Voyage au Japon 2026

[Voyage 2026] Jours 6, 7 & 8 – Green Grass and High Tides

On me demandait au début du voyage sur Discord si ma connaissance désormais vaguement niveau N5 du japonais m’aidait à mieux appréhender mon environnement et à être plus à l’aise avec le pays. Après une semaine ici je peux donc le dire avec la voix basse et les yeux rivés sur le sol – non, c’est même un peu pire. Parce que avant, vous voyez, j’avais cette bonne excuse de rien comprendre à ce que je voyais où ce que j’entendais – c’était normal, le japonais, sorti des animes, je le connaissais pas tant que ça ! Mais maintenant… ah maintenant y’a le fait que je suis en théorie connaître une plus large quantité de vocabulaire, y’a le fait que en théorie je suis censé parvenir à construire et à comprendre des phrases très basiques. Mais non, je n’y parviens pas ! Les japonais parlent très vite, je suis largué instantanément, et quand j’essaie de trouver moi même les mots et les constructions je me fige et je finis par partir en anglais. J’ai un peu honte de moi, et je me demande où est passé l’année d’apprentissage que j’ai fait jusqu’ici, et il faut à chaque fois que je discute intérieurement avec moi-même pour me rassurer et me dire que c’est normal que je galère dans un aspect du japonais qu’en réalité, je n’ai pas vraiment bossé – l’oral est encore jusqu’ici ma plus grande faiblesse, envers qui je n’ai pas dédié énormément de temps de révision !

Et en vrai, être à l’aise avec les hiraganas et avec environ 200 kanjis, c’est déjà bien. Je me surprend réellement à lire vraiment facilement les inscriptions en hiragana, je comprends mieux et sans attendre la traduction anglaise certains messages affichés en gare, je parviens à mieux décrypter quelques éléments du décor et comprendre l’ordre alphabétique japonais me permet de mieux me repérer dans les boutiques d’occasion. Maintenant y’a toujours un gros souci – les fuckin’ katakanas. Je les hais, ils me haissent, ils se ressemblent tous, je les confonds tous, je les retiens jamais, et le problème c’est qu’au Japon ils sont OMNIPRÉSENTS. Sur les menus ? Katakanas. Sur les devantures ? Katakanas. Et si tu veux les lire, sur quoi tu tombes ? Bah des mots d’origine anglaise 90% du temps. Oh tu as écrit サーモンのサンドイッチ c’est à dire sa-mo-n no se-n-do-i-cchi sur l’étiquette du sandwich ? BAH POURQUOI T’AS PAS MIS SALMON SANDWICH, EN ROMANJI, DIRECTEMENT AU LIEU DE FAIRE CHIER è_é !!

Bref, je suis Amo, et je suis actuellement dans ma phase rebelle qui consiste à en vouloir personnellement aux katanakanas d’exister au lieu d’essayer de progresser dans leur apprentissage. Et je vous propose donc qu’on se lance dans ce quatrième billet de voyage, où on va s’intéresser à mes trois premiers jours à Sendai et dans le Tohoku. Après une escale à Niigata où j’étais pas frais, je pense pouvoir dire que le voyage commence vraiment à partir sur un rythme plus à mon goût à partir de là, avec déjà deux très très beaux endroits d’explorés, et une ville que je suis content de découvrir. Allez, c’est parti !

Jour 6 – Arrivée à Sendai

Je vais pas m’appesantir beaucoup sur cette sixième journée – il ne s’y est pas passé grand chose ! Pour faire bref, je me suis réveillé dans mon bel hôtel de Niigata, j’ai profité de la vue une dernière fois, j’ai pris un petit déjeuner qui était à ma grande déception toujours le même buffet à volonté avec toujours les mêmes trucs, j’ai fait ma valise et j’ai pris le bus direction la gare de Niigata pour récupérer mon ⭐ JR PASS⭐. 14 jours de trains JR illimités, ce qui dans le Tohoku est plutôt pratique parce qu’il n’y a quasiment que des lignes JR, et que je suis bien parti pour en emprunter quasiment une différente chaque jour.

Point info pour ceux qui iront à Niigata: ne faites pas comme moi qui suit allé attendre 15mn au comptoir billet de l’aile est de la gare quand fallait que j’aille dans le grand et vaste bureau « JR TRAVEL » qui est là où on va récupérer le JR Pass. Autre fun fact: l’employée que j’ai eue… n’était clairement pas habituée à en donner. Elle a dû recontrôler son processus avec sa supérieure à mi-chemin, c’est vrai que je me demande si beaucoup de gens font démarrer leur JR Pass à Niigata… Moi c’était même pas prévu à la base, il aurait dû démarrer à Tokyo en revenant des îles Izu…

Bref, après ça j’ai demandé des sièges réservés pour mes shinkansen vers Sendai (donc un beau Niigata – Omiya d’1h45 suivi d’un beau Omiya – Sendai d’1h), je les ai eu, ils m’ont même donné des places situées à côté des espaces à bagage, bref on était là dans le service et le luxe, pour des trajets qui se sont globalement bien déroulés – j’ai surtout passé le Niigata – Omiya à taper le billet précédent, puis le Omiya – Sendai j’y ai maté des animes (Marriagetoxin et Kamiina Botan, si vous voulez savoir.) (Super épisode de Kamiina Botan d’ailleurs !) Et il est donc un peu moins de 15h quand j’arrive à Sendai, avec sa grande gare orange… et sa mascotte super stylée !

Je fonce directement à mon hôtel, situé à 5mn à pied de la gare, je me perds un petit peu sur le gigantesque espace piéton surélevé qui parcours tout le quartier mais je finis par y arriver, je fais mon check in, je paie la taxe hotellière imposé par la prefecture (au revoir mes 300 yens) (soit 1€62) (en vrai je m’en remettrais), je rentre dans la chambre et là pfiou je m’effondre sur le lit de ouf. Je vais surtout passer les 2/3 heures qui suivent à me doucher, à pianoter sur mon pc ou à regarder la télé, bref à un peu décompresser. Je fais également ma lessive grâce aux machines fournies par l’hôtel, ce qui me sauve un peu la vie !

Mais à part ça, pas de grosse énergie, pas de grosse envie si ce n’est de quand même sortir manger à un moment – sur les coups de 18h je décide donc de partir vers un resto que j’ai réservé via Tabélog, qui est un site de réservation de resto japonais. Enfin l’occasion de m’en servir ! Mais du coup je pars marcher vers lui, ce qui va surtout me faire traverser les grandes arcades commerciales de Sendai, qui s’étendent sur un voire deux kilomètres et proposent donc tout le long boutiques (voire même boutiques de luxe du côté de la Marble Road), restaurants et autres jeux d’arcade en foison. Le centre-ville de Sendai est globalement très vivant – toujours beaucoup de monde à chaque fois que j’y passe, peu importe l’heure et le jour. Et ce jeudi soir est pas mal animé !

Mais après ça j’arrive donc dans le resto réservé – le Tokushige, spécialisé dans la langue de boeuf. Une spécialité de Sendai, manifestement – les restaurants du genre se comptent par dizaines dans le centre-ville.

En vrai ma réservation Tabelog a un peu servi à rien car le resto était quasi-vide et j’aurais eu une place sans aucune difficulté – mais ce n’est pas grave, ça m’a au moins motivé à m’y rendre l’esprit serein ! Et je dois admettre que c’était plutôt bon – je suis pas un passionné de la langue de boeuf (ma confession c’est que quitte à manger une partie « bizarre » du boeuf moi je me jette sur le foie sans aucune hésitation) mais c’était vraiment succulent. En tout cas la viande était délicieusement salée, pas besoin de trop la mâcher et on nous fournissait un peu de pâte miso pour ajouter du goût à l’ensemble. Je vais pas m’improviser trop longtemps critique gastronomique parce que hélàs c’est un domaine où à part « c’est bon » j’ai jamais grand chose à dire, mais ce que je retiendrais surtout c’est que c’est un plat que j’ai de plus en plus apprécié au fur et à mesure du repas – le premier morceau j’étais en mode « mmm c’est ok, je m’attendais à mieux ptet » sauf que plus le repas avançait plus chaque morceau de langue semblait être succulent comme tout.

A côté j’ai aussi fait des folies puisque j’ai pris mon premier highball ! Grosse pinte mélangeant whisky avec un liquide gazeux à base d’ananas, j’avoue que je l’ai descendu très très très facilement. Mon amour pour les alcools fruités et sucrés me perdra peut-être un jour, mais ça va je reste cool !

Après ça, retour à l’hôtel mais avant ça je m’arrête au Book-Off de la grande rue commerciale, où je récupère une figurine Kanade-de-Project-Sekai à seulement 4€. Ah, béni le yen faible…

Galerie – Découverte de Sendai

Jour 7 – Sanctuaire Osaki Hashimangu & Umanose

Grosse grasse matinée pour ouvrir ce septième jour avec un lever à… 10h30 !!! Suivi d’une glande dans le lit avec téléphone et jeux mobiles jusqu’à… 12h !! Vraiment la décadence… Mais bon, eh, ça m’a vraiment fait du bien, j’avais besoin d’une grosse nuit – d’autant que j’ai eu un peu du mal à m’endormir la veille, les oreillers de mon hôtel n’étant pas vraiment à mon goût (contrairement à ceux de Niigata qui, je le répète, étaient ouffissimes) (ils me manquent ptn) (la vue sur Niigata me manque ptn.)

Honnêtement, début de journée en réalité un peu dans la perdition – j’ai déjà un peu évoqué ça dans l’article précédent mais j’ai un peu de mal à me concentrer et je souffre dans ce voyage pas mal d’indécision. C’est à dire que si je ne sais pas exactement ce que je veux faire, si je n’ai pas une destination précise à poursuivre, je finis par errer, par hésiter, par commencer à me diriger vers un endroit avant de m’en diriger vers un autre, pour finalement n’aller nulle part. C’est pas mal ce qui va m’arriver en ce midi à Sendai: d’abord je me dirige vers la gare dans l’objectif de prendre un train pour Yamadera mais sur le chemin je me dis que c’est ptet un peu tard pour m’y rendre (1h de train, ça m’y fait arriver à 13h15 minimum et tout ferme à 16h bon bref bof) donc au final je finis par « juste » errer dans la gare à la recherche d’un restaurant, y’en a plein mais pas vraiment qui m’intéressent – et ceux qui sont à mon goût son bondés vu qu’on est midi donc je me décourage trop vite. Du coup je pars vers la rue commerçante en me disant eh ptet que y’aura un resto sympa là… mais pareil, j’ai pas d’idées, pas d’envie, et finalement me voilà le ventre vide à 12h30 en train de parcourir mollement l’arcade commerçante sans trop savoir ce que je veux manger, ce que je veux faire et ce que je veux visiter.

HEUREUSEMENT !!! Je me suis rappelé qu’un Go Go Curry se trouvait à la toute fin de l’arcade commerciale, et une fois que je m’en suis souvenu, mon esprit a lock in et j’ai marché soudainement avec une motivation et un rythme nouveau, direction mon copain le gorille qui, il est vrai, j’avais méchamment snobé depuis le début de ce voyage ! Mais en même temps il n’est pas à Niigata é_è !

J’adore Go Go Curry. Celui de Sendai est dans un sous sol un peu discret, commande à la machine, j’ai pris un large, porc pané, supplément fromage pour le fun – mais hélàs pas de possibilité de customiser son niveau d’épices donc ça aura été le niveau le plus simple, à priori. Tout le monde me dit « attention à Go Go Curry, le Large il est déjà vraiment vener » et c’est vrai, le Large c’est effectivement plus de riz que je n’en avais vraiment besoin. C’était quand même bon, j’ai tout mangé, mais je pense que les prochaines fois (car il y’aura des prochaines fois) (j’ai pas encore regardé si y’avait des Go Go à Aomori mais si y’en a pas je chiale) je me contenterais du Medium !

Cela étant dit, maintenant que je suis bien repus, je pars en direction du bus pour visiter un sanctuaire pas trop loin, situé à 10mn en transport – le Osaki Hachimangu. Un temple fondé par Masamune Date lui-même, nous dit-on !

Et c’est effectivement un très joli endroit – l’entrée en particulier, avec son long escalier quadrillé par la végétation ambiante, offrant un tunnel verdoyant qui rend l’ascension particulièrement agréable. L’ambiance sur place est évidemment celle qu’on attend d’un espace spirituel – c’est calme, c’est paisible et les seuls bruits un peu agressifs c’est les trois coqs qui peuplent le sanctuaire, s’y baladent et n’hésitent pas à chanter à rythme régulier, quand ils ne s’engueulent tout simplement pas !

Galerie – Jour 7 partie 1, temple & Sendai

Après une petite demie-heure à alterner entre balades, photos, observaiton des coqs et méditation assis sur les bancs du coin, faut avouer qu’une fois le temple bien admiré il n’y a pas forcément grand chose de plus à faire, je décide du coup de reprendre le bus direction la gare, avec cette fois-ci un objectif bien plus ambitieux ! Pourquoi.. ne pas sortir de la ville ? C’est vrai ça, pourquoi sous prétexte qu’il est déjà 15h30 je n’irais pas dédier ma fin d’après-midi à aller me balader dans la nature ? Y’avait un endroit que j’avais très vite noté en faisant mes recherches de lieux à voir autour de Sendai, je voyais des horaires de train qui se goupillaient plutôt pas mal donc allez, blanco banco, me voilà à la gare pour mettre mon popotin dans la Shinseki Line direction le nord-est et la gare de Rikuzen-Hamada. Gare… pas forcément impressionnante. Pas d’employés, pas de portillons, pas de stamp (😔), un seul quai, un seul rail – c’est un peu le goût de la cambrousse a seulement 25mn de Sendai !

Alors qu’est-ce que je fais dans ce coin du coup ? Et bah pour aller marcher 20mn le long d’une route afin d’atteindre la baie de Matsushima, qui est une baie particulièrement importante pour le tourisme de la région. Il s’agit d’un endroit assez splendide, dans lequel on peut voir se cotoyer plus de 200 petites îles, avec ce qu’il faut de reliefs pour pouvoir admirer l’ensemble à de très multiples endroits. Et dans cette baie – que je projette de voir un peu plus en détail plus tard dans la semaine – on peut donc retrouver entre autres l’Umanose, que je vous présente tout de suite !

L’Umanose c’est ça: une très petite péninsule, qu’on doit à des années d’érosion, qui a donc donné ce très petit bout de rocher verdoyant qui s’élance dans la baie, avec un chemin très mince. C’est assez impressionnant ! Et c’est évidemment très calme un vendredi nuageux à 17h – trois/quatre autres promeneurs qui se baladent, mais explorer l’Umanose a surtout été pour moi un exercice solitaire. Ce qui amène paix, serenité, mais aussi nous force à être très attentif car tomber dans l’eau tournerait sans doute très vite très mal ! C’est un très très bel endroit mais oui, si vous comptez venir, venez pas à la légère – prenez des bonnes chaussures, ne prenez rien qui peut vous alourdir et surveillez bien où vous mettez les pieds car entre les chemin tortueux, les racines qui dépassent, les crevasses et les chemins inclinés en direction de la mer, une glissade peut vite arriver. Et là j’ai eu de la chance – il fait nuageux mais il ne pleut pas, et le vent est raisonnable !

En parlant d’ailleurs de recommandations – le lieu est donc situé à 20mn à pied environ de la gare à pied, et Google Maps va vous proposer deux chemins possibles – même si le nord est théoriquement plus court d’une centaine de mètres je recommande le chemin sud.

Le chemin nord je l’ai pris au retour et je l’ai trouvé assez désagréable – entre autres parce qu’il vous fait longer pendant une dizaine de minutes la route nationale, et vous fait passer par un tunnel routier ! Même si le trottoir est large et que vous êtes protégés, ça reste un moment assez pénible niveau bruit et sensations, là où le chemin sud est très tranquille, avec peu de voitures, et à mi-chemin un observatoire qui vous permettra de vous poser avec une belle vue !

Alors évidemment je me suis pas non plus senti 100% serein sur le chemin sud – y’a pas vraiment d’espace pour les randonneurs et y’a certains virages en aveugle qui exigent qu’on soit très attentif au bruit pour ne pas surprendre une voiture qui viendrait d’en face. Globalement c’était ce genre de marche où je me suis encore une fois senti très seul, pour le meilleur comme pour le pire – sentiment de pas être là où je devrais être, et même un peu de peur qui a pu poindre à certains moments parce que vraiment traverser des routes forestiers en étant tout seul, c’est le meilleur moyen de prendre conscience que tout peut nous arriver et que personne s’en rendrait compte avant quelques temps. Mais bon, écoutez, ça fait sentir vivant paradoxalement.

Dans tous les cas, beaucoup aimé cette marche de fin d’après-midi. L’Umanose est effectivement un endroit formidable, et je vous le recommande si vous êtes dans la région de Sendai, d’autant que ce n’est vraiment pas très difficile d’accès ! 30mn de train + 20mn de marche depuis la gare principale, c’est « facile » d’y faire un détour. Et si vous êtes véhiculé, et bien encore mieux, c’est à côté d’une nationale et y’a un parking ! Par contre, j’ai un peu peur de l’affluence qu’il peut y avoir les week-end ensoleillés… Parce que honnêtement ce que j’ai croisé en ce vendredi soir c’est soit des retraités, soit des étudiants qui faisaient ça en solo ou en couple – et c’est vrai qu’une petite date à l’Umanose, eh, c’est l’assurance de faire chavirer des cœurs…

Mais bon, toute cette nature c’est bien beau mais temps de faire les boutiques !!

Je suis surtout parti explorer le bâtiment EBeans, situé en face de la gare, qui possède pas mal de boutiques de modes… et des boutiques otaku. On y retrouve donc pèle-mèle un Animega, une boutique électronique d’occasion, un Gee Store (donc plus ou moins Cospa) et, du coup, un Lashinbang, qui occupe tout le dernier étage ! Je me suis surtout focalisé sur ce dernier, qui avait pas mal de rayons qui m’intéressaient pas mal, entre espaces Uma Musume & Project Sekai bien achalandés, un coin artbook pas dégueu et même une zone dédiée aux ventes d’itabag, qui est un achat que j’envisage de plus en plus. Mais du coup je me suis fait plutôt plaisir, tout en essayant de conserver de la place dans la valise pour ne pas trop l’alourdir pour les deux semaines qui restent – et oui, on essaie d’être malin ! Et après tout ça, direction le ramen situé en bas du bâtiment pour un ramen un peu sale mais assez délicieux !

Du ramen au boeuf avec un ptit poulet grillé à côté – j’ai pas noté quel est le nom de ce type de ramen, mais en tout cas c’était – là encore – vraiment bon.

Bref, une journée qui se goupille bien !

Galerie – Jour 7 partie 2 – Umanose & EBeans

Jour 8

En ce huitième jour, lever à 9h40, on se brosse les dents, on se débarbouille, on se jette dans des vêtements et direction la gare pour sauter dans le train de l’heure de la ligne Yamagata – on l’a juste à temps, on souffle un peu, et on est parti pour une heure et quart de trajet, direction la station de Yamadera !

Vue depuis le quai de la gare – on peut voir un peu les temples en face, au milieu de la forêt

Yamadera est un des principaux lieux touristiques du Tohoku, un complexe de temples construits dans la montagne, avec une petite ville situé à son pied. C’est un endroit connu pour ses très belles vues et son atmosphère qu’on qualifiera d’authentique et traditionnelle, avec une multitude de restaurants et de boutiques qui font effectivement un peu moins dans le spectaculaire ou l’omniprésent qu’à des endroits comme Tokyo ou Enoshima. C’est un endroit que j’avais noté dans ma liste en faisant mes recherches, entre autres en ayant aperçus d’autres très belles photos prises par des gens avec qui je partage certains Discord, d’autant que je me suis rappelé en faisant mes recherches que c’était un endroit au centre du premier épisode de l’excellente saison 12 de Jet Lag the Game. Léger spoiler mais c’est ici que notre vaillant Ben se cache en début de saison, et il a pas mal su mettre en avant les qualités de la ville durant sa cachette !

Cachette qui était effectivement située à un endroit plutôt stylé, avec cascade, rivière et même un ptit café discret juste à côté. Bravo Ben, retrouver l’endroit a été un plaisir !

Vous l’aurez noté en voyant la photo mais le soleil était de retour ! Remerciez le climat très particulier des montagnes car à Sendai il faisait toujours très grisatre, très moche, et il faisait ce temps là pendant une bonne partie du trajet en train… jusqu’à ce qu’on passe sous une montagne et qu’à la sortie du tunnel il faisait super beau ! Du coup la journée à Yamadera se fait sous un soleil pas trop agressif, ce qui est quand même tout de suite bien plus agréable que tout ce que j’ai pu vivre jusqu’ici – c’est vrai que niveau méteo je ne suis pas gaté jusqu’ici, entre la chaleur oppressante du Tokyo du premier jour, et les nuages / crachins permanents depuis mon arrivée dans le Tohoku.

Cela étant dit, une fois cette cachette retrouvée et un repas dégusté dans un restaurant de la grande rue (un soba froid au basilic et au concombre, plutôt ok.) On commence donc le main-event de la journée – l’escalade de la montagne !

Bon déjà, le terme « escalade » ne doit pas vous effrayer – tout se fait via des escaliers. Bon escaliers effrayants, mais ça va pas besoin de matériel d’alpinisme ! Quant à la montée elle se fait en deux étapes: il y’a d’abord une centaine de marches qui vous amène sur le premier « étage », où vous trouverez quelques temples et sanctuaires ouverts d’accès, ainsi que quelques petites boutiques tenues par des locaux, dont une petite mémé qui grille des dangos toute la journée avec un sacré smile. Et vous y trouverez surtout le portail d’entrée vers le reste du complexe. Là il vous faudra payer 300 yens et surtout vous préparer mentalement car c’est désormais 1000 marches d’escaliers qui vous attendent !

Ouf !

Bon c’est une petite épreuve physique, je vais pas le nier. C’est beaucoup d’escaliers à se manger, les marches sont pas toujours très régulières, y’a pas mal d’efforts et il vous suffit de croiser le regard des autres personnes pour voir que vous n’êtes pas le seul à douiller. Je suis un peu content car même si j’ai bien soufflé, j’ai pas tant souffert que ça. Déjà parce que je dois régulièrement monter ce genre d’escaliers pour rentrer chez moi après le taf et que c’est un exercice qui commence à rentrer à défaut de devenir agréable, ensuite parce qu’il y’a quelques endroits qui vous permettent de vous poser et ça j’avoue que je n’ai pas été radin sur l’usage des bancs. J’ai pris mon temps, et ça m’a fait du bien.

Ensuite, je vais vous dire un truc pour vous encourager, repensez-y quand vous escaladerez: le plus dur c’est la forêt au début. C’est là que vous allez enchaîner beaucoup de marches et que y’aura peu d’endroits de repos. Mais plus vous allez monter, plus ça sera facile, car aux étages supérieurs il y’aura des endroits pour se reposer et vous pourrez même vous balader entre plusieurs endroits différents sans forcément trop escalader, ce qui permettra de vous reposer les jambes. Et puis surtout, une fois que vous être au dessus de la forêt, il vous suffira de vous retourner pour voir un fantastique panorama qui saura vous insuffler immédiatement une incroyable énergie !

En haut vous trouverez donc de très nombreux temples différents, mais aussi une zone d’observation – une plate-forme surélevée qui vous offrira une vision imprenable de toute la vallée et de la ville. Endroit très fréquenté, mais la vue est effectivement superbe !

Il y’a également une petite boutique à une centaine de marches du sommet, avec pas mal de « goodies » et surtout de l’eau si jamais vous êtes venus mal équipés en la matière. Je me suis laissé tenter par une petite serviette à l’effigie des chats pélerins, et y’avait même des t-shirts du genre « j’ai monté le Yamadera » mais hélàs pas de XXL à priori disponible – comme souvent, vous me direz. Mais du coup, on approche du temple final mais avant ça je croise… une boîte aux lettres ?

Et bah oui, c’est pour les prêtres qui vivent en haut de la montagne ! Et à priori, si j’en crois ce qui est marqué dessus, le passage du facteur se fait tous les jours à 11 heures ? Est-ce que le facteur passe vraiment tous les jours à 11h ? Si il le fait pas, honnêtement je comprendrais. Mais si il le fait et bah bravo à lui parce que se farcir 900 marches pour aller récupérer les éventuelles lettres qu’à pu déposer les prêtres ou la marchande en contrebas, c’est un sacré devoir qui doit pas être évident tous les jours.

Plus généralement juste cet objet m’a lancé dans une grande réflexion sur la vie quotidienne quand tu vis en haut du Yamadera. Déjà je pensais à la marchande – comment elle se fait livrer sa marchandise ? Y’a des livreurs qui montent et qui arrivent avec des boîtes de marchandise sur le dos, façon Death Stranding ? Plus généralement, quand tu vis là haut et que tu veux faire tes courses, à quel point c’est la galère ? Monter 900 marches, ok, mais monter 900 marches avec un pack d’eau, à quel point c’est chiant ? Est-ce qu’ils ont accès à un ascenseur secret caché dans la montagne ? J’ai vraiment trop envie de savoir, à tous les coups y’a un documentaire sur le sujet, sans doute jamais sous-titré, réalisé par la NHK y’a 30 ans qui répondrait à mes questions, j’espère un jour le trouver.

Mais du coup, me voilà au temple, youhou !

De manière un peu terrible, je pense que le dernier temple est ptet le moins impressionnant de tout le complexe mais c’est pas grave, on est pas là pour sa beauté, on est là pour l’effort et on est là pour la vue qui est en face. D’ailleurs jamais remarqué dans un temple autant de messages en anglais demandant aux visiteurs de faire attention et de respecter les usages – ici un message interdisant les photos de l’intérieur du temple, là bas une interdiction d’ouvrir son parapluie sous le toit, ou bien ici une interdiction de lire tout haut et prendre en photo les voeux des gens. Clairement le prêtre du coin en avait ras le bol !

Après ça, bon bah c’est la descente et honnêtement c’est du pur plaisir – faut quand même faire attention où on met les pieds car certaines marches peuvent être traîtres, mais en vrai on profite beaucoup plus du super décor, on encourage du regard les pauvres personnes qui sont en pleine ascension et le passage au frais dans la forêt fait du bien !

Une fois redescendu, je descend me faire une petite glace à la cerise (une des spécialités « locales » – et c’est effectivement délicieux) avant de repartir vers la gare et d’attendre tranquillement dans la très belle salle d’attente de la gare le train de retour. On repart donc après ça pour un nouveau trajet d’une heure et demie, avec de somptueux panoramas avant de traverser à nouveau le long tunnel… et retrouver immédiatement de l’autre côté un brouillard dégueulasse, du crachin et cinq degrés de moins. Oups !

Le reste de la journée, je vais pas vous faire un laïus – je décide d’enchaîner avec un train m’emmenant dans l’ouest de Sendai pour rejoindre à pied une zone commerciale un peu moche où se trouve un gros Surugaya, histoire de continuer à fouiller les boutiques locales d’occasion. Pas grand chose de fifou, d’autant que soudainement je commence à me sentir victime d’un gigantesque coup de barre qui me rend pas spécialement concentré dans la boutique. Mes petits achats faits, me voilà de retour dans le centre et après un détour à l’hotel pour une douche bien méritée et bien revivifiante, c’est l’heure du repas et là j’avoue que j’avais une envie de Burger King. Du coup bah… euh… je suis allé à celui de la gare de Sendai. Et là je suis tombé sur un truc nommé le One Pound Smokehouse, un méga burger de 450g, censé être un défi ! 4 steaks, un oeuf, du lard, de la sauce, trois pains… Effectivement, c’est un gros bébé ! Et j’accompagne ça, en bon gastronome, de nuggets au poulet goût jalapeno, pour un maximum d’épice. Et du coup j’ai tout mangé. Mais est-ce que je suis fier de moi ? Pas vraiment !

Mais du coup j’ai tout fini, et j’ai gagné un sticker ! Bravo !

Donc voilà, fin de journée un peu sale – d’autant que le Burger King était directement connecté via une porte à un Family Mart, donc j’ai enchaîné sur une ptite glace, toujours dans la gastronomie la plus fine et la mieux étudiée. Des plaisirs simples et débiles, une belle récompense…

Galerie – Jour 8 – Yamadera & Suruga-ya

Bientôt la fin de mon séjour à Sendai, du coup ! Et l’impression de pas avoir vu tout ce que la région proposait. Déjà je suis un peu rassuré car dans mon planning original je ne passais que 3 nuits dans la ville, et j’en ai rajouté un quatrième un peu plus tardivement. J’ai bien fait, mais en vrai j’aurais facilement pu faire une semaine, il me reste pas mal de choses à voir ! Comme pour Niigata, ça sera une bonne raison de revenir…

Mais en attendant, on continue très vite avec la suite, avec Matushima et un déplacement dans les montagnes, à priori sous une grosse pluie vu que le Japon est actuellement victime d’une grosse dépression, qui va continuer d’offrir à ce voyage cette teinte grise et nuageuse qui m’attriste un chouia. Ah, et quand je parle de dépression, je parle de dépression d’un point de vue météorologique, hein, même si niveau moral c’est vrai que le pays a des bonnes raisons de pas aller très fort !

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