Red Data Girl – 01 – Somnifère haut de gamme

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Quand il faut s’y mettre…

 

Minorin-Avatar-MianLorsque Amo a proclamé son ambition de faire couvrir toute la saison de printemps sur Minorin, votre serviteur s’est retrouvé dans une situation que vous devez tous connaître en survolant les aperçus des animés à venir: tout a l’air d’osciller entre le bien-bof et le navet annoncé. Si on est un peu malin, il suffit de choisir exactement ce qui relève de cette dernière catégorie pour pondre une critique au vitriol du premier épisode, puis appliquer le même traitement au reste de la série, ou bien déclarer avec panache que c’est trop naze et rentrer en coulisse sous les applaudissements. Sauf que voilà, ce n’est pas le cas de Red Data Girl.

 

 

Red Data Girl // Studio: P.A. Works (Angel Beats, Hanasaku Iroha, Another…) // Réalisateur: Toshiya Shinohara
// Saison de printemps 2013 // Nombre d’épisodes encore inconnu.

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Introduction contemplative sur fond de musique hisaishien. Des montagnes sans trace humaine à perte de vue. Un oiseau nous conduit dans leur profondeur, vers un temple reculé de tout, où nous retrouvons celle qui semble être notre héroïne confrontée à un choix cornélien: je coupe ou je ne coupe pas? Allez, fais marcher tes ciseaux, on y verra plus clair.

Cash, générique d’ouverture pas mémorable pour un sou, tant auditivement que visuellement. Je ne me rappelle de rien pour vous en parler et vous n’aurez même pas de capture pour vous faire une idée!

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Revenons à donc notre héroïne, Homura Izumiko: arborant ses lunettes rouge d’Eva Joly et allégée d’une mèche qui n’a pas dû entendre souvent le son du ciseau, la voilà parée pour aller à l’école. Du coup, on comprend mieux son hésitation tout à l’heure, puisque la pauvre traumatise une par une toutes les personnes qu’elle croise avec sa nouvelle coupe. Venant d’une fille qui porte des tresses d’1m50, je peux comprendre cela-dit.

Je vous ai dit plus haut que son temple est perdu au milieu des montagnes, quelque part dans le Kansai. Mademoiselle est donc conduite dans l’agglomération locale par un chauffeur, parce que Papa travaille en AMERIQUE, voyez-vous. Je dis ça, mais ça m’amuse cette tradition des animés de se débarrasser des parents.

Tout cela nous donne à voir un peu de paysage. P.A. Works nous a habitué à ses scenery porn du Japon rural depuis Hanasaku Iroha. Il répond encore présent sur ce plan-là avec des décors détaillés et une 3D pas dégueue. Côté musique, la mélodie du thème sera sans doute bien trop paisible pour certains, mais elle me plait bien. Pour vous dire mes goûts chiants, elle m’a même incité à jeter un œil à la série depuis la bande-annonce l’automne dernier.

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Une journée de cours classique au pays merveilleux des animés. Surprise, Izumiko est empotée et souffre visiblement d’une maladie orpheline très grave d’héroïne, qui la met sur la touche pendant les cours de sport. Ça ne manque pas, ses camarades lui font quelques misères et Izumiko a son premier crush sur le seul garçon sympa avec elle. A vrai dire, l’énergumène doublé par Rie Kugimiya me fait plutôt peur. Moi, à chaque fois que j’ai vu un garçon avec une voix et une tête pareille dans un anime, ça s’est mal terminé.

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« Salut, je souffle dans des grenouilles jusqu’à ce qu’elles deviennent comme ce ballon. Tu voudras jouer avec moi? »

Maintenant que nous avons vu quelques têtes, profitons-en pour souligner qu’on retrouve au charadesign le trait de Mel Ishida, déjà à l’œuvre chez P.A. Works sur Hanasaku Iroha. C’est très beau, très léché, très parfait, or voilà, ce style me met un peu mal à l’aise, quand il ne me file pas carrément le diabète dans ses dérives les plus mièvres. Heureusement, nous ne sommes pas dans Atelier et tout cela passe beaucoup mieux que je ne le craignais.

 

Retour à l’école. Après avoir appris en passant qu’Izumiko a envoyé au paradis des téléphones tous ses mobiles successifs, l’animé enfonce le clou en nous expliquant que ses deux mains gauches tétraplégiques l’empêchent d’utiliser Google pendant le TD en salle info. Je connais quelqu’un comme ça dans la vraie vie et ce n’est pas un compliment pour elle. On admirera la patience de sa copine qui vient à la rescousse, à moins qu’elle ne l’ait prise en pitié et la méprise en secret, ce qui serait juste tellement une révolution dans un animé qu’on va plutôt croire en sa sincérité.

 

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Une telle incompétence mérite la noyade.

Ooops! Barre d’égo épuisée, le monde se met à déconner, Izumiko devient Yuki de Tsuritama, l’horrible grimace en moins, une sorcière apparaît à l’écran et va lui suggérer de se suici… Ah, non, c’est son père, qui bosse en kimono parmi ses collègues américains. On ne va pas trop s’étonner dans cette famille. De fait, les deux entament la causette et Izumiko fait une timide crise d’adolescence, comme quoi elle refuse d’aller étudier à Tokyo, avant de réaliser que quelque chose cloche et de faire planter tous les ordinateurs. Sur ces entrefaits, son tuteur pas légal fait une arrivée discrète en hélicoptère -montagne oblige- et l’embarque. Haters gonna hate.

 

La discussion qui suit est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’héroïne. Le phénomène de la salle info aurait des précédents et Izumiko semble cajolée dans son sanctuaire en raison de ce mystérieux pouvoir, aux limites encore non-précisées. Les examens qu’elle passe à l’hôpital indiquent qu’au moins une partie du monde scientifique est au courant et s’intéresse au cas, préfigurant peut-être un développement futur. Izumiko, elle, ne l’entend pas de cette oreille et a décidé de devenir une personne « normale », d’où la coupe de ce matin et le choix d’étudier dans un lycée local. Ses initiatives, des petits détails dans ce qu’elle dit lui donnent d’ailleurs une certaine crédibilité, alors qu’on aurait pu la réduire à une pleurnicharde en détresse. Sachant qu’elle ne va vraisemblablement pas se changer en héroïne enjouée et courageuse avant un bout de temps, c’est  assez appréciable.

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Pour tout dire, tu n’es pas non plus un cadeau…

Arrivée du bôgosse ténébreux de la série, qui surprend Izumiko en mode « feel good ». Là, vous vous dites que la pauvre n’a rien pour elle, mais si ça ne tenait qu’à moi, je lui aurais aussi rajouté un acné sévère, le QI d’une huître et tant qu’à faire le sexe masculin. Mais assez parlé de mon adolescence. Miyuki, le visiteur indésirable, s’avère être le fils de Yukimasa, l’homme à l’hélico, qui l’a trainé dans ce trou pour faire de lui le protecteur d’Izumiko… une surprise d’autant plus mal vécue qu’il la méprise viscéralement et ne se prive pas de lui faire savoir. Pour dire comme ça s’annonce bien, même l’intéressée proteste et seul Yukimasa semble prendre la situation calmement. De fait, coup de théâtre, le voilà qui revient un peu plus tard avec un Miyuki en sang, tout miel et disposé à remplir sa mission. Que celui ou celle qui ne se méfie pas lève la main.

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Ah, c’était le bon temps…

Evidemment, on ne tarde pas à retrouver Miyuki avec des dispositions moins favorables en privé. La perspective de finir chevalier servant d’une fille passive et introvertie le débecte. C’est là toute la cruauté de la chose, parce qu’on ne peut pas lui donner tort sur le fond mais le personnage est totalement odieux. Izumiko en prend pour son grade et ce n’est pas faute de détester les larves humaines que je compatis pour elle.

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Un sentiment de déjà-vu.

Le lendemain, c’est expédié, Miyuki est transféré dans la classe d’Izumiko et on a droit au rituel d’usage. Les élèves s’étonnent en cœur, les filles pouffent en se demandant si elles ont leur chance, à l’exception de l’héroïne qui fait la gueule et on la comprend. Une nouvelle vie pleine de franche rigolade et d’instants complices en perspective.

Le générique de fin n’est autre qu’une version chantée du thème, interprétée par la même Masumi Itô que pour… Jinrui wa suitai shimashita. Or voyez-vous, le visuel lui-même partage avec ce dernier deux gros points communs: l’héroïne marchant sur un fond d’aquarelle. En reconnaissant l’image, la voix et la mélodie, vous imaginez que mon cerveau a derpé un instant avant de remettre les choses en ordre. Du reste, je n’appréciais vraiment pas la voix pour le moins particulière de Masumi Itô dans JSS, série au demeurant géniale, or elle s’accorde ici très bien avec la mélodie et lui insuffle un rythme entraînant. Côté visuel, les peintures de style paravent japonais et leurs transitions sympas comme tout avec des éventails sont maaaagnifiques. Et comme je suis un peu un beauf qui ne sait pas commenter des images, je préfère vous laisser juger avec un lien vers une vidéo éphémère de mauvaise qualité. Deal with it.

* * *

Note: 13/20

 

Un épisode d’introduction un peu mollasson sans être désagréable. Izumiko ne s’en sort pas trop mal comme héroïne. Evidemment, le parti pris d’en faire une timide assistée n’aide pas, quoi que j’apprécie qu’on en donne un portrait nuancé. J’imagine qu’on en saura vite plus sur les phénomènes qui surviennent autour d’elle, mais ces derniers sont pour le moment très secondaires derrière les personnages et leurs relations. En passant, celui qui semble parti pour partager envers et contre tout sa jeunesse avec Izumiko surprend un peu en offrant un connard assez convainquant. Même si on sait déjà tous qu’il va nous faire deredere au prochain gros pépin, cela met un peu de piment dans un tableau du reste assez morne. Enfin, la forme apporte une valeur ajoutée qui permet d’accrocher un minimum. Rien ne permet à ce niveau de dire si la série offrira des enjeux vraiment intéressants par la suite, non plus qu’elle ne les offrira pas. Je serai là pour vous donner la réponse.

Un commentaire sur “Red Data Girl – 01 – Somnifère haut de gamme

  1. Nock Nock dit :

    J’en arrive un peu à la même conclusion que toi.
    Ce premier épisode n’est pas mauvais, mais il manque de tonus. L’héroïne oscille clairement entre mignonne et chiante. Je suis partagé entre l’envie de compatir pour le mec (qui se retrouve à devoir tout abandonner pour s’occuper d’une fille à papa assisté) et l’envie de lui foutre une droite parce qu’il agit comme un connard.
    C’est assez joli. J’attends de voir comment va être développée la touche fantastique.
    Ce début de série me fait penser à True Tears du même studio. C’est un peu mou, ce n’est pas dingue. A voir par la suite donc.

    (Par contre, maintenant que tu le dis, le crush de l’héroïne me fait penser à Noumi d’Accel World, ça ne présage rien de bon).

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