JLPT avec ses propres méthodes.
En bref, je ne me suis pas ennuyé, je me suis bien occupé, je suis fier de tout ce que j’ai fait et j’ai extrêmement hâte de vous exprimer toute ma gratitude envers ce ride incroyable qu’aura été l’AMV Céleste 2 (j’ai pas encore vraiment réalisé que samedi dernier je diffusais un long-métrage que j’ai moi-même réalisé dans une salle de cinéma pleine à 95%) mais je perçois une petite approche des limites qu’il serait dommageable de franchir quelques jours avant un voyage qui nécessitera de ma part une bonne forme physique et mentale afin d’être parfaitement apprécié.
Cela étant dit – oh, une vidéo sur Suzumiya Haruhi, dans cette économie ?
Elle devait sortir demain mais finalement pourquoi se faire chier à la sortir un jeudi à 11h quand elle est prête et vérifiée un mercredi à 17h ? Donc voilà Gloire & Disparition de Suzumiya Haruhi, une vidéo d’une petite demie-heure où je reviens sur l’héroïne au ruban orangé. J’y parle de la série de 2006, de la série de 2009, du film, un peu des spin-off, mais j’y parle surtout de l’impact culturel qu’a eu la série à l’époque, de sa viralité, de son importance culturelle, du Hare Hare Yukai et, évidemment, du « déclin » que la série a eue dans les années 2010. Pourquoi est-elle passée de mastodonte culturel omniprésent à arrière-pensée ? C’est ce que je tente d’expliquer au sein de cette vidéo – là à chaud, j’en suis plutôt content.
Là normalement je devrais vous mettre une transcription de la vidéo mais je ne vais pas vraiment faire ça, pour une raison assez simple – cette vidéo est grosso merdo une réecriture de l’article que j’ai déjà fait sur ce sujet en 2020. Même si le contenu de la vidéo n’est évidemment pas exactement le même (j’avoue quand même un ou deux copier/coller de mes paragraphes de l’époque), il me paraît un peu absurde de mettre la retranscription d’une vidéo, qui a été écrite avec le format vidéo en tête, quand un article sur le même sujet existe déjà. Je vais donc vous inviter à consulter cet article si vous voulez avoir mes pensées sur le sujet ♪.
A la place, je vais juste profiter de cet espace pour exprimer un ou deux compléments qui me sont venus en tête durant le montage… Montage qui a d’ailleurs été assez compliqué pour une raison simple: j’avais sous-estimé le temps que j’allais y passer dessus.

Car oui, c’est un problème bizarre que j’ai en tant que vidéaste ces derniers temps: malgré le fait que j’en suis à ma trentième vidéo, je reste incapable de bien estimer le temps de montage nécessaire. Soit je sur-estime de ouf (mes vidéos preview ou ma vidéo sur Hosoda, qui m’ont pris 2 jours max quand à chaque fois je pensais qu’il m’en fallait minimum 3 ou 4), soit je sous-estime de bâtard et je me retrouve à passer une semaine à dédier mon temps libre au montage d’une vidéo sur laquelle je pensais pas dépasser le week-end. C’est le cas de mes vidéos Uma Musume, MyAnimeList ou bien celle-ci qui, au bout de quatre ou cinq jours deviennent gentiment indésirables car outrepassant leur place dans mon planning déjà un peu serré que j’avais prévu et concocté. Mais c’est parce qu’à chaque fois je finis par multiplier les sujets dont je parle, ce qui implique recherche de sources vidéos pour illustrer, et c’est une tâche très vite chronophage, là où les previews et les tops ne me font pas bouger de sources très simples et déjà récupérées en amont du montage…
Bref, cette vidéo m’a pris une semaine à faire, je ne l’avais pas prévu, et du coup pendant son montage mon esprit a eu tout le temps de vagabonder sur différents sujets liés à ce que j’évoquais de ci de là. Le problème du format vidéo c’est qu’au fond il est pas facile à éditer, pas facile à corriger. Quand tu fais des plateaux facecam avec lumière, équipements et costume dédié, c’est chiant de les refaire quand tu veux corriger ou apporter des compléments, donc tout ce que tu enregistres devient finalement tout ce dont tu as à ta disposition, et tant pis si tu sens que ça va pas vraiment au bout. Je peux vous assurer que c’est un peu cauchemardesque quand tu passes 20h à monter en tête à tête avec le toi du passé gravé sur pellicule numérique et que tu remarques que tes propos sont pas aussi parfaits que tu le pensais, quand tu commences à imaginer les manières parfois logiques parfois affreuses dont ils pourraient être mal interprétés.
Mais au final, est-ce que tu veux vraiment tout réinstaller pour enregistrer 1mn de plus quand tu sais que ça va t’ajouter 1h de montage derrière, juste parce que tu flippes d’être mal compris sur un détail ? Faut faire des choix dans la vie. Est-ce que ça fait pas partie un peu de l’intérêt du format de s’adapter à ce que tu as enregistré et le monter pour l’améliorer ? Faire des retake n’est-ce pas ouvrir un cercle vicieux où on finirait par tout refaire inlassablement ?

Bon je divague – je voulais dire à la base que pendant une grande partie du montage j’ai commencé à me rendre compte que ma vidéo manquait de clarté sur la popularité de Suzumiya Haruhi, et faisait l’erreur assez commune de confondre et mélanger la popularité de Haruhi au Japon avec celle de Haruhi dans le reste du monde. Plus largement, je parle régulièrement de la popularité de la japanime dans les années 2000 en mélangeant un peu discours sur la japanime en Occident et japanime au Japon. Ça se voit un peu dans le montage final, où je précise deux ou trois fois via des écriteaux que je parle bien de l’Occident pour essayer d’éclaircir maladroitement mon propos – sinon y’a des choses absurdes, comme parler de l’absence de Haruhi sur Netflix, ce qui n’est pas le cas au Japon, où la série fait partie du catalogue local !
Maintenant, oui, Haruhi a aussi connue, au Japon, une chute de popularité ces dernières années – par exemple un sondage sorti cette semaine expliquait que 54% des adolescents japonais ignoraient l’existence du personnage ou de la série, et que « seulement » 14% l’avaient vus. Le sondage est tombé pendant le montage, j’avoue que quelques jours plus tôt et je l’aurais inclus dans la vidéo – mais je vous avoue aussi que ça serait gonflé de ma part d’essayer de commencer à analyser pourquoi au Japon aussi la série est tombée dans l’oubli. Surtout qu’il me faudrait d’autres chiffres, d’autres données pour savoir à quel point le sondage pré-cité est vraiment pertinent – combien d’adolescents de 2006 connaissaient Haruhi, au final ? Etait-ce réellement un phénomène qui avait atteint le mainstream à l’époque où est-ce que nous occidentaux on a pas une idée du sujet qui est manipulée par le fait qu’on le voit depuis un filtre ? Est-ce que parce que tout ce qu’on voyait du Japon en 2006 c’était des pubs de chewing gum avec Haruhi et des gus qui bourrent l’avenue centrale d’Akihabara avec le Hare Hare Yukai qu’on en a déduit que tout le Japon était à fond sur Haruhi ? Et est-ce que le fait qu’un anime de 2006 ait été vu par 14% d’adolescents de 2026, ce serait déjà pas si mal et témoignerait du fait que la franchise reste quand même plutôt populaire à son échelle ?

Pour les autres regrets, assez vite: au final j’ai pas trop développé l’héritage de Haruhi sur le monde des light novel et de la japanime, j’ai ainsi pas réussi à caser de références à la brigade SSS de Angel Beats mais bon c’est pas grave, on y survivra. A l’inverse, j’ai pas trop parlé des oeuvres qui ont influencées Haruhi et j’ai donc échappé à la possibilité d’évoquer Boogiepop, ce qui est un peu plus dommage.
Mon autre regret est que j’avais écrit un petit segment sur l’édition française du light novel, mais que je n’ai pas retrouvé mon tome, ce qui était con car tout était écrit avec la perspective que je le présente à la caméra etc. Haruhi reste un des premiers light novel édité en France, et c’était pas inintéressant de l’évoquer ! Mais voilà, c’est jeté :(.
Je n’ai pas non plus précisé que Le Theatre de Haruhi Suzumiya, le tome sorti en 2024, n’était même pas un tome faisant avancer l’intrigue générale – c’est un best of de plein de petites nouvelles one-shot publiées de ci de là entre 2003 et 2020. Et quand j’ai évoqué le fait que Haruhi avait contribué au boom du light novel dans les années 2000, j’ai pris la peine de citer d’autres compagnons comme Zero no Tsukaima ou Shana, mais j’ai oublié le plus évident – Index. Pareil, un peu triste mais c’est pas grave en soi.

Enfin, je sens que ça se voit que je ne sais pas comment terminer la vidéo – j’ai eu beaucoup de mal à écrire les dernières phrases de la conclusion, et je ne suis pas parvenu à ce moment-là à trouver les mots justes pour exprimer ce que je voulais vraiment dire. Je voulais exprimer une sorte de reconnaissance à toutes ces séries, ces films, ces œuvres qui m’ont permis de tisser des liens, de traverser des moments de peine ou de doute, de me permettre d’identifier plus clairement ce que j’aime, ce que j’apprécie, ce que je voudrais créer ou être. Pour plein de raisons, j’ai essayé de ne pas trop m’étendre sur le fandom Haruhi français de cette période, mais je voulais essayer de mentionner l’impact positif qu’il aura eu sur moi, impact assez unique et surtout assez bienvenu à ce moment-là de ma vie.
Je voulais surtout par ce biais exprimer l’idée que parfois un anime, un film, un jeu, qui nous marquera à vie le fera non pas pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il nous amène en dehors. Que le phénomène Haruhi de l’époque, car j’en ai été aussi bien acteur que spectateur, m’aura permis des rencontres, des liens, des forces. Qu’au final, la qualité même de la série (même si elle est là) est secondaire dans cette histoire. Que certes j’ai aimé et j’aime toujours cette série peut-être pour des raisons frivoles, que je l’aime non pas pour l’histoire qu’elle raconte (dont en réalité je me fiche pas mal), mais pour la manière dont elle le raconte. Oui, Haruhi est une de ces séries que j’adore pour sa forme plutôt que pour son fond, et j’ose un peu penser que je suis loin d’être le seul dans ce cas de figure.

Mais bref, où je veux en venir avec tout ça ? Je n’arrive pas vraiment à le synthétiser. J’ai l’impression de chercher des excuses, et je n’ai jamais trouvé la bonne formulation. J’ai finir par conclure avec un « l’animation japonaise parfois c’est juste rencontrer le bon anime au bon moment et y’a pas besoin de plus » qui n’est pas tout à fait ce que je voulais dire. Là où ce que je voulais exprimer c’est que y’a pas de mauvaises raisons d’aimer une oeuvre – on peut l’aimer pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle représente, pour sa présence lors d’un moment-clé, pour les souvenirs qu’elle nous crée, pour l’idée qu’on s’en fait ou pour le temps qu’elle nous a aidée à perdre. Tant qu’on parvient à identifier pourquoi on l’aime et qu’on ne s’enferme pas dans l’idée qu’il ne peut y’avoir qu’une seule forme d’amour, où que certaines formes d’amour seraient plus légitimes que d’autre, il n’y a pas vraiment de problèmes en réalité… On ne devrait pas s’interdire d’aimer, ou mal considérer son propre amour… Dur de dire ça sans sonner comme un chef de secte, mais c’est peut-être ça le souci, je m’auto-juge trop…
Enfin voilà – du coup, l’autre gros truc à retenir de cette vidéo c’est le lancement de cette rubrique / émission (terminologie dure à définir) nommée Anime 4 Saison.

Concept simple: chaque trimestre, évoquer un anime qui fête un anniversaire, si possible un gros anniversaire (10 / 15 / 20 / 25 / 30 ans, etc) et développer autour de lui un angle clair pendant 20 à 30 minutes. On est là à la shlag – pas de logo, pas de générique, juste un nom sur une miniature, on va essayer d’améliorer ça au fur et à mesure. Comme vous le savez, j’aime bien le concept de saisons en anime – je fais mes preview, mes tierlists de génériques etc… et je cherchais depuis la création de la chaîne une formule qui me permettrait de trouver une excuse pour évoquer, de manière « liée », plein d’animes différents des années passées. Pendant longtemps j’ai envisagé une formule nommée Natsumatsuri où, pendant 8 semaines en été, je sortirais une vidéo par semaine sur des animes différents – mais, erm, très impressionnant comme programme…
Au final, Anime 4 Saison, me permet un rythme trimestriel un peu plus confortable (même si je ne m’interdis pas l’éventualité d’en sortir deux durant certains trimestres si je trouve groove et inspiration) et surtout m’enthousiasme par le fait qu’il va un peu me forcer à respecter ce rythme. Ma frustration de vidéaste principale ces dernières années c’est que j’ai eu beaucoup d’idées de vidéos et beaucoup de sujets que j’avais vraiment envie de faire mais, sans deadline ni impératifs, je traînassais pas mal dessus jusqu’à les abandonner ou à passer sur un autre thème qui m’intéressait plus. La vidéo sur Haruhi elle traînasse dans mon dossier Google Docs depuis 7 mois !! Je l’ai avancée et finie quand j’ai eu cette deadline auto-imposée car je voulais qu’elle soit celle qui lance le concept !
Fun fact d’ailleurs: au départ je voulais que l’émission reste sur les animes qui fêtent à chaque fois leurs 20 ans. En gros, on aurait commencé au printemps 2006 et on aurait revécu « en direct », chaque trimestre, l’animation d’il y’a 20 ans. L’avantage est que ça permettait un défilement « naturel » des séries et un lien se serait sans doute crée d’un épisode à l’autre – c’est d’ailleurs pour ça que le prochain épisode sera sur Bienvenue dans la NHK. Mais l’inconvénient, très clairement, est que ça nous enferme sur une période précise, et que c’est finalement plus fun de changer de temps et de période à chaque fois ! J’ai pas encore choisi le sujet pour dans six mois, mais là je vais regarder cet été quelques séries de 1996 ou 2011 et c’est pas un programme trop insatisfaisant…
Dans tous les cas, j’espère que ça vous plaira, tout comme j’espère m’amuser à écrire et monter sur pas mal d’animes dans ce cadre-là !

Bref, voilà, pas mal de blabla et d’élucubrations pour cet article-complément, merci d’être resté jusqu’au bout malgré ce gigantesque bordel – on se retrouve très vite pour un nouvel article, sans doute en fin de semaine prochaine, avec plein de photos, plein de propos écris sous jet lag, onigiri saucisse et Doliprane. Bonne fin de semaine à toutes et tous, et rendez-vous dimanche soir sur Twitch pour l’AMV Céleste 2 ! J’en suis très fier aussi !!!
(Ce dont je suis moins fier c’est ma maîtrise de la conjugaison japonaise qui a beau pas être si compliquée mais sur laquelle je bloque toujours après 2 mois de révision mais on peut pas tout réussir…)


