Zankyou no Terror 11 (FIN) – Boss final de Balloon Fight

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Non, ceci n’est pas un décor de Portal 2. Mais c’est tout aussi joli.

 

RdNetwork Avant tout, merci à tous ceux qui ont eu le courage de lire (partiellement ou en entier) ces 11 reviews. Je pensais pas me lancer dans une série complète, mais finalement c’était une expérience intéressante (qui m’a permis de voir que ma rédaction était tout sauf infaillible), en espérant qu’elle vous ait plu un minimum. Et l’anime ? J’imagine qu’il a pu vous plaire un peu aussi si vous avez continué, mais maintenant, l’heure est grave. Sauf si vous voulez voir un casting aromatisé au plutonium. Et ça c’est pas cool. Magnéto, Shinichirô !

Zankyou no Terror (a.k.a. Terror in Resonance, ou Terror in Tôkyô) // MAPPA // été 2014, créneau noitaminA // Réalisé par Shinichirô Watanabe // 11 épisodes prévus, simulcast sur Wakanim

Après les récents événements (le suicide de Five, le sacrifice de Twelve, le lancement d’une bombe au plutonium accrochée en l’air), autant dire que c’est pas mal la crise à Tôkyô. La ville est évacuée, et seules restent les autorités (compétentes ?), tentant de trouver un moyen de contrer ce plan (et aussi lui trouver un sens) sensiblement dangereux. Dans la foule se cachent Twelve et Lisa, en mode clip de rock rebelle, les seuls à marcher à contre-sens de la foule, Lisa essayant vainement de retrouver son « amant » en piteux état. On notera l’utilisation plutôt crade de la CG ici, notamment pour la population s’évacuant. La série nous avait habitué à des graphismes assez précis même sur des plans larges, c’est dommage de tout lâcher à la fin.

En attendant, Shibazaki semble avoir compris le plot, et ça tombe bien parce que nous toujours pas ; les « terroristes qui ne tuent personne » n’ont toujours pas d’explication et aucun élément des épisodes précédents ne peut jusque-là donner une justification un tant soit peu profonde de ce qui se passe, et pourquoi cela s’est passé comme ça depuis le départ.

C’est un peu gênant parce que toute la subtilité de passages comme celui-ci est basée sur ça, notamment pour l’immersion et l’analyse de la psychologie des personnages, mais c’est tellement fin et superficiel qu’on a vraiment aucune attache, aucun élément pour s’y relier. Et c’est assez foireux, aussi sérieux que cela tente d’être. A la place, on a surtout des passages relationnels qui semblent vraiment forcés (Five et Nine, Twelve et Lisa) depuis quelques temps, et qui eux contrastent justement avec ce sérieux, mais pas vraiment en bien. Sur ce plan-là la série a passé pas mal d’épisodes à se chercher sans se trouver.

Shibazaki réussit à déduire (à l’aide de sa fille) que la bombe va exploser en altitude, et non pas au sol ; effectivement ça existe depuis un certain temps déjà, mais est-ce-que c’est vraiment possible de faire ça en mode MacGyver avec un ballon comme ça ? Bon, on a compris, Nine est de toute façon un prodige, donc difficile de croire qu’il pourrait se passer quelque chose là-dedans. Même si du coup je suis surpris, parce que si les précédents actes du Sphinx étaient plutôt locaux (et « volontairement », pour ne pas attirer trop d’attention internationale, en soi), celui-là est plus global : les avions, les satellites, etc. Je ne suis pas sûr que seul le Japon surveille l’espace aérien, ou pire, la stratosphère. Mais soit. On notera que notre policier favori en profite pour s’attacher non pas à UN mais DEUX « sidekicks-pas-doués-mais-utiles-quand-même-un-peu ». Aux grand maux les grands remèdes, même dans les tropes.

Dans la continuité des derniers épisodes, la série lâche complètement l’affaire pour la relation Twelve/Lisa, qui devient épisodique, à la limite du « on leur donne quelques plans de temps en temps quand on a oublié », puisqu’ils sont gratifiés de quelques secondes de screentime toutes les quelques minutes, le tout pour des dialogues anecdotiques et bateaux. C’est un peu de ça que je parlais quand on j’évoquais le « détachement » total des personnages ; ils en sont le meilleur exemple. Lisa déjà parce que son rôle a été infime tout le long de la série, et Twelve pour son évolution facile et maigre dans la 2ème partie de la série, sans que leur relation ne serve ni à la progression du scénario, ni à leur propre développement. Ils ne se retrouvent là finalement que pour changer un peu le ton et l’ambiance grave latente, pour jouer sur une corde sensible pénible à trouver. Pire, ils ont même un nombre de passages inversement proportionnel à leur implication, par moments : ainsi, Twelve est moins présent dans des épisodes où il est le moteur (dans la 2ème partie notamment). C’est assez dommage et c’est dans ce genre de fautes que réside un des points faibles de l’anime (étrangement habituel chez Watanabe, mais qui ne passe pas bien ici) : le développement et la caractérisation des personnages. Simpliste, parfois même rushée, peu originale. Et c’est bien dommage, tant la mentalité de deux survivants comme Nine et Twelve aurait pu être exploitée dans pas mal de champs psychologiques, sans en faire des « prodiges malades » assez creux. Shibazaki s’en sort raisonnablement bien, mais son background est tristement expédié dans le milieu de la série, pourtant intéressant malgré son caractère déjà-vu. Quant à Five, c’est un peu comme utiliser un champignon sur une Rainbow Road de Mario Kart : c’est déjà assez compliqué en allant doucement, alors se mettre sous crack, ça amène rapidement à tomber dans le vide ou se prendre un mur. Si le contraste entre elle et le reste fonctionne au début, elle devient rapidement une auto-caricature, à la limite du ridicule, et dont l’apparition finalement furtive aura forcé la série dans une direction moins bonne qu’au départ. Lisa, je me suis déjà assez exprimé dessus, si bien que son épisode à elle est jusque-là symptomatique : 2 apparitions, 2 phrases pseudo-romantiques, et des pleurs.

Reprenons le cours de l’épisode ; ok, une explosion aérienne, donc. Mais pour quoi ? Quel est donc le but ultime du Sphinx, celui de la vengeance du vie, cause et conséquence de tous les précédents attentats ? …Vraisemblablement, couper l’électricité, et les télécommunications. Le Sphinx seraient donc des hippies (super balaises en high-tech par contre). Oui, évidemment y a une grosse symbolique là-dedans, et j’en rajoute carrément, mais tu fais pas péter des immeubles pour une symbolique. Là on a droit à un gigantesque plan réactionnaire pour se venger…. d’un gros plan réactionnaire lui aussi (parce que le délire eugéniste du gouvernement, c’est du bon gros nationalisme aussi). C’est comme si le Sphinx était simplement une bande de 2 gamins qui jetaient des pétards sous vos fenêtres, mais à plus grande échelle. Et en encore plus chiant, du coup.

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On est à la limite de l’apocalypse, mais même là j’ai l’impression que tout le monde s’en fout, moi le premier.

 

Il y a effectivement l’effet secondaire, qui est de forcer tous les avions à se poser sous peine de crash, mais comme pour les autres attentats, ils savent que « les parents vont prévoir le coup et les gronder » pour filer la métaphore, à savoir ici que la police va (très bien, d’ailleurs) faire son boulot pour les faire tous poser avant le déclenchement de la bombe. La règle du « 0 mort » tient toujours.

Par ailleurs l’implication de la police est elle plutôt bien retransmise ; on a pas trop d’effet « film d’action », simplement une grosse maîtrise et de l’organisation, assez pour instaurer une tension chez eux comme chez nous, et verser dans le drama ou le trop-plein de stress. La situation est détaillée (trop ?) et c’est plutôt bien fichu. Tout le buildup est sinon très bien porté par la soundtrack (qui est exemplaire dans tout ce final, d’ailleurs), même si on a toujours pas vraiment vu Nine en une moitié d’épisode.

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Voilà le climax de leur relation. Depuis l’épisode 2.

 

Le climax arrive, et la bombe explose dans le ciel tokyoïte, sous les yeux de toute une ville. Oui. Parce que regarder une explosion atomique entière à l’œil nu n’est évidemment pas dangereux. Pendant que toute la ville cherche une cure à son aveuglement soudain (en fait non), je me demande un peu pourquoi ils ont filmé cette scène de façon assez « onirique », presque… Un peu comme toutes ces scènes d’éclipses dans n’importe quel film, un genre de passage où le temps s’arrête, même pour les persos, et le scénario. Une pause assez étrange, surtout quand le très beau visuel vert au dessus de la ville est sans doute un nuage de radiation.

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« C’est joli, les radiations, hein ? » – Marie Curie

 

Les actes du Sphinx sont enfin terminés, et… rien ne se passe ? Ils vont vraisemblablement se faire arrêter, et attirer l’attention sur eux, comme prévu. C’est sûr que c’est radical comme situation.

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En souvenir du bon temps ! On retrouve aussi un plan de la piscine, en référence au premier épisode.

 

Le Sphinx fait enfin ses retrouvailles, à l’endroit où se trouvait leur camp d’orphelins, avec notamment encore une bonne idée mal gérée : le cimetière des anciens orphelins, morts. Chacun possède une plaque avec son numéro. Et là c’est pareil : effectivement, c’est bien vu comme lieu, qu’ils se retrouvent là-bas, mais le détachement émotionnel est tel (il m’est très difficile de compatir pour n’importe lequel des 3 orphelins dans l’anime, surtout Five, alors que Nine lui rend spécialement hommage…) qu’une scène aussi grave me laisse parfaitement de marbre. Surtout qu’en plus elle est suivie d’une faite que j’ai trouvée vraiment ridicule pour le coup, même si elle aussi emplie de symbolisme : Lisa, Twelve et Nine qui jouent comme des gamins au foot (avec Lisa qui fait n’importe quoi, évidemment), sur fond de musique douce. Et c’est tout. Pendant 2 bonnes minutes. Alors oui, je veux bien que ce soit symbole d’une jeunesse qu’ils n’ont jamais eu, et que « en fait ils sont gentils », mais là c’est vraiment niais, pas vraiment joli, et à la limite du Death flag tellement ça ressemble à une fin de film français.

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Difficile d’être triste devant ce qui ressemble à un jeu de fête foraine, aussi.

 

Et pendant ce temps, toujours aucune conséquence réelle des attentats, mais des scènes de ce drama plutôt léger (ils jouent quand même au foot là où ils ont failli crever… pas sûr que ce soit facile d’oublier). Je parle un peu vite, puisque après l’arrivée de Shibazaki (pour arrêter le Sphinx, et leur faire comprendre qu’ils se sont bien trouvés), les américains arrivent, pour buter le Sphinx, ce qu’ils font sans sourciller. L’explication semble logique (ne pas laisser de témoin, etc.) mais je la trouve bien contradictoire avec le positionnement du FBI dans les derniers épisodes : l’acolyte de Five, qui semblait dire que personne n’était vraiment dans le camp de cette dernière, était bien loin de faire ça. Mais l’assassinat de Twelve prouve pourtant le contraire. Donc soit un truc m’a échappé, soit ils voulaient vraiment faire passer les américains pour le grand méchant de la série.

Et c’est sur ce « combat final » que se clôt la série. Nine menace les américains avec une bombe cachée sans en dévoiler l’endroit, et finit par mourir de sa fameuse « maladie » qu’on voit depuis le début, résultat évident des traumatismes d’enfance subis, laissant le détonateur à Shibazaki. Symptomatiquement, sur une super soundtrack, encore, mais une scène complètement relâchée : les émotions sont assez faibles (même si le côté robotique de Nine, Shibazaki et du FBI joue), le sérieux semble forcée, et la résolution bien rapide pour quelque chose qui est censé soutenir tout le plot original de la série. Donc je comprends pas trop ce qu’ils ont voulu montrer, finalement, vu qu’aucun camp n’est montré comme vraiment digne d’intérêt dans ce qu’il fait, ni vraiment machiavélique non plus. C’est assez étrange, tant on a l’impression que les personnes n’ont jamais vraiment pris la mesure mentale de ce qu’ils faisaient (ou à l’inverse, beaucoup trop, comme Lisa).

Bon, c’est finalement un comble que les seuls morts de toute la série soient les « trois » terroristes, mais c’était presque attendu depuis quelques épisodes. En tout cas, cette conclusion avait des éléments intéressants, mais comme un sentiment de rushage assez inhabituel, qui contraste pas mal avec la première partie de l’épisode. Un peu dommage.

La vraie conclusion, avec les crédits de fin, est assez émouvante pour peu qu’on se soit un peu immergé avec les persos, avec une rencontre Shibazaki – Lisa, bien plus tard, rendant visite aux tombes de Nine et Twelve. Si la musique y joue pour beaucoup, je préfère toujours ce genre de conclusion simple (même si l’ellipse est maintenant ultra-utilisée dans ce genre de cas) à une vague interprétation philosophie, même si on en a embryon. Vous vous souvenez de « VoN », ce fameux symbole tellement important qu’on ne l’a plus vu depuis une dizaine d’épisodes ? Il venait entre autres d’un groupe islandais qu’écoutait Nine (référence ?), et « Von » veut dire… « espoir » en islandais. Venant du plus pessimiste du lot, c’est une surprise… Autre petit détail : le fait d’utiliser Lisa pour la conclusion, vu qu’elle a été spectatrice tout l’anime, limite autant que nous, je sais pas si c’est voulu mais finalement c’est logique… 😀

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Au moins, la série reste magnifique jusqu’au bout.

 

En bref, un épisode pas inintéressant mais qui sonnait un peu creux. Finalement à l’image de ce que la série s’est retrouvée être. Je vous laisse avec mon avis « rapide » sur la série avant de vous quitter.


 

On va pas traîner pour résumer : ZanTero est pour moi une déception. Pas la pire des déceptions, loin d’un échec total, mais moins bon que ce que j’aurais pu espérer d’un staff pareil avec un projet pareil. Assez nettement. Et ceci malgré de bonnes bases et un enrobage au top.

ZanTero est un produit très bien fini, par contre ; des graphismes impeccables quasiment tout le long (on regrettera quelques errements de CG par moments, mais bien compensés par le nombre de séquences photo-réalistes qui font fondre vos rétines de plaisir), une narration visuelle impeccable et une réalisation plutôt de qualité dans sa globalité, ainsi qu’une soundtrack très agréable, et qui instaure plus d’émotions et de tensions que tout le déroulement de la série.

Car c’est bien là le problème : le scénario et sa gestion tout le long de la série. Par moments, j’ai l’impression que c’est comme si on avait filé un concept super à un écrivain de LN débutant. Et du coup, l’anime est rapidement sur la pente descendante, et rate à la fois l’évolution de ses persos, et sa consistance en tant que genre et en tant que série à tension. On s’embourbe dans des relations inutiles, la tension est souvent foutu en l’air par une échelle de ridicule (magnifiquement symbolisée par l’arrivée de Five et des américains), et nombreux sont les thèmes évacués ou simplement oubliés alors qu’ils collaient avec les prémices (par exemple, la gestion par la police de ce genre de terroristes ; on y arrivait avant le « débarquement » (si j’ose dire, hinhin) américain). Et du coup, on se focalise plus sur ce qui est « mystérieux » que ce qui est « intéressant » ; sauf que le mystérieux ici, il n’est vraiment pas attirant. Là où on devrait avoir de belles oppositions ou réflexions là-dessus (je reviens aux fameux « 4 camps » que j’avais développé dans de précédentes reviews), on sort une surprise du chapeau pour faire avancer artificiellement le plot. Et ça, c’est laid.

Et finalement, dans ZanTero, tout le monde est « méchant-mais-pas-trop ». Shibazaki, viré et complexe mais gentil. Nine et Twelve, passés de mastermind criminels à rebelles contre une société nationaliste honteuse. Lisa, solitaire et fugueuse, devenue intérêt romantique pour soulager la conscience du duo principal (d’ailleurs, où est passée l’intrigue qui concernait sa mère ?). Même Five, agissant comme la pire stalkeuse de l’univers, est à la limite du pardon formel à la fin de la série.

Finalement, ZanTero veut trop en faire. Là où une histoire gardée dans la lignée des 2-3 premiers épisodes aurait paru simple mais ultra-efficace, elle est à la limite de la chute tout le long, passant son temps à se raccrocher au bord à une main.

C’est une série que je ne regrette pas d’avoir suivie (ne serait-ce que pour la forme), mais que j’aurais du mal à congratuler plus que ça. En résulte une série « mouais » à laquelle, si je devais attribuer une note, je donnerais 6.5/10. Libre à vous de juger si mes analyses rendent cette note pertinente, c’est en tout cas l’impression que j’ai après ces 11 épisodes intéressants (à chroniquer).

Et si je peux finalement vous conseiller une chose après ce visionnage… Achetez l’artbook, et la soundtrack.

Bonne journée.

Un commentaire sur “Zankyou no Terror 11 (FIN) – Boss final de Balloon Fight

  1. Avatar Nahia dit :

    Une déception mitigée car comme tu l’as bien fait remarqué, c’est au niveau du scénario qu’il y a trop de dérive ou rythme trop cassé par des montages trop longs, inutiles ou encore mal agencé. Ca me fait rager quand même car y avait un putain de potentiel pour en faire une excellente série !!

    Dans cet épisode, peut être que j’aurais apprécié une course poursuite un peu plus dense, qui tient vraiment en haleine. Et d’autres choses encore, enfin… *soupir*

    En ce qui te concerne, merci pour tous les articles qui m’ont bien diverti et permis de moins râler dans mon coin toute seule. 😀

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