Nekomonogatari (Noir) – Une histoire qui a du sens

Hanekawa a une guitare dans l’opening parce que… euh…

 

SuryceNekomonogatari (Noir).

Une préquelle à Bakemonogatari centrée sur Hanekawa, aka la Miss-Je-Sais-Tout parfaite et sans défaut de la série, armée de grosses lunettes et tresses qui ne font baver que les plus déviants des fétichistes. Celle-ci n’étant donc pas trop mon type, je n’étais pas spécialement enflammé par cette avant-première cinoche organisée par Wakanim, du moins pas autant que pour l’orgasme audio-visuel-mental provoqué par un Madoka sur grand écran.  Mais eh, des boobs de petites soeurs sur le même format, ça ne se refuse pas pour autant !

Et tant qu’à faire je m’étais gardé la surprise en ne matant pas les épisodes en ligne séparés, et celle-ci fut des plus agréables.

Nekomonogatari (Noir) // Studio SHAFT // Sorti en Janvier 2013 // Réalisateurs: Akiyuki Shinbo et Tomoyuki Itamura

Ce n’était malheureusement pas aussi sexy que prévu

Car je pense que ce Nekomonogatari est à ce jour le meilleur volet animé de la saga Monogatari, et ce pour une raison fort simple : même si Nisio est toujours un grand amateur de dialogues interminables (parfois même plus comparables à des successions de tirades), le format de film court de Neko (Noir) a l’avantage d’encadrer l’intrigue tout en lui laissant l’espace suffisant pour se développer dans la bonne direction. Les dialogues obtiennent ainsi un semblant de sens.

Bien qu’il faille attendre un petit quart d’heure de scènes WTF entre Araragi et ses soeurs pour que l’intrigue pointe le bout de son nez, aucune des minutes ainsi dépensées n’est inutile. Le film prend le temps de poser une question (Araragi est-il amoureux de Hanekawa ?) qui resurgira régulièrement, expliquera les motivations d’Araragi, et sera conclue par une réponse satisfaisante (qui aura même le luxe d’ouvrir la voie à Bakemonogatari).

Et chaque grand thème abordé dans les dialogues suivra le même modèle, enrichissant l’intrigue de développements pertinents au lieu de l’étouffer avec des bavardages sans queue ni tête comme dans les autres itérations de la saga. Par exemple, là où l’arc de Hanekawa dans Bakemonogatari commençait avec dix bonnes minutes de discussion à propos d’émissions radios et autres trucs dont on se fiche éperdument et dont la mention ne faisait que ralentir l’action, Nekomonogatari (Noir) prend le temps de nous expliquer et d’explorer avec une nouvelle profondeur la nature des Aberrations et surtout leur relation avec les humains. Le personnage unilatéral de Hanekawa gagne par ce biais une nouvelle dimension fort bienvenue (et devient ironiquement le personnage le plus intéressant de la saga), et d’autres relations comme celle de Shinobu et Araragi profitent aussi de ce développement.

Black Hanekawa a en fait beaucoup plus de temps à l’écran que sa « maîtresse » (et toujours en soutif’), donc finalement j’étais plutôt « content »

Malgré son nombre de personnages limité par son statut de préquelle, il est rafraîchissant de retrouver dans Neko (Noir) le casting des débuts, avec ce bon vieux Oshino qui avait disparu dans Nise, et une Shinobu au comportement beaucoup plus hargneux, nous rappelant durant chacune de ses scènes que, malgré ses airs de gamine, elle est un monstre au sommet de la chaîne alimentaire, tantôt fière de sa force, tantôt bassement animale. En plus d’être mieux développées, les Aberrations ont d’une manière générale une aura beaucoup plus menaçante dans ce volet.

Par contre, ce film m’a fait remarqué quelque chose qui s’applique probablement à toute la saga : Araragi est un gros enfoiré. Ce qui est en soit une bonne chose, ça change des héros de harem « gentils » ou qui sont des enfoirés par leur passivité. Mais le seul problème, c’est que les autres personnages n’identifient pas Araragi ainsi, alors que ses actions le méritent amplement. Il se comporte comme un délinquant sexuel avec tout son entourage, reconnaît être asocial par choix (ce qui explique au moins l’absence d’ami masculin), et surtout sort des discours complètement égoïstes à Hanekawa à propos de ses tourments familiaux. Ce mec est une enflure de première, et il a pourtant le droit au compliment de « gentil garçon », ce qui en plus d’être un cliché qui sonne faux (ça sert juste à conforter les otakus japonais dans leur syndrome du « nice guy« ), sort ici de la bouche de Hanekawa, qui rajoute même qu’il est un « chic type », et ce juste après qu’Araragi a volontairement soulevé sa jupe. D’accord, c’était pour détourner la conversation du sujet de sa blessure au visage, mais sérieux, il y a d’autres méthodes légèrement moins inappropriés…

Je n’attendais pas autre chose d’un Monogatari que de m’envoyer du fanservice éhonté à la figure (d’accord, j’avoue, j’attendais ça avec impatience), mais le comportement de délinquant sexuel de notre héros apparaît parfois avec un goût très douteux dans les plus mauvaises scènes…

Jolie paire cela dit

Au final, malgré ses excentricités parfois awkward et les coupures évidentes entre les différentes parties, Nekomonogatari (Noir) se place comme la meilleure des adaptations actuelles de la saga Monogatari parce que le film nous raconte véritablement une histoire, constante, avec un début, une fin, et un développement logique entre les deux (pour cette raison, je recommande fortement de le regarder en une seule fois et sans interruption). Le génie de Nisio ne se révèle pleinement que quand il arrête pour autant de se croire supérieur aux techniques d’écriture basiques et les applique proprement, comme c’est aussi le cas dans Katanagatari.

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