Zankyou no Terror 01 – Applied Terrorism 101

ZankyouNoTerror-E01-S01

Merde les mecs, on avait dit « Plus d’allemand dans les animes », y a overdose là

 

RdNetwork Vous ne le savez sans doute pas, mais votre serviteur est fan de ce grand monsieur de l’animation japonaise qu’est Shinichirō Watanabe. En quelques séries, il a réalisé 3 animes parmi mes préférés de tous les temps (Cowboy Bebop, Samurai Champloo, et l’inattendu Sakamichi no Apollon / Kids on the Slope), autant dire que pour tous les fans comme moi, après le demi-échec Space Dandy, il était plutôt attendu au tournant. Préparez-vous donc à un torrent de fanboyisme (sans doute) et peut-être de mauvaise foi (j’espère ne pas avoir à en faire).

Zankyou no Terror (a.k.a. Terror in Resonance, ou Terror in Tôkyo) // MAPPA // été 2014, créneau noitaminA // Réalisé par Shinichirô Watanabe // 11 épisodes prévus, simulcast sur Wakanim

Bon, après cette pluie d’informations sur les réussites de Watanabe, il convient de citer pourquoi avoir confié ça à MAPPA est intéressant. Le Studio MAPPA, outre son nom malheureux pour nous français, est un studio tout récent (2012), connu principalement pour le succès qualitatif de l’adaptation de Kids on the Slope, que je considère personnellement comme une série les mieux animées et les plus belles de l’histoire. Rien que ça. (Je vous avais prévenus.) Depuis, ils n’ont fait que de la co-production, leur retour était donc aussi assez attendu, surtout dans un genre différent. Et on le retrouve très rapidement. L’animation est fluide, le graphisme est impeccable, assez réaliste, un peu terne mais pas trop, pour coller à l’ambiance. Le scénario assez original dans son exploitation (j’ai une faiblesse pour les animes qui nous font aller du côté des « méchants », ou qui sont clairement au-delà du manichéisme habituel) convient lui bien à du noitaminA.

Une jolie touche MAPPA chez les persos, miam miam

Une jolie touche MAPPA chez les persos, miam miam

 

Mais finalement, c’est quoi Zankyou no Terror ? L’anime commence par une attaque d’une base vraisemblablement militaire enneigée (l’occas’ pour MAPPA de se lâcher sur un peu tout : les mecs qu courent en combinaison, la machinerie, la neige, les véhicules, …), avec le vol d’une cargaison de plutonium, par ce qui va s’avérer être nos deux protagonistes. Au moins, on est fixés sur le sérieux de la situation. Ils laissent un tag au sol, et s’en vont. Quelques temps plus tard, on les retrouve. Ils se nomment Nine et Twelve (des noms de code pour… bah on en sait trop rien en fait), et sont en train de s’intégrer dans une école, sans doute pour préparer un coup. Puisqu’il faut bien un peu d’exposition, c’est là qu’on découvre plus en profondeur nos personnages : Nine, le « serieux-à-lunettes », Twelve, « l’énergique-un-peu-gamin », avec les têtes qui vont bien, et Lisa, élève lambda du lycée fréquenté par nos 2 voleurs, harcelée par ses copines de classes, et d’une certaine façon sauvée par Twelve.

Lisa a un air de Lain plus agée sur certains plans. Et ça c'est cool.

Lisa a un air de Lain plus âgée sur certains plans. Et ça c’est cool.

 

Une progression psychologique chez les trois s’en suit, où on découvre que Lisa semble dépressive et avec quelques problèmes privés, pendant que Nine a des flashbacks de… camps de travail (?!) où visiblement lui et Twelve se trouvaient gamin, et qui les aurait traumatisés. Pendant ce temps, on découvre aussi que le camp des « méchants » ne sera pas le seul traité ; on nous présente ainsi Shibasaki, ancien détective travaillant aux archives, mis au courant comme le spectateur de la panne de courant, et de l’annonce d’une attaque par Nine et Twelve (déguisés), sur Internet. La série se permet d’ailleurs un peu d’humour « pince-sans-rire », plusieurs fois dans l’épisode, quand bien même le ton n’est pas en accord. Merci le policier qui glande sur des vidéos de chats au lieu d’enquêter sur des terroristes potentiels. (Sans déconner.)

Nine et Twelve planifient leur nouveau coup, et s’arrangent pour faire couper les câbles d’une installation électrique centralisée à Tôkyo, causant une panne de courant générale.  Le rythme est vraiment bien géré, idem pour la structure de l’épisode. On a un vrai cheminement de pensées chez les trois, tant dans la préparation du coup que les conséquences à gérer : seuls manquent les motifs, mais ça fait partie de l’exposition que de laisser le mystère planer sur tous les personnages, pour le moment.

Des weirdos qui font des attentats terroristes avec des poupées, ça vous rappelle rien ?

Des weirdos qui font des attentats terroristes avec des poupées explosives, ça ne vous rappelle rien ?

 

L’attentat autant que sa gestion sont ingénieux ; Nine et Twelve, une fois le bâtiment évacué (N.B. : Pourquoi attendre ? Certes, le terrorisme, c’est faire peur, mais ils ne veulent pas tuer ? C’est quoi le délire avec le plutonium, alors ? C’est seulement un avertissement ?), disséminent plein de poupées bourrées de thermite (oui, avec un h), qui vont s’enflammer, lançant le système anti-incendie, lui-même déclenchant l’explosif par contact avec l’eau. Seulement, problème : Lisa est encore là. Et tombe sur Twelve. Et là, premier moment de tension. Twelve, sans réelle considération envers elle, lui donne une poupée, et s’en va.

Fais pas la gueule, t'as eu un cadeau au moins

Fais pas la gueule, t’as eu un cadeau au moins

 

Les bombes explosent, Lisa est toujours dedans. Deuxième moment de tension. On imagine une négociation entre l’exubérant Twelve et le frileux Nine, qui amènerait limite vers une romance entre la dépressive et l’extraverti, après tout il l’a sauv-AH TIENS NON. Nine en a strictement rien à foutre, et lui laisse le choix. Le choix de devenir complice (et ainsi laisser Twelve la secourir), ou de mourir. Un vrai duel moral dès le début.

Et foutredieu que c’est bien fichu. Sur bien des aspects, Zankyou no Terror essaye d’être ambitieux, original, en partant de bases peut-être déjà vues (les persos, le terrorisme, la morale des persos, …) mais avec une exploitation et une ambiance propres à MAPPA et Watanabe. Je sais bien que je suis un fanboy, mais sérieusement, impossible pour moi de ne pas admettre que rien n’est réellement raté dans cet épisode. Il manque peut-être des choses, notamment un chouia d’explications et de situations, mais là on atteint déjà des idées intéressantes. Après 20 minutes d’épisode. Je dis oui. On a même droit à une bordure de fantastique, considérant les capacités hors-normes des héros malgré leur jeune âge (visiblement en termes de mémoire, de précision, et de réflexion).

La réalisation est assez « magistrale », et vraiment digne d’un film. Des effets « naturels » de caméra (tremblements, zooms, mises au point) qui se marient parfaitement avec les cadrages et les métaphores à y associer, des choix de plans judicieux, c’est jamais pompeux (ou trop expérimental) et toujours bien rythmé. Notamment sur le « saut » final de Lisa vers Twelve, qu’on peut évidemment comparer à un saut vers l’inconnu pour elle, avec tout ce qui s’en suivrait.

"Allez, viens, on est bien ! ...Nan mais sérieux saute ça va s'écrouler là."

« Allez, viens, on est bien ! …Nan mais sérieux saute ça va s’écrouler là. »

 

Outre l’aspect technique impeccable, on peut trouver pas mal de comparaisons à faire, notamment sur le déroulement. J’aimerais pouvoir citer une autre série avec ces thématiques, cette profondeur et quelques autres délires, mais c’est de l’ordre du spoil, donc cliquez à vos risques et périls. Dans le design on est évidemment plus proches de Kids on the Slope qu’autre chose, mais on sent un réel souci du détail dans l’univers, là où KotS n’était pas privilégié pour travailler cela.

On a encore finalement peu d’indications sur la direction que va prendre le scénario, et on a pourtant assez d’informations pour savoir comment juger les forces en présence, même ce fameux inspecteur, visiblement un peu blasé mais déconcerté par Sphinx (le nom de code du duo).

Je vous laisse imaginer le scandale s'ils s'appellaient Nine et Eleven

Je vous laisse imaginer le scandale s’ils s’appelaient Nine et Eleven

 

J’avais pas voulu surcharger l’introduction avec ça, mais cet anime marque aussi le retour du duo magique de Macross Plus, Cowboy Bebop et Sakamichi no Apollon : celui avec la géniale compositrice et pianiste Yoko Kanno, à la bande-son (aussi connue pour celles de Darker than Black et Ghost in the Shell). Et là, c’est l’effet « Fanboyisme Ultra++ » qui entre en jeu et espère par-dessus tout ne pas être déçu.

Kanno fait déjà un boulot qui se ressent, peu de musiques mais déjà des thèmes assez forts, notamment dans le flashback de mi-épisode. Clairement des dominantes de genre vont se dégager pendant les épisodes suivants. Sinon, l’OP est vraiment agréable, bien qu’un peut trop « planant » selon moi. Mais il est magnifique à regarder, ceci dit ; les amateurs de Ping Pong The Animation apprécieront les « transformations », pour passer d’un plan à l’autre, qui alliées au graphisme général sont très sympathiques. L’ED est sympathique, plutôt basé sur les analogies sur Lisa. Là-encore, une analyse poussée sera plus pertinente d’ici quelques semaines.

 

La situation de fin, nos 2 corbeaux troublés par une colombe

La situation de fin, nos 2 corbeaux troublés par une colombe… ou l’inverse.

 

J’ai eu beau adorer quasiment tout, on peut entrevoir vaguement les limites de l’anime. Les développements envisageables ont beau être intéressants, on prévoit déjà aisément pas mal d’introspection sur le passé chamboulé de Nine et Twelve. Rien que leur nom indique qu’on pourrait avoir affaire à d’autres « numéros ». Le rythme est présent, mais finalement il ne s’est pas « passé grand chose », avec du recul, dans cet épisode. Et on aura vraisemblablement pas un attentat par épisode. Tout ce que j’espère (et probablement aussi ceux qui ont trouvé cet épisode trop « edgy », ou creux), c’est que tout cela ne tombe pas à l’eau, parce qu’une histoire de terrorisme qui serait un pétard mouillé, ce serait vraiment un comble à la con.

L’histoire ne fait que commencer, et on sait déjà qu’elle va être assez profonde. Chacun des protagonistes a visiblement beaucoup de choses à dire, à transmettre et à faire. Zankyou no Terror pourrait même être centré sur n’importe lequel des 4 protagonistes potentiels. Et avec le support technique parfait de MAPPA-Watanabe-Kanno, je ne peux qu’attendre et espérer que cette histoire ne soit ni trop basique pour être intéressante, ni trop tordue pour être géniale.

Mais j’ai confiance. Toujours.

2 commentaires sur “Zankyou no Terror 01 – Applied Terrorism 101

  1. Mian Mian dit :

    Sans optimisme excessif, je ne m’inquiète pas trop concernant l’aspect thriller: tablons sur une double-histoire, avec d’un côté une sorte de vengeance des deux protagonistes contre un aspect de la méchaaante société lié à leur passé, et en parallèle l’enquête de Mr. Blasé à leur sujet; à la façon d’un Prophecy. Sans être inoubliable, pour une série courte et aussi jolie sur la forme, ça devrait passer et si je me trompe, c’est encore mieux.

    Là où ça pêche, c’est que j’ai vraiment du mal avec les personnages, et un peu peur que ça ne s’améliore pas beaucoup. Difficile de s’attacher à deux génies qui nous veulent peu de bien. Quant à Lisa, je me méfie des dépressions et bizutages balancés à la légère dans les animes comme simple procédé de caractérisation (qui ne l’est plus). Surtout que dans la mesure où pendant l’adolescence REELLE, pouvoir se regarder dans un miroir confère d’office 50% d’égo d’avance, donc c’est un peu l’exclusion en easy-mode avec une gueule d’ange comme la sienne.
    ‘Fin bon, elle est mignonne comme tout, mais pitié pas juste une belle plante qui fait la tête.

    • RdNetwork RdNetwork dit :

      Pour les persos, j’ai pas détaillé parce que c’est un peu tôt, mais je suis pas convaincu que ce soit le but de l’anime de nous faire prendre 9 et 12 en affection. En tout cas pas *encore*.

      Pour Lisa, j’ai eu un peu peur aussi je t’avoue… Mais ils ont pas non plus usé à fond la corde du bizutage, et on la voit aussi se faire du mal toute seule, finalement (la scène des toilettes, globalement c’est ça). Donc, oui effectivement ce n’est pas forcément réaliste sur ce plan là, mais bon… Quand à la « belle plante qui fait la tête », j’oserai dire que c’est pas « le genre de la maison », mais après Space Dandy, bon. Clairement, c’est plutôt ce perso auquel le spectateur doit s’intéresser (voire, s’identifier. Aussi glauque que ça puisse paraître ici, c’est bien d’elle qu’on est le plus proche) pour appréhender l’histoire, donc la traiter trop superficiellement ce serait pénalisant pour la série.
      Mais sinon, oui, c’est pas les persos les plus originaux qui existent.

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