Zankyou no Terror 04 – At the Game of Terrorism, you win or you die

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Parce que oui, le terrorisme orthographique, ça existe.

 

RdNetworkDéjà la 4ème séance de notre rendez-vous maniaco-dépressif teinté de 11 septembre et de Père Fourras. Mine de rien, on arrive déjà au tiers de l’histoire, et force est de constater que la série a fait le pari de ne pas forcément exposer grand chose, à part un éventuel 3ème larron… Stop ou encore ?

Zankyou no Terror (a.k.a. Terror in Resonance, ou Terror in Tôkyo) // MAPPA // été 2014, créneau noitaminA // Réalisé par Shinichirô Watanabe // 11 épisodes prévus, simulcast sur Wakanim

Bis repetita bene : les reviews des autres épisodes de la série sont par là.

La dernière fois, rappelez-vous : Lisa a fugué, les flics menés par Shibazaki ont gueulé « NEW CHALLENGER » depuis UStream, le Sphinx a été lié au vol de plutonium, et apparemment Nine et Twelve étaient pas tous seuls à l’origine. En substance, c’était l’épisode 3. En tout cas, et ça commence à devenir une tradition, l’épisode commence par une conséquence ; le debriefing habituel de nos amis de la maréchaussée. Qui, comme à son habitude, nous permet de comprendre le niveau de détail qu’atteignent à la fois les scénaristes de l’anime, et les connaissances complètement OP du Sphinx en matière d’explosifs et de hacking (entre autres). Comme d’hab aussi, quelques exemples tirés du réel apparaissent en première ligne (ici, le scam de carte bleue sur des sites russes et chinois, et l’utilisation d’une monnaie virtuelle intraçable).

C’est marrant, mais la seule vraie exposition que la série nous fait concerne à chaque toutes les références et les analogies qu’elle fait par rapport au monde réel. Je sais pas si ça découle de la narration ou si c’est voulu, mais si autant parfois ça rend le tout crédible, parfois ça fait un peu « on colle des références pour être réaliste, et puis CA PEUT NOUS ARRIVER UN JOUR donc au passage on fait une dystopie, enfin je crois». Par ailleurs, vu le niveau de détail atteint à chaque débriefing, c’est à se demander si les flics, avec une telle qualité d’investigation, ne peuvent pas ANTICIPER un peu ? Je veux dire, certes, la plupart des trucs sont très ingénieux / discrets de la part du Sphinx, mais tout ce qui est surveillance de magasins d’armes, caméras de surveillance… Le principe de précaution, ça existe pas chez eux ? Bon, ceci dit, doués pour trouver après coup ou non, ils ont toujours légitimement aucune idée de qui sont Nine et Twelve, et où ils se cachent.

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#DEPRESSION

 

Pendant que Lisa, dorénavant S.D.F de son plein gré, erre dans des ruelles sombres, Shibazaki « fuit » lui aussi la police, et retourne en pleine cambrousse, sur les lieux du vol de plutonium, pour chercher un « témoin », visiblement avec une vie assez particulière – c’est en fait le fameux « employé » de la centrale, dont personne n’arrive à se souvenir. On sent tourner les engrenages de l’exposition fort fort dans sa tête de détective, mais sans succès.

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« On dirait un prof blasé qui attend un bus » – « Oui mais un prof BADASS»

 

Alors que le Sphinx repart en croisade virtuelle (j’ai pas fait pause à chaque plan non plus, mais ça m’a paru crédible comme attaque brute-force puis injection dans un terminal web. Après je suis loin d’être un pro en sécurité non plus…), en accédant au serveur de la police, particulièrement les infos sur Shibazaki, mais également sur Lisa ; Twelve traquait en effet sa position GPS depuis apparemment un certain temps, sans en avertir Nine.

L’heure de la nouvelle bombe approche, c’est donc évidemment l’heure de l’énigme, diffusée en Mondovision-direct-live. « A l’endroit où le roi qui a résolu l’énigme a reçu une effrayante prophétie, quel nom graveriez-vous sur son entrée ? Nous vous attendrons à la destination finale du Roi. Et en venant, utilisez des lettres, pas du bronze ». Retour du « Mythologie 101» avec la suite de l’exposé sur Œdipe, pendant qu’on voit l’impact de la vidéo sur les réseaux sociaux, les gens dans la rue, les journalistes, …On en revient au point que je faisais plus haut sur le réalisme, finalement. Comme la dernière fois, l’énigme n’est pas bien dure et le Club des 5 le groupe de policiers habituels trouve les éléments concordants en lisant ce qui semble être la même page Wikipédia depuis l’épisode 2. Finalement, après une habile utilisation de la nouvelle interface de YouTube, les flics tombent sur… euh. Un dôjin game de Nanana ? (Avec un joli fail d’anglais pas digne de la série, cf. la première capture en haut de l’article. Sérieux, vous arrivez à refaire tout internet de façon super fidèle, et vous vous plantez sur de l’anglais niveau 4ème ?) Dans tous les cas, Shibazaki reprend mon expression de la review de l’épisode 3 (hinhinhin cette auto-promo) et décide de jouer avec le Sphinx.

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Du développement Web efficace et moderne.

 

Par ailleurs, je trolle peut-être un peu sur les énigmes, et sur le niveau (qui est, et ça je le pense vraiment, pas très élevé), mais c’est pour autant que je ne trouve pas ça « bien », « pas crédible », ou quoi que ce soit du genre ; c’est difficile à comparer parce que ça n’est (à ma connaissance ?) jamais arrivé en vrai de la façon dont la série le présente, et donc difficile de juger si la façon de faire du Sphinx est crédible (des énigmes aux multiples attentats). C’est pour ça aussi que la série fait son exposition sur les seuls éléments qui peuvent nous aiguiller là-dessus : les éléments de énigmes et les debriefings de la police, pour boucler avec mon paragraphe de début de review qui en parlait. La seule matière à troll ici étant plutôt le nombre d’heures que peuvent mettre des officiers qualifiés (voire habitués) à trouver la réponse, qui paraît par moments dramatiquement long ici.

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« Si je me fais passer pour sa mère, ça va lui faire plaisir ou pas ? »

 

Mine de rien, Twelve est resté tout ce temps à stalker Lisa sur son GPS. Pour quelqu’un qu il a menacé de mort il y a quelques jours à peine, il maîtrise bien le bluff aussi. C’est vrai que Lisa, elle a beau pas faire grand chose, elle reste une menace (si elle les dénonce), tout comme un intérêt éventuel (une complice). Donc c’est pas facteur à négliger, et ils le savent. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, les flics ont enfin exploité convenablement les vidéos de surveillance et auraient trouvé le lieu de la prochaine bombe. Pendant que les équipes spéciales y foncent, et Shibazaki reste à essayer de trouver le password de la page Internet parce que bon hein.

Et c’est là que réside selon moi le mur heurté par l’épisode, et qu’il frôlait déjà assez régulièrement depuis quelques temps. ZanTero justifie ça en faisant jouer sur les mots Shibazaki, sous prétexte que Sphinx a dit « arrêter » la bombe, et non « chercher » la bombe. Alors, si cette raison est à la limite légitime pour ne pas arrêter les recherches là-dessus (et encore), c’est carrément foireux de laisser UN SEUL mec s’en occuper, et comme par hasard le détective isolé du lot, alors qu’il est justement censé être aux premières logements des vrais développements de l’enquête, et pas à rester seul dans son coin à dire « MAIS SI j’ai raison vous allez voir », implicitement ou non. Et c’est là tout le vice du truc : puisque c’est lui qui reste, on sait qu’il va avoir raison, et que ça va sauver les flics ou en tout cas bien les humilier, pour faire reprendre la main au Sphinx après un épisode de disette. Et c’est d’autant plus dommage que Shibazaki n’est pas aussi superficiel que ça pour mériter un traitement qui le fait passer pour Détective Conan et les autres pour Inspecteur Gadget.

Bon, maintenant que la fin de l’aspect « terrorisme » de l’épisode est déjà prévue, attardons-nous un peu sur Lisa, et par conséquent sur Twelve. Si je peine toujours autant à envisager une relation entre les 2, ils se rapprochent « dangereusement ». Si j’ose dire. Le fait est que Twelve est d’une façon bizarre mais crédible le seul confident de Lisa, et probablement la seule personne à qui elle voudra bien s’adresser un minimum d’ici la fin de la série. On apprend donc que « la fugue, ça ne résout pas forcément grand chose, même quand on est sévèrement dans la merde», mais qu’au moins Lisa a compris qu’elle avait pas bien réussi sa vie ces derniers jours. Résultat : avec un certain délai, elle répond au choix du Sphinx posé à la fin de l’épisode 1, et préfère rejoindre Twelve que d’être raccompagnée et questionnée par la police (et y a un très joli thème musical en fond, tiens).

Pendant ce temps, comme prévu, la police se foire, et, ultime troll, Shibazaki trouve le mot de passe, dans la scène qui m’a à la fois scotché, et fait rire. Pour plusieurs raisons, la première étant…

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Ehhhh oui mon gars. Si tu tapais ton nom sur Google plus souvent, t’aurais eu le réflexe plus tôt.

 

Cependant, le compte à rebours ne s’arrête pas, et…. la bombe explose. Mais une bombe un peu particulière, car si vous avez bien lu je n’ai pas mentionné de phase « The bomb has been planted», chez le Sphinx. Histoire de pousser la manipulation jusqu’au bout, pas d’explosifs : mais une bombe médiatique : Nine a créé un compte Twitter, où il a dumpé absolument toutes les infos sur les flics de la MPD et leur enquête, créant une double humiliation pour la police.

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Parce que dans « whistleblower », il y a « blower ». (P.S. : J’adore la gueule de l’image de profil de ce compte de dump)

 

En résumé de cet épisode : le Sphinx est vraiment balaise, Lisa devient potentiellement une terroriste, les flics sont ni bons, ni mauvais, mais se font balader à peu près partout, et Shibazaki est comme n’importe quel téléspectateur un peu cohérent devant sa télé après un épisode de Tout le Monde Veut Prendre sa Place ou Qui veut gagner des Millions ? : « OUAIS BAH MOI AUSSI J’AVAIS TROUVE HEIN », le tout sans que personne semble cerner le fait que ce soit lui le vrai antagoniste de la série. C’est ballot.

Comme quoi c'est simple le bonheur : il faut une moto, et un soupçon de terrorisme.

Comme quoi c’est simple le bonheur : il faut une moto, et un soupçon de terrorisme.

 

Fiouuuuuuu. Je reste un peu perplexe pour vous donner mon avis global sur cet épisode (et finalement cette série en général, mais ça on verra plus tard). C’est léché, la mise en scène est parfaite, et globalement sur l’aspect j’ai très,  très peu à redire. Sur les personnages, on sent les limites de stéréotypes voisins qui sont parfois franchis, particulièrement sur Nine et Shibazaki, et c’est un peu dommage, mais globalement ils sont fidèles à leur poste ; d’ailleurs la technique est à leur service : ils sont bien mis en valeur et si vous faites un peu attention, les dialogues sont bien faits et pas pompeux ou foireux, souvent même assez courts, surtout à l’intérieur le Sphinx.

Et pourtant, si la forme et le fond ne semblent pas me poser de problème, j’ai l’impression que la sauce qui a pris n’arrive pas à allécher le spectateur, pour filer la métaphore. Le seul aspect qui semble causer ça est le scénario, et surtout la progression et la structure du récit, dont la gestion m’échappe un peu. L’idée, je la trouve bonne, et l’exécution globalement aussi, mais ZanTero n’explique rien en expliquant tout, développe ses intrigues et ses relations entre personnages de façon totalement anecdotique (volontairement) et mystérieuse, qui fait qu’on a du mal à s’impliquer dans le récit. Et c’est d’autant plus dramatique quand on voir les efforts de fou furieux de MAPPA et de la réalisation pour immerger le spectateur dans le milieu, que ce soit par les graphismes ou les outils, décors,  et répliques réalistes au possible. Sans oublier les éléments apparaissant puis disparaissant selon les épisodes, comme si l’exposition prenait des R.T.T. entre les épisodes impairs (cf. le camp des gamins).

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Je vous rassure, les plans sublimes photo-réalistes sont toujours là

 

Finalement, ZanTero, je pense pas dire que je n’apprécie pas, ce n’est même pas décevant (selon ma conception d’une déception), c’est plutôt dommage. C’est pas le cancre qui a 2 de moyenne, c’est pas le médiocre qui pas son année avec 8/10, c’est le bon élève qui avait un peu la flemme de réviser ce soir là et qui a 12 au final, après toute une année à 16.

Bon ok, cette analogie est un peu foireuse, mais comme toutes mes images, métaphores et autres figures de style, elle est improvisée et cohérent dans ma tête. Je pense par contre que vous avez compris que cette série vaut toujours le coup, et que par conséquent, on se dit à jeudi prochain.

4 commentaires sur “Zankyou no Terror 04 – At the Game of Terrorism, you win or you die

  1. Mian Mian dit :

    Hé, je ne trouve pas les devinettes si simples, perso. Cependant, ça gagnerait en crédibilité si Sibarazaki arrêtait de pomper les réponses sur des remarques random de son gros collègue. Comme pour l’anglais, c’est super bien fait jusqu’à se casser la figure sur des futilités.

    • RdNetwork RdNetwork dit :

      Ah mais, oui, en soi elles sont pas « simples » (j’ai aucune connaissance spécifique en mythologie grecque, donc raison de plus), mais c’est clairement des trucs qui peuvent se retrouver assez facilement. (D’ailleurs ils y arrivent à chaque fois, finalement).

      Sinon, bien d’accord pour le collègue. Si encore le collègue l’aidait ce serait crédible, mais là c’est un vague lien à partir d’une parole qui n’a aucun rapport. 1 fois ça passe, mais là, bon… :’D

  2. Suryce Suryce dit :

    Perso, cet épisode est celui qui m’a enfin convaincu que cet anime valait le détour. C’est bourré de stéréotypes depuis le premier épisode mais ils sont utilisés efficacement, et le mélange entre clichés d’otome game et d’histoire de détective a le mérite d’être original. Shibazaki est bien évidemment le Sherlock ou L de la série et ce qui rend donc l’histoire prenante, ce n’est pas de se demander qui va résoudre l’énigme du jour ou même comment, mais quelle est la réponse elle-même, et en quoi celle-ci nous rapproche de la chose que Neuf et Douze veulent dénoncer. Ce dernier mystère se fait attendre mais on nous donne déjà clairement des indices et ces quatre épisodes me mettent plutôt bien en confiance pour la conclusion.

  3. Tinu dit :

    Cet épisode est sans doute l’un de mes préférés, derrière les stéréotypes éventuels que je trouve bien géré (outre la qualité visuelle et la suite de la série), je suis juste ultra fan de la scène avec la fuite de Lisa et Twelve et la bombe médiatique. Le tout relié par une musique que j’adore. Donc bref gros coup de coeur sur cet épisode.

    En passant le compte twitter n’est pas un fake mais bien le compte twitter officiel de la police de Tokyo. L’image représente la mascotte de la police japonaise. L’humiliation n’est donc pas double mais TRIPLE ! Puisque les infos sur l’enquête ont été hackée, dévoilée et diffusée publiquement sur le compte officiel du TPMD. Le souillage est plus que professionnel ! Chapeau Sphinx XD D’ailleurs encore un truc que j’ai kiffé dans cet épisode (et ça c’est mon sens du détail) quand Hamura et les autres flics sont devant l’écran de l’ordi et assistent impuissant à la diffusion des informations (en plus de se voir filmer en live sur une plateforme vidéo) ben on constate que des commentaires sont postés en instantané et qu’ils se foutent ouvertement de la gueule de la police. J’ai beaucoup apprécié cet aspect-là qui rend l’humiliation de la police encore plus vraie et donne encore plus de corps au réalisme ambiant flottant sur cet anime.

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