Natsu no Sora 01 – Apprentie magicienne et neige en été

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Afin de conserver une certaine cohérence avec le cadre rural de cet épisode, ce billet a été entièrement rédigé depuis un petit village de la Mayenne.

NockJe ne sais pas si j’en ai un jour parlé par ici (je dis tellement de conneries que j’oublie un peu ce que je raconte) mais il y a un genre que j’aime beaucoup lorsqu’il est bien utilisé, c’est le mélange entre tranches de vie toutes simples et fantastique.

Un très bon exemple en est Windy Tales (Fuujin Monogatari en VO). Dans un genre un peu différent, on trouve la sympathique série Someday’s Dreamers (Mahou Tsukai ni Taisetsu na Koto en VO) et son spin-off Mahou Tsukai ni Taisetsu na Koto – Natsu no Sora (que l’on nommera désormais Natsu no Sora, par facilité).

Mahou Tsukai ni Taisetsu na Koto – Natsu no Sora // Studio Hal Film Maker // Série de l’été 2008, finie en 12 épisodes // Réalisateur : Osamu Kobayashi (Beck, Paradise Kiss) // D’après un manga de Norie Yamada.

A noter qu’il s’agit bien d’un spin-off de Someday’s Dreamer et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir vu la-dite série pour regarder et apprécier Natsu no Sora.

Natsu no Sora fait un peu figure d’OVNI parmi les séries que j’ai eu l’occasion de voir. Sortie à l’été 2008, en même temps que la première saison de Natsume Yuujinchou ou la 2e de Hidamari Sketch (sans oublier des grands anime comme Sekirei, Strike Witches ou Zero no Tsukaima 2), la série n’a jamais beaucoup fait parler d’elle.

L’univers de Someday’s Dreamers (et de Natsu no Sora, du coup) est le nôtre. Enfin presque.
Comme dans des bouquins de fantasy pour ados, il s’agit d’un univers fortement similaire à ce que l’on connaît, à ceci prêt que la magie y est présente.
L’originalité de ces séries est le traitement réservé à la magie et ceux qui la pratique : point de secret ici. La magie est un outil de travail, les magiciens des employés comme les autres, et l’usage de pouvoirs est réglementé.

Les deux séries mettent en scène des jeunes magiciennes qui montent à Tokyo un été afin d’y subir une formation, pour être jugées aptes à pratiquer la magie. Ces deux personnages vont découvrir la vie et, parfois, transgresser les interdits, car les magiciens sont noyés sous les réglementations absurdes.

Mais là, j’extrapole un peu, parce que l’arrivée de Sora (l’héroïne de Natsu no Sora) à Tokyo, ce n’est que dans l’épisode 2.
En effet, pour mieux comprendre le dépaysement que le personnage va vivre par la suite, autant commencer par introduire son cadre de vie habituel.

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Le premier épisode se déroule donc à Biei (Hokkaido).

Eh oui. Sora est une jeune fille qui vit avec sa mère et son chien en pleine campagne japonaise.

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Son père « vit » là aussi, mais c’est un peu particulier.

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Non, son père n’est pas vraiment cet arbre, mais je pense que vous êtes suffisamment malin pour comprendre le sens de tout cela.

Mais voilà, c’est officiel, Sora va partir étudier la magie à Tokyo et dans ce premier épisode, elle fait le tour de ses connaissances pour leur annoncer son départ prochain.

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Tout commence avec un coup de fil d’un futur personnage important.

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Michiku, l’amie de Sora. Une jeune fille bien sympathique que l’on ne reverra plus par la suite.

Sa meilleure amie étant attristée d’apprendre la nouvelle, Sora décide de la consoler en usant de son pouvoir pour lui rendre service.

Comment ?
En l’aidant à déclarer son amour à un garçon qui va bientôt déménager (avant qu’il ne soit trop tard, donc).

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Pour aider son amie…

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… Sora va utiliser ses pouvoirs…

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… afin de créer une atmosphère propice à une déclaration.

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Pourquoi la neige me direz-vous ?
Toyama (le garçon) arrivé peu de temps avant, aurait souhaité voir l’hiver à Hokkaido avant de partir.

Une fois ce « petit » tour de magie réalisé, Sora rentre chez elle. Et le lendemain, elle part pour Tokyo.

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Oui, c’est le contenu de l’épisode. Et oui ça paraît maigre dit comme ça.

Natsu no Sora fait en effet partie des séries paisibles, qui ne cherchent pas à trop en dire, qui prennent le temps de se poser.

C’est une série de tranches de vie, mais pas une comédie.
Le but ici, ce n’est pas d’amuser, mais de proposer une histoire touchante et toute en finesse. La magie est présente et pourtant c’est une œuvre très « réaliste ». La dimension fantastique n’est finalement là que pour sublimer le réel.
La phrase est répétée à plusieurs reprises dans la série : la magie ne permet pas de faire des miracles. Elle ne doit donc pas se substituer au reste, ce n’est pas le propos.

Natsu no Sora est une série très poétique, assez contemplative où le rythme (très) lent est au service de l’atmosphère agréable du titre, même si anime « réaliste » oblige, les personnages vont parfois traverser des épreuves assez désagréables.
Sous l’aspect assez « vide » de ce premier épisode se cache en fait une œuvre d’une grande richesse et pleine d’émotions, mais qui sait rester simple et ne jamais trop en faire (par exemple, en ne faisant pas l’erreur de tomber dans le registre pathétique quand elle en aurait la possibilité).

Voilà pour le contenu, mais peut-on vraiment parler de cette série sans aborder la question de sa forme ?

En effet, l’une des particularité de Natsu no Sora est son style graphique. Le choix de cet univers visuel particulier qui laisse sûrement les spectateurs partagés peut paraître surprenant à première vue, mais semble finalement assez judicieux quand on prend la peine de le rapprocher du contenu de la série.

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Capture assez random qui illustre cependant assez bien le propos.

J’ai parlé plut tôt de réalisme, de simplicité, d’émotions… des éléments que l’on va retrouver dans les visuels.

Réalisme, tout d’abord, pour le traitement des décors : le choix qui a été fait est l’utilisation d’images en prise de vue réelle. Paysages, villes, habitations, végétation, véhicules (à l’arrêt surtout) : tout cela, c’est de la photographie. Les images animées (majoritairement les personnages) viendront se greffer par dessus, évoluant ainsi dans un monde ultra-réaliste qui, pour le coup, est vraiment le nôtre (en apparence en tout cas).

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Exemple de personnage dessiné évoluant dans un décor photographique.

On apprécie ou non, mais le studio use là d’une technique plutôt originale qui se révèle très efficace car en bonne adéquation avec le message de la série. Sans oublier la beauté de certains clichés (surtout ceux de la campagne japonaise). Dommage qu’à côté, le niveau de l’animation soit globalement assez faible.

La simplicité, on la retrouve dans les éléments animés et en particulier les personnages. On ne peut pas dire que l’équipe ait déployé des efforts de chara-design surhumains : le trait est simple, les visages ronds. Aucun personnage ne possède un design abusé et l’héroïne est un modèle de sobriété : de longs cheveux noirs, une garde-robe constituée de robes blanches d’été, pas de signes distinctifs.
Cependant, si quelque chose me dérange dans le style graphique de la série, c’est ce point : je trouve certains personnages assez ratés.

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Là, ça va, mais le chara-design de Natsu no Sora, est, à mon avis, un des éléments les plus susceptibles de rebuter le spectateur.

Toutefois, et c’est là que je reviens sur les émotions présentes dans la série, les personnages, même s’ils peuvent paraître un peu grossier, sont extrêmement expressifs. Le travail sur l’animation des visages est bon.

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Et puis outre le ton et le style de la série, il faut aussi dire quelques mots sur les personnages, qui sont dans l’ensemble, plutôt attachants, avec leurs qualités et leurs défauts (car oui, ça serait plus difficile de faire une œuvre réaliste avec des personnages sans mauvais côtés).

Sora est, entre autres, un personnage que j’apprécie beaucoup. C’est une fille adorable, un peu naïve (enfin c’est l’impression qu’elle donne) et très curieuse qui, sous des dehors de fille gentille comme tout (elle est doublée par Kana Hanazawa en même temps) ne manque pas de caractère. Chose dont on se rend de plus en plus compte alors que la série avance.

Je parlerai volontiers des autres personnages, mais comme ils n’apparaissent pas dans cet épisode, le fait que je digresse depuis le début et que cet article couvre bien plus que les 25 premières minutes de la série ne serait même plus déguisé.

Néanmoins, je me dois de dire que s’il y a une chose que la série gère très bien, ce sont les relations entre les personnages, qui sont bien (voire très bien) écrites. Par ailleurs, les personnages secondaires ne sont pas laissé de côté. Leur traitement est intéressant et ils sont aussi plaisants à suivre que l’héroïne.

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Sora par Kumichi Yoshizuki, l’illustrateur des Mahou Tsukai ni Taisetsu na Koto.

La musique de la série est également très sympathique. Elle se décompose en deux partie : l’OST et ses mélodies aux consonances très celtiques, composées par Takefumi Haketa (qui a œuvré sur les bandes-sons de Muujin Wakusei Survive ou Aoi Hana) et une dizaine d’insert songs. En fait, un des personnages de la série est une « guitariste errante » qui se produit dans la rue, au hasard des rencontres. Cette jeune femme mystérieuse, mais souvent de bon conseil, est doublée (voix et chansons) par la chanteuse Micc, à qui l’on doit également le très bel ending de la série (cette chanteuse n’a jamais participé à d’autres anime, à mon grand dam).

Car effectivement, même si l’opening est sûrement un des éléments de la série qui me plaisent le moins (images banales, typiques des opening de ce genre d’anime ; chanson que je n’apprécie pas plus que ça et qui ne se mêle finalement pas très bien au reste de la bande-son), l’ending est vraiment un de mes coups de cœur en la matière. Et c’est purement hypocrite, parce que je pourrais totalement sortir ma sempiternelle ritournelle sur la banalité des images, mais derrière, la chanson est belle, émouvante, posée. Là où l’opening me gène un peu parce que je trouve qu’il ne colle pas particulièrement à l’ambiance, l’ending est, lui, totalement à propos.

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Me voilà au bout de ce billet. Mon argumentaire est totalement bancal, mais ce qu’il faut en retenir, c’est tout de même que si vous voulez voir une belle série, agréable, avec des personnages attachants, un ton juste et un peu d’originalité aussi bien sur le fond que la forme, je vous conseille fortement Natsu no Sora.

 

 

6 commentaires sur “Natsu no Sora 01 – Apprentie magicienne et neige en été

  1. Mian Mian dit :

    Episode retrouvé récemment en faisant le ménage. Effectivement, rien que pour les décors splendides et cette impression d’entendre une HanaKana désormais superstar vous poursuivre jusque dans le passé le plus obscur, j’ai été agréablement surpris. En revanche, à l’époque de la série, je m’étais franchement ennuyé. Ça doit être le genre qu’on apprécie quand on devient vieux et crevé.

    Au-delà de cet épisode 1, qu’en est-il du scénario?

    • Nock Nock dit :

      Ouaip, c’était l’époque où Kana Hanazawa n’était pas encore la superstar qu’elle est actuellement.
      Pour la série, passée l’épisode 1, Sora part à Tokyo, donc même si le rythme reste très lent, on commence à découvrir les personnages (une dizaine je pense) qui sont plutôt sympas.
      Il y a également tout un sous-texte intéressant sur les préjugés qu’on les gens vis-à-vis des magiciens (ça va de la détestation pure et dure aux types qui leur demandent tout et n’importe quoi, parce qu’après tout, c’est leur boulot d’aider les gens…)
      Mais avant tout, ça reste les aventures d’une bande d’ados, avec ce que ça implique (engueulades, romance…)
      Et puis il y a le tour que prend la série dans les derniers épisodes qui en a surpris plus d’un. On aime ou pas, mais je pense que rien que pour ça, ça vaut le coup de tenir jusqu’au bout. Rendu à la fin, on voit différemment une partie des événements précédents.

      Après, c’est typique de la série bien lente. Donc si on veut un truc qui bouge, mieux vaut aller voir ailleurs.

  2. Je ne connaissais absolument pas cet anime, et ça me fait plutôt envie maintenant. Je vais me le réserver pour des soirées détentes.
    Et je jetterai sans doute un coup d’oeil sur les deux séries que tu as cité au début =)

    Par contre, c’est marrant de voir une autre Sora doublée par HanaKana. Dans ses débuts, elle a aussi doublé le personnage de Sora dans Sketchbook Full Color’s. Un autre slice of life, en plus (bien éloigné de la magie, par contre, mais tout aussi « lent » j’imagine).

    • Nock Nock dit :

      C’est vrai que Sketchbook Full colors n’est pas super rapide (mais c’est pas mal, même si dans le genre tranches de vie + école d’art, je préfère Hidamari Sketch ou encore GA… bien que passé le cadre similaire, ces 3 séries soient finalement assez différentes les unes des autres). Les 2 Sora sont toutefois assez différentes : celle de SFC est plus timide est réservée que celle de NnS.
      Mais si tu veux vraiment remonter à ses débuts, son premier rôle je pense, est un personnage très mineur (limite figurant) dans Last Exile… la première série animée que j’ai vu. Souvenirs…

  3. Avatar Vick dit :

    J’avais complétement oublié que c’était Kana Hanazawa qui doublé l’héroïne :o.

    Ça fait un moment que je l’ai vu, donc j’ai plus des souvenir très précis, mais la série m’a laissé un bon souvenir globalement.

    par contre tu m’apprends que c’est un spin off, comment est la série original?

    • Nock Nock dit :

      La série Someday’s Dreamer, du début des années 2000, est sympa, on y retrouve le même rythme posée, une ambiance calme.
      J’ai toutefois une préférence pour Natsu no Sora qui a, je trouve un ton un peu plus mélancolique, qui pousse un peu plus loin le sous-texte sur les magiciens (évoqué dans un commentaire précédent), et qui est finalement peut-être un peu moins sérieux, avec un traitement un peu plus « spectaculaire » de la magie.
      Mais ça reste une série agréable à regarder que je conseillerais sans hésiter aux amateurs de séries de ce genre (et en plus, elle est surement encore trouvable en DVD VOSTFR pour une misère).
      C’est aussi un des seules rôles de doublage de Aoi Miyazaki, une actrice japonaise (de films « live ») qu’on a pu réentendre dans un anime en 2012 pour sa belle interprétation de Hana, l’héroïne des Enfants loups.

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