Nisekoi 01 – Shaft n’est, hélas, pas omnipotent

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Ci-dessus : ce que les gens ont retenu de cet épisode.

NockJe suis malade, j’ai un chapitre de bouquin sur l’industrie papetière du sud-ouest de la France à corriger pour demain, mais dans ma grande abnégation, j’essaie de continuer d’écrire un peu, histoire que ma piètre prose ne soit pas trop rouillée quand j’en aurais l’utilité.
Au cas où vous n’auriez pas compris, je suis actuellement aigri et ça tombe bien, je vais parler de Nisekoi.
Quel rapport ? C’est en fait très simple : quoi de mieux pour se défouler que de parler de l’adaptation d’un manga sans grand intérêt, adaptation dont le seul cachet provient du studio chargé de la réaliser, studio que je n’apprécie pas outre mesure.

Nisekoi // Studio Shaft // Nombre d’épisodes inconnu // Débuté en janvier 2014 // Réalisateurs : Akiyuki Shinbou (M. Shaft) et Naoyuki Tatsuwa (animateur, storyboarder ou assistant réalisateur sur la quasi-totalité des série Shaft, premier poste de réalisateur)

En France la série est visible sur la chaîne Mangas et sera très bientôt disponible sur ADN.

Pour faire très simple, Nisekoi est une comédie romantique dans laquelle un triangle un polygone (dont j’ignore encore le nombre définitif de côtés) amoureux va vite être mis en place avant de s’enrichir de côtés supplémentaires.
On y suit Raku Ichijo, lycéen qui aimerait être normal s’il n’était pas le fils d’un chef yakuza, qui est amoureux de la belle Kosaki Onodera, mais se retrouve maqué (pour de faux, mais chuuut, c’est un secret) avec la fille du chef d’un gang rival nouvellement installé en ville. (Ça, c’est le début, après d’autre filles arrivent, mais ça ne nous concerne pas pour l’instant.)

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Attention ceci est un flashback ! (Au cas où quelques cons n’auraient pas compris)

L’introduction : fondamentale, elle est la base sur laquelle repose Nisekoi. Une promesse. De mariage bien sûr, on parle ici d’une comédie romantique. La promesse faite par Raku, enfant, à une fille, dont il ignore le nom. Mais des années après, il y crois encore.
Le style graphique (de l’intro, bien sûr) est plutôt séduisant : noir et blanc, mais utilisation du jaune, du vert et du rouge, pour certains éléments qui détonnent. Le tout est plutôt joli à voir (à part la tronche du héros), mais les bandes sur les côtés sont vraiment en trop : certes c’est une scène surgie du passé, mais merde, pas besoin d’utiliser un tel cliché, élément vu et revu, pour jouer sur le « élément de flashback = aspect de vieux film = cool » (surtout que non, c’est surtout con en fait).
Autre point qui me chiffonne : le choix d’une intro muette. Je suis du genre qui considère qu’une bonne musique et des personnages qui ferment leur gueule et souvent plus efficace qu’un long dialogue. Mais pourquoi choisir de faire parler les personnages via des sous-titres ? Si tu veux la jouer film à l’ancienne, va jusqu’au bout, mets un carton. Là, ça donne une impression d’inabouti et ça gâche un peu tout.

La première scène, où l’on voit Raku faire la cuisine (presque le seul ajout par rapport au manga) est, à mon sens, l’une des plus réussie de l’épisode. Dynamique, bien rythmée par une musique entraînante. Elle est une bonne introduction pour le personnage.

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D’ailleurs, à quand une adaptation de Shokugeki no Soma ?

Plus efficace en tout cas que ce qui va suivre. Bon, je reconnais, j’aime bien les mines patibulaires de la « famille » du héros. Mais bon, la tirade sur le « jamais je ne deviendrai un yakuza ! » pfffff… je commence à en avoir ras le cul de ces mangas / animes qui se sentent obligé de tout foutre sur le tapis dès le début. Surtout que ça, ça se comprend vite dans le comportement du héros.

Allez frangin, fais la vague avec nous !!

Les sous-fifres du père du héros mettent en garde le jeune-homme : un gang rival est apparu en ville et la situation est en train de dégénérer. Il faut bien placer ce cadre à un moment ou un autre, puisque c’est le prétexte à l’histoire qui va suivre.

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Tout les matins au lycée… vis ma vie d’aspirant-chef de gang.

Alors que notre héros, fraichement arrivé pour suivre les cours de la matinée erre dans son lycée (?!)

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Ouais, l’architecture de ce lycée est quand même assez spéciale.

Un drame se prépare… De nulle part, on entends les cris de douleurs d’un tartine de confiture…

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On dirait pas comme ça, mais elle vient de franchir un mur haut de au moins 5 mètres. The tartine powaaaaa.

Et ce qui devait arriver arriva, la tartine se retrouva par terre. L’histoire ne dit pas de quel côté, mais on se doute que c’est celui de la confiture. Comme toujours.
Bon accessoirement, notre cher (?) Raku se bouffe deux genoux dans la face, mais ça, on s’en fout un peu (et curieusement, il ne fini même pas avec le nez dans la culotte de la jeune fille… merde, je croyais avoir affaire à un shônen sérieux, moi).

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Ça ne doit pas faire de bien, quand même.

La folle furieuse et la tartine prennent la fuite, laissant Raku pour mort. Tant bien que mal, il va tout de même se traîner dans la sale de classe ou il va raconter ses mésaventures à son meilleur ami (mais si, le genre de stéréotype insupportable, le side-kick pervers et pas drôle qui ne sert jamais à rien).
Et puis il va tomber sur la fille dont il est amoureux, qui, évidemment et le stéréotype de la fille gentille au possible (le genre qui se prostituerait pour payer les séances de chimio de ses amis), qui va lui mettre un pansement là où il a beaucoup bobo.

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Kana Hanazawa spotted.

Bon, deux choses sur ce personnage. La première, c’est ce qui est indiqué ci-dessus. Et c’est amusant, parce que quand j’ai commencé à lire le manga, l’annonce de l’adaptation animée venait tout juste d’être faite et j’ai tout de suite imaginé HanaKana à ce rôle (en même temps, vu que je ne connais à tout casser que 4 doubleuses).
La deuxième, c’est que j’ai beau trouver le personnage agréable (bien que vu, revu etc.), je commence à en avoir vraiment marre de ces comédies romantiques où le héros est amoureux d’une fille qui est amoureuse de lui en retour (ce n’est pas vraiment du spoil, la réciprocité de l’amour de Raku est assez flagrante durant ce premier épisode), mais où aucun des deux ne s’en rend compte et où les deux restent comme des cons, malgré les incitations de leurs amis, sans jamais oser se déclarer.
Bref, ils ne finiront jamais ensembles et tout ce qu’ils gagneront, c’est une poignée de doujin très sales où Onodera se fera violer sous les yeux horrifiés de Raku.

Fin de la parenthèse. Comme il se doit dans tout manga digne de ce nom, la prof principale de nos héros fait une annonce qui plairait à une certaine déesse casse-burnes : une élève vient d’être transférée dans la classe. Mais qui cela peut-il bien être ? Diantre, le suspense est insoutenable.

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Baston sous l’oeil d’une meute de lycéens anonymes et sans intérêt auquel Shaft a réservé son traitement habituel.

Évidemment, reconnaissant son agresseuse d’il y a quelques minutes, Raku fout le bordel dans la classe et une engueulade dans les règles entre Chitoge et lui commence.
Lorsqu’il traite sa petite camarade de guenon, celle-ci le prend d’ailleurs assez mal.

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Guenon Punch !!!

Voili voilou, Chitoge est violente tout ça. Mais comme Raku et elle se connaissent déjà (haha !), la prof la nomme assistante du responsable des animaux du lycée (notre héros, bien évidemment).
Quelques scène s’ensuivent pour montrer à quel point Chitoge et violente, mais sportive (garçon manqué, tout ça, on le sait bien, une vraie fille c’est calme et ça fait la cuisine…)

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Pendant ce temps, en cours de sport, Shaft continue ses leçons d’architectures.

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Ci dessus : Chitoge est violente et Onodera est gentille (eh, c’est une vraie fille, elle (encore qu’on verra par la suite qu’elle n’est pas douée en cuisine)).

Bon l’exposition est terminée et on peut maintenant passer au scénar’ de l’épisode, tout plein de drama et tout passionnant comme il faut.
Alors qu’il est en cours, Raku se rend compte qu’il a perdu son pendentif (eh, on a déjà fait des épisodes qui se basait sur la perte d’une culotte, alors pourquoi pas ?)

Mais quel pendentif me direz-vous ? Celui ci :

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Ooooooh, qu’il est beau !!!

Vu à plusieurs reprises lors de l’épisode, il s’agit d’un souvenir. Le souvenir de la promesse (souvenez-vous, celle de l’introduction). Si Raku possède ce « cadenas », sa promise de l’époque possède la clé qui va avec (romantique n’est-ce pas ?)

Bref, Raku accuse Chitoge d’être responsable de sa disparition (il l’a perdu lorsqu’il a fait connaissance avec une paire de genoux sauvages) et la force à le chercher avec lui.
Et ils passent donc le reste de l’épisode à s’engueuler et à le chercher (avec le soutien de la gentille Onodera). D’autant plus que comme ils sont tout le temps fourrés ensemble, on leur demande s’ils sont en couple, ce qui ne fait que les énerver encore plus.

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Heureusement, ce pendentif est énorme : déjà qu’il leur faut dix jour pour le trouver, je n’ose même pas imaginer la situation s’il avait été de taille raisonnable.

Finalement Chitoge retrouve le pendentif, chouette. On découvre également qu’Onodera porte en pendentif une clé qui pourrait bien être celle qui va de paire avec le cadenas de Raku (Oooooh !)
En même temps tout le manga tient (enfin, c’est un bien grand mot) sur la question : mais quel membre du harem de Raku peut bien être la jeune fille de la promesse d’enfance ?

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Bien essayé, mais on sait bien qu’à la fin, Chitoge gagnera (sauf s’il y a statu-quo)

En rentrant chez lui, notre héros est convoqué par son parrain de père. Rien ne va plus entre les hommes de mains des deux clans rivaux et les deux chefs ont trouvé la parade : maquer leurs enfants respectifs (même s’il ne s’agit que de jouer la comédie) pour calmer les pulsions sanguinaires de leurs hommes.
Pas super motivé, Raku va un peu être forcé par son père et va subir une seconde déconvenue en constatant que sa promise n’est autre que Chitoge (ooooh, tout ce suspense, je n’en peux plus).
La situation ne les enchante guère, mais voilà que nos deux compères se retrouvent donc forcés de jouer au mignon petit couple. Fin de l’épisode (qui coïncide avec la fin du chapitre 1 du manga).

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Alors ? Heureux ?

Et on enchaine sur l’ending qui, selon toute probabilité sera en fait l’opening de la série, dès l’épisode 2.
Et pour dire un mot dessus, il est assez mauvais.
Malgré un travail sur les couleurs plutôt agréable (mais déjà vu ailleurs chez Shaft), il se contente d’enchaîner des images d’une grande banalité. Certains signes laissent penser qu’il est amené à évoluer avec la série (une apparition progressive de nouveaux personnages est à prévoir).
Et en plus j’ai du mal avec ClariS. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai la gueule des perso d’Oreimo qui me frappe dès que j’entends la voix des chanteuses ou si c’est parce que je ne me remets toujours pas de la bouse qui a servi de générique (fictif) à la (non-moins fictive) saison 2 de Stardust Witch Meruru. Même si elles ont aussi chanté l’opening de Madoka (que je n’apprécie pas plus que ça soi-dit en passant), ces deux chanteuses m’insupportent un peu.

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Heureusement, le générique laisse un peu de place à Ruri Miyamoto, la meilleure pote d’Onodera (l’un des rares persos intéressants du manga à mon goût).

Concrètement, outre ce que j’ai dit dans le résumé qui précède (‘chier, j’arrive définitivement pas à zapper cet exercice) qu’est-ce qui me déplait dans ce premier épisode ?

Pour faire simple, je pense que le problème de Nisekoi – the animation, c’est le manga qui sert de base.

Nisekoi, en bonne comédie romantique publiée dans le Jump ces dernières années ne présente absolument aucune originalité.
Les mafieux : un prétexte, uniquement un prétexte.
Les personnages : vus et revus. Le garçon manqué, les amoureux aveugles, le couple « inversé » où le mec fait la cuisine et le ménage et la fille est une brute épaisse (je crois que les auteurs trouvent ça révolutionnaire)… j’en passe et des meilleurs.

Nisekoi n’est jamais qu’un manga bas de plafond, loin des grands représentants de son genre. Et ce premier épisode est une resucée du premier chapitre. Rien d’original (à part l’introduction culinaire de Raku et celle « tartinesque » de Chitoge).

Je ne vais pas m’étaler sur mon ras-le-bol des adaptations à l’exacte, mais franchement l’intérêt d’une adaptation, c’est la valeur ajoutée par rapport à l’œuvre originale, or où est la VA d’une adaptation à l’identique (à part dans la bande-son, éventuellement le doublage et autres détails techniques). Ouaip, avec une adaptation plus libre, on prend des risques, comme celui de se faire chier à la gueule par des connards de fans qui refusent la moindre modification (qu’ils aillent se faire foutre), mais au moins, on ne donne pas à l’impression aux jeunes cons comme moi de leur montrer ce qu’ils ont déjà lu (à votre avis, pourquoi me suis-je fais chier durant toute la première partie de l’Attaque des titans que j’avais déjà lu en manga ?)
Bon je suis peut-être le seul dans ce cas à détester qu’on me remontre ce que je connais déjà et je suis en train de me laisser emporter…

Je vais quand même revenir sur la notion de VA. À partir du moment où cet épisode de Nisekoi reprend de façon très fidèle (avec quelques coupures) le premier chapitre, où se trouve la valeur ajoutée ? Pas dans l’opening / ending déjà, pas plus que dans la musique (pas des plus palpitantes). Il ne reste donc pas grand chose, si ce n’est le style de Shaft.
À vous de voir si vous considérez que ça accorde quelque chose à la série. Pour ma part, je ne suis pas des plus convaincus.

J’ai parlé de Shaft tout au long de ce billet, et pour faire très simple, ce studio est pour moi à l’origine de Ef et de Arakawa under the bridge x bridge (et du 2e film de l’Odyssée de Kino, qui est surement la moins shaftesque de ses œuvres). Le reste, il ne m’a pas particulièrement marqué (à part peut-être les sympathiques Hidamari Sketch).
En fait, si le style caractéristique du studio me plaisait au début (et si je continue malgré tout d’apprécier les mondes de sorcières dans Madoka), je commence à m’en lasser. Les poses « classieuses » de profil, la tête vaguement levée, les décors, les personnages anonymes réduits à des silhouettes… Il y a un style, c’est indéniable et c’est tout de même agréable de voir un studio avec une véritable identité, mais au bout d’un moment, quand on nous ressert la même chose ad nauseam (et accessoirement, à chaque nouvelle série), ça devient lassant.

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Je suis sûr que vous voyez ce dont je veux parler.

Tout ça pour dire que si, comme moi, vous n’êtes pas fan (ou vous êtes simplement lassés) de la Shaft-touch, passez votre chemin, Nisekoi n’aura pour vous aucun intérêt. Comédie romantique banale, qui ne brille ni par son humour, ni par ses personnages, ni par ses situations, elle n’offre qu’un divertissement des plus passables et dispensables.

Après, si vous êtes fan de Shaft, ou de comédie romantiques légères et insignifiantes, libre à vous d’essayer.
Après tout, peut-être que le studio réussira à transformer le plomb en or et à faire d’un manga sans originalité une série digne d’intérêt, mais vu le premier épisode, j’ai quand même des doutes, surtout s’il se contente d’adapter l’œuvre originale à la lettre.

5 commentaires sur “Nisekoi 01 – Shaft n’est, hélas, pas omnipotent

  1. Amo Amo dit :

    Je suis faible. De base j’allais regarder juste pour Onodera qui a un design ADORABLE mais quand tu me met Kana Hanazawa en bonus, bah voilà quoi.

    • Nock Nock dit :

      C’est sûr qu’elle est plutôt mignonne. D’ailleurs j’ai oublié de signaler que j’aime bien le style du manga et en particulier le design des deux héroïnes.

  2. Avatar Jack Frost dit :

    Stp, je cherche le nom de la musique de fond quand la mere de kirisaki raconte les souvenir, c est juste trop beau

    • Avatar Jack Frost dit :

      Ça fait 2 heure que je le cherche desesperement, j ai besoin d aide svp, c est dans la saison 2 dans k anime

      • Avatar Jack Frost dit :

        Ah oui, j’avais oublié, merci d’avance, je compte sur vous 🙂 J’ai vraiment envie d avoir cette chanson ^^

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