Little Busters! 18 – Le masque tombe

Will you hate someone you love, because of love?

Will you hate someone you love, because of love?

SuryceEpisode précédent : épisode 17

Les adaptations animés de visual novels sont souvent critiqués pour leur incapacité à retranscrire dans son entièreté la très longue histoire du jeu d’origine, surtout dans le cadre des routes. Quelque soit le studio, la norme semble être d’utiliser trois épisodes pour le scénario spécifique de chaque héroïne, qui dans le jeu va facilement durer plus de cinq heures. Mais diantre! comment l’anime peut-il respecter l’histoire s’il doit la condenser dans un espace de temps aussi restreint ?

En fait, c’est fort simple, il suffit d’appliquer la plus basique des structures narratives : les trois actes (introduction, développement, conclusion). L’épisode 16 a introduit l’arc de Haruka en posant une situation initiale (Haruka fait des farces) et son élément perturbateur (Futaki n’apprécie guère et la martyrise). L’épisode 17 a enchaîné avec le développement et les péripéties (révélations de leur histoire familiale et leur haine mutuelle), et cet épisode 18 vient nous apporter la résolution et la conclusion de ce conflit.

Et pis bon, c’est pas parce qu’une histoire est longue que ça veut dire qu’elle est dense, hein. Comme expliqué la semaine dernière, faire le tri peut être très bénéfique.

Little Busters! // Studio J.C. Staff // Débuté en octobre 2012 // Prévu pour 26 épisodes // Réalisateur: Yoshiki Tamakawa

"Je suis une menteuse"

J.C Staff justifie l’utilisation de la pluie dans cette scène : il est facile de rater les larmes de Futaki et leur présence change son expression du tout au tout.

Vous vous souvenez quand j’ai dit à propos du précédent épisode qu’il contenait beaucoup de non-dits subtils ? Cette fois, c’est Futaki qui commence à craquer sous le joug de la spirale de la haine et les vérités sont révélées l’une après l’autre. Chaque spéculation que nous laissé imaginer les révélations de l’épisode précédent est ici brisée. Est-ce que les soeurs se détestaient déjà quand elles étaient enfants ? Nope. Est-ce que Futaki est ironique quand elle se dénigre elle-même (« salope »)? Nope. Kud avait-elle peur de Futaki elle-même ou a-t-elle été choqué par autre chose… ? Un grand scénariste est aussi un maître du mensonge par omission.

L’arc de Haruka est aussi l’arc de Futaki, qui dévoile finalement une douleur bien plus tragique encore que celle de sa soeur, obligée de la martyriser pour la protéger. Après le sang du frère de Komari, les cicatrices de Futaki sont la deuxième occurrence d’une violence visuelle à ma connaissance jamais observé dans les précédents Key (et le pire reste à venir).

Face à ces révélations, c’est Haruka qui doit se remettre en cause et réussir à vaincre sa haine pour pardonner et ré-apprendre à aimer. Mais Riki est toujours là pour l’aider, lui-même guidé par Kyousuke qui lui explique que c’est grâce à la haine que Haruka à pu trouver la force de vivre jusqu’à aujourd’hui et qu’elle ne peut trouver une autre raison de vivre que par elle-même. Futaki accuse Riki de vouloir jouer à Dieu, mais elle s’adresse à la mauvaise personne. Riki est un orphelin qui a pu retrouver confiance en lui grâce aux Little Busters, et aujourd’hui c’est à son tour de montrer avec les autres son soutien à Haruka, qui n’a plus à craindre la solitude et peut se concentrer sur ses questions existentielles et trouver sa réponse pour affronter ses démons du passé et les vrais sentiments de Futaki.

La spirale de la haine se brise, d’une manière anti-climatique mais appropriée, sur la réconciliation des deux soeurs, soutenues par tous les Little Busters (à l’exception de Mio étrangement absente), et les retrouvailles avec leur famille.

No God Among Us

No God Among Us

L’arc de Haruka aura été une adaptation parfaite d’un jeu bourré de bonnes idées, mais ne les exploitant pas aussi bien qu’un anime tel que celui-ci le peut. J.C Staff a fait un travail irréprochable dans la ré-organisation des scènes, nous offrant trois épisodes au rythme étudié et remplissant chacun leur rôle dans l’intrigue, tout en gardant le spectateur en haleine et en permettant à l’épisode suivant d’enchaîner de manière fluide grâce à des cliffhangers très efficaces. La version de J.C. Staff a aussi permis de bien mieux mettre en avant le développement de chaque personnage, qu’il s’agisse de l’ambiguïté de Futaki, de la prise de conscience de Haruka, ou du leadership grandissant de Riki ; tout cela encore une fois grâce à une mise en scène et des éléments bien repensés, et à l’absence d’une romance inutile.

Je pense sincèrement qu’aucune route de Key adaptée précédemment, quelque soit le studio ou le jeu d’origine, n’égale tout à fait la qualité scénaristique de celle-ci. Au prochain épisode, on attaque directement l’arc de Kud, une autre route tout à fait améliorable, donc j’espère que J.C. Staff a encore de la réserve !

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